Pour voir la vidéo de l'allocution de Fernand Daoust le 30 octobre 2009 au Lion d'Or
Rassemblement contre le jugement de la Cour suprême
Robert Laplante, directeur de L'Action nationale, le 16 novembre 2009 au Rassemblement contre le jugement
de la Cour suprême invalidant la loi 104 du Québec.
Les archives complètes de L'Action nationale sont maintenant accessibles sur ce site. Bibliothèque et Archives nationales du Québec a numérisé tous les numéros publiés sous le nom de L'Action nationale (1933). Les numéros publiés sous le nom de L'Action française (1917) seront bientôt accessibles également.
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Professeur, département de science politique, UQAM
Les derniers mois écoulés au Québec ont donné de ses universités un spectacle affligeant. La plus jeune d’entre toutes, créée en 1969 spécialement par l’État du Québec au cœur même de Montréal, semblait naufrager sans qu’aucun secours vînt à sa rescousse. Accablée d’une dette colossale amassée par une administration rectorale aventureuse, l’Université du Québec à Montréal (UQAM) avoisinait la faillite, dans un climat de grève étudiante qui laissait sourdre une révolte désespérée sans exutoire. Stoïque devant cet enlisement, le gouvernement du Québec a laissé la situation se dégrader, retenant une subvention considérable, comme s’il s’agissait de punir la communauté uqamienne tout entière pour les méfaits de son ancienne administration, après un procès sommaire dont les ministres libéraux de l’Éducation, Jean-Marc Fournier et Michelle Courchesne, furent à la fois les procureurs et les juges. Comme si les frais d’intérêt de la dette immobilière de l’UQAM n’étaient pas suffisants s’y rajoutèrent ceux résultant du manque à gagner ministériel. Les deux rapports préparés par le Vérificateur général du Québec ont heureusement permis de jeter une lumière crue sur le désastre uqamien et d’attester certes la part de responsabilité du recteur Roch Denis et de sa garde rapprochée dans ce cafouillage, mais aussi de révéler l’incompréhensible nonchalance du ministère de Jean-Marc Fournier. De toute évidence, deux institutions ont défailli : le rectorat et l’État.
Un dossier sur la pensée de Daniel Innerarity, une analyse des
élections de novembre 2009 à Montréal, des articles qui contribuent aux
débats sur le cégep français et sur le cours Éthique et culture religieuse.
Candidat au doctorat en droit à l’Université de Sherbrooke et à l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne.
Depuis la publication du rapport de la sociologue Joëlle Quérin, le débat sur le cours d’éthique et de culture religieuse (ECR) a repris de plus belle. Il faut dire que ce rapport fait l’objet de critiques vives, voire violentes, de la part des concepteurs de ce cours. Leur principale critique veut que ce rapport associe injustement ce cours au multiculturalisme. Or, l’histoire du droit nous révèle qu’il existe bel et bien un lien indéniable entre le multiculturalisme et le cours ECR.
L’auteur était conseiller politique du ministre Camille Laurin lors de l’élaboration de la Charte de la langue française en 1977.
Dans son chapitre sur la langue d’enseignement, la Charte de la langue française établit la règle générale que l’enseignement se donne en français dans les écoles publiques ou subventionnées de niveaux primaire et secondaire. Ainsi, l’école française est consacrée école commune, donc école de l’intégration en français des enfants issus de l’immigration. Selon la version initiale de 1977, la Charte réservait l’anglais comme langue d’enseignement aux enfants des familles qui, avant son adoption, avaient été scolarisés en anglais au Québec selon les règles alors en vigueur. Les droits acquis ne sont pas des absolus, mais, en ce cas-ci, le législateur a cru sage de les reconduire, en précisant toutefois que les élèves ayant droit à l’école anglaise ont aussi le droit fondamental à l’école française (voir articles 6, 72 et 73).
Ph. D. science politique. Auteur de Deux poids, deux mesures : l'impact du vote des non-francophones au Québec, VLB, 2002.
Les élections municipales de novembre 2009, notamment celles qui se sont tenues dans l’Île de Montréal, ont mis en lumière des questions fondamentales en politique municipale. Elles ont d’abord remis en cause les valeurs et les attitudes de l’électorat face à des situations de corruption grave, largement médiatisées et condamnées publiquement, puis elles ont mesuré l’adhésion des partis à l’idée d’un intérêt commun d’une valeur supérieure à la somme des intérêts particuliers.
Q : Vous êtes actuellement professeur de philosophie à l’Université de Saragosse et vous écrivez des articles dans deux quotidiens espagnols. Vous êtes professeur invité à la Sorbonne et à l’Université de Bordeaux IV. Vos ouvrages sont traduits en plusieurs langues et vos propositions sont fort discutées. Nous vous savons lecteur assidu de Jürgen Habermas, de Ulrich Beck et de Niklaus Luhmann. Or, vous avez traduit des auteurs romantiques allemands et vous vous êtes intéressés à l’esthétique et à la littérature. Y a-t-il un fil conducteur qui relie ces différents champs d’intérêt? Sommes-nous dans l’erreur en pensant que votre travail s’inspire d’une réflexion fondamentale sur la nature des conflits dans les sociétés démocratiques?
Daniel Innerarity :
R : Aucun parcours biographique n’est le résultat d’une planification ; sa cohérence est plutôt reconstructive. Malgré son exagération un peu cynique, il est bon de ne pas oublier l’affirmation de Schopenhauer suivant laquelle les justifications rationnelles ne sont souvent que des reconstructions intéressées a posteriori, où les choses s’harmonissent trop bien et où il n’y a ni échecs ni improvisations. Je considère néanmoins que le fil conducteur de mes recherches se laisse comprendre dans l’objectif d’élaborer une philosophie de la raison publique qui réfléchit sur les problèmes de l’intersubjectivité et de l’espace commun.
Daniel Innerarity Éthique de l’hospitalité, trad. B. Navarro Pardiñas et L. Vigneault, Québec, Presses de l’Université Laval, 2009, 250 pages.
«L’autre grande conséquence du caractère épisodique de l’existence humaine est le fait que ses fins ne sont pas définitives, que l’homme est davantage quelqu’un qui interrompt le cours du temps que quelqu’un qui achève quelque chose. L’homme est un animal provisoire qui termine avant son temps de la même façon qu’il a commencé trop tard.»
Daniel Innerarity
La société démocratique avancée est complexe et se reconnaît entre autres à sa capacité à générer des «gâteries» et des surprises. La société libérale, en effet, se distingue des précédentes en ce que sa propension au savoir, au lieu d’assurer la stabilité, favorise le confort, le mouvement et les nouveautés. Ce phénomène nouveau d’apparence paradoxal que les sociologues appellent l’émergence de la société du risque («Risikogesellschaft» pour Beck ou «Risk Society» pour Giddens) peut s’expliquer aisément par le fait que les découvertes scientifiques et les applications techniques, propulsées à grande vitesse par les réseaux d’information, nous poussent à composer de plus en plus rapidement avec des innovations qui, renversantes, testent nos capacités d’adaptation – ce qui pose des problèmes et des défis inédits. Vivre dans la société libérale postmoderne, constate Innerarity, ne va pas sans provoquer un sentiment d’insécurité et d’étrangeté au monde qu’ignoraient nos parents. De l’urgence à la crise, de l’erreur à la catastrophe, nous sommes bousculés par les rythmes sociaux et confrontés à notre richesse, certes, mais aussi à notre fragilité croissante. L’atmosphère générale est pour ainsi dire devenue celle du vertige en raison des effets de l’accélération du temps humain.
