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Un numéro entièrement consacré à la situation politique pour les indépendantistes après le scrutin du 7 avril 2014
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Éditorial - Pour une prochaine feuille de route

2014avrilmai250Nommer les choses, c’est construire le monde. Les mots portent, au moins autant qu’ils nous portent. Dire pays n’est pas innocent. Dire combat non plus. Le pays du Québec n’est ni un rêve ni une chimère, c’est un combat. À l’heure où trop d’esprits s’embrouillent devant la tournure des événements, il n’est pas inutile de rappeler, comme le faisait si admirablement Pierre Perrault, que la trame même de notre existence nationale se lit d’abord dans l’affrontement impitoyable pour « la conquête du territoire de l’âme ».

Penser la conjoncture nous fait d’abord l’obligation de bien choisir nos mots. Depuis toujours, notre existence nationale et notre aspiration à la liberté sont présentées comme des ambitions contraires à la Raison, à l’Histoire, à la Modernité, aux Valeurs universelles, à l’ordre des choses où le Canada nous place. Il est donc essentiel de revenir à la vérité élémentaire du langage : accepter de nommer l’indépendance comme un rêve, de laisser désigner les mobilisations inconstantes comme des fièvres passagères, c’est se voir et se définir dans l’œil et la rhétorique des adversaires. L’aspiration à l’indépendance, la volonté de vivre dans la plénitude de son être n’ont rien à voir avec les mouvements d’humeur épisodiques. Elles pointent et expriment une réalité existentielle, une nécessité vitale. L’indépendantisme ne renvoie pas à autre chose qu’à ce que nous sommes et voulons être.

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La reine était nue!

Les auteurs sont respectivement président et secrétaire du SPQ Libre

La déconfiture de Pauline Marois, lors de la dernière campagne électorale, rappelle le conte d’Andersen, Les Habits neufs de l’Empereur.

Dans ce conte, des charlatans avaient convaincu le roi qu’ils étaient en mesure de tisser une étoffe que seules les personnes sottes et incapables dans leurs fonctions ne pouvaient pas voir. Le roi et ses conseillers feignirent de voir le tissu de peur de passer pour des imbéciles.

La confection du vêtement terminé, le roi ainsi « vêtu » se présenta, accompagné de ses ministres, devant son peuple qui, lui aussi, prétendit voir et admirer ses vêtements, jusqu’à ce qu’un petit garçon ose dire la vérité : « Le roi est nu ! » Et tout le monde lui donna raison. L’empereur comprit sa méprise, mais continua sa marche sans dire un mot.

Avec la déclaration souverainiste de Pierre-Karl Péladeau, Pauline Marois croyait qu’elle venait de revêtir les « habits neufs » du projet indépendantiste que « seules les personnes sottes et incapables dans leurs fonctions » ne pouvaient pas voir. Mais, il ne fallut que deux jours de campagne pour que la population réalise que « la Reine était nue » !

Mme Marois parla de frontières, de monnaie et de passeport, c’est-à-dire des modalités de l’accession du Québec à l’indépendance, mais n’avait rien à dire sur le pourquoi du projet indépendantiste.

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Le fruit amer des inepties du Parti québécois

La sévère défaite électorale subie par le Parti québécois n’est pas la défaite du projet indépendantiste. Il ne faut pas confondre la finalité et l’outil. Ce dernier peut s’émousser, mais l’autre rester nécessaire. Faut-il rappeler à cet égard qu’après l’échec du référendum de 1980, le soutien à la souveraineté était tombé tellement bas que les maisons de sondage ne posaient même plus la question ? Dix ans plus tard, avec l’échec du lac Meech, l’appui à la souveraineté atteignait 70 %. Il faut aussi savoir qu’à chaque défaite du Parti québécois, des gens qui nous veulent du bien proclament la mort de la souveraineté. Certes, un échec est démoralisant, mais la démocratie a ceci de merveilleux qu’on peut se reprendre à la prochaine élection.

La vie des partis politiques est traversée de victoires et d’échecs et ils réussissent habituellement à apprendre de leurs erreurs et à retrouver le chemin de la victoire. Rappelons à cet égard le cuisant désastre électoral du Parti conservateur en 1993 qui s’est retrouvé avec deux députés et 16 % des votes ou encore celui des libéraux fédéraux en 2011 qui ont perdu leur statut d’opposition officielle et se sont retrouvés en troisième position derrière le NPD. Alors, pourquoi dramatiser les résultats du 7 avril et faire un lien entre cette débâcle et la fin de l’indépendance ? Ceux qui jouent les Cassandres ne prennent-ils pas leurs angoisses pour des faits acquis ?

