Bouchard-Taylor

  • À défaut de convaincre le peuple, en fabriquer un nouveau

    Une première version de ce texte fut présentée dans le cadre de la table-ronde de l'Institut de recherche sur le Québec, « Le rapport de la commission Bouchard-Taylor : analyses et critiques », le 3 juin 2008.
    C’est seulement vers le milieu du XXe siècle que les habitants de nombreux pays d’Europe ont été amenés, de façon généralement désagréable, à constater que leur sort pouvait être directement influencé par des livres de philosophie traitant de sujets abscons et quasi impénétrables.
    — Czlelaw Milosz

    Dès la publication du rapport de la commission Bouchard-Taylor, des commentateurs s’empressèrent d’en célébrer la modération, le bon sens, la perspicacité, au point où s’imposa vite une formule de célébration : il s’agissait d’un rapport de « sages ». C’était notamment le cas d’un chroniqueur vedette de La Presse et de son éditorialiste en chef. Le premier écrivait ainsi : « le premier ministre Jean Charest, pour désamorcer la crise des accommodements raisonnables, avait choisi de confier à deux sages de réfléchir sur les relations entre la majorité et ses minorités. Le résultat ne devait pas nous surprendre ».

  • Bouchard-Taylor: un rapport trudeauiste

    Communication présentée dans le cadre de la Table ronde « Bouchard-Taylor : analyse et critiques » organisée par l'IRQ, le 3 juin 2008.

    Pour tous ceux qui avaient été sensibles à la crise des accommodements raisonnables, et qui, très majoritairement, exprimaient le voeu d'un renforcement de l'intégration au Québec, le rapport Bouchard-Taylor sera une grande déception. « Tout ça pour ça ? », serait-on tenté de dire. Une grande déception, parce que l'opinion publique a clairement exprimé une volonté de réaffirmation, dans le modèle québécois, non seulement de la laïcité et de l'égalité républicaines, mais de l'intégration à la culture nationale. Au contraire, dans leur rapport, les commissaires proposent une série de mesures pour « normaliser » le modèle québécois et le rendre conforme aux principes pluralistes régissant le multiculturalisme canadien, pour lequel ils ne cachent pas leur admiration.

  • Commission Bouchard-Taylor: Lectures malcommodes I

    Première salve en réponse à la commission Bouchard-Taylor

  • Commission Bouchard-Taylor: Lectures malcommodes II

    Deuxième salve en réponse à la commission Bouchard-Taylor

  • Commission Bouchard-Taylor: Lectures malcommodes III

    Troisième salve en réponse à la commission Bouchard-Taylor

  • Du multiculturalisme à Bouchard-Taylor en passant par l'école de Chicago

    À l’échelle planétaire, la coexistence des valeurs antagonistes est possible. Sur un territoire donné, certains éléments culturels de base sont incompatibles.

    Emmanuel Todd (1994)

    Dans ce texte, j’essaie de démontrer que souhaiter en même temps la participation des immigrants et de leurs descendants dans tous les domaines de leur nouvelle société (comme le proposent les approches inter et multi culturelles) sans acculturation est irréaliste et, à la limite, contre-productif. Pour cela, je fais un bref retour sur la synthèse des travaux de la commission Bouchard-Taylor sur les accommodements raisonnables, afin d’en souligner les limites du cadre paradigmatique dans lequel elle s’est cantonnée. Je précise ensuite les intuitions sociologiques des penseurs de l’École de Chicago en matière de processus migratoire. Je reviens enfin sur les types de gestion canadienne et québécoise de la diversité en en soulignant les limites, les contradictions et peut-être les dangers pour la société québécoise.

  • Interculturalisme, multiculturalisme: blanc bonnet, bonnet blanc

    Ainsi, les commissaires Bouchard et Taylor recommandent-ils que les Québécois adoptent l’interculturalisme, sur la base, écrit-on, que ce modèle d’intégration serait plus conforme à la manière québécoise que le multiculturalisme canadien, qui ne serait pas « bien adapté à la réalité québécoise » (Gérard Bouchard et Charles Taylor, Fonder l’avenir. Le temps de la conciliation (rapport final intégral), p. 19).

