Éditorial - Une idée porteuse

2013juin250

Le patrimoine bâti religieux est un immense trésor menacé. Les transformations de la pratique religieuse, l’état des finances de l’Église québécoise, l’ambivalence des attitudes à l’égard de la religion et des finances publiques sous pression forment un complexe faisceau de déterminants qui accroissent les risques d’une embardée culturelle majeure. Le rapport trouble et malaisé que notre peuple entretient avec son histoire, n’est pas pour arranger les choses.

Il est pourtant inconcevable de laisser aller à vau-l’eau un tel héritage. Il est tout aussi invraisemblable de se laisser dicter par un pragmatisme amnésique des pratiques ruineuses qui finiraient par faire basculer dans la sphère des promoteurs privés ce qui, à tous égards, est un ensemble de biens publics.

Lire la suite

Nationalisme et indépendantisme : de la convergence à la contradiction

L’indépendantisme n’est pas comme le nationalisme un mouvement ethnique assimilant les luttes pour la sauvegarde de la nation aux luttes pour la sauvegarde de la langue et autres caractéristiques et valeurs culturelles, sociales ou religieuses. L’indépendantisme, c’est une volonté et une stratégie de conquête du pouvoir politique pour libérer la nation québécoise de toutes les tutelles.

Andrée Ferretti, Gaston Miron, Les grands textes indépendantistes, Montréal, L’Hexagone, 1992, p. 19

Nous pensons qu’une partie des difficultés d’orientations idéologiques et stratégiques du mouvement souverainiste résultent des oscillations entre ces deux courants de pensée qui s’enchevêtrent ou se combattent selon les conjonctures. Départager ces deux idéologies est une opération délicate qui peut bousculer certaines certitudes du prêt à penser. Mais ce travail de clarification peut aussi s’avérer salutaire pour débusquer les ambigüités et les contradictions qui produisent bien souvent des dérives politiques.

Lire la suite

I feel fine

Martin Tremblay, 42 ans, avait mal dormi. Il s’était endormi trente minutes avant la sonnerie du cadran, le cadran avait sonné, mais il ne s’était alors pas réveillé. Désorienté, il gisait maintenant parmi les draps épars en tentant de donner un peu de logique à ses idées qui étaient encore tout imprégnées des brumes de la nuit. Sa femme et sa fille devaient être levées depuis un bon moment déjà, car l’odeur acidulée du café flottait dans l’air et il entendait, provenant de la chambre de sa fille, les accords rythmés d’un grand succès des Beatles :

I’m in love with her and I feel fine

Baby says she’s mine you know,

She tells me all the time you know

She said so

Lire la suite

Le paradoxe d’une société timide luttant contre une minorité disparue

Dans l’édition du 13 mai dernier du journal Le Devoir, quatorze personnalités manifestaient leur soutien à l’endroit du projet de loi 14 du gouvernement Marois. Parce qu’il apparaissait nécessaire de contrer le déclin du français à Montréal et au Québec, et parce qu’il vaut mieux que soit adopté ce projet de loi que rien du tout, les quatorze ont trouvé des vertus certaines au projet de loi 14. Pourtant, à travers les lignes, on comprend que la position qu’ils défendent solidairement comprend de profondes réserves à l’égard du projet de loi du Parti québécois (PQ). Ce sont pourtant eux qui, pour le bénéfice du gouvernement, encouragent par leurs conseils éclairés à renoncer à l’expression de la volonté ferme et libre du peuple québécois. À les lire, les péquistes sont bien seuls face aux radicaux du Parti libéral du Québec (PLQ) et de la Coalition avenir Québec (CAQ), si bien que le retour des radicaux et des conservateurs dépend des capacités des militants en particulier à reconnaître les limites de l’action collective. Faut-il pour autant saisir la minuscule fenêtre actuelle pour renforcer ce qu’il est encore possible de faire avant le retour de la noirceur ?

