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Vol. CVI, no 4

L’anglais, langue nationale du Québec et de la… France

Professeur de science politique, UQAM. Texte paru dans L’Encyclopédie de l’Agora, 23 mars 2016

Il arrive parfois que le très estimable représentant de Sa Majesté la Reine du Canada, le gouverneur général, fasse des déclarations qui plongent la classe politique dans l’embarras. Ainsi en est-il de David Johnston qui, lors du discours du Trône du 16 octobre 2013, a avancé que le Canada est « une fédération où nos deux langues nationales nous confèrent un avantage inégalable dans le monde1. » Peu de temps après, devant un comité de la Chambre des communes, le parti conservateur s’est enquis auprès du Commissaire aux langues officielles de la portée de l’expression « langue nationale », peu usitée au Canada, à laquelle on a préféré depuis la fin des années 1960 l’expression « langue officielle ». En mars 2014, la même question était posée devant divers comités du parlement. Bref, une curieuse créature refaisait surface.

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L’université franco-ontarienne : Des vœux pieux

Ancien journaliste et éditorialiste au journal Le Droit

La ville d’Ottawa avait connu un janvier chaud en 1916. Quatre ans plus tôt, le gouvernement conservateur provincial de Sir James Whitney avait adopté le « Règlement 17 », ayant pour effet d’interdire l’enseignement en français après la deuxième année du primaire dans les écoles franco-ontariennes, et la lutte entreprise par les collectivités canadiennes-françaises pour protéger leur langue et leur culture touchait à son paroxysme.

Dans la basse-ville largement francophone, un quartier ouvrier pris en étau entre la rivière Rideau et la colline parlementaire, l’école Guigues était devenue un foyer de résistance où les « demoiselles Desloges » (deux sœurs) persistaient à instruire leurs élèves en français. Menacées par les autorités scolaires, elles étaient protégées par des femmes qui tenaient la police à distance avec des épingles à chapeaux…

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L’enjeu du nationalisme identitaire

Secrétaire-trésorier de Génération nationale, candidat à la maîtrise en service social.

Le Parti québécois est souvent associé à un enjeu politique informellement interdit : la défense de l’identité québécoise. Cet enjeu est appelé avec dégoût nationalisme identitaire par de nombreux politiciens, blogueurs et chroniqueurs. Depuis sa défaite d’avril 2014, le PQ semble tenté d’éviter ce thème. Une frange du parti tente même de s’en dissocier complètement. Pensons notamment à Alexandre Cloutier, lors de la course à la chefferie péquiste de 2014-2015. Il qualifia péjorativement le projet de charte des valeurs de son parti de projet radical. Pensons aussi à un des principaux militants de Cloutier, qui codirigea un recueil1 qui cachait mal son mépris pour les nationalistes identitaires. Ceci, ainsi que les récentes déclarations du parti, semble dire que la formation politique tente de se distancer de l’étiquette identitaire.

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L’entrée en politique

Extrait de Denis Monière, Grandir pour servir : mémoires d’un enfant de la révolution tranquille, Montréal, Éditions Monière-Wollank, 2016, 145 p.

La politisation de la jeunesse fut l’un des traits caractéristiques de la Révolution tranquille. Ce phénomène n’était pas propre au Québec puisqu’il s’est manifesté dans la plupart des pays développés durant les années soixante, aussi bien en Amérique qu’en Europe. Cette irruption de la jeunesse, comme force politique, était unique à l’échelle historique. Il y a certes eu beaucoup de jeunes dans les mouvements révolutionnaires, mais ils étaient minoritaires dans la société et ces mouvements ne répondaient pas à des objectifs fixés par la jeune génération. À notre époque, ce phénomène résultait d’un effet démographique, l’arrivée massive à l’âge adulte des enfants nés après la Seconde Guerre mondiale. Cet effet a été baptisé le baby-boom.

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Éditorial - Délivré de soi-même

2016avril250Préposé à la bien-pensance dans les émissions d’infodivertissement, auteur célébré d’essais sentencieux et grand semeur de lieux communs, Paul St-Pierre Plamondon a l’intention de foncer dans l’avenir qu’il voit dans un rétroviseur. C’est du moins ce dont nous menace un article paru dans Le Devoir du 25 mars dernier (Marco Fortier, « Bouillonnement politique à Québec »). Le jeune avocat n’en peut plus d’affronter notre dilemme national. Entre l’impuissance consentie et la liberté à conquérir, le phare de la jeunesse éclairée propose de retourner dans les limbes du ni-ni.

