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Décembre 2014

Vol. CIX, no 10

Éditorial - Il faut faire monter la mise

2014dcembre250Le geste mérite d’être salué : le pied de nez aux puissants que vient de faire Gabriel Nadeau-Dubois en remettant son Prix du gouverneur général au regroupement « Coule pas chez nous » est susceptible de mettre le Québec en mouvement. La réponse au premier appel de soutien au financement est encourageante. Il faut faire monter la mise.

Il faut non seulement accroître les moyens de financer l’opposition, il faut élargir les motifs de protestation. Ce qui se joue dans ces projets, ce n’est pas seulement la protection de l’environnement et des bélugas. Ce qui se joue là, c’est l’autodétermination du Québec. C’est notre capacité d’orienter notre développement et de faire servir nos avantages stratégiques à la construction d’une économie durable, propre. L’alliance du grand capital et de l’État canadian vise à nous imposer un fédéralisme pétrolifère, c’est-à-dire une servitude imposée. Notre territoire, notre façon de l’habiter, nos choix énergétiques et environnementaux sont de travers dans le chemin du nation building du pétroÉtat et Ottawa ne négligera rien pour réduire à néant toute volonté de s’y opposer au nom de notre intérêt national.

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Un Québécois à Colombey

Fin mai début juin, j’ai passé une douzaine de jours à Paris. L’effondrement électoral des souverainistes le 7 avril m’avait abattu. Normalement, je vais bien, et si je n’aime franchement pas le monde dans lequel je vis, comme bien des hommes confessant un penchant antimoderne, je demeure sans trop savoir pourquoi, serein devant l’existence. Je suis d’un naturel joyeux. Du déjeuner au diner au souper, n’y a-t-il pas trois raisons par jour de se réjouir ? Pour peu qu’on mange, pour peu qu’on boive, la vie est belle, surtout si on a des amis pour en jouir avec soi. Mais cette fois, rien n’y faisait. Je me suis senti blessé au cœur. J’avais beau fanfaronner sur les plateaux télé, en disant qu’une bataille perdue n’est pas une guerre perdue, je savais au fond de moi que c’était bien plus grave. Je suis de ceux qui ressentent intimement, presque charnellement, l’appartenance au corps politique, qui se sentent les héritiers et surtout, les porteurs de la patrie, et si je crains de faiblir et de ne plus lui être utile, jamais il ne me vient à l’esprit que je pourrais me passer d’elle. Mais que se passerait-il si elle entrait dans une décadence irrémédiable ?

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Le Saint-Laurent, autoroute du pétrole… pour qui?

Déclaration du GIRAM (Groupe d'initiatives et de recherches appliquées au milieu) le 28 novembre 2014

Le pétrole de l’Ouest jaillit ou jaillira de toutes parts : trains, conduites réaménagées (Enbridge) ou nouvelles (Énergie Est), pétroliers géants de plus en plus nombreux sur le Saint-Laurent. Ce nouveau schéma pour désenclaver le pétrole, notamment le plus polluant de la planète provenant des sables bitumineux, aura des conséquences environnementales, terrestres et maritimes exponentielles en plus de porter atteinte à l’intégrité du territoire québécois et causer de multiples effets pervers sur la voie navigable du Saint-Laurent. Le GIRAM se réjouit de la mobilisation citoyenne qui croît de jour en jour contre le projet TransCanada ; il salue également les conditions récemment posées par le gouvernement du Québec. Il se propose toutefois de mobiliser l’opinion publique concernant la mise en place sur le Saint-Laurent d’un réseau de ports destinés au transport d’hydrocarbures américains ou canadiens et plus particulièrement le projet de TransCanada qui projette d’implanter un énorme terminal pétrolier destiné exclusivement à l’exportation.

En conséquence :

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Qui doit défrayer le coût de construction du nouveau pont Champlain?

Le gouvernement Harper affirme que le coût de reconstruction du pont Champlain doit être acquitté par les Québécois parce qu’il s’agirait selon lui d’un pont à vocation locale ! Pourtant, il est facile de montrer qu’il s’agit aussi d’un pont à vocation internationale et qu’en conséquence, le coût devrait en être supporté par l’ensemble de la population du Canada.

1. Le pont Champlain, une infrastructure internationale

Si le nouveau pont Champlain s’avère très coûteux, c’est parce qu’il devra être très haut de manière à laisser passer sous ses structures les immenses navires océaniques qui se rendent jusqu’aux Grands Lacs en empruntant la voie maritime du Saint-Laurent. C’est parce que ce pont devra impérativement passer au-dessus de cette grande voie de commerce international que son COÛT INITIAL ESTIMÉ en 2014 est de 5 milliards $[1].

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Françoise Graton (1930-2014). Allumer le feu du théâtre

Françoise Graton, que les habitués des soupers-conférences annuels de L’Action nationale connaissent comme une amie fidèle de la revue avec son compagnon Gilles Pelletier, est décédée le 7 novembre 2014, à 84 ans, deux semaines après notre dernière rencontre. Toujours aussi vive et allumée, elle avait tenu à poser une dernière question au conférencier Mario Beaulieu. Elle l’avait fait sans micro avec l’aplomb de l’actrice de talent qu’elle était toujours.

