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Vol. CVI, no 3

Éditorial - L'enlisement

2016mars250Ça ne fait plus rire du tout ce spectacle, l’étalement de tant d’insignifiance. Les tournures ridicules de Sam Hamad qui n’en finit plus d’inventer « des roues à trois boutons » ne sont plus de simples accidents d’expression, elles sont en passe de devenir les symboles les plus éloquents de la médiocrité de ce gouvernement. Et pis encore, du délitement de la culture politique. On ne s’était jamais habitué au niveau de langue relâché d’une Lise Thériault que notre farceur de premier ministre a élevée au rang de vice-première ministre pour mieux placer sur un piédestal le laxisme intellectuel et l’inculture satisfaite, mais voilà que les choses se sont mises à débouler. Ce gouvernement distille la honte, souille la fierté au point de banaliser la dérision et l’autodénigrement.

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Vivement une politique étrangère québécoise

Nous vivons dans une période où la politique canadienne sombre dans le bonne-ententisme ; où les médias et les commentateurs parlent d’une seule voix, toujours favorable au gouvernement fédéral et à son jeune prince de premier ministre, qui se démarqueraient des précédents gouvernements par son ouverture ; où le gouvernement du Québec ferme ses bureaux et coupe dans les relations internationales, et ce, depuis Lucien Bouchard, même si ses ministres voyagent autant, sinon plus qu’avant ; et qu’une jeune journaliste et commentatrice explique le vote pour Justin Trudeau par une volonté de certains jeunes Québécois de voir au-delà « de leur petite nation  ». Dans de telles périodes, parler d’une politique étrangère québécoise peut sembler anachronique, hors d’ordre, voire complètement dans le champs.

Erreur ! Aujourd’hui, il est plus important que jamais d’en parler. Important surtout à cause du contexte mondial et de son impact sur le contexte interne. Un contexte qui peut être défini par la situation géopolitique et militaire, par l’état de l’économie, par l’environnement et par la culture.

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Pour une intégration compatible avec une vision nationale du développement économique

Les auteurs sont respectivement ex-fonctionnaire au ministère de l’Immigration du Québec, représentant de l’État en sélection d’immigrants et professeure titulaire associée, département de philosophie, UQAM

Le 10 février 2016, dans les pages du Devoir, et le 11 février, en compte rendu de son passage en commission parlementaire relativement au projet de loi 77 (lequel propose une refonte majeure de l’immigration au Québec), l’économiste Pierre Fortin prenait la peine d’exprimer son soutien aux positions défendues par les représentants du patronat québécois. Ce dernier obtient enfin, avec le projet de loi, la démolition du système de sélection des immigrants en fonction des critères décidés par le gouvernement du Québec, aussi mal élu soit-il. En remplacement du système actuel de sélection se trouve un système centré uniquement autour des besoins des grandes entreprises étrangères. C’est aujourd’hui ouvertement, après l’élection du gouvernement Couillard malgré le triste bilan des libéraux de Jean Charest, que le patronat « canado-québécois » ignore l’idée de pérennité du français, allant même jusqu’à considérer ouvertement le français comme nuisible aux affaires.

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Le Québec rate sa cible

On peut télécharger le rapport de recherche Le Québec rate sa cible. Les efforts du Québec en matière de francisation et d’immigration à partir du site de l'Institut de recherche en économie contemporaine : http://www.irec.net/upload/File/rrc20160127franci_aisimmigration.pdf

L’Institut de recherche en économie contemporaine (IRÉC) publiait en janvier dernier un important rapport de recherche faisant le point sur les pratiques du gouvernement du Québec en matière de francisation et d’intégration des immigrants depuis 1991. Jean Ferretti, chargé de projet à l’IRÉC et auteur du rapport, déclarait :

Le gouvernement du Québec n’agit pas avec la cohérence et la rigueur requise pour la francisation et l’intégration des immigrants. Cette négligence a pour résultat de réduire la place du français dans la vie québécoise et de compromettre l’intégration des nouveaux arrivants à la société et à la culture québécoise. Nous faisons treize propositions de nature à corriger la situation.

Les Québécois s’attendent à ce que l’accueil et l’intégration des immigrants contribuent à enrichir la société québécoise. L’inefficacité et les contradictions de nos politiques ne servent personne. Elles nuisent à la réussite du projet d’immigration des nouveaux arrivants et elles minent la cohérence institutionnelle requise pour que nos objectifs linguistiques soient atteints.

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Le démantèlement de la nation (chronique 10)

La période couverte s’étend du 22 décembre au 27 février1.

Le courage, c’est de savoir que tu pars battu, mais d’agir quand même sans t’arrêter.
– Atticus Finch, héros du roman de Harper Lee Ne tirez pas sur l’oiseau moqueur

Le roman d’Harper Lee dont est tirée la citation en exergue est l’histoire d’un homme qui agit par conviction pour la défense d’une cause juste et doit, ce faisant, affronter tous les pouvoirs de la société américaine des années 1930, ligués contre celle-ci. Nous, Québécois qui défendons notre petite nation et son État contre les assauts dirigés contre eux sans relâche, nous avons besoin de nous souvenir de cette définition du courage. Pour garder la lampe allumée, il nous faut aussi ce mot de Félicité de Lamennais cité souvent par Rosaire Morin, qui fut directeur de cette revue :

Quand même nos espérances auraient été trompées
non seulement sept fois, mais septante fois sept fois,
ne perdez jamais l’espérance !

