Regard sur une étape du développement économique du Québec

1800-1920 : Des champs à la ville

Jusqu’à la fin du XVIIIe siècle, le Royaume-Uni a réussi, avec les ressources forestières de son territoire et de la Nouvelle-Angleterre, à combler ses besoins intérieurs. Toutefois, cette conjoncture se renverse au début du XIXe siècle en raison de l’épuisement des richesses insulaires et de la révolution étatsunienne de 1776 qui met fin à des sources d’approvisionnement précieuses. Afin de maintenir sa croissance économique, le Royaume-Uni dut s’alimenter à partir des forêts de la Scandinavie. Simultanément, pour bonifier les approvisionnements de bois en provenance de ses colonies nord-américaines, les Anglais fixent des tarifs préférentiels au détriment des fournisseurs européens. Cependant, les effets de cette tarification sont presque sans conséquence, les marchands britanniques préférant s’alimenter en Europe, en raison des coûts inférieurs des transports.

C’est un événement politique qui a pour effet de modifier les sources de ravitaillement en matière ligneuse des Britanniques. En mai 1803, un conflit éclate entre le Royaume-Uni et la France. Ayant un urgent besoin de bois pour la construction de frégates et devant tenir compte du Blocus continental imposé par l’empereur français Napoléon 1er (1769-1821) qui empêche l’accès aux zones riveraines de la mer Baltique, le Royaume-Uni se retourne vers ses colonies nord-américaines qui disposent d’un immense bassin de ressources forestières.

Libre de tout tarif et malgré les frais de transport, le bois provenant d’Amérique du Nord devient rapidement concurrentiel par rapport aux importations scandinaves soutenant l’essor économique du Québec. L’exploitation forestière est le moteur de l’économie québécoise dès le début du XIXe siècle. En parallèle, la construction navale marque l’entrée du Québec dans l’ère préindustrielle. Cette industrie qui fut longtemps l’assise fondamentale de la structure économique du pays connait son apogée vers la décennie 1860. Les raisons qui contribuent au déclin du commerce de la matière ligneuse sont liées intimement à l’évolution technologique et aux décisions politiques prises au Royaume-Uni.

Le Québec est peu gratifié des ressources réclamées par les entreprises de la nouvelle vague manufacturière qui constituent les ingrédients de la révolution industrielle. Le fer et le charbon sont presque absents des basses terres du Saint-Laurent, aire géographique où est concentré l’œkoumène québécois. Ceci a pour effet de soustraire à l’économie québécoise une part importante de ce secteur lucratif. En contrepartie, l’Ontario et le nord-est des États-Unis, particulièrement avantagés par leurs ressources minières et leurs axes de transport, participent activement à la révolution industrielle.

La carence en minerais dans les premières zones de colonisation et le déclin de l’industrie forestière ont pour effet de cantonner les Québécois francophones dans le secteur agricole. Alors qu’en 1861 l’agriculture compte 108 121 membres ou 43,3 % de la population active, ce nombre s’établit à 217 061 (45,5 %), trente ans plus tard[1].

Ne possédant qu’un faible pouvoir d’attraction sur les investisseurs étrangers, mis à part sa main-d’œuvre abondante et peu coûteuse, le Québec est boudé par l’industrialisation. Sauf pour quelques entrepreneurs actifs dans le textile, l’État québécois ne profite guère de cette manne. L’agriculture occupe toujours une place de choix même si les productions se spécialisent. Dans les régions ressources (p. ex. Saguenay-Lac-Saint-Jean) se développe une petite industrie artisanale axée vers la transformation des produits de la ferme, comme les sous-produits dérivés du lait, destinés aux marchés urbains. En 1871, vingt-cinq fabriques de beurre et de fromage sont en exploitation au Québec alors qu’en 1920 il y en a 1808[2].

Ces nouveaux débouchés ne sont pas suffisants pour atténuer les problèmes économiques. Dès la seconde moitié du XXe siècle, l’exode des campagnes s’effectue à un rythme soutenu. Les terres sont surpeuplées et épuisées en raison de leur surexploitation imputable à des techniques agricoles peu efficaces. Par ailleurs, avec le taux de naissance élevé que connait le Québec rural au XIXe siècle, les espaces disponibles aux fins de l’agriculture deviennent restreints.

En 1873, le déclin de l’économie québécoise est accéléré par le contexte économique international particulièrement défavorable aux investissements. Ce marasme perdure une vingtaine d’années, ce qui génère des conséquences désastreuses pour ce pays neuf en pleine construction. L’État fédéral, dans l’intention de soutenir le développement économique du Canada, adopte la National Policy dont l’objectif est de favoriser la création d’une aire géographique de commerce. L’imposition de tarifs douaniers aux importations, le peuplement intérieur et l’établissement d’un réseau ferroviaire continental doivent concourir à ce projet.

