Numéros 2012

Novembre 2012

Vol. CII, no 9

Une approche constitutionnelle

Le conflit ne serait rien d’autre que l’état moral de la différence ; chaque fois qu’il n’est pas tactique, on peut pointer en lui le manque-à-jouir, l’échec d’une perversion qui s’aplatit sous son propre code et ne sait plus s’inventer : le conflit est toujours codé, l’agression n’est que le plus éculé des langages.

- Roland Barthes

Jean-François Lisée dit souvent que le facteur principal pour évaluer les progrès de l’idée souverainiste au Québec est l’identification des citoyens québécois à la nation québécoise. Nous aimerions préciser cette thèse. Peut-être que le plus simple serait de commencer avec une explication anthropologique, depuis le début.

Nous savons que la politique met en scène une gamme d’opinions diverses et contradictoires. Or la contradiction, même celle qui nous semble la plus insoluble, exige un arrière-plan sur lequel les adversaires s’entendent apriori, au minimum partagent-ils certaines significations et références, un langage, des marqueurs de relations et autres opérateurs logiques, etc. En somme, on peut dire que toute divergence d’opinions procède d’une entente préalable.

Éditorial - Des instruments pour se perdre de vue

2012novembre250La publication des données du recensement provoque toujours de nombreuses réactions. C’est un moment crucial, en effet, où normalement l’idéologie vient se heurter aux faits et cela devrait suffire pour faire de cette publication un temps fort de la délibération publique sur nombre de sujets d’importance. Et parmi ceux-là, la discussion entourant les données relatives à la situation linguistique devrait occuper une place névralgique. Loin de clarifier les choses, cette année, la parution des résultats, le 24 octobre dernier, a largement contribué à semer la confusion. Et du coup à fournir un instrument de désinformation supplémentaire aux adversaires du français et aux tenants du consentement hypocrite à notre minorisation.

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Une oeuvre toute entière vouée à conjurer le défaitisme

Présentation de l'écrivain Victor-Lévy Beaulieu à l'occasion du souper-conférence de L'Action nationale au Lion d'Or le 26 octobre 2012

2012souperFERRETTI600Bonsoir Madame L’Action nationale.

Bonsoir Monsieur Victor-Lévy Beaulieu.

Chers vous toutes et tous,

Laissez-moi d’abord vous dire que lorsque, mercredi matin, Denis Monière m’a demandé de présenter ce soir notre impressionnant invité, je me suis immédiatement exclamé : « À deux jours d’avis, tu n’y penses pas ». En fait, Denis n’a pas eu à beaucoup argumenter pour me convaincre d’accepter un tel honneur.

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La révolution intranquille

2012souper300Conférence prononcée au Lion d'Or le 26 octobre 2012 à l'occasion du souper-conférence de L'Action nationale

Quand Maurice Duplessis, premier ministre de Québec, décéda le 7 septembre 1959, j’avais 14 ans. Mon père en avait 44. On fit des funérailles nationales à celui qui, sans interruption, pendant 15 ans, avait gouverné le Québec. En 1936, Duplessis avait mis fin à 39 ans de pouvoir du Parti libéral, alors que le gouvernement Taschereau croulait sous le poids de scandales si nombreux que c’en était devenu indécent.

À la mort de Maurice Duplessis, son gouvernement était lui aussi un nid à patronage comme on disait, un euphémisme pour enrober la réalité dans le cellophane : népotisme, concussion, caisse électorale occulte, corruption à tous les niveaux, et tout cela avec la bénédiction de l’Église qui en retirait sa large part, elle qui, par son clergé, contrôlait l’éducation et la santé.

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La tête coupée de John A. Macdonald

Stephen Harper aime bien les anniversaires, mais il a ses préférences. Cela tombe bien puisqu’un gouvernement majoritaire a tout le loisir de choisir. Tout au long de l’année 2012, les conservateurs se sont franchement payé la traite en nous faisant à la fois le coup du jubilé de diamant d’Elizabeth II et celui du bicentenaire de la guerre de 1812. Ils ont grossièrement instrumentalisé ces deux commémorations pour saturer les Canadiens – et particulièrement les Québécois – de propagande d’unité nationale et de monarchisme britannique. Très cohérente, la campagne publicitaire fédérale à la télévision disait : « Il y a 200 ans, les États-Unis nous ont envahis. Mais nous avons défendu notre territoire, [anglophones, francophones et autochtones] côte à côte, et gagné la lutte pour le Canada. » Or puisque cette guerre opposa l’Angleterre aux États-Unis d’Amérique, indépendants depuis un quart de siècle, et que le Canada n’existera que 55 ans plus tard, qui donc ce « nous » désigne-t-il ? Nous, les loyaux sujets de Sa Majesté, bien sûr.

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On entend dire que… L’immigration coûte cher à la France

L'auteur est doctorant en démographie à l'Institut national de la recherche scientifique

Xavier Chojnicki et Lionel Ragot
On entend dire que… L’immigration coûte cher à la France. Qu’en pensent les économistes, Eyrolles, 126 pages

En France, réagissant à la crise économique affectant le pays et à la montée du chômage, certains commentateurs et politiciens pointent du doigt l’immigration comme faisant partie du problème. Dans le livre On entend dire que… L’immigration coûte cher à la France. Qu’en pensent les économistes, les économistes Xavier Chojnicki et Lionel Ragot cherchent à démystifier certaines idées préconçues sur l’impact de l’immigration à partir de la littérature scientifique sur le sujet. L’immigration a-t-elle réellement un impact sur les salaires, sur le marché de l’emploi et sur les finances publiques ? Les immigrés profitent-ils vraiment du généreux filet social offert par la France ? Voilà quelques-unes des questions sur lesquelles se sont penchés les auteurs. De l’autre côté de l’Atlantique, au Québec notamment, les idées reçues sur l’immigration sont complètement à l’opposée de celles véhiculées en France et rapportées par les auteurs. À cet égard, l’ouvrage est donc d’une pertinence qui dépasse les frontières. Les politiques d’immigration québécoises cherchent explicitement à contribuer à la prospérité économique et à combattre les conséquences du vieillissement de la population.