    Mais qu’est-ce qui distingue l’interculturalisme du multiculturalisme canadien ?

    Qu’on ne s’y méprenne pas, à quelques détails près, l’interculturalisme, tel que l’entendent les commissaires, et le multiculturalisme, c’est du pareil au même. En vérité, tous deux s’abreuvent à la même source idéologique. Bonnet blanc, blanc bonnet.

  • Le verrou religieux de la question nationale

    Le rapport Bouchard-Taylor sur les « accommodements raisonnables » constitue une encyclique du conformisme politique : les commissaires-bergers y prêchent un laïcisme mou tout en morigénant la majorité québécoise. Ainsi, des prescriptions religieuses particulières menacent de devenir des contraintes étatiques pour l’ensemble des citoyens. Le « vivre-ensemble » des commissaires s’oppose donc au « vouloir-vivre » du peuple québécois.

  • Pourquoi en savons-nous encore si peu?

    Chercheur postdoctoral, UQAM

    Le débat autour du rapport Bouchard-Taylor a très largement porté sur la pertinence du modèle d’interculturalisme défendu par les commissaires et sur leur interprétation générale de la crise des accommodements raisonnables. Assez peu d’attention a été portée à leur interprétation de l’état de l’intégration des immigrants et au rôle de celle-ci dans la construction de leur diagnostic. Mon objectif dans cet article est de montrer à partir de quelques exemples comment les auteurs ont construit leurs conclusions sur une utilisation impressionniste des sciences sociales, et laissé passer de nombreuses contradictions afin d’aboutir à un récit qui leur plaisait. Je soutiendrai qu’ils ont inventé une explication approximative sans chercher à obtenir de données empiriques permettant de la valider, de sorte que les Québécois ne peuvent pas se considérer davantage informés aujourd’hui qu’ils ne l’étaient au début des audiences de la Commission.

  • Un devoir à refaire

    Pratiquement tout est à refaire, à ré-écrire, dans ce rapport, sauf, peut-être, ce qui concerne l'immigration et l'aide aux immigrants pour faciliter leur intégration. Je dis peut-être, car à ce chapitre, bien des points restent encore obscurs, dont l'importante question de la reconnaissance et de l'équivalence des diplômes étrangers, qui est certainement loin d'être aussi simple que ne le présentent les commissaires. Je laisserai donc ici de côté toute la question de l'immigration, mais non sans rappeler qu'il s'est souvent dit et écrit, et ce par les commissaires eux-mêmes et leur groupe de 15 experts, que les « accomodements raisonnables » n'étaient pas le fait des immigrants, et encore moins des nouveaux arrivants, mais de Québécois de souche (de religion à forte orthodoxie, généralement), ou d'individus faisant partie de communautés implantées ici depuis longtemps.

  • Une critique du double diagnostic de Bouchard et Taylor

    Doctorante en sociologie à l'UQAM

    Au moment de sa création en février 2007, la Commission de consultation sur les pratiques d’accommodement reliées aux différences culturelles (commission Bouchard-Taylor) se voyait confier la tâche de formuler des recommandations au gouvernement du Québec en matière d’accommodements raisonnables, ces recommandations devant s’appuyer sur une série d’études et de consultations. Après plus d’un an de travail, les coprésidents ont présenté un rapport qui inclut, certes, les recommandations attendues, mais dont une grande part est consacrée à leur lecture de la crise des accommodements raisonnables qui a donné lieu à la création de la commission. Selon les coprésidents, les responsables de la crise seraient d’une part, le groupe majoritaire, et d’autre part, les médias, la crispation identitaire des premiers étant alimentée par le sensationnalisme des seconds. Dans cet article, nous critiquerons ce double diagnostic des coprésidents. Une première partie portera sur le jugement posé par Bouchard et Taylor sur le groupe majoritaire et sur les postulats qui sous-tendent le reproche de « crispation identitaire » qui leur est adressé. Nous nous pencherons ensuite, dans la seconde partie, sur le rôle que Bouchard et Taylor attribuent aux médias dans cette controverse, qu’ils qualifient de « crise des perceptions ».

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