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Le voyageur sans bagage

L’étrange exclusion du patrimoine historique dans la construction du projet identitaire québécois

Vice-président du Groupe d’initiatives et de recherches appliquées au milieu (GIRAM), ex-gestionnaire et conseiller socio-économique, gouvernement du Québec.

Le mouvement souverainiste québécois est dans une impasse manifeste. L’idée même de nation ne rythme plus les cœurs. Et ce qu’on appelle le « vouloir-vivre collectif », élément constitutif de la nation au même titre que le territoire, la langue et la culture, ne semble plus comme avant habiter le Québec. Le chemin qui est devant nous s’annonce périlleux. Saura-t-on y trouver un avenir ?

La mémoire est à la base du sentiment d’identité individuel et collectif. Dans sa célèbre pièce Le voyageur sans bagage (1937), Jean Anouilh nous raconte l’histoire de ce soldat devenu amnésique après son retour du front. L’individu est littéralement sans passé. Privé du soutien que procure un bagage de souvenirs, il peine à construire un destin autre que celui qui le confine à des tâches sans avenir. Dépourvu d’ancrage familial et social, il se verra finalement contraint d’accepter que son destin personnel soit pris en charge par des personnes qui se donneront pour mission de lui construire une identité. Pour rester dans une situation minimale d’équilibre personnel, il ira même jusqu’à se fabriquer un faux sentiment de liberté, histoire de traverser plus facilement la renonciation permanente qui caractérise sa personne.

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Alain Deneault. La médiocratie

Alain Deneault
La médiocratie, Montréal, Lux, 2015, 218 pages

Alain Deneault a sorti l’artillerie lourde pour en finir avec les médiocres qui domineraient notre monde. Dans un petit essai consacré à ce qu’il nomme la « médiocratie », il s’intéresse à une structure de pensée qui pousserait notre monde à prescrire une certaine manière d’être proscrivant tout à la fois l’intelligence et l’originalité. La société contemporaine serait fondamentalement médiocre : elle ferait de la médiocrité son logiciel. D’ailleurs, les médiocres, qui se reconnaissent entre eux et qui savent s’appuyer les uns les autres, s’emparent de tout : ils imposent leur règne. En fait, ils imposent même un nouveau régime idéologique et politique qui ne dit pas son nom, mais qu’il faut dévoiler : n’est-ce pas au sens propre la signification de la médiocratie ?

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Martin Lemay. À la défense de Maurice Duplessis

Martin Lemay
À la défense de Maurice Duplessis, préface de Mathieu Bock-Côté, Montréal, Québec-Amérique, 2016, 165 pages

Voici un petit essai qui n’est à proprement parler ni une étude d’histoire ni un pamphlet, mais tient un peu des deux. Comme le titre l’indique, l’auteur s’y porte à la défense de Maurice Duplessis, premier ministre aimé et haï s’il en fut un.

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Carl Bergeron. Voir le monde avec un chapeau

Carl Bergeron
Voir le monde avec un chapeau, Montréal, Boréal 2016, 357 pages

Voir le monde avec un chapeau est un ouvrage émouvant. Il est un de ces livres qu’on peine à déposer. L’auteur Carl Bergeron (Un cynique chez les lyriques, 2012), dans ce livre qui se présente sous la forme d’un journal chronologique, dresse le portrait d’un lieu et d’une époque. À travers ses lunettes se dessine le Québec des années 2010, pour le meilleur et souvent pour le pire. Car il faut le souligner, on ne sort pas spontanément enchanté de la lecture du livre de Bergeron. Certes, son style, tout comme sa prose, captivent. Il en est de même du propos, varié et intelligemment abordé. C’est sans doute le diagnostic qu’il pose, ou du moins le portrait de notre société qu’il dresse, qui sans nous surprendre, n’en est pas moins bouleversant.

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Andrée Ferretti. Mon désir de révolution

Andrée Ferretti
Mon désir de révolution, Montréal, XYZ éditeur, 2015, 146 pages

Comment en vient-on à désirer la révolution ? C’est ce parcours intellectuel et militant que relate une Andrée Ferretti dont le verbe garde son mordant. Si elle ne laissait pas indifférents René Lévesque et même Pierre Bourgault par son caractère obstiné, on retrouve, des décennies plus tard dans son œuvre écrite, « la pasionaria » décrite par Jacques Lanctôt.

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action couv 1933Bibliothèque et Archives nationales du Québec a numérisé tous les numéros de L'Action française et de L'Action nationale depuis 1917.

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