Bilan de l’année du centenaire

Le conseil d’administration de la Ligue a voulu souligner avec éclat le centième anniversaire de la revue qui fut fondée en janvier 1917. L’objectif principal de cette année de commémoration était de faire connaître la revue afin d’élargir son lectorat. Nous avons voulu célébrer tous les artisans de la revue qui depuis un siècle, mois après mois, ont assuré la production et la diffusion d’analyses pertinentes et éclairantes de notre destin national.

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Nous avons confié la réalisation d’une exposition virtuelle à Mathieu Gauthier Pilote qui rappelle les grands combats menés par la revue et met en valeur les intellectuels qui ont proposé des orientations sur les enjeux fondamentaux de notre avenir collectif. Cette histoire de la revue est accessible sur le site de L’Action nationale. Dans le but de laisser une trace tangible de ce centenaire, nous avons aussi demandé à Lucia Ferretti de rédiger la deuxième partie de l’histoire de la revue afin de compléter le travail de Pascale Ryan qui s’était arrêtée au début des années soixante. Le livre devrait paraître en 2018.

2017janvierfevrier250Le comité de rédaction a réalisé un magnifique numéro du centenaire en mobilisant quinze collaborateurs qui ont reconstitué l’évolution des positions de la revue sur les enjeux les plus saillants pour le développement de la société québécoise. La page couverture de ce numéro est illustrée par une lumineuse peinture d’Armand Vaillancourt. Nous avons organisé le 23 février le lancement du numéro du centenaire qui a attiré une centaine de personnes.

Au chapitre de la mise en valeur de la revue, Robert Laplante et Denis Monière ont co-signé un article intitulé « Penser dans le siècle : L’Action nationale, une revue centenaire » qui est paru dans Le Devoir du 9 janvier. Josée Legault a, pour sa part, publié le 23 février dans le Journal de Montréal un article élogieux consacré au centenaire. Elle écrit au sujet du numéro spécial : « Véritable pièce de résistance intellectuelle et sociale, ce numéro spécial est à lire, à conserver, à partager et pourquoi pas, lorsque le jour viendra, à léguer aux siens. »

Le directeur de la revue et le président de la Ligue ont aussi été invités à faire deux conférences à l’Université du Québec à Trois-Rivières dans le cadre d’un séminaire qui était consacré à la revue.

À l’automne, nous avons organisé un cycle de trois conférences dans le cadre des lundis de l’histoire à la SSJB, soit les 18 septembre, 3 octobre et 6 novembre où Denis Monière, Lucia Ferretti et Robert Laplante ont tour à tour retracé les principales phases de l’évolution intellectuelle de la revue.

Grâce à la collaboration de toute l’équipe de L’Action nationale, le Gala du centenaire qui a eu lieu le 27 octobre a connu un grand succès puisqu’il a réuni 170 convives qui ont pu apprécier les prestations de Nicole Boudreault, de Sylvain Poