Numéros 2017

Janvier-Février 2017

Vol. CVII, nos 1-2

Défense de la langue française sans faux pas

Avocat, doctorant en droit à l’Université de Sherbrooke et à l’Université de Bordeaux et boursier FRQSC

À l’été 1937, Québec est l’hôte du deuxième Congrès de la langue française. Lionel Groulx y prend la parole. Sur un ton prophétique, l’historien lie le destin de la nation à celui de l’État québécois. Et tous les espoirs sont permis :

J’espère avec tous les ancêtres qui ont espéré ; j’espère avec tous les espérants d’aujourd’hui ; j’espère par-dessus mon temps, par-dessus tous les découragés. Qu’on le veuille ou qu’on ne le veuille pas, notre État français, nous l’aurons : nous l’aurons jeune, fort, rayonnant et beau, foyer spirituel, pôle dynamique pour toute l’Amérique française. Nous aurons aussi un pays français, un pays qui portera son âme dans son visage. Les snobs, les bonne-ententistes, les défaitistes, peuvent nous crier, tant qu’ils voudront : « Vous êtes la dernière génération de Canadiens français… » Je leur réponds, avec toute la jeunesse : « Nous sommes la génération des vivants. Vous êtes la dernière génération des morts. »

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D’un nationalisme « musclé » au nationalisme du Parti québécois

Ph. D. science politique

logo100eBLEU150L’Action nationale n’a pas toujours eu l’orientation politique qu’on lui connaît actuellement. À l’image du Québec, elle connut son passage du Québec duplessiste, conservateur, traditionaliste, faisant large place à la religion catholique, au Québec contemporain, issu de la Révolution tranquille, doté d’un État séculier, interventionniste, défenseur d’un filet social, endetté. En matière de représentation démocratique, tout le système politique est sorti reconfiguré après une première vague de réformes, puis une seconde réalisée entre 1965 et 19791. Les réformes de la carte électorale ont été les plus significatives, également les plus rapides et spectaculaires: l’élimination progressive des distorsions dans la représentation entre population et sièges a changé la donne en faveur des partis montréalais. Elle n’a toutefois pas transformé la compétitivité électorale des régions, tributaire d’un vote bloc des non-francophones. Ce dernier s’est au contraire affirmé, au point de remplacer, en particulier avec le multipartisme, les distorsions de la carte électorale en tant que barrière d’accès au pouvoir pour des partis francophones nationalistes.

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Une pensée économique québécoise traverse le siècle

 Professeur de droit, Université de Sherbrooke

logo100eBLEU150Le XXe siècle a vu le monde des idées être traversé par un nombre incalculable de modes, pour le pire plus souvent que pour le meilleur. Par hypothèse, une revue qui dure un siècle peut présenter l’avantage de donner un espace à des auteurs moins soucieux de suivre les modes que de s’inscrire dans une tradition de pensée solidement ancrée.

 

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Pour en finir avec le repli indépendantiste

Respectivement étudiant en science politique et chef d’Option nationale

logo100eBLEU150Treize années après sa parution, « Revoir le cadre stratégique » a gardé toute sa pertinence et sa lucidité. Son nécessaire appel au dépassement est encore là à alimenter les discussions et à être découvert et redécouvert par des indépendantistes en quête de victoire. Écrit au lendemain de la défaite du Parti québécois et de l’élection du Parti libéral du Québec en 2003, cet éditorial passé à l’Histoire se voulait, dans un premier temps, un décapant post-mortem des gouvernements Bouchard et Landry.

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La république : l’impensé du nationalisme québécois

Professeur de science politique à la retraite, Université de Montréal

logo100eBLEU150Les intellectuels nationalistes ont décortiqué les effets économiques, politiques, sociologiques et idéologiques de la conquête britannique de la Nouvelle-France. Mais ils ont eux-mêmes été victimes des effets d’occultation qu’impose la domination coloniale qui repose non seulement sur un rapport de force militaire, mais aussi sur la conquête des esprits. La colonisation laisse des traces profondes dans les représentations que se donne le peuple conquis et l’empêche d’envisager d’autres modes de pensée que celui du colonisateur. Elle l’enferme dans un système intellectuel qui l’amène à consentir à l’ordre et aux institutions établis pour le dominer. Il est pour le moins étonnant de constater que le mouvement nationaliste, même dans sa version moderniste et souverainiste, ait négligé de donner droit de cité aux aspirations républicaines dans l’histoire des idées politiques québécoises.

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Subir ou accueillir l’immigration

Politologue, maîtrise en études québécoises de l’UQTR. Membre du conseil d’administration de l’Institut sur l’autodétermination des peuples et des indépendances nationales (IRAI) et celui de la Société Saint-Jean-Baptiste de la Mauricie.

logo100eBLEU150Depuis plus de cent ans, l’immigration au Québec est étroitement liée à la survie de la nation. La crainte de voir le peuple canadien-français noyé par l’arrivée massive d’étrangers choisis par Ottawa est une idée qui domine la première moitié du XXe siècle, alors que vers les années 1970, la société québécoise prend tranquillement conscience du rôle politique et social qu’elle doit jouer dans l’accueil et l’intégration de ces personnes. Ce réveil se manifeste à une période où la conception de l’identité de la société canadienne-française ne se définit plus surtout par la religion, mais davantage par l’appartenance linguistique. Le mouvement nationaliste y voit aussi la nécessité de proposer un modèle alternatif à celui du multiculturalisme canadien, un modèle qui encore aujourd’hui, cherche à s’imposer et suscite de vifs débats. L’article qui suit propose de revenir sur ce qui apparaît comme un moment décisif dans l’attitude de la population québécoise à l’égard des immigrants.

