ÉCOSSE: Quand Non c’est Oui !

Le dossier qu'il faut lire pour comprendre ce qui se passe en Écosse et ce que nous pouvons en tirer.

ÉCOSSE: Quand Non c’est Oui !

Heure du Québec, les résultats finaux du référendum écossais du 18 septembre dernier ont pu être connus vers minuit moins le quart. En Écosse, ce n’est ainsi que très tard dans la nuit du jeudi 18 au vendredi 19 qu’a été officiellement annoncée la défaite étonnamment lourde du Oui. C’est donc un Alex Salmond visiblement épuisé qui a rendu un laconique discours post-référendaire tout près du Parlement d’Holyrood, au centre des sciences de la ville d’Édimbourg qui venait tout juste d’enfoncer le dernier clou dans le cercueil indépendantiste avec un vote à 61 % unioniste. Un discours succinct donc, et pourtant très sagace. En quelques phrases, Salmond aura non seulement correctement identifié les enseignements à tirer du verdict populaire, mais également mis la table pour les négociations à venir au Royaume-Uni.

En soulignant tout de même que « personne n’avait entrevu la possibilité ni même la crédibilité » d’un éventuel appui de 45 % des électeurs à l’indépendance, il aura laissé entendre avec raison qu’à défaut du référendum, le camp du Oui aura remporté la campagne. En prévoyant que même les Écossais ayant voté Non « demanderont que soit respecté l’échéancier établi pour la dévolution de nouveaux pouvoirs », il aura rappelé que cette dernière fut l’option privilégiée dès le départ par une majorité d’Écossais, y compris par une proportion importante de nationalistes à laquelle la campagne référendaire aura fourni des munitions. Enfin, en estimant que la société civile écossaise, très active depuis le départ, « ne permettra jamais à la classe politique de revenir à ses vieilles habitudes », il aura lancé un clair avertissement à ses collègues écossais et britanniques : le statu quo à la canadienne n’est pas envisageable.

Quelques heures plus tard seulement, après en avoir averti le Secrétaire national du SNP Patrick Grady, Alex Salmond annonçait sa démission à titre de chef de parti et, par conséquent, à titre de premier ministre, soulignant toutefois qu’il continuerait de servir en tant que député d’Aberdeenshire East entre le congrès annuel du SNP à la mi-novembre, lorsque sa démission prendra effet, puis les élections écossaises de mai 2016. Nationaliste et progressiste influent depuis les années 1970, député depuis 1987 et chef du SNP durant vingt ans – entre 1990 et 2000, puis entre 2004 et 2014 – Salmond aura cédé sa place à la vice-première ministre actuelle Nicola Sturgeon, qui aura probablement été la figure du SNP la plus active, la plus populaire et la plus efficace, à qui d’ailleurs auront été réservées bien stratégiquement les deux plus grandes villes d’Écosse, Glasgow et Édimbourg, durant les derniers jours de campagne.

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