Lire la suite

D’une crise à l’autre : considérations politiques sur la crise financière

Crise et mise en crise

C’est un lieu commun d’affirmer que toute crise est une occasion propice à la mise en place d’innovations technologiques ou financières, de réformes économiques ou de programmes politiques visant à transformer un « système », qu’il soit politique, économique, judiciaire ou même scolaire. Avec brio, Noami Klein en a déjà fait la démonstration dans son ouvrage sur la « stratégie de choc » du « capitalisme du désastre », qualifiant ainsi l’opportunisme de crise au cœur de la doctrine néolibérale que Milton Freidman et ses disciples appliquèrent à de nombreuses reprises depuis le milieu des années 1970[1].

Lire la suite

Choisir le progrès national

Jocelyn Caron 
Choisir le progrès national, Montréal, Druide, 2013, 473 pages 

Se redonner de l’envergure et une hauteur de vue dans les affaires publiques et nationales, tel semble être le credo de cet essai. Volumineux, abondamment documenté, avec ce titre de programme politique qui le caractérise, le livre de Jocelyn Caron offre une réflexion générale sur la situation actuelle du Québec et cherche à redonner « le goût du service public et de son prolongement le plus significatif, celui de l’engagement politique. »

Lire la suite

Explorations autour du destin des églises

Luc Noppen est professeur au Département d’études urbaines et touristiques de l’Université du Québec à Montréal (UQAM). Il est titulaire de la Chaire de recherche du Canada en patrimoine urbain à l’École des sciences de la gestion de cette université, depuis 2001. Ses recherches sur le patrimoine religieux sont subventionnées par le Conseil de recherches en sciences humaines du Canada (CRSH) et par le Fonds de recherche Société et Culture du Québec (FQRSC) depuis 1974.

Cet article a reçu le prix André-Laurendeau

A. Un nouveau modèle d’intervention

Nos églises ferment ; le mouvement amorcé au début des années 1995 s’accélère. Des 269 paroisses que comptait en 1995 le diocèse de Québec – le plus ancien des 19 diocèses de la province et le seul qui rende publics certains chiffres[1] –, il en reste aujourd’hui 204 et l’évêque auxiliaire, Mgr Gaétan Proulx, vient d’annoncer que ce nombre sera réduit à 30 d’ici 2020. Le quotidien Le Soleil commente la décision sous le titre : « Diocèse de Québec : les paroisses sacrifiées pour survivre[2] ». Combien d’églises resteront ouvertes au culte après cette réingénierie paroissiale ? Dans le diocèse de Montréal, notre base de données nous indique que sur 172 paroisses catholiques francophones, seulement 70 sont encore actives aujourd’hui. L’observatoire que nous avons mis en place indique que le mouvement connait une accélération fulgurante depuis l’an 2000. Chaque semaine des églises ferment et chaque mois quelques démolitions s’ajoutent à la liste (ill. 1).

Lire la suite

Une étude de cas : l'église de Saint-Anicet

Mise en contexte

La suppression des paroisses et la fermeture de nombreuses églises entraînent avec elles de graves conséquences sur la dimension sociale, économique et politique des communautés municipales particulièrement en milieu rural.

La municipalité de Saint-Anicet s'est trouvée face à cette situation il y a quelques années. Malgré les difficultés, elle a décidé de relever le défi et de conserver non seulement le bâtiment, mais également le lieu de culte pour le bénéfice de sa population.

Saint-Anicet est une municipalité de paroisse comprise dans la MRC du Haut-Saint-Laurent, localisée dans la région administrative de la Montérégie. Elle est située au sud-ouest du fleuve Saint-Laurent, sur la rive du lac Saint-François, à 110 km de Montréal et non loin de la frontière américaine. Avec une superficie de 136,25 km2, elle a principalement une vocation agricole. Sa population permanente est d'environ 2500 habitants, mais celle-ci double en période estivale avec l'arrivée des nombreux villégiateurs installés sur les rives du lac (figure 1).

Figure-1

Lire la suite

Sous-catégories

Collections numériques (1917-2013)

action couv 1933Bibliothèque et Archives nationales du Québec a numérisé tous les numéros de L'Action française et de L'Action nationale depuis 1917.

Vous pouvez utilisez cet outil de recherche qui vous permettra — si vous cliquez sur « préciser la rechercher » — de ne chercher que dans L'Action nationale ou dans L'Action française.