En fin de session, juste avant son départ pour Copenhague, Jean
Charest s’est surpassé. On l’a vu en conférence de presse-bilan nous
étaler tout son talent. Du grand art. L’employé du Parti libéral joue
bien sa partition. Il connaît la musique. Et il est bien décidé à faire
danser la province entière sur les rigodons de la démanche. Il est payé
en cachette depuis des années ? Il avoue et se cabre devant l’évidence.
C’est une affaire privée entre lui et son employeur, il a besoin de cet
argent, c’est ce qu’il lui faut pour vivre, a-t-il sèchement répondu
aux journalistes trop insistants. Une affaire privée ? Quelle
outrecuidance ! Notre premier sous-ministre n’a pas le moindre respect
pour nos institutions.
Fondée par les Français en 1642 et longtemps considérée comme la deuxième grande ville française du monde après Paris, Montréal – la métropole du Québec et sa véritable « frontière », où se joue dans une large mesure son avenir linguistique, culturel et socio-économique – n’est déjà plus vraiment, aujourd’hui, une ville française. Elle est désormais, dans les faits, une ville « bilingue » qui s’anglicise à vue d’œil et à une vitesse fulgurante.
Notre race aura le caractère difficile des infirmes tant qu’elle ne sera pas debout sur ses pieds.
T.E. Lawrence
Pour constater à quel point nous ne parvenons plus à nous nommer ni à nous rattacher à quoi que ce soit de concret, il n’y a qu’à observer ce qui se trame autour de notre patrimoine en instance d’éviction. C’est le domaine du désarroi, des projets avortés, des unités qui mènent des combats isolés, sans suivi ni bilan, sans perception d’ensemble, du logos qui s’étiole puisqu’arrimé à des catégories de pensée qui ne prévalent plus. Les décideurs se gardent bien de dresser une liste de priorité selon des critères de sélection qui les engageraient un peu trop sur le terrain de la filiation, pourtant garante de ce par quoi leur autorité est instituée. Quant à ceux que déconcertent les lacunes de notre culture, il ne leur vient jamais à l’esprit qu’ils devraient chercher le moyen de les combler. De quelque côté que l’on se tourne, chacun se débrouille tant et si bien que la faillite paraît inévitable.
Sans être stratégiquement idéologique, la chanson politique 1760-1860 (cent ans environ) a conservé ce goût pour l’insoumission des Canadiens français. Libertine et contestataire par nécessité, cette chanson va opposer un discours patriotique à un discours de soumission. Elle servira d’appui à l’identification nationale. Nos danses, nos musiques et nos chansons, à juste titre, sont, à cette époque, les symboles de notre résistance culturelle.
Nombre de chansons traditionnelles, en effet, présentent l’habitant
comme un insoumis et un contestataire qui n’arrive pas à dominer la
structure sociale de type féodal. « Il est temps que la province de
Québec devienne anglaise. » avait déclaré Mercury. Les intentions
d’assimiler la majorité francophone à la minorité anglophone ne sont
jamais disparues. Mais l’ambiguïté identitaire demeure et les Canadiens
français ne sont pas encore révélés à eux-mêmes. Ils défendent, à leurs
dépens, les intérêts de la couronne britannique. Le pouvoir en place
veut profiter de cette fidélité à la couronne pour faire disparaître à
jamais les différences culturelles dont s’énorgueillissent toujours les
Canadiens français.
Le 20 janvier dernier, les États-unis procédait à l’assermentation de leur 44e président. Deux choses m’ont particulièrement frappé en cette journée mémorable. La première est cette capacité des grands hommes d’État comme Barrack Obama de s’élever au-dessus des contingences ordinaires et de se projeter, lui et la nation, dans l’avenir. La seconde, c’est cette formidable vue du National Mail, entre le Capitole, la Maison blanche et le monument commémoratif d’Abraham Lincoln, symboles forts d’unité et de foi en un pays où s’étalait toute cette foule venue des quatre coins des États-Unis. Plus frappant encore, c’était de voir ces hommes et ces femmes ainsi réunis, les institutions et les symboles incarnant la nation.