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Ci-contre, Françoise Graton posant sa question sous l’oeil complice de Gilles Pelletier lors du souper-conférence du 24 novembre 2014 au Lion d’Or (photo: Christian Gagnon).

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Jalons pour la lutte idéologique au Québec

Vous tournez à gauche sur la rue Châteauguay. Puis vous bifurquez sur la rue Monseigneur-Plessis et arrivez rapidement à votre école. Pendant des années, matin, midi et soir, vous parcourez ces rues sans savoir ce qui se cache sous les noms qui les désignent. Plus tard, vous le saurez. Vous apprendrez quel rôle ont joué certains de ceux qu’on appelait autrefois des « Canadiens », c’est-à-dire les descendants des Français établis dans la vallée du Saint-Laurent. « Châteauguay » célèbre une victoire remportée par des miliciens canadiens lors d’une guerre menée par leurs maîtres britanniques, tandis que la rue Monseigneur-Plessis est ainsi nommée en l’honneur de cet évêque de Québec qui soutenait le pouvoir en place à la même époque (Lacoursière 1997 : 158-162). Ces miliciens et cet évêque méritent-ils vraiment que nous leur rendions hommage ? Ceux qui ont toute autorité sur la toponymie le croient. Quant aux passants, voient-ils dans ces noms de rue autre chose qu’une manière commode de s’orienter ?

La toponymie n’est pas le seul moyen que les dirigeants politiques utilisent pour rendre hommage à ceux dont l’action doit servir d’exemple pour leurs concitoyens. Au cœur de nos villes, les monuments commémoratifs sont encore plus puissants de ce point de vue (Gaudreault 2010a et 2013). Dans le cadre de la lutte idéologique qui accompagne leur mouvement de libération nationale, les indépendantistes québécois ont tout intérêt à actionner ce puissant levier que constitue le combat contre la toponymie et les monuments commémoratifs au service de l’idéologie régnante.

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Le démantèlement de la nation (chronique 4)

La période couverte s’étend du 25 août au 28 novembre 2014 (3 mois)
Les dates entre parenthèses renvoient à l’édition du Devoir. Lorsqu’il s’agit d’une autre source, celle-ci est mentionnée explicitement.

Elle se clôt à la veille de la grande manifestation contre l’austérité qui s’est tenue à Montréal et à Québec ; et au terme d’une semaine où, à la suite de l’exemple donné par Gabriel Nadeau-Dubois et à son appel, plus de 350 000$ ont été recueillis pour dire au pétrole sale de l’Alberta « Coule pas chez nous » ! Oui, il est possible de nous mobiliser, nous le ferons de plus en plus souvent.

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Justin Trudeau. Terrain d’entente

Justin Trudeau
Terrain d’entente, Éditions La Presse, 2014, 375 pages

Il semble qu’un politicien peut publier son autobiographie, à l’aube de la quarantaine, après seulement 6 ans de service comme député. Il est cependant légitime de se questionner sur le contenu de ces 373 pages, et surtout sur l’intérêt de les traverser. Dans ce livre sur sa vie, Justin Trudeau tente l’expérience, avec le but avoué de dévoiler au lecteur les divers événements qui ont fait de lui l’homme qu’il est. De l’innocence de l’enfance à la chefferie du Parti libéral de Canada.

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La modernisation de l’Islam. Boualem Sansal et Mahmoud Hussein


Le monde arabe est en feu : La Syrie, l’Irak, le Liban, la Palestine, l’Égypte, la Lybie sont autant de champs de batailles plus ou moins larvées. À la source de cet embrasement, on trouve de multiples facteurs, mais de nombreux spécialistes de la question arabe sont d’accord pour dire que la cause principale du malaise arabo-musulman est la difficulté que connaît l’islam pour accéder à la modernité. L’on peut même se poser la question : cette religion est-elle compatible avec la modernité et si oui, à quel genre de modernité ? La majorité des spécialistes est également d’accord pour admettre que la condition sine qua non de cette accession à la modernité passe par une réforme des textes coraniques. C’est le thème central des essais de Boualem Sansal et de Mahmoud Hussein dont il est mention ici. Sansal aborde cette question d’une manière plus politique en survolant un monde arabe dans lequel l’islamisme s’est implanté et a empêché tout débat réformiste. Hussein, quant à lui, a cherché à l’intérieur même du Coran des versets prouvant que l’islam peut évoluer et s’adapter de ce fait au contexte moderne. Ces deux auteurs représentent des penseurs réformateurs au cœur du monde musulman, penseurs auxquels on reproche trop souvent leur silence. Il est bon d’écouter ce qu’ils ont à dire.

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action couv 1933Bibliothèque et Archives nationales du Québec a numérisé tous les numéros de L'Action française et de L'Action nationale depuis 1917.

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