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That is the question

Une fois de plus, le peuple québécois s’est défait, sans avoir la conscience d’avoir perdu une nouvelle bataille, puisque le combat était sans enjeu. En effet, la question nationale, c’est-à-dire la seule question vitale pour un peuple dominé par des puissances hostiles aux fondements de son existence, à son histoire, à sa langue et sa culture, à ses besoins et intérêts, a une fois de plus été évacuée des plateformes et débats de la dernière campagne électorale.

Avec le résultat qu’une fois de plus, le peuple québécois cautionne l’emprise des forces adverses sur son maintien dans la dépendance, en même temps qu’il s’enferre dans son sentiment d’une impuissance chronique à changer le cours de son histoire.

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Triste apostille

Il y en a qui sont nés
pour ne jamais sortir du ventre de leur mère
ou de leurs certitudes

– Gérald Godin, « Re-né »

Le programme printanier des Éditions du Boréal a fait en sorte que mon essai Remettre à demain. Essai sur la permanence tranquille au Québec paraisse le 8 avril dernier. Le lendemain des élections. J’ai eu la bonne idée d’y écrire, au détour d’une page, que le retour de Philippe Couillard et des libéraux aux commandes de l’État était possible. Belle police d’assurance qui me permettait de donner un semblant de pérennité à un essai relié çà et là à une actualité chevrotante. Surtout, il fallait être cohérent avec la thèse du bouquin : le Québec a sans cesse oscillé entre une peur terrible de disparaître et une étonnante confiance en son éternité, à telle enseigne qu’il s’est constitué un petit domaine en dehors du temps, sans véritable commencement ni fin. C’est ce que Pierre Vadeboncœur, dans son essai La dernière heure et la première (1970), nommait la « permanence tranquille » du peuple québécois. À force de se faire dire par ses élites que sa mission en Amérique était providentielle, qu’il devait maintenir « sur les hauteurs le drapeau des antiques croyances, de la vérité, de la justice, de cette philosophie qui ne vieillit pas parce qu’elle est éternelle », pour reprendre les mots de Mgr Paquet, ce peuple s’est convaincu qu’il n’avait pas à fonder quoi que ce soit. Il était là, déjà, de toute éternité et de tout repos. Avec l’émergence de la modernité québécoise, à partir des années 1930 au moins, la mission et le prosélytisme ont pris le bord, mais le sentiment d’éternité est, je crois, resté tapi au fond de nous-mêmes. La conséquence est simple : on peut toujours remettre à demain les décisions qui s’imposent parce que du temps, on n’en manquera jamais. C’est ainsi que les chantiers inachevés abondent : rébellions de 1837 et 1838, républicanisme, laïcité, Révolution tranquille, indépendance.

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Les effets dévastateurs du Plan B

Après le référendum de 1995 et le résultat que l’on connait, le Canada a mis en branle son plan B : il s’agissait pour le gouvernement fédéral non pas de répondre aux demandes du Québec ou de l’amadouer en répondant à ses demandes traditionnelles, mais de lui mettre des bâtons dans les roues supplémentaires dans sa quête d’indépendance politique. « Clarity Bill », achat des consciences, invasion des champs de compétence du Québec, etc. Les fédéralistes ont sorti les bulldozers. « Nous étions en guerre » comme l’a si bien dit Chuck Guité à la commission Gomery. Cette dernière s’est fixée sur certains éléments ponctuels et sensationnels du plan B tels les détournements de fonds fédéraux vers la caisse du Parti libéral. On s’imagine trop souvent dans le camp souverainiste que le plan B s’est terminé avec la commission Gomery et que tout est rentré dans l’ordre. C’est mal comprendre l’ampleur de la stratégie qu’Ottawa a déployée après 1995 et la logique d’État qui opère depuis. Il y a un avant et un après 1995. Nous sommes toujours dans l’après.