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L’enseignement de l’histoire

Historien et didacticien des sciences humaines au Département des sciences de l’éducation de l’Université du Québec à Trois-Rivières

logo100eBLEU150Le présent texte passe en revue les grandes lignes et les phases des prises de position de L’Action nationale concernant l’enseignement de l’histoire depuis 1933, année où la revue prend la suite de L’Action canadienne-française. Une recherche méthodique menée à même ses différents numéros depuis lors nous amène à un premier constat. Au long de la période, trois dossiers relatifs à ce thème sont parrainés par la revue ; un en 1941, un deuxième en 1950, puis un dernier, plus récent, en 2011, sur l’enseignement de l’histoire au niveau collégial. Pour le reste de la période, moins d’une quinzaine d’articles, avec d’inquiétantes périodes de dormance, portent directement sur cette question névralgique des tenants et aboutissants de l’enseignement de l’histoire pour les quelques millions de francophones que nous sommes – essentiellement au Québec – en Amérique du Nord, dans la mer anglophone que l’on sait. Voyons-en les grandes lignes évolutives.

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Rapatriement de la constitution

Ph. D. Histoire ; professeure, Département des sciences juridiques, UQAM

logo100eBLEU150Il me fut relativement facile de trouver dans les pages de L’Action nationale des articles concernant mon sujet premier d’intérêt, la constitution canadienne. En fait, j’ai trouvé, pour la période 1972-1982, plus d’une douzaine d’articles traitant des négociations constitutionnelles, dont un numéro complet consacré à ce thème en avril 1972. Ce numéro, dirigé par Jacques-Yvan Morin, trace d’ailleurs un portrait détaillé de l’échec des négociations entourant la charte de Victoria.

Cette décennie est très riche en matière politique et constitutionnelle. Outre les négociations entourant le rapatriement de la constitution, elle marque l’arrivée au pouvoir du Parti québécois en 1976, arrivée qui sera suivie par le référendum de 1980.

L’Action nationale est au cœur de cette effervescence. On voit défiler au long des pages une prise de parole de plus en plus souverainiste. Elle rejettera petit à petit l’idée d’un compromis possible entre le fédéralisme proposé par Pierre E. Trudeau et celui désiré par les nationalistes québécois modérés tels que Robert Bourassa. Dans les pages qui suivent, je veux rendre compte de l’évolution de la position constitutionnelle des auteurs de L’Action nationale et l’émergence de l’idée d’une nation « consciente de sa propre existence ».

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Le nationalisme de François-Albert Angers

Département des sciences humaines, Université du Québec à Trois-Rivières

logo100eBLEU150La Révolution tranquille se caractérise entre autres par les processus de sécularisation et d’étatisation de la société québécoise, lesquels ébranlent profondément la réflexion des intellectuels droitistes et nationalistes. Dans cette période de mutation, la revue L’Action nationale diffuse d’abord un ensemble d’idées qu’il faut situer globalement du côté de la réaction. Le directeur, François-Albert Angers, opte d’ailleurs pour des positions idéologiques traditionalistes. Pourtant, il est possible de se demander si, à la fin des années 1960 et durant les années 1970, il n’accepte pas de faire contre mauvaise fortune bon cœur. En effet, les circonstances historiques exceptionnelles se multiplient et pointent toutes vers l’idée que la nation québécoise se trouve à la croisée des chemins : centenaire de la Confédération et non-renouvellement de l’AANB, visite du général de Gaulle, États généraux du Canada français, création du Parti québécois, élection de P.-E. Trudeau, bill 63 et manifestations pour les droits du français. 

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Les libéraux de la Révolution tranquille

Professeur de science politique, UQAC

logo100eBLEU150Depuis le début du XIXe siècle, notre société a subi des influences diverses qui ont profondément affecté le combat nationaliste. La guerre d’indépendance américaine, la Révolution française et les mouvements de libération anticoloniale en Amérique latine ont donné une couleur progressiste au nationalisme du Bas-Canada, marqué par l’idéal républicain et un certain anticléricalisme. Cette phase a culminé avec le soulèvement patriote de 1837-1838. La défaite sanglante des patriotes a permis aux forces les plus hostiles au républicanisme et à la laïcité d’imposer leur contrôle sur le Canada français, notamment par l’entremise de la formation des élites. Certes, pendant un certain temps subsisteront des Rouges, comme ceux regroupés autour de l’Institut canadien de Montréal. Il reste que le nationalisme canadien-français demeurera pendant plus d’un siècle, à quelques exceptions près, sous l’influence prédominante de l’Église catholique et de la droite intellectuelle française hostile à la révolution de 1789.

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Collections numériques (1917-2013)

action couv 1933Bibliothèque et Archives nationales du Québec a numérisé tous les numéros de L'Action française et de L'Action nationale depuis 1917.

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