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Vol. CVI, no 8

Éditorial - Courtiers en frayeurs

2016octobre250Il n’y avait pas grand monde chez les indépendantistes qui s’attendait à une couverture intéressante de la course à la chefferie du Parti québécois. Dès le départ, les catégories avaient été fixées : référendite aiguë et charte de fermeture, les candidats étaient campés dans des balises confortables pour les bonimenteurs. Plusieurs avaient cependant redouté ce qui s’est effectivement produit et n’ont pas tardé à se désoler de voir les candidats tomber à pieds joints dans le marécage. Et les choses se sont déroulées comme le mauvais vaudeville que souhaitaient s’offrir ceux-là qui ne demandaient pas mieux que de « passer à autre chose », c’est-à-dire, en clair, à la politique de minoritaire content.

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La normalisation de la politique au Québec ?

Ce texte est adapté d’une communication faite par l’auteur au congrès annuel de l’Association française d’études canadiennes à Grenoble, le 9 juin 2016.

Vingt-quatre juin 1990, plus de 200 000 personnes assistent au défilé de la Saint-Jean qui se transforme en marche nationaliste. Le lendemain soir à l’île Sainte-Hélène, le spectacle qui a pour titre « Aux portes du pays » en attire autant.

Vingt-quatre mai 2016, c’est la journée des Patriotes. Une centaine de personnes seulement marchent pour l’indépendance à Montréal. Un mois plus tard, le spectacle de la Fête nationale n’a aucun caractère politique.

Le Québec s’est-il accommodé du régime fédéral canadien dans le confort et l’indifférence, sinon dans l’honneur et l’enthousiasme ? Le chemin vers l’indépendance du Québec s’arrêtera-t-il dans une impasse ? Sommes-nous à la veille d’un réalignement partisan qui fera disparaître le Parti québécois (PQ) ?

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Le démantèlement de la nation (chronique 12)

La période couverte s’étend du 10 juin au 24 septembre 20161.

Le plus grand dérèglement de l’esprit,
c’est de croire les choses parce qu’on veut qu’elles soient,
et non parce qu’on a vu qu’elles sont en effet.
– Bossuet

Il y en a pour croire que « le Québec est une nation normale et mature qui dispose de pouvoirs substantiels et qui dépense ses énergies sur les grands enjeux éthico-politiques qui occupent l’ensemble des régimes démocratiques », comme l’écrit un professeur de l’Université Laval dans Le Devoir du 9 septembre. Mais suivons Bossuet et voyons plutôt les choses telles qu’elles sont. Nous vivons dans un cadre constitutionnel qui nie notre nation et notre État, et nous subissons en plus un gouvernement provincial dont l’activité consiste à réduire l’État québécois, à confisquer les ressources publiques au profit des amis et à laminer l’écosystème sur lequel repose la cohésion sociale et nationale. Au lieu de voir ce qu’il veut croire, le collègue devrait examiner les faits.

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L’identité gynile. Hommage à Louky Bersianik

Centre de philosophie du droit de l’Université de Bordeaux

Le thème du féminin a suscité de nombreux écrits qui convergent, pour la plupart, vers la systématisation de l’égalité des sexes. Rares sont ceux qui ont eu l’audace d’admettre que les femmes étaient différentes des hommes et, qu’en tant que telles, ne devaient pas être traitées de la même manière. La défense des droits des femmes est tant vulgarisée qu’elle est rapidement taxée de féminisme ; alors même que ce féminisme ne respecte pas, lors d’une promotion non nuancée de l’égalité des sexes, la femme dans sa singularité même de femme. Il s’agit alors de s’emparer de la question de l’identité de la femme, déchue par la confusion des sexes, pour s’affranchir de cette désexualisation.

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Pour une réforme du mode de scrutin

La fonction du mode de scrutin est de transformer les votes en sièges selon des formules plus ou moins complexes. Le choix d’un mode de scrutin reflète le choix d’une conception de la vie politique. Certains privilégient le principe de l’équité de la représentation des forces politiques alors que d’autres favorisent une plus grande stabilité gouvernementale.

Il existe une grande diversité de modes de scrutin qui ont été choisis pour répondre à des problèmes particuliers selon les pays. Il n’y a pas en ce domaine de prêt-à-porter ou de formule universelle qui serait dotée de toutes les vertus. Les principaux types de modes de scrutin sont : le système proportionnel, le système préférentiel (Irlande et Australie), le scrutin uninominal à deux tours (France) et le scrutin uninominal à un tour (Canada, Québec, Grande-Bretagne). Il y a aussi des systèmes mixtes qui combinent les caractéristiques de ces différents modes de scrutin.