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Fin de cycle. Aux origines du malaise politique québécois

Mathieu Bock-Côté
Fin de cycle. Aux origines du malaise politique québécois, Boréal, 2012, 174 pages

Cinq ans après la parution de La dénationalisation tranquille, qui a connu un important succès, la barre était haute pour le deuxième livre de Mathieu Bock-Côté ; surtout qu’entre-temps il est devenu un intellectuel médiatique incontournable même à l’extérieur de la bazzosphère. Malgré ces attentes élevées, Fin de cycle ne décevra pas les amateurs d’essais politiques, bien au contraire.

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Ou la liberté, ou la mort

Ce texte de Pierre Falardeau a servi de narration à un film d’une minute réalisé dans le cadre d’un collectif de cinéastes en 1995 pour une œuvre intitulée 1837 secondes pour l’indépendance. Ce texte pose la question la plus fondamentale du débat québécois sur l’indépendance.

Ou la liberté, ou la mort

La lutte pour la libération de notre pays n’est pas une lutte constitutionnelle. C’est une question de vie ou de mort. Ou rester à jamais une minorité de braillards et mourir à petit feu comme à Sault-Sainte-Marie, ou devenir un peuple libre et vivre debout. La lutte pour la liberté et l’indépendance n’appartient ni à un parti ni à une classe, mais à l’ensemble du peuple québécois. Chacun, quelles que soient sa langue, son origine ethnique ou la couleur de sa peau, est personnellement responsable. Responsable de tout, responsable de tous. Il y a un prix à payer pour la victoire ou la défaite. Chacun devra rendre des comptes. Le choix est simple : ou la liberté ou la mort !

Pierre Falardeau, 1995

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Mort du programme d'ethnologie à l'Université Laval?

En réponse à un étudiant de l’Université Laval qui constatait dans les pages d’un quotidien montréalais le risque de disparition du programme d’ethnologie de cette institution mais qui voulait surtout faire un voyage à Waterloo en Ontario

Permettez-moi de me souvenir qu’en 1978 face à une demande de l’Association des étudiants en Arts et traditions populaires (ancêtre du programme d’ethnologie actuel de l’Université Laval), le directeur du département refusait de nous accorder l’argent pour un voyage d’étude dans… Charlevoix. Nous étions alors plus de 100 étudiants inscrits au programme et finalement la direction a cédé. Mais qu’est-ce qui a changé pour que ce programme regroupe moins de 20 étudiants qui étudient le plus souvent « en ligne » comme vous l’affirmez ?

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Pour le développement des études québécoises à l'étranger

Depuis plus d’un siècle, le Québec est actif sur la scène internationale pour défendre ses intérêts. Aujourd’hui, par le biais de ses délégations et bureaux, l’État québécois est présent à travers le monde. Toutefois, la mission de la plupart des représentations québécoises à l’étranger est davantage orientée vers la création de relations commerciales, plutôt qu’à la diffusion de la culture et des connaissances relatives aux faits de la société québécoise.

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La deuxième vie de Pierre Laporte

L'auteur a remporté de nombreux prix avec son roman La constellation du lynx basé sur la crise d'octobre et la mort de Pierre Laporte. Il nous livre ici une note critique sur la biographie de Pierre Laporte par Jean-Charles Panneton, paru chez Septentrion en 2012.

On peut compter sur l’occasionnelle visite dans la Vieille Capitale pour nous ramener son nom en pleine figure, étalé à la largeur d’un panneau de signalisation. Avoir un pont à son nom, ce n’est pas rien. Et quel pont ! Son élégance, sa finesse de lignes et son arachnéenne légèreté l’apparentent au Golden Gate et aux autres célèbres ouvrages du genre. Sans compter qu’on continue de rouler sur la 20 et sur la 40, et tant pis pour Lesage et Félix, mais qu’on prend le pont Pierre-Laporte. Ce qui, pour s’en tenir au seul fleuve Saint-Laurent, place l’ancien ministre du Travail de Robert Bourassa sur un pied d’égalité avec le découvreur du Canada, le fondateur de la Nouvelle-France, une reine d’Angleterre, le fondateur de la ville de Trois-Rivières, un ancien premier ministre du Québec et champion de l’autonomisme provincial, et un grand réformateur canadien-français du XIXe siècle. Pour un homme politique dont on critiqua, jadis, l’incapacité à bien s’entourer, Pierre Laporte se retrouve en bonne compagnie.

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Collections numériques (1917-2013)

action couv 1933Bibliothèque et Archives nationales du Québec a numérisé tous les numéros de L'Action française et de L'Action nationale depuis 1917.

Vous pouvez utilisez cet outil de recherche qui vous permettra — si vous cliquez sur « préciser la rechercher » — de ne chercher que dans L'Action nationale ou dans L'Action française.