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Octobre 2014

Vol. CIV, no 8

Éditorial - Une exigence logique, un impératif catégorique

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Entre les manifestations de solidarité et les attitudes compensatoires d’une bataille livrée par procuration, la frontière était mince. Plusieurs l’auront franchie allègrement, ce qui aura donné beaucoup de babillage médiatique tout en provoquant néanmoins, des redites et rappels pathologiques dont les significations politiques n’ont pas toutes été tirées, tant s’en faut. Nous serons vite passés des Highlands aux bas-fonds de la politique canadian. Ainsi aurons-nous eu droit au retour du spectral Stéphane Dion, tout heureux de bomber le torse devant les caméras pour vanter sa camelote de Clarity Bill et pour poser au grand théoricien de la démocratie. Il était pathétique à voir, tout autant que ceux-là qui ont accepté de lui donner la réplique, s’enlisant encore et toujours dans une pensée étrangère et hostile à notre peuple et à son existence.

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destiNation: Converger doit devenir notre obsession

Ex-présidente de la Confédération des syndicats nationaux (CSN), poste qu’elle a occupé de 2002 à 2011. Allocution prononcée à l’occasion du rassemblement citoyen destiNation (20-21 septembre 2014)

Souverainiste convaincue, militante engagée dans diverses causes depuis des décennies, je souhaite partager avec vous le diagnostic que je pose sur l’impasse dans laquelle nous nous retrouvons collectivement.

J’ai mal au Québec qui se profile sous mes yeux. Un Québec qui ploie sous un fort vent de démolition. Un Québec qui n’aurait pas d’autres ambitions que de se fondre dans la moyenne canadienne. Un Québec qui n’aspirerait qu’à devenir le plus moyen des Canadiens. Tout cela m’est insupportable !

On est en train de laminer nos plus chères réalisations collectives, nos aspirations les plus profondes et nos valeurs communes. Le gouvernement Couillard s’attaque à tout ce qui dépasse : assurance parentale, services de garde, culture, vitalité de nos régions, protection du grand fleuve et de son habitat marin et humain, présence internationale, etc. Bref, nous reculons tant sur le front social que ce sur quoi repose aussi notre identité.

Comment diable en sommes-nous arrivés là ? Que faire surtout pour nous reprendre en main, pour se réapproprier ce que nous sommes, pour être réellement maîtres de nos choix ?

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Référendum: Leçon écossaise ?

Qu’est-ce que le Québec et le Canada peuvent apprendre du référendum écossais ? Tout d’abord, que ce que peut nous apprendre notre propre histoire s’efface petit à petit devant l’actualité, le babillage et les rapports de pouvoir politiques. Ensuite, que la science politique est ravalée à des questions d’opinion, diminuant son caractère scientifique. Enfin, que les commentaires empressés sur le référendum écossais ne font qu’épaissir le brouillard.

Le premier point du référendum de 1995 à rappeler est que l’option du OUI a failli l’emporter en raison de la mobilisation de centaines de milliers de militants au cours de la campagne référendaire. Après répartition des répondants discrets des sondages (1/4 au OUI, 3/4 au NON), la progression du OUI avant l’arrivée de Lucien Bouchard est identique à celle ayant suivi son arrivée. Ce qui a été mis en marche avant M. Bouchard s’est poursuivi après. Une semaine de délibération (de campagne) de plus aurait peut-être donné le OUI gagnant. M. Bouchard n’a pas aimé, pas plus que Jean Chrétien et ses acolytes, qui ont dépeint les Québécois comme êtres irrationnels hypnotisés par le magnétisme de leur messie. La tricherie a d’autre part influencé le verdict final. Une participation de 93,5 % quand le vote n’est pas obligatoire n’est pas normale pour tout spécialiste des élections. Il fallait investiguer.

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Un survol historique et idéologique de l’enseignement de l’Histoire au Québec

Ces dernières années, j’ai eu le bonheur de diriger une équipe formidable qui s’est penchée de façon approfondie sur l’enseignement de notre histoire nationale depuis ses origines, dans les années 1830[1]. L’ouvrage qui en est sorti s’est principalement intéressé aux manuels scolaires, aux programmes et aux discours.