La politique fédérale a très peu avantagé le Québec. Les retombées qu’elle suscite, notamment dans le secteur ferroviaire, accentuent les disparités existantes entre le Québec et l’Ontario, ainsi qu’entre Montréal et les régions québécoises. Conçues dans une perspective de développement pancanadien, seule Montréal et quelques-unes de ses villes satellites ont réellement bénéficié de la National Policy au détriment du reste du Québec. En 1900, la métropole accapare 56 % de la valeur de la production manufacturière québécoise, alors qu’une ville comme Chicoutimi récolte moins d’un pour cent de cette activité[3].

Les paysans abandonnent la terre, faute de pouvoir y vivre convenablement. Plusieurs se dirigent vers les grandes agglomérations. En 1881, 27,9 % des citoyens québécois résident en milieu urbain, comparativement à 56 % en 1921[4]. D’autres Québécois s’expatrient vers les États-Unis afin de ne pas demeurer les victimes du chômage.

Au cours de la décennie 1870, le secteur manufacturier naissant est encore peu développé pour assimiler ces masses de travailleurs issues des campagnes. Des milliers de Québécois se dirigent vers les villes industrielles de la Nouvelle-Angleterre où un emploi les attend en raison de la fulgurante croissance économique de cette région. De 1870 à 1930, le Québec vit partir plusieurs de ses fils et filles. La démographe Yolande Lavoie estime à environ 720 000 personnes, ou 7,8 % de la population totale, le nombre de citoyens qui franchissent la frontière[5].

Vers la décennie 1910, l’avènement d’une seconde révolution industrielle, fondée sur l’exploitation de ressources naturelles présentes au Québec, est le salut tant attendu pour résoudre l’hémorragie de la population émigrante vers les États-Unis qui abandonne la mère patrie à la recherche d’un gagne-pain. La nouvelle prospérité qui déferle sur l’Amérique du Nord dès 1897 ne tarde pas à produire ses fruits. À l’aube de la Grande Guerre (1914-1918), l’avenir du Québec repose sur la nécessité d’effectuer un virage industriel et d’abandonner son caractère exclusivement agricole.

L’approvisionnement énergétique constitue au milieu du XIXe siècle un des problèmes fondamentaux qui retarde le développement industriel du Québec. Le charbon est la source d’énergie qui permet de faire fonctionner les forces motrices des fabriques de la première révolution industrielle. Cette ressource n’est pas accessible à proximité du fleuve Saint-Laurent. Les usines québécoises doivent donc en importer de l’Est canadien en vue de faire fonctionner leurs machines. Toutefois, ces entreprises sont peu nombreuses à s’y établir en raison des coûts qu’engendre le transport de la houille.

L’énergie hydraulique reste le seul espoir pour l’industrialisation du Québec. La nation se voit combler par la seconde vague industrielle qui s’annonce prometteuse pour l’économie québécoise. Entre 1900 et 1920, la structure économique du Québec fut fortement modifiée par la croissance du secteur secondaire. Plusieurs entreprises fortes consommatrices d’énergie s’établissent sur le territoire (p. ex. usines de pâtes et papier). Devant cette nouvelle ère, le pouvoir politique en place à Québec découvre que son territoire détient des avantages stratégiques indéniables pour le placer sur la voie de la prospérité. L’exploitation des richesses naturelles et, tout particulièrement, du potentiel hydraulique est perçue par les dirigeants gouvernementaux comme la clé pouvant enrayer l’émigration de leurs compatriotes vers les États-Unis.

Attirées par ces facteurs géographiques, des entreprises à capitaux étrangers (p. ex. Alcan) s’installent au Québec afin de profiter de ses importantes richesses naturelles. Ces compagnies sont une source de prospérité qui se répercute sur les revenus du gouvernement qui progressent de 102 % entre 1900 et 1914, passant de 4,3 à 8,8 M$. Une part appréciable de ce revirement est imputable à l’augmentation des revenus émanant de l’impôt sur les entreprises (+404 %) et des gains provenant des terres publiques (+42,3 %)[6].

Cependant, la participation financière des francophones dans ces entreprises est faible. Résidant presque tous en campagne, ayant peine à subsister des ressources de la terre et à nourrir leurs grandes familles, ils sont mal placés pour accumuler des capitaux. La naissance au XIXe siècle d’une petite bourgeoisie urbaine, composée de gens avec professions libérales et de dirigeants de petites entreprises, n’est pas suffisante pour créer des assises financières solides.