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Hydrocarbures : citoyens versus promoteurs

L’idée que des citoyens préalablement informés puissent avoir autant de légitimité que des scientifiques et des élus pour participer à l’encadrement des technologies reste propre à de petits cénacles, elle n’est toujours pas admise chez les politiques.
– Jacques Testart1

Depuis une dizaine d’années au Québec, dans les dossiers d’exploitation des ressources naturelles et de productions industrielles, particulièrement dans celui des hydrocarbures et, plus globalement, celui de la politique énergétique, les promoteurs industriels et les décideurs politiques se gargarisent avec deux concepts fondamentaux : développement durable et acceptabilité sociale, l’un et l’autre faisant l’objet de controverses incessantes et constituant un terrain de confrontation récurrente entre les élus, les milieux d’affaires et les citoyens.

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Gilles Proulx. Nouvelle-France

Gilles Proulx
Nouvelle-France. Ce qu’on aurait du vous enseigner, Les éditions du Journal, 2015, 342 pages

La passion de Gilles Proulx pour l’histoire n’est plus à démontrer. Grâce à ses émissions de radio et de télévision, à ses livres et interventions publiques, il a plus fait pour faire connaître et aimer notre histoire que tous les historiens professionnels réunis ! Le présent ouvrage, intitulé tout simplement Nouvelle-France, est la réédition d’un autre publié en 1992 : Ma petite histoire de la Nouvelle-France. Si le titre du livre annonce le sujet, le sous-titre, Ce qu’on aurait dû vous enseigner, explique les raisons pour lesquelles Proulx a senti le besoin de le rééditer. Dès la préface, l’historien Gilles Laporte avance que la dernière réforme de l’enseignement de l’histoire a eu comme résultat de former « des ignorants compétents, fort adroits pour critiquer et débattre, mais désormais dépourvus des connaissances historiques permettant seules de doter le jeune d’un jugement éclairé et d’une culture nationale commune à tous les habitants du Québec » (p. 5).

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André Leclerc. Fernand Daoust. Bâtisseur de la FTQ

André Leclerc
Fernand Daoust. Bâtisseur de la FTQ (1964-1993), Montréal, M Éditeur, 2016, 389 pages

Si Fernand Daoust fut le « bâtisseur de la FTQ », comme le titre André Leclerc dans le deuxième tome de la biographie qu’il consacre à ce grand Québécois, on peut dire qu’il se servit de celle-ci comme instrument pour promouvoir les nombreuses causes qui lui tenaient à cœur.

Parmi celles-ci, la défense de la langue française, particulièrement sur les lieux du travail, fut sans doute la plus importante pour celui qui fut un des compagnons de lutte de Camille Laurin, le père de la loi 101.

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Mélanie Joly. Changer les règles du jeu

Mélanie Joly
Changer les règles du jeu, Montréal, Éditions Québec Amérique, 2014, 224 pages

J’ai été l’adversaire de Mélanie Joly dans Ahuntsic-Cartierville lors des dernières élections fédérales et je dois dire que la nouvelle ministre du Patrimoine canadien fait preuve de beaucoup de déférence, voire de gentillesse, envers ses adversaires, allant jusqu’à vous dire après un débat tumultueux au collège Ahuntsic : « Alors Nicolas, nous, on se revoit bientôt ! » Comme si vous étiez les meilleurs amis du monde. Comme si elle vous invitait à prendre une bière avec elle. Vraiment autant de bonté au milieu de tant de dureté (les politiciens ne se font pas de cadeau) fait chaud au cœur et j’ai rapidement compris que l’arme secrète de Mélanie Joly, une arme qui désarçonne ses adversaires encore plus que sa beauté, résidait dans son apparente gentillesse.

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Yves Montenay et Damien Soupart. La langue française : une arme d’équilibre de la mondialisation

Yves Montenay et Damien Soupart
La langue française : une arme d’équilibre de la mondialisation, Paris, Les Belles Lettres, 352 pages

Bien avant la parution de La langue française : une arme d’équilibre de la mondialisation, l’observation circulait déjà. Reprise ici par Yves Montenay et Damien Soupart, qui y posent cette fois un regard depuis la France, elle confirme toute sa pertinence. Tant qu’une certaine élite claironnera que l’ouverture sur le monde ne passe que par la fenêtre étroite de l’anglais, ou par son pendant bien ancré au Québec, soit le reniement de l’identité nationale, il faudra y revenir : « défendre la langue française et la francophonie n’est pas un combat d’arrière-garde. C’est une nécessité absolue et un vrai sujet de notre temps ». Dans cet essai, Montenay et Soupart brossent un portrait rapide de la situation du français dans le monde et suggèrent qu’une stratégie soit enfin développée afin que tout son potentiel puisse être exploité. Compte rendu d’une contribution honnête.

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action couv 1933Bibliothèque et Archives nationales du Québec a numérisé tous les numéros de L'Action française et de L'Action nationale depuis 1917.

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