L’objet principal de cet article est plutôt de mettre en lumière l’oscillation entre les deux grands types de lectures de l’histoire (ou idéologies historiennes) qui ont structuré cet enseignement au fil des générations. Il s’agit des lectures bonne-ententiste et nationaliste, bien sûr. Dès les débuts de l’histoire nationale comme discipline scolaire, vers 1830, s’impose une histoire bonne-ententiste ; celle-ci fait bonne place à la magnanimité du conquérant anglais depuis 1760, tandis que sont tues ou marginalisées les frictions ayant existé entre les groupes nationaux vivant au Québec. Ce courant n’a jamais cessé d’être présent dans l’enseignement de notre histoire. Mais à côté de lui, une histoire nationaliste a aussi été enseignée et diffusée à partir du milieu du XIXe siècle : celle-ci met davantage l’accent sur les enjeux liés à la domination politique, économique, sociale et culturelle anglaise puis canadienne-anglaise et sur la recherche d’affirmation politique des Francophones depuis la Conquête.

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Faut-il étouffer les passions politiques ?

C’est une erreur fatale : croire qu’une fois qu’on a lu un livre, on ne le relira plus, qu’on en a extrait ce qu’on pouvait en extraire, et qu’on doit simplement passer au prochain. Car souvent, ce n’est qu’à la relecture, en feuilletant un peu au hasard ce qu’on avait déjà lu le crayon à la main, qu’un passage génial peut nous frapper soudainement. De passage à la maison familiale, il y a quelques semaines, où j’entrepose, grâce au génie bibliothécaire de mon père (historien de profession, professeur de vocation, archiviste amateur par passion), une partie importante de ma bibliothèque, et surtout, mes collections de revues, je me suis mis à fouiller dans une récente livraison de Commentaire, l’excellente revue fondée par Raymond Aron. Elle demeure, encore aujourd’hui, avec Le Débat, une des rares revues indispensables pour comprendre la France et à travers elle, le monde contemporain.

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L’héritage spirituel du Québec

Trop de distance et trop de proximité empêchent la vue.
– Blaise Pascal (Pensées)

Comment appliquer la position du philosophe du xviie siècle à une maîtrise féconde du temps, cette durée indéfinie dans laquelle se déroulent les événements historiques ? Par une saine articulation des trois constituants du temps. Il s’agit donc d’interpréter le passé afin d’éclairer le présent et d’orienter l’avenir. Voici une nouvelle observation de notre destinée spirituelle [1].

La fondation

En 1608, l’explorateur Samuel de Champlain fonde la ville de Québec. Un joyau en vigie là où le fleuve Saint-Laurent se rétrécit ou s’élargit, selon la direction. Un point stratégique sur la voie d’accès au cœur du continent, découverte par Jacques Cartier au siècle précédent. Québec, la future capitale, inaugure la présence française continue et permanente en Amérique.

Une polarité sédentarisme-nomadisme anime le fondateur. Elle caractérise dès l’origine le phénomène humain collectif qui s’appellera le peuple québécois. Ainsi, une France nouvelle se dresse dans la vallée du majestueux fleuve Saint-Laurent ; à partir de cet enracinement, elle s’étend à travers l’Amérique en entrant en contact avec les nations aborigènes du continent.

La rencontre entre un rameau issu de l’Ancien Régime européen, celui du Trône et de l’Autel, et des peuples communiant étroitement avec la Nature devait inéluctablement transformer les deux parties. Les Amérindiens sont séduits par le théâtre divin dans sa version catholique, celui des rites spectaculaires des robes noires de Dieu, dont la croyance fut apportée de l’autre rive de la mer océane à bord de canots géants. Chez les Français, issus du petit cap européen, l’appel de l’aventure dans les grands espaces – création du Grand Manitou selon leurs amis amérindiens – est irrésistible.

