Numéro du centenaire

2017janvierfevrier250

L'exceptionnel numéro du centenaire, grand format couleur, retrace l'évolution de la pensée nationale sur tout un siècle.

 

Allocution de Robert Laplante lors du lancement
En  vente à la boutique

Mai-Juin 2010

Vol. C, nos 5-6

Éditorial - Se tenir droit dans la rupture

2010maijuin250C’était pour ainsi dire inscrit dans les résultats référendaires de 1995. Un régime qui ne se maintient que par l’usurpation de notre droit à l’autodétermination, qui ne recule devant aucune manœuvre illégitime, qui multiplie les tactiques illégales et mobilise ce qu’il y a de plus veule chez ses intendants locaux ne peut déboucher sur autre chose. Le durcissement, ce n’était que la phase initiale : loi sur la clarté, asphyxie financière et haussement de ton politique, il n’y avait rien là que du prévisible, de la réponse normale d’un État qui s’est senti menacé. La phase deux, pour rappel, n’aura servi qu’à compléter le dispositif en déployant un immense arsenal de propagande et en s’assurant qu’il imprègne et mobilise tout l’appareil de l’État. Cela aura requis le recours au banditisme et à toutes les manœuvres dont nous aurons eu un aperçu avec le scandale des commandites. Le processus aura été facilité par un Lucien Bouchard inapte et timoré qui aura gaspillé une conjoncture favorable et pratiqué la servilité tétanisée. La phase trois se déroule sous nos yeux et personne ne l’incarne mieux que notre premier sous-ministre, un parangon de la politique mercenaire et de la capitulation intéressée.

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De quoi payons-nous le prix?

Mention au prix André-Laurendeau 2010. Texte d’une conférence prononcée le 12 mars 2010 dans le cadre du colloque « Vainqueurs ou vaincus ? L’influence des idéologies sur la mémoire et l’histoire », organisé sous les auspices de l’Association des étudiants en histoire de l’Université du Québec à Trois-Rivières. Son titre complet est: De quoi payons-nous le prix, de la défaite ou d’y avoir survécu ?

Or je vois nos êtres en détresse dans le siècle
je vois notre infériorité et j’ai mal en chacun de nous
— Gaston Miron
 
Pour moi, ce qui fait la raison d’appartenir à ce peuple-ci, de se solidariser avec lui, c’est le caractère extraordinairement tragique de son histoire, cette recherche pénible de soi.
— Fernand Dumont

Le titre de cette conférence se veut délibérément provocant. Car mon intention n’est pas tant ici de discourir savamment sur notre histoire que de vous transmettre une part de mon inquiétude touchant l’avenir de ce que le chanoine Groulx appelait « notre petit peuple ». Vous voyez qu’en évoquant d’entrée de jeu l’auteur de Notre maître, le passé, je ne crains ni l’anachronisme ni le procès d’intention.

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Dérives du libéralisme économique

Le titre complet de cet article est:
Dérives du libéralisme économique, fondement de la libre entreprise et nécessité étatique

L'auteur est président de l’Institut de recherche en économie contemporaine (IRÉC). Il s'inspire ici d'Esdras Minville qui fut, entre 1922 et 1962, économiste, professeur puis directeur des Hautes Études Commerciales de Montréal (HEC). Minville a réfléchi en profondeur sur les causes et les conséquences de la crise de 1929 mais surtout, a analysé la vision du monde sous-jacente à la pensée économique libérale. Dans les années 1980 et 1990, François-Albert Angers, professeur à la même école et collègue de Minville pendant 25 ans, a colligé et rassemblé ses écrits, ses conférences, son œuvre, en 13 volumes. Ce texte est inspiré, en ce qui concerne les principes exposés, de la pensée de Minville et les principales références sont tirées du volume 2 de La vie économique, intitulé « Systèmes et structures économiques ».  C'est Esdras Minville, qui a relancé la revue L'Action française sous le nom de L'Action nationale en 1933 en élargissant son champ d'intérêt à l'économie et au développement régional.

Le libéralisme économique est une doctrine fondée sur une abstraction, l’homo oeconomicus, c’est-à-dire sur l’être humain extrait de son milieu social et n’agissant plus que sous la poussée de ses besoins physiques et de son appétit de jouissances. […] À l’économiste libéral, la société apparaît donc ainsi qu’un vaste organisme animé par un moteur unique et soumis à un petit nombre de lois rigides et inéluctables qui en régularisent le fonctionnement. Toute mesure qui tendrait à entraver le jeu normal de ces lois ou à limiter l’impulsion de l’intérêt personnel est donc déclarée contraire à l’ordre naturel et au bien de la société.

— Esdras Minville, 1932

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Triple offensive multiculturaliste

Cet hiver, nous avons pu observer une triple offensive multiculturaliste, représentative des moyens par lesquels l’idéologie officielle du nouveau Canada de Trudeau trouve à s’imposer au Québec malgré les déclarations contraires de nos gouvernements depuis 1971. En effet, outre les domaines qui relèvent du fédéral comme la politique du multiculturalisme, une partie de la politique d’immigration dont la naturalisation et, last but not least, l’activisme des tribunaux, spécialement de la Cour suprême, en fonction de la Charte canadienne des droits de 1982, on peut discerner trois grandes voies par lesquelles le multiculturalisme s’impose au Québec.

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Une chasse-galerie à Montréal (extrait-primeur)

L’auteur est historien, ethnologue et écrivain. Ce texte est constitué d’extraits d’Une chasse-galerie à Montréal, un conte légendaire à paraître sous peu aux Éditions du Québécois en partenariat avec les Éditions Charlevoix.

Où déposer tes bagages ? Où déposer tes voyages ? Toi qui as les yeux pleins de villages, toi qui as l’accent de ta mère, le nez de ta sœur et la tête bourrée de litanies. Toi qui n’as pas de pays. Sinon là ! Sur la Main, propriété des égarés !

- Pierre Perrault

Ils veulent effacer toutes les littératures de chasse-galerie pour en faire des immeubles vitreux. Quartier des spectacles, quartier de quoi ? De rien, de tout, de n’importe quoi. Comme s’il n’y avait jamais rien eu là. Comme si Montréal n’avait pas été cette conquête étrange d’un certain héritage autrement mort, autrement déraciné. D’une histoire pleine d’ancêtres, mais désertée désormais, comme une chevelure perdue de pays chauve. Un homme avance, mais ses pas ne s’imprègnent plus. Ce n’est plus comme avant. Comme si sa mémoire s’était effacée. Et ce n’est pas que sa mémoire à lui, c’est aussi celle de tout un peuple qui s’efface et s’effare, non loin d’ici, coin Sainte-Catherine et Saint-Laurent.

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Collections numériques (1917-2013)

action couv 1933Bibliothèque et Archives nationales du Québec a numérisé tous les numéros de L'Action française et de L'Action nationale depuis 1917.

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