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Vol. CIII, nos 3-4

Éditorial - Pas de Québec français sans l'indépendance

2013marsavril250Il y a cent ans, le 11 mars 1913, naissait la Ligue de défense des droits du français. Cette ligue fondera, quatre ans plus tard, la revue L’Action française – qui deviendra par la suite L’Action nationale. Cette organisation donnera une impulsion décisive à un mouvement qui traversera tout le siècle et qui fera de la défense et de la promotion du français un puissant levier de construction de la conscience nationale et de renforcement de la culture canadienne-française.

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Le néolibéralisme, l’altermondialisme et la question nationale

Alors que cette doctrine économique s’affichait il y a encore quelque temps comme un sujet central dans les débats politiques au Québec, le néolibéralisme connaît aujourd’hui un certain essoufflement. D’une part, force est de reconnaître que les représentants de l’ordre économique n’affichent plus une même confiance quasiment aveugle dans cette doctrine. Il est vrai que la crise financière mondiale qui dure depuis 2008 et plus récemment la crise de l’euro sont venues lui porter un dur coup. Il apparaît aujourd’hui moins évident de mettre de l’avant les bienfaits des médecines néolibérales, lesquelles sont grandement responsables de la crise actuelle… Sur le plan politique, nous n’en sommes plus à l’époque des appels à la libéralisation à tout crin des marchés, à l’inévitable « réingénierie » de l’État ou à la promotion des politiques d’ajustements structurels.

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L’arnaque des minicentrales

Avant-propos

Le 6 février 2013, sans même attendre les conclusions du BAPE, la ministre des Ressources naturelles, madame Martine Ouellet, décrète l’arrêt du programme des minicentrales lancé six ans plus tôt par le gouvernement Charest. À l’appui : les énormes surplus d’Hydro-Québec jusqu’en 2027 (coût appréhendé de 1.5 milliard $ d’ici 2020).

Ce texte s’inspire d’un mémoire que le Groupe d’initiatives et de recherches appliquées au milieu (GIRAM) devait présenter aux audiences du BAPE, le 20 février 2013, sur le projet du Canyon de la rivière Sainte-Anne à Saint-Joachim, Côte-de-Beaupré. « Savoir faire marche arrière face à l’erreur », tel était le titre choisi pour signifier la seule direction que tout gouvernement sérieux pouvait honnêtement prendre dans les circonstances. Cette annulation impromptue des audiences du BAPE par la ministre Ouellet avait toutefois comme conséquence d’éviter que lumière soit faite sur des aspects plus inconnus du programme libéral, entre autres, le modèle d’affaires et un curieux type de partenariat avec les municipalités.

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Musique et politique

État des lieux

Réfléchir est dangereux vis-à-vis de ce que j’appellerais l’anesthésie mentale généralisée. Parce que la réflexion favorise une plus grande conscience, un éveil [...]. Cette conscience éveillée, enracinée sur les bases de vérité, de beauté et de liberté, a des conséquences sur la société, sur le domaine politique. Quand on cherche, en art, l’harmonie et l’équilibre, cela est inspirant pour le politique[1].

Gilles Tremblay, 2009

Les artisans québécois de la musique d’art ne s’intéressent pas au politique ; ou alors, c’est un secret bien gardé : on ne trouve à peu près aucune trace de leurs prises de position à cet égard sur la place publique. Pour d’autres disciplines artistiques, la situation est différente. Par exemple, la revue québécoise Liberté, qui aborde surtout les questions de société par la littérature et le cinéma, porte le sous-titre « art et politique ». Au moment de sa fondation en 1959, Liberté cherchait, notamment, à faire contrepoids au discours de la revue Cité Libre cofondée par un certain... Pierre Elliott Trudeau.

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Où en est notre nation, 50 ans plus tard ?

Ce texte est la version écourtée de l’allocution telle que livrée vendredi le 1er mars 2013, en ouverture du colloque organisé par la Société du patrimoine politique du Québec, pour commémorer le 50e anniversaire de la fondation du RIN comme parti politique. La version intégrale paraîtra l’automne prochain sous son titre original dans les actes du colloque.

Cette question sera le fil conducteur de ma brève allocution. Cependant, avant d’entrer dans le vif du sujet, je crois important, à l’encontre des erreurs nombreuses et répétées relatives à mon implication dans le RIN, de vous informer que je n’ai pas assisté aux trois événements majeurs de l’histoire du RIN : ni à sa création, le 10 septembre 1960 ; ni à son congrès du 1er mars 1963, pendant lequel il se constitua en parti, puisque je n’en suis devenue membre que huit jours plus tard, soit le 8 mars 1963 ; ni à son sabordement, le 26 octobre 1968, l’ayant quitté le 18 mars précédent. Je n’ai donc été membre et militante du RIN que pendant exactement cinq ans et 10 jours et sa vice-présidente nationale que du 8 octobre 1967 au 18 mars 1968, soit précisément pendant cinq mois et 10 jours.

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Garderons-nous longtemps la langue de nos ancêtres ?