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Illusion et fuite chez les souverainistes

En cette période, celle qui suit la défaite du 7 avril 2014, un débat interne anime les milieux militants du souverainisme. Son sujet a trait à la valorisation de l’indépendance et il oppose principalement deux camps. Il s’agit du clan « étapiste », associé aux principaux partis souverainistes de 1995 à aujourd’hui, qui propose surtout de bien gouverner la province de Québec en attendant un contexte favorable à son indépendance. L’autre clan, « puriste », suggère de parler de souveraineté maintenant dans le but de créer le contexte favorable désiré. L’on pourrait longuement débattre du bien-fondé et des travers de ces deux stratégies. Or, notre but est d’exposer une faiblesse qui habite ces deux clans.

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Le nom qu’on nous a chipé et le pays pour lequel on n’a jamais voté

Il serait bon pour un prince d’être réputé libéral ; cependant la libéralité peut être exercée de telle manière qu’elle ne fasse que lui nuire sans aucun profit.

– Machiavel

Quant à moi, je ne sais pas où va l’histoire (le sens-orientation-direction), mais je commence à découvrir ce que l’on peut en faire si, à travers elle, nous nous appliquons à la recherche du sens (le sens-signification-expression)
C’est-à-dire la lumière de ce que l’histoire peut exprimer.

– Alphonse Dupront

Quel est le rôle exact de la Grande Coalition ? Qui est Antoine-Aimé Dorion ? Qui et que sont les Rouges ? À quoi s’opposent-ils au juste ? Quelle est donc l’importance de cette Conférence de Québec ? Plongeons !

L’inconstance ministérielle chronique de 1854 à 1864, l’expression des volontés de changement de constitution, la nouvelle donne de la « folie des chemins de fer », la perspective nette d’abolir la French and Papist Domination (chère à George Brown), le passage d’une économie « manufacturière » à une économie « industrielle », l’affront puéril du libéral J. Sanfiedd Macdonald (alors premier ministre avec A.-A. Dorion) en 1864 pour éviter la discussion de la motion de Brown de former un comité d’études des problèmes constitutionnels, tout cela provoque l’adhésion de Brown au grand projet fédéral des conservateurs. Voilà le début de la fin d’une possibilité strictement canadienne. C’est la mort programmée du Parti rouge et du Canada-Uni et la mise en place des conditions, à long terme, de la réalisation du rapport Durham de 1840.

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L’autre épopée d’un petit Canada modèle et insulaire

En tant que nation, nous devons célébrer les étapes dans l’histoire de notre pays, comme le 150e anniversaire de la Conférence de Charlottetown. Ces réunions historiques ont été les piliers qui ont contribué à façonner le Canada que nous connaissons aujourd’hui. Sharon et moi sommes impatients de visiter le lieu de naissance de la Confédération, l’Île-du-Prince-Édouard, et d’assister aux événements officiels et aux activités qui reflètent ce que nous sommes en tant que Canadiens et définissent ce à quoi nous aspirons.

- David Johnston, gouverneur général du Canada, 13 juin 2014

L’Acadie, c’est au fond un projet, un projet de faire histoire, voire même de faire société. Elle n’est pas d’abord un fait social, mais bien une entité nationale ; elle n’est donc pas éphémère, mais ancrée dans le temps ; et elle n’est pas que plainte, que cause, elle est une épopée.

– Patrick D. Clarke, historien, 17 août 2009

Memramcook

En retrait de la route Transcanadienne dans le sud-est du Nouveau-Brunswick, on trouve un village considéré comme le berceau de la renaissance acadienne. Par une route secondaire, on accède à Memramcook. C’est là qu’a eu lieu la première Convention nationale acadienne en 1881, quand 5000 Acadiens s’étaient réunis au collège Saint-Joseph[1] pour discuter d’avenir national.

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Un correcteur systémique de la corruption

Conformément au mandat que le gouvernement du Québec a confié à la Commission d’enquête sur l’octroi et la gestion des contrats publics dans l’industrie de la construction, à savoir d’examiner l’existence de stratagèmes qui impliqueraient de possibles activités de corruption dans cette industrie et de faire des recommandations en vue d’enrayer et de prévenir cette corruption, le présent article entend examiner une cause systémique de la corruption dans cette industrie et proposer un moyen de l’enrayer.

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Collections numériques (1917-2013)

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