Bloc

  • Éditorial - Voter dans le Canada réel

    2015juin250C’est fait. Les choses sont claires. Le Parti québécois a son chef. L’homme n’aura guère de répit. Il savait à quoi s’attendre. Il faut espérer que son parti prendra rapidement acte de ce qui s’est enclenché depuis l’annonce de sa candidature et qui s’accélère depuis. La volonté d’éradication, les efforts concertés pour briser notre capacité de cohésion nationale, la dynamique de normalisation de la province vont nous valoir de très durs moments et de sombres manœuvres. Mais ce ne sera pas chose facile de les faire voir, de les faire comprendre pour ensuite les combattre.

  • La résistance

    La résistance du Québec et des Québécois est une attitude de fond, persistante à travers toute notre histoire. Rarement aiguë, souvent quelconque, maintes fois trahie, elle n’en subsiste pas moins, sous différentes formes. Elle est variable. Elle s’est exprimée dans des proportions qui fluctuaient autour de 40 % à propos de la souveraineté. Ces proportions sont à la baisse depuis un an.

    Notre résistance, active ou latente, n’est jamais tout à fait décisive cependant. C’est un autre de ses caractères. Nous sommes un peuple divisé.

  • Que faire du Bloc?

    Comprendre le vote du 2 mai relève du casse-tête, car les règles habituelles qui expliquent le succès ou l’échec des partis n’ont pas été respectées ce qui explique pourquoi le raz-de-marée réalisé par le NPD au Québec apparaît comme rocambolesque. Contre toute attente, les Québécois ont donné massivement leur appui à un parti centralisateur dont le chef ne venait pas du Québec, qui n’avait pas d’équipe de candidats de prestige, dont le programme était plutôt vague, qui n’avait pas d’organisation sur le terrain et qui dans de nombreuses circonscriptions n’a même pas fait campagne.

  • Refus et résistance

    Le 26 janvier 2010, Pierre Vadeboncoeur nous faisait parvenir cette dernière contribution à L'Action nationale avant sa mort survenue le 11 février. Une analyse pénétrante de la situation, comme toujours, mais aussi, une formidable conviction qu'à terme "nous n'avons pas dit notre dernier mot".

    Les Québécois tendent depuis longtemps à s’évader du modèle politique qui prévalait en Grande-Bretagne jusqu’à l’avènement des travaillistes : les whigs, les tories, ici le parti libéral et le parti conservateur. Une tendance de fond faisait dérailler cette politique bi-partisane qui prenait appui non seulement sur des intérêts et sur la solidarité des anglophones dans ce pays conquis, mais aussi sur un cadre institutionnel structurant le tout dans des formes élaborées de longue date en Angleterre.

    Une bonne partie des Québécois, peut-être plus de la moitié maintenant, veut toujours plus ou moins consciemment enrayer cette mécanique, fausser le jeu du fédéralisme et brouiller les cartes des deux partis traditionnels, introduire dans la politique québécoise et canadienne une dynamique que le système ne peut assimiler. Présentement, au fédéral, à cause du Bloc, le Parti libéral est déstabilisé, incapable de retrouver sa position dominante. N’ayant plus l’appui des Québécois, il est en état de déséquilibre au Canada.

  • Une lueur d'espoir pour le Bloc

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    La vie des partis n'est jamais un long fleuve tranquille et celle du Bloc a été mouvementée depuis quatre ans. Mario Beaulieu a fait pour le mieux dans des circonstances difficiles. Il avait le courage et la détermination pour relancer le Bloc, mais il n'a pas eu le temps de se constituer une équipe et de refonder le parti. Non seulement a-t-il été élu à la suite d'une campagne précipitée et gagnée à l'arraché contre l'appareil du parti, mais il a par la suite été accaparé par des problèmes organisationnels qui l'ont empêché de donner sa juste mesure.

    Il lui aurait fallu quatre ans pour réaliser son projet de faire du Bloc un parti de militants conscientisés et engagés dans leurs milieux. Homme de conviction avant tout, il s'est effacé pour donner au Bloc de meilleurs chances de succès. Il a bien servi la cause en passant le flambeau à Gilles Duceppe et il continuera à le faire dans son rôle d'animateur et de futur député.

    Le retour à la politique active de Gilles Duceppe est une nouvelle réjouissante pour tous ceux qui combattent le fédéralisme canadien et ses zélés propagandistes que sont les députés des partis fédéraux. Sa longue expérience politique redonnera confiance aux souverainistes désabusés et relancera l'espoir. Son action s'inscrit dans une nouvelle conjoncture où lui aussi aura les coudées plus franches pour mettre le projet d'indépendance au cœur de la campagne électorale. Par le passé, il a été entravé par la stratégie péquiste de la gouvernance souverainiste qui confinait son discours à une logique provincialiste. Avec l'élection de P.K. Péladeau, la donne a changé, le projet souverainiste n'est plus relégué aux oubliettes comme une ambition honteuse, il a été remis sur le devant de la scène et cela permettra au Bloc de tenir un discours plus cohérent.

    Le rôle du Bloc est de promouvoir l'intérêt national du Québec et pour cela il doit affirmer que cet intérêt passe par l'indépendance. Il doit offrir aux Québécois souverainistes la possibilité de voter selon leur conviction et il doit faire élire des députés qui démasqueront la duplicité des députés et des partis qui représentent le Canada au Québec.

    Le rôle du Bloc est de combattre l'ambivalence historique des Québécois à l'endroit du régime politique canadien. Il revient au parti qui œuvre sur la scène fédérale de dévoiler les traquenards de l'idéologie canadienne et de montrer comment le fédéralisme nuit aux intérêts du Québec et entrave nos capacités de développement. C'est ainsi que le Bloc peut paver la voie de l'accession à l'indépendance, en faisant la pédagogie critique du fédéralisme.

    Il faut partir du principe que les Québécois qui votent aux élections fédérales sont les mêmes qui votent aux élections québécoises et qu'il y a un effet de vase communicant sur le plan idéologique. Chaque Québécois qui vote pour un parti fédéraliste renforce l'emprise politique du Canada sur les esprits des Québécois. Chaque fois qu'un député fédéraliste intervient dans le débat public il devient un agent actif de l'État canadien au service de la domination canadienne.

    Voter pour un des partis fédéralistes c'est consentir à la subordination politique des Québécois. Voter pour le Bloc c'est le premier geste de rupture avec le Canada. Cela signifie refuser de se soumettre à la volonté du Canada. La mission du Bloc est de combattre la supercherie canadienne qui consiste à utiliser le vote des Québécois pour cadenasser la nation québécoise. Ne laissons pas ceux qui parlent au nom du Canada nous représenter.

Collections numériques (1917-2013)

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