Novembre-Décembre 2007

Vol. XCVII, nos 9-10

Savoir durer

La revue L'Action nationale célèbre cette année ses 90 ans d’existence. Elle occupe une place unique dans l’histoire intellectuelle du Québec parce qu’elle a su résister à l’usure du temps et qu’elle a attiré les penseurs les plus aguerris. Cette exceptionnelle longévité s’explique par la pertinence de ses choix éditoriaux et par l’engagement indéfectible de ses bénévoles. Lire l’ensemble de sa production, c’est opérer une véritable coupe transversale dans l’histoire du Québec. Tous les grands thèmes essentiels qui ont charpenté le combat national et animé les débats sociaux s’y retrouvent. Des idées-phares y ont été parfois formulées pour la première fois, d’autres s’y sont enrichies du débat et de la confrontation des points de vue.

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Le projet d'une génération?

Jacques Parizeau

(photo Jacques Nadeau, Le Devoir)

Conférence donnée par Jacques Parizeau lors du souper du 90e anniversaire de L’Action nationale le 26 octobre 2007 au Lion d’or à Montréal.

Monsieur le président, Mesdames, Messieurs,

Est-ce que la souveraineté du Québec est le projet d’une génération ? Est-ce que ce projet va disparaître avec cette génération ? On le dit souvent ! Je ne le crois pas. Je pense, par ailleurs, qu’une génération a joué un rôle absolument essentiel, immense, pour développer l’idée et l’objectif de la souveraineté chez les Québécois. Cette génération est en train de passer, de disparaître. Une nouvelle façon de voir la souveraineté apparaît maintenant dans un contexte complètement différent, dans un cadre politique qui n’a plus beaucoup de rapport avec celui que nous avons connu à nos commencements. Des figures nouvelles apparaissent pour poursuivre le cheminement vers cet objectif. Je voudrais réfléchir avec vous et revenir un peu sur cette période avant de me pencher sur un présent très pressant.

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Faire sa propre Histoire

J’avais quinze ans, j’étudiais à l’école Pie IX de Montréal-Nord, j’étais insoumis et rebelle, je dirigeais L’Envol, un journal dans lequel Jean-Marc Brunet écrivait une chronique sur l’indépendance du Québec. C’était à l’époque où le naturopathe Raymond Barbeau parlait de la Laurentie comme d’un pays à faire naître sur les ruines du fédéralisme canadien. Il fut rapidement doublé sur sa gauche par Pierre Bourgault et le RIN, le premier et le seul parti politique dont le programme était radical : un vote pour le RIN était un vote pour l’indépendance du Québec, il n’y avait là aucune ambiguïté, aucune équivoque, aucun malentendu.

À l’école Pie IX, j’étais le seul à arborer le symbolique bélier qui était l’image de marque du RIN. J’étais le seul à courir les meetings de Bourgault et à reconnaître dans la fougue de l’orateur mes propres doléances, mes propres aspirations et mes propres rêves. Ça ne viendrait certes pas du jour au lendemain, mais j’étais jeune, déterminé et plein d’énergie. Il fallait tout simplement ne pas manquer de patience puisque, comme l’a écrit William Faulkner, lorsqu’un vaste projet nous anime vraiment, ça devient impossible de le perdre de vue.

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2007

Les mouvements lents et souterrains des sociétés échappent à l’attention, mais ils n’en travaillent pas moins le corps social. On n’en est guère plus conscient qu’un individu ne l’est des phénomènes physiologiques dont son propre corps est le siège. La vie continue et c’est tout. 

Une étrange question, sous la forme d’un mot, a surgi tandis que j’essayais de réfléchir à notre condition présente. C’est le mot inadéquation. Notre pensée collective, notre psychologie répondraient mal à certaines exigences de la réalité. Par quelles illusions, pas même conscientes ? Le projet d’indépendance ne nous obligerait pas, individuellement et collectivement, à nous dépasser. Tout pourrait s’accomplir sans un mouvement populaire puissant, sans une vague de fond dont les signes seraient évidents.

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Examen d'un programme d'histoire postnationaliste

Ce texte approfondit des réflexions présentées dans deux conférences, d’une part « Histoire, identité et démocratie », au Symposium L’Histoire à l’épreuve de la diversité culturelle, organisé par la CREQC, à l’UQAM, le 15 novembre 2006 et d’autre part, « Les sophismes de Jocelyn Létourneau », à La Nuit de la philosophie, UQAM, 24 mars 2007

Le Québec devrait se comporter comme une marmotte
- Jocelyn Létourneau1

Prix André-Laurendeau 2007

Je propose d’examiner de plus près la pensée d’un historien célèbre, Jocelyn Létourneau. Sa pensée m’intéresse sous un angle particulier, qui concerne tous les Québécois : l’enseignement de l’histoire du Québec et la mémoire nationale. Jocelyn Létourneau a développé dans une longue série d’articles, d’ouvrages et d’interventions publiques, une position sur la nation et la mémoire québécoises, ainsi que sur l’enseignement de l’histoire qu’on peut qualifier de fondement théorique du nouveau programme d’histoire nationale du Québec au secondaire. Cette proposition de réforme est l’aboutissement d’un long travail de persuasion dont Létourneau s’est fait le héraut principal par ses travaux2, outre l’autre facteur, plus passif, celui de la réceptivité du ministère de l’Éducation à tout ce qui fleure le postmodernisme et la réinvention de la roue. La présente analyse se concentrera sur ce volet actif, rhétorique, dont Létourneau est l’éminence grise. Car c’est de « postnationalisme » qu’il s’agit et c’est ce prétendu « postnationalisme » que Létourneau défend dans le cas de l’histoire et de la mémoire du Québec.

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Collections numériques (1917-2013)

action couv 1933Bibliothèque et Archives nationales du Québec a numérisé tous les numéros de L'Action française et de L'Action nationale depuis 1917.

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