La Conquête anglaise de 1760 a des effets fondamentaux sur les destinées du peuple québécois, et ce, pendant plusieurs décennies. Les francophones dépossédés de leurs pouvoirs politiques, économiques et administratifs par le Royaume-Uni sont relégués à des rôles subalternes. Peu à peu, une collectivité bien structurée se développe autour de l’Église, ayant une fonction de stabilité normative s’intéressant à la socialisation des individus. Le clergé favorise l’établissement à la campagne des franco-catholiques pour qu’ils adonnent à l’agriculture. Ce milieu, isolé géographiquement de l’élément anglo-saxon de la nation, est propice à la préservation de leur foi, de leur culture et de leur langue. Cette même volonté d’isolat incite l’Église à appuyer la poussée de fronts pionniers vers le Saguenay-Lac-Saint-Jean et l’Abitibi.

Pendant plusieurs années, le clergé détient le contrôle sur le peuple francophone d’Amérique. Au cours de la seconde moitié du XIXe siècle, le mouvement de restructuration économique qui commence à déferler sur le Québec entraîne une modification profonde de l’organisation socio-économique. Dans toute cette métamorphose structurelle, la bourgeoisie traditionnelle, composée d’ultramontains et d’agriculturistes, craint l’altération de son pouvoir sur la société québécoise et de son rôle d’institutionnalisation des valeurs qu’ont su implanter les ecclésiastiques. Cette appréhension s’intensifie vers les années 1910 alors que l’industrialisation du Québec est irrémédiablement amorcée.

Faute de capitaux québécois suffisants, le gouvernement du Québec, appuyé par la bourgeoisie d’affaires favorable au mouvement d’industrialisation, invite les investisseurs étrangers, surtout britanniques et étatsuniens, à établir des manufactures en territoire québécois.

Pendant ce temps, l’Église prône la création de nouveaux fronts pionniers et la concentration des forces nationales pour assurer un développement économique respectant les valeurs de la société québécoise. Il est utile de préciser que le clergé ne rejette pas l’industrialisation comme mode de développement, mais plutôt les valeurs véhiculées par leurs initiateurs. Il est possible de penser que si ce mouvement avait été instauré par des entrepreneurs québécois, l’opposition des religieux et de l’élite traditionnelle aurait été réduite. C’est avant tout l’influence allogène qui est redoutée comme le démontre cet extrait de la revue de l’Association catholique de la jeunesse canadienne-française, Le Semeur, datant de 1929 :

[...] les dangers qui menacent notre vie catholique et nationale sont plus nombreux et plus redoutables qu’à toute autre époque dans notre histoire. [...] L’industrialisme a brusquement transformé notre pays, changé du tout au tout notre manière de penser et d’agir. Il y a rupture avec les traditions protectrices, envahissement progressif de l’esprit de luxe et de jouissance[7].

Dans ce contexte, l’élite traditionnelle défend les valeurs d’antan et favorise la perpétuation de la société terrienne.

Durant cette période, le développement du Québec est différé parce que les leviers de sa prospérité échappent à ses institutions et que ses conditions géographiques tardent à représenter une valeur économique. Le sort de la nation est entre les mains de décideurs exogènes qui sont influencés dans la localisation de leurs usines par des facteurs stratégiques. Laissé à la merci des capitaux allogènes, le développement du Québec est intimement lié à la présence ou à l’absence de ressources naturelles en demande sur les marchés nord-américains et internationaux.

Avec des moyens réduits, les bourgeoisies traditionnelle et d’affaires, pour des ambitions divergentes, tentent dès la décennie 1870 de donner une impulsion à l’aménagement du territoire et au développement économique régional du Québec. La politique ferroviaire québécoise est un des principaux extrants du démarchage effectué auprès du gouvernement, projet géopolitique d’intervention souhaitée par les élites pour maîtriser les contraintes géographiques du territoire (p. ex. la distance)[8].

1920-1960 : Vers un monde nouveau

Voulant favoriser l’essor économique au Québec, les gouvernements qui se succèdent veillent à instaurer une gamme de privilèges spéciaux et d’alléchants dégrèvements fiscaux afin d’attirer les investissements de capitaux étrangers. Phénomène nouveau, des usines appartenant à de puissants conglomérats étatsuniens apparaissent un peu partout sur le territoire. C’est le début d’une nouvelle ère amorcée avec le premier conflit mondial et qui s’accentue avec la Seconde Guerre (1939-1945). L’arrivée de ces investissements ne cesse alors de s’amplifier. Les hostilités ayant placé les pays européens en mauvaise posture financière, leurs investissements en terre québécoise deviennent plus rarissimes, laissant le champ libre aux voisins du Sud[9].