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L’État succursale (extrait en primeur)

Que se passe-t-il quand un peuple abandonne un après l’autre les leviers qu’il s’est donnés pour se gouverner ? Quand ses dirigeants délèguent une part toujours plus grande de leurs pouvoirs à des entités « indépendantes » et aux « experts » ? Quand les réponses données aux questions les plus fondamentales sortent tout droit du bréviaire d’un libéralisme sans frontières qui perdure malgré les crises ?

L’État devient une succursale, un relais de la gérance mondialisée dont la responsabilité se limite à faciliter la circulation du capital financier et humain, quitte à léser ses citoyens et à écraser la démocratie.

Le problème de la démission du politique est universel, mais la situation géographique, culturelle et constitutionnelle du Québec lui fait prendre ici une tournure très particulière, qui n’a jamais été examinée d’aussi près que dans le présent ouvrage, un vibrant plaidoyer pour l’action collective.

Bureau d’aménagement de l’est du Québec: questionner les possibles

Note critique de
Bruno Jean (sous la direction de)
Le BAEQ revisité, Québec, Presses de l’Université Laval, 2016, 215 pages

À quelque chose malheur est bon ! C’est ainsi qu’on pourrait résumer la thèse de fond et l’esprit général de l’ouvrage Le BAEQ revisité. Le malheur étant moins que l’exercice de planification ait eu lieu que ce qu’il a soulevé soit resté inabouti. L’héritage du premier et plus vaste exercice de planification régionale que le Québec ait jamais entrepris reste trouble. Une littérature abondante a déjà tenté d’en prendre la mesure, mais, comme le remarque fort justement Bruno Jean qui dirige l’ouvrage, les travaux scientifiques ont surtout porté sur la période post-BAEQ et sur les réactions qu’il a soulevées et beaucoup moins sur le rapport lui-même et sur les travaux qui l’ont rendu possible. À cet égard l’ouvrage, qui prend prétexte du cinquantième anniversaire du dépôt du rapport, trouve une pertinence qui va bien au-delà de la simple commémoration.

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Christian Saint-Germain. Le mal du Québec

Christian Saint-Germain
Le mal du Québec. Désir de disparaître et passion de l’ignorance, Montréal, Éditions Liber, 2016, 144 pages

Le mal du Québec. À la lecture de ce titre, un verdict semble être tombé sur l’avenir de La Belle Province. L’auteur indépendantiste, philosophe et essayiste-provocateur Christian Saint-Germain ne nous a pas habitué à des essais politiques très convenus et « bon enfant ». Son essai précédent, un brillantissime pamphlet intitulé L’avenir du bluff québécois : la chute d’un peuple hors de l’histoire, tirait littéralement sur tout ce qui bougeait alors au sein de l’incarnation politique du mouvement indépendantiste. C’est donc avec une certaine hâte, dans le contexte d’une course au leadership pour le moins décevante, que j’ai empoigné Le mal du Québec : désir de disparaître et passion de l’ignorance.

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Victor Teboul. Libérons-nous de la mentalité d’assiégé

Victor Teboul
Libérons-nous de la mentalité d’assiégé, Accent grave, 2014, 155 pages

Comme il l’affirme dès l’introduction, Victor Teboul en a contre la mentalité d’assiégé de « certains groupes ethnoculturels gagnés au multiculturalisme canadien, dont les médias de langue anglaise ne cessent de faire la promotion ».

« Comment dans ces conditions s’identifier aux luttes démocratiques des Québécois en faveur d’une société laïque et égalitaire, et ne pas se sentir assiégés ? » s’interroge-t-il. Selon lui, leur méconnaissance du Québec empêche ces groupes de s’y identifier. Tout cela, Victor Teboul le pense depuis longtemps, au moins depuis l’affaire Michaud, mais c’est le débat sur la Charte des valeurs qui l’a décidé à rassembler ses écrits dans un essai percutant.

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Yvan Lamonde et al. Les intellectuel.les au Québec

Yvan Lamonde, Marie-Andrée Bergeron, Michel Lacroix, Jonathan Livernois
Les intellectuel.les au Québec, Del Busso Éditeur, 2015, 158 pages

Voilà un ouvrage au sujet passionnant : l’histoire des intellectuels québécois. J’étais d’autant plus en confiance qu’il avait été écrit par quatre professeurs d’université. Contrairement à d’habitude, ils ne l’ont pas écrit en se divisant les chapitres selon leur spécialité. Ils l’ont écrit comme un seul homme ; à quatre mains. J’appréciais aussi leur volonté de laisser une place de choix aux intellectuelles. Bref, j’étais enchanté. Mon indécrottable naïveté finira par me terrasser. Ce compte-rendu aurait pu être fort simple : cet ouvrage est à ce point décousu et mal écrit qu’il est pratiquement illisible. Comme le fond de cet ouvrage m’était inaccessible, si tant est qu’il existe, j’ai dû me contenter d’en critiquer la forme. 

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