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Vol. CIV, no 7

Éditorial - L'ambition de rompre

2014septembre250C’est le propre des périodes de transition de provoquer au moins autant de désespérance que d’attentes imbibées de pensée magique, de confiance en l’avenir et, souvent, de colère rentrée. On ne voit plus très bien ce qui naît dans ce qui meurt. Le cours des événements aussi bien que les manœuvres des puissants font alors pencher la balance du côté de l’engourdissement morose, du consentement à l’impuissance et d’une féroce envie de prendre congé de soi-même. Le Québec a souvent connu de tels épisodes, prisonnier qu’il est d’un carcan qui ne lui laisse guère de moyens de se déprendre des humeurs que son assujettissement lui impose. L’été qui s’achève aura certainement poussé d’un cran l’engrenage infernal du mépris de soi, de l’autodénigrement et de la culture de l’échec.

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Que penser du choix du chef du PQ par une élection primaire ?

Après la sévère défaite électorale d’avril dernier et la démission de Pauline Marois, la direction du Parti québécois a engagé une réflexion sur l’adoption de nouvelles règles pour le choix d’un nouveau chef. La conférence nationale des présidents réunie le 10 juin 2014 a examiné différents scénarios et a donné le mandat au comité des règles de lui faire des propositions. Forts de l’expérience du Parti socialiste français qui a adopté le modèle de l’élection primaire en 2011, les partisans de ce mode de sélection du chef font valoir les effets bénéfiques suivants : l’accroissement du temps d’antenne accordé au parti, une plus forte mobilisation des sympathisants, une plus grande participation politique, l’amélioration de la qualité des candidats. Au chapitre des inconvénients, on relève les coûts supplémentaires qu’entraîne ce type de vote et le risque d’accroître les divisions internes.

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Règne de la beauté ou ère du vide ?

Charlevoix est une étrange région. Depuis l’origine de son nom, donné en 1855 et qui rend hommage à l’historien jésuite Pierre-François-Xavier de Charlevoix (1682-1761), il semble bien que ce que l’on retient à son sujet provienne plus de personnes de passage ou en visite que de sa population résidente. Étrange sort des régions dites touristiques écartées du regard des grands centres en dehors des périodes estivales comme si elles n’avaient pas d’histoire propre ou d’existence à elles.

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Le démantèlement de la nation (chronique 3)

La période couverte s’étend du 20 mai date de l’ouverture des travaux parlementaires, au 24 août 2014 (3 mois).

Avec l’amoindrissement de l’État québécois et le retour des surplus budgétaires au fédéral, Ottawa sera encore davantage en mesure de dicter les conditions de ses interventions au Québec, y compris dans nos domaines de compétences. En outre, à mesure que notre gouvernement ne répondra plus présent, les organismes québécois, même ceux qui n’y ont pas encore eu recours, se tourneront vers Ottawa pour obtenir du financement. On remarque dès maintenant que c’est Ottawa qui est le principal soutien de la diffusion de l’art contemporain québécois, que le fédéral est plus présent que Québec dans la construction de logements sociaux, que c’est lui qui finance l’essentiel de l’intégration des immigrants dans notre belle province et qu’il est désormais mieux en mesure que Québec de financer la réfection des infrastructures des municipalités. Évidemment, il fait tout cela selon ses intérêts et ses priorités. Or, pour déterminer les politiques fédérales, les Québécois n’auront jamais plus de poids que celui d’une population de plus en plus minoritaire. Il vaudrait décidément mieux contrôler notre propre État que de subir les politiques d’un autre.

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Comment apprécier le Sénat ?

Quel peut être l’intérêt du Québec dans le débat en cours sur la réforme du Sénat ? Il y a bien sûr la question constitutionnelle, trop vaste pour être abordée dans ce court billet, mais qui devra bien l’être un jour où l’autre. La chose sera peut-être tentée en 2017. En perspective de n’importe quelle discussion constitutionnelle, il faut veiller à dégager les intérêts supérieurs du Québec. Même lorsqu’on croit que ceux-ci seraient mieux servis par l’indépendance, il demeure pertinent de se demander quelles réformes éventuelles de la fédération canadienne sont plus ou moins avantageuses pour le Québec. Il en est plusieurs en cours auxquelles le Québec entend s’opposer, comme la création d’une autorité unique des marchés financiers, et avec raison.