La réorientation de l’économie du Québec vers des activités de type industriel tablant sur ses avantages géographiques (p. ex. la présence de mines de fer), qui encourage son intégration au circuit commercial nord-américain, livre ses premiers fruits durant la décennie 1920. Bien que ce mouvement soit sérieusement ralenti par le krach boursier de 1929, ce processus est irréversible. Nonobstant les aspirations de certaines forces qui profitent de cette période de stagnation pour lancer la colonisation vers l’Abitibi-Témiscamingue et sur la marge de l’œkoumène québécois, avec l’appui financier du gouvernement du Québec[10], cet intermède n’est que temporaire. La Seconde Guerre mondiale donne une nouvelle impulsion industrielle à l’économie nationale.

En Amérique du Nord, l’après-guerre inaugure le début d’une croissance sans précédent. Durant la décennie 1946-1956, le produit national brut par habitant au Québec augmente de 106 %[11]. Deux motifs sont à l’origine de ce nouvel essor. En premier lieu, les familles nord-américaines disposant de nombreuses épargnes ne demandent qu’à les consommer en biens durables. De plus, la capacité productive des principales puissances européennes ayant été fortement affaiblie par le conflit mondial, les États-Unis deviennent la planche de salut pour la réédification du Vieux Continent.

Ces facteurs conjugués postérieurement à la guerre de Corée (1950-1953) favorisent une augmentation phénoménale de 54,6 % de la production mondiale de minerai de fer, entre 1950 et 1955[12]. Le Québec, par sa position géographique privilégiée sur le continent nord-américain, devient une des zones d’approvisionnement des États-Unis, ce que le premier ministre Maurice Duplessis (1890-1959) ne manque pas de faire valoir.

L’État québécois vit durant ces années ses plus belles heures du libéralisme économique qui atteint son apogée sous le règne duplessiste (1936-1939 et 1944-1959). Dans le Discours sur le budget de 1951, le trésorier Onésime Gagnon (1888-1961) résume la philosophie économique guidant son gouvernement, en citant le pape Pie XII (1876-1958) :

L’économie, pas plus d’ailleurs qu’aucune branche de l’activité humaine, n’est de sa nature une institution d’État : elle est à l’inverse, le produit vivant de la libre initiative des individus et de leurs groupes librement constitués…

Le propriétaire des moyens de production, quel qu’il soit […|, doit rester maître de ses décisions économiques[13].

Ces gouvernants qui accueillent à bras ouverts les capitaux étatsuniens se trouvent à soutenir l’essor de l’économie québécoise. En parallèle, ils favorisent une plus grande soumission de l’État face aux investissements étrangers. Malgré son adhésion au credo du laisser-faire, le gouvernement du Québec ne se gêne pas pour intervenir et investir massivement afin d’aménager le territoire en infrastructures essentielles aux besoins logistiques des multinationales (p. ex. routes).

Durant cette période, le développement du territoire se déplace au-delà du 48e parallèle. L’Abitibi est soulevée par un essor considérable, grâce à ses richesses minières et l’implantation de voies ferrées qui permettent leur transport vers les grands centres industriels nord-américains. Le même scénario se produit au Saguenay-Lac-Saint-Jean, sur la Côte-Nord et dans le Nord-du-Québec.

La croissance se poursuit jusqu’au milieu de cette décennie. En 1957 s’amorce une des pires récessions économiques que le Québec a vécue depuis la Grande Crise de 1929. La demande pour les produits de consommation et les matières premières subit une diminution importante à cause d’une saturation des marchés commerciaux internationaux. Ce marasme est intimement lié à l’entrée de pays en voie de développement dans certains secteurs industriels qui, grâce à une main-d’œuvre peu dispendieuse, arrive à produire des biens à des coûts inférieurs à ceux manufacturés au Québec. La fin de la reconstruction en Europe et de la guerre de Corée a pour conséquence d’amplifier ce mouvement. Le chômage connaît alors une remontée spectaculaire au Québec, la croissance économique stagne et les nouveaux investissements se font rares. Cette inertie se répercute surtout du côté des industries agricoles et d’extraction des richesses naturelles. C’est d’ailleurs dans ces deux secteurs que la majorité de la main-d’œuvre québécoise est active.