Une phrase du linguiste français Antoine Meillet, lue en 1972 lors du début de mes dix ans d’études en sociolinguistique, m’est allée au cerveau et au cœur : « Trois langues se partagent l’Amérique, l’anglais, l’espagnol et le portugais, pour ne rien dire du français canadien trop peu important et qui ne saurait se maintenir. » Le choc que j’ai reçu alors sera responsable du choix de mon cursus scolaire. La pensée de trois linguistes, qui m’ont particulièrement marqué, a nourri là-dessus ma réflexion.

De l’Université de Montréal, Gilles Bibeau[1] a été mon maître. Des conclusions, qui se dégagent des contacts des langues entre elles depuis 2000 ans, amènent Bibeau à écrire que, dans un même contexte politique, la langue la plus forte travaille toujours à la disparition des autres langues. C’est une loi de la vie sociolinguistique : un organisme en santé recherche son unité. Tout pays qui ne travaille pas à assimiler sa ou ses langues minoritaires se prépare des lendemains agités. L’histoire du Canada est révélatrice ici avec trois tentatives d’assimilation : le traité de Paris de 1763, les écoles anglaises de l’Institution royale de 1801 et l’Acte d’Union de 1840. Nous avons résisté. Puis le Canada anglais a ensuite fait une erreur en nous accordant un État, la Province de Québec, en 1867. On remettait entre nos mains le choix de notre destin futur. Ce sont les loyalistes américains du Haut-Canada qui sont la cause principale de ce changement. Le Canada a tout de même essayé de faire son devoir d’unité linguistique, même dans la réserve québécoise, en maintenant unilingue anglaise l’organisation fédérale du pays tant qu’il fut possible de le faire.

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Mémoire. Le français langue commune

Résumé

Le SPQ Libre salue l’intention du gouvernement de renforcer la position du français au Québec. Nous considérons que cela ne peut se faire de manière adéquate qu’en faisant du français notre langue publique commune.

La commission Gendron a désigné cet objectif dès 1972. La politique québécoise de la langue française de mars 1977 a fait ensuite du français langue commune le tout premier principe de la Charte de la langue française.

La Cour suprême du Canada a cependant fait dévier le Québec de cet objectif premier. Sa décision sur la langue d’affichage a conduit à introduire dans notre Charte la notion de « nette prédominance » du français et a ramené le Québec à pratiquer une forme de bilinguisme institutionnel.

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Le non-sens des villes à statut bilingue

La notion de municipalité à statut bilingue n’a plus de sens. Cette disposition de la loi 101 en est venue à s’opposer au français en tant que langue commune, précisément là où sa vitalité est le plus faible.

Quel cheminement a pu conduire à pareille incohérence ?

Cela commence avec le concept de district bilingue. C’était la « pierre angulaire » de la politique préconisée en 1967 par la Commission royale d’enquête sur le bilinguisme et le biculturalisme, ou commission Laurendeau-Dunton.

Par cette mesure, les commissaires voulaient conduire tous les paliers de gouvernement – fédéral, provincial et municipal – à garantir à certaines minorités une gamme complète de services dans leur langue : « [cette] action conjuguée modifiera sensiblement dans un lieu bien délimité les conditions de vie de la minorité [là] où la minorité officielle est assez importante pour justifier le genre de réorientation linguistique qui nous paraît souhaitable ».

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Quelle communauté anglo-québécoise ?

Chercheur Ph. D. science politique
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Les définitions utilisées pour désigner la « communauté anglophone » varient grandement selon les objectifs politiques des acteurs. Certains cherchent à en élargir les effectifs, les autres, à les diminuer le plus possible. Comme il en va du partage des ressources financières de l’État du Québec, de l’usage des langues au travail autant dans le secteur public que dans le secteur privé, et de bien d’autres enjeux, tous ont intérêt à influencer la définition des frontières de chaque groupe. En réalité, la communauté anglo-québécoise, lorsque définie en tenant compte des impératifs de survie légitimes de la communauté francophone, est de taille extrêmement modeste : 3,5 % pour tout le Québec, 5,0 % pour la Région métropolitaine de recensement (RMR) de Montréal. Ces pourcentages incluent de surcroît des anglophones dont les parents peuvent être francophones, allophones ou immigrés. Quoi qu’il en soit, cette taille minuscule confirme la disparition du territoire québécois de la plus infime encore « minorité historique nationale », dont les – plus rares encore – effectifs d’origine ethnique britannique constituaient jadis le noyau primordial.

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Chantal Bouchard. Méchante langue

Chantal Bouchard
Méchante langue. La légitimité linguistique du français parlé au Québec, PUM, Collection Nouvelles études québécoises, 2012, 178 pages

Je ne connais pas de peuples qui aient autant parlé de leur langue que le nôtre. La linguiste Chantal Bouchard aime se pencher sur cette obsession. Il y a cinq ans, dans La langue et le nombril, elle traçait les grands moments de ce phénomène. En 2012, dans Méchante langue. La légitimité linguistique du français parlé au Québec, elle s’est fixée d’éclairer un point précis de cette histoire : comment expliquer qu’à la fin de la Nouvelle-France, la langue des Canadiens était jugée prestigieuse et que, soixante ans après la Conquête, cette perception positive avait disparu ? Elle a désigné comme hypothèse de départ la Révolution française responsable de cette dévalorisation.

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Collections numériques (1917-2013)

action couv 1933Bibliothèque et Archives nationales du Québec a numérisé tous les numéros de L'Action française et de L'Action nationale depuis 1917.

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