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Présentation du dossier destiNation

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Le camp indépendantiste a connu une importante défaite le 7 avril dernier. Ce serait une erreur pour les indépendantistes de se précipiter à la recherche de solutions toutes faites et commodes pour se relancer dès maintenant ; ce qui constituerait une voie facile pour éviter d’avoir à prendre la pleine mesure de cet échec électoral. L’heure est plutôt au travail d’introspection et d’analyse, et non à la fuite en avant.

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Pas d’indépendance du Québec sans une critique du régime canadien

Depuis son émergence dans la foulée de la Révolution tranquille, le projet indépendantiste a jusqu’ici essentiellement été porté par les questions identitaires (poussées par les nationalistes) et la question sociale (mise de l’avant par les progressistes). Les questions identitaires et les questions sociales ont traditionnellement été les « piliers conceptuels » de ce projet ; les nationalistes et les progressistes, ses deux principales forces de mobilisation. D’une part, l’idée de donner aux Québécois un État indépendant tient beaucoup à cette volonté de pérenniser, ou à tout le moins de sauvegarder, l’identité nationale du Québec, petit peuple français dans l’océan américain anglo-saxon. D’autre part, il s’est aussi, dès le départ, parallèlement conçu comme le moyen politique le plus puissant afin de mettre en place un projet de société conforme à un certain idéal de justice sociale, en rupture avec l’ordre économique canadien. Cependant, la question du régime politique a quant à elle jusqu’ici occupé une place négligeable dans la stratégie et le discours indépendantiste.

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La république du Québec ou les idées pour lesquelles nous vivons

Dans une république, c’est pour une idée que l’on vit

– Hegel

Dès qu’il leur parlait de raser la vieille humanité comme une moisson mûre, dès qu’il prononçait même le mot enfantin de république, il se sentait incompris.

– Zola

D’après le philosophe Bernard Stiegler, c’est au XIXe siècle que sont apparus des mouvements visant la constitution d’une respublica, d’une « chose publique » ou puissance publique souveraine. Le 18e brumaire (1852) de Karl Marx nous raconte comment cette idée de République, si utile pour se débarrasser de la monarchie, en vint à faire trembler les bourgeois lorsque le peuple s’en fût saisi. Le peuple entendait les idées de liberté, d’égalité, de fraternité, et il les prenait au mot et se mettait à réclamer la justice partout, jusque dans le milieu de travail. On s’apercevait, en effet, que la liberté libérale était donnée à tous dans les textes de loi, mais qu’en pratique, certains animaux étaient plus égaux que d’autres, en l’occurrence, les bourgeois.

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Une démarche constituante

Président du Conseil de la souveraineté du Québec

Dans cette période de flottement et d’incertitude, hors des exigences de la lutte électorale, la parole se libère et l’action politique se prépare dans la grande famille indépendantiste et chez les citoyennes et les citoyens de toute allégeance. Le rassemblement destiNation des 20 et 21 septembre regroupera des indépendantistes de tous les horizons pour réfléchir au destin de notre nation, dresser le bilan, discuter d’avenir et surtout décider d’actions pour un nouveau départ. S’il est une chose qui importe maintenant, c’est de garder l’esprit ouvert à toutes les idées, nouvelles ou plus anciennes, qui peuvent permettre une relance de la démarche indépendantiste. On me permettra ici d’exprimer les miennes à titre personnel.

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De la quintuple racine du principe de souveraineté populaire

Si le républicanisme revient à la mode au sein des cercles intellectuels souverainistes, notamment en raison de l’épuisement idéologique du projet de souveraineté-association, de l’échec stratégique du nationalisme identitaire et du rejet de la doctrine multiculturaliste, il semble nécessaire d’approfondir les fondements philosophiques de cette théorie politique. Évidemment, cela n’empêche pas une enquête historique sur les germes de la République en Amérique française dans les discours des personnages politiques d’autrefois[1], celle-ci permettant d’ancrer l’idée républicaine dans la reprise critique d’un héritage culturel et symbolique. Néanmoins, il serait erroné d’insister trop fortement sur le dévoilement d’une « pratique sociale républicaine » supposément enracinée dans l’imaginaire collectif[2], comme si le peuple n’avait qu’à s’affranchir du modèle libéral canadien pour retrouver son être caché, se penser lui-même et s’objectiver dans des institutions bien à lui.

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Collections numériques (1917-2013)

action couv 1933Bibliothèque et Archives nationales du Québec a numérisé tous les numéros de L'Action française et de L'Action nationale depuis 1917.

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