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Quelques défis démographiques pour les indépendantistes

Dans un article paru dans les pages de L’Action nationale en novembre 1995, le démographe Laurent Martel aborde l’avenir du projet de souveraineté sous l’angle de la démographie. De nombreux observateurs de l’époque craignaient alors (ou espéraient !) que le vieillissement démographique se traduise par une montée du conservatisme social et par un affaiblissement concomitant de la flamme indépendantiste. Chiffres à l’appui, Martel avance plutôt que le phénomène du vieillissement n’aurait qu’un impact limité sur les résultats d’un éventuel match revanche. L’effet du papy-boom pourrait même mener à une augmentation de l’appui à l’indépendance. En effet, en supposant la persistance des convictions souverainistes des baby-boomers, la disparition graduelle des générations les plus fédéralistes aurait pour effet de tirer à la hausse l’appui à la souveraineté. Même Bernard Landry, qui avait repris cette analyse à son compte, croyait que l’avènement de la souveraineté était inéluctable et inscrit dans la démographie.

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Élections provinciales de 2014 : le temps des grands changements

Quelques heures après le Big Bang, une avalanche de commentaires. Le triomphe du Parti libéral du Québec (PLQ), le désastre inattendu du Parti québécois (PQ) après les espoirs de l’hiver, l’impact dévastateur de la Charte de la laïcité. La remontée imprévue de la Coalition avenir Québec (CAQ), le troisième siège de Québec solidaire (QS), la mobilisation des non-francophones de nouveau reliée à la Charte. Le silence autour de la légitimité du nouveau gouvernement. Rien sur le système de partis qui s’est mis en place et sur l’impact du mode de scrutin. Et surtout rien sur les rapports entre francophones et non-francophones.

Chacun s’autorisant de sa compréhension des résultats, commentateurs et observateurs n’ont pas manqué de conclure pour mieux deviser sur l’avenir collectif, chose étrangère chez l’élite économique et financière. Chez celle-ci, on ne devise pas, on exerce le pouvoir, ou on le recherche.

Cette analyse bien préliminaire des résultats du 7 avril se propose de revenir sur quelques affirmations un peu rapides sur les résultats électoraux. Elle fera plutôt ressortir quelques traits majeurs de ces derniers néanmoins passés sous silence. De là, quelques réflexions sur la nouvelle donne de 2014.

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Donner du temps au temps*

Les résultats de l’élection du 7 avril ont secoué le Parti québécois et beaucoup d’indépendantistes. Les interprétations fusent et partent, pour l’instant, dans toutes sortes de directions. Comme à chaque grand revers du Parti québécois, il s’en trouve toujours pour, immédiatement, sauter aux conclusions et ouvrir le procès de l’option souverainiste. Avec la démission de Pauline Marois, il s’en trouve au moins tout autant pour vouloir précipiter une course à la direction. Et pour plusieurs, l’occasion pourrait paraître belle de saisir les deux ordres de remise en cause et de les attacher dans une sorte de forfait « deux pour un » qui pourrait autoriser bien des raccourcis de pensée… et autant de pensées courtes !

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La bataille de l’article 1

La politique est un sport extrême, et d’affirmer qu’elle est riche en rebondissements relève de l’euphémisme. Une campagne de peur digne de la décennie 1970 vient de se terminer, à la différence que c’est cette fois-ci le référendum et non l’indépendance en elle-même qui était la source de terribles phobies. Ainsi, en pleine consultation électorale, d’aucuns ont tremblé devant la perspective éventuelle… d’une autre consultation populaire. Pour les électeurs fédéralistes et/ou incertains, la perspective d’une marche santé d’une dizaine de minutes – le temps de voter « non » – semblait être une raison suffisante pour confier aux libéraux les clés de leur gouvernement.

Les analystes patentés s’entendent pour jeter leur dévolu sur la thèse la plus simpliste : l’article 1 serait, pour le PQ, un boulet qui l’empêcherait à jamais de gagner la faveur populaire. Il est vrai que le PQ projetait l’impression de le percevoir comme tel. Le poing levé de PKP a effectivement effrayé bon nombre d’électeurs en concrétisant la question nationale et en polarisant l’électorat autour de celle-ci au détriment du PQ. On ne transforme pas le paradigme sociétal en quelques jours de campagne.

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Collections numériques (1917-2013)

action couv 1933Bibliothèque et Archives nationales du Québec a numérisé tous les numéros de L'Action française et de L'Action nationale depuis 1917.

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