Durant les années 1950, prenant conscience de la quasi-colonisation et exploitation économique du Québec par des intérêts capitalistes étrangers, des groupes d’intellectuels ainsi que le mouvement syndical préconisent l’instauration de mesures sociales pour protéger les travailleurs contre les fluctuations économiques. Le seul moyen pour revivifier cette économie est d’octroyer un rôle majeur au gouvernement pour qu’il coordonne et finance un développement qui se veut plus affranchi des soubresauts de la conjoncture économique internationale. Le Parti libéral entame une lutte contre le régime de l’Union nationale qui vient de perdre son chef[14]. En 1960, des élections générales sont déclenchées. On accuse les unionistes d’avoir mené le pays à un sous-développement sur tous les plans. Les libéraux proposent un éventail de réformes sociales, économiques et politiques majeures.

Élu lors du scrutin du 22 juin, le nouveau gouvernement met en place les premiers jalons de la Révolution tranquille. De nouvelles structures sont instaurées pour moderniser le Québec, comme le ministère de l’Éducation. Dans le domaine économique, il se donne un ensemble d’outils pour stimuler la souveraineté nationale dans certains secteurs d’activités stratégiques, telles Hydro-Québec et la Société générale de financement. C’est le début d’un temps nouveau.

Conclusion

D’un gouvernement non interventionniste tel qu’on l’a connu pendant plus d’un siècle, le Québec se dote dans les années 1960 d’une administration inspirée par un puissant esprit national, de même que par la théorie keynésienne. Le gouvernement du Québec est désormais le moteur du développement économique et collectif. Cette remise en question de l’idéologie traditionaliste, qui a soutenu longtemps la gestion publique, entraîne une profonde modification de la structure gouvernementale, ainsi que de ses missions. C’est ainsi que l’on assiste à la création de ministères et d’organismes dont la raison d’être est notamment de contribuer à la planification de leurs nouveaux mandats.

 

 


 

[1]CANADA. Ministère de l’Agriculture. Recensements du Canada de 1871 et 1891, volume 5, Ottawa, le ministère.

[2]QUÉBEC. Secrétariat de la province (1914) Annuaire statistique de Québec 1914, Québec, Bureau des statistiques, p. 234.

QUÉBEC. Secrétariat de la province (1921) Annuaire statistique, Québec, Bureau des statistiques, p. 283.

[3]CANADA. Bureau du recensement et de la statistique (1907). Recensement du Canada de 1901. Bulletin II, Industries du Canada, Ottawa, Ministère de l’Agriculture, p. 65-66.

[4]CANADA. Ministère de l’Agriculture et Bureau fédéral de la statistique. Recensements du Canada de 1881 et 1921, Ottawa, le ministère du Commerce.

[5]Lavoie, Yolande (1973). Les mouvements migratoires des Canadiens entre leur pays et les États-Unis au XIXe et au XXe siècles. -Cité dans : Charbonneau, Hubert (Éd.). La population du Québec : Études prospectives, Montréal, Boréal Express, p. 78.

[6]Bates, Stewart (1939). Histoire financière des gouvernements canadiens, Ottawa, Commission royale des relations entre le Dominion et les provinces, p. 156.

[7]Dubois, Eugène. « Que répondra la jeunesse interpellée? » Le Semeur, 25 (9), avril 1929, p. 233-234.

[8]Leclerc, Richard (1991). La politique ferroviaire québécoise et l’organisation du territoire (1867-1990), Thèse de doctorat en géographie déposée à l’Université Laval, 613 p.

[9]Blanchard, Raoul (1960). Le Canada français : Province de Québec, Montréal, Arthème Fayard, p. 183.

[10] Le Discours sur le budget de 1951 révèle que durant l'année financière 1936-1937, le gouvernement consacre
9 630 031,14 $ à la colonisation, soit 13,8 % de ses dépenses totales.

QUÉBEC. Département du Trésor (1951). Discours sur le budget prononcé par l’honorable Onésime Gagnon, C.P., C.R., LL.D., trésorier de la province, à l’Assemblée législative de Québec le 1er mars 1951, Québec, le département, p. 33.

[11]QUÉBEC. Ministère de l’Industrie et du Commerce (1972) Tableau types, Comptes économiques du Québec : Revenus et Dépenses 1946-1970, Québec, Direction générale de la recherche et de la planification, p. 22-23.

[12] CANADA. Ministère de l'Énergie, des Mines et des Ressources (1984) L’industrie canadienne du minerai de fer : Problèmes actuels et entrevus, Ottawa, Division des minéraux ferreux, p. 19.

[13]QUÉBEC. Département du Trésor (1951). Op.cit., p. 41.

[14] Maurice Duplessis est décédé le 7 septembre 1959 à Schefferville (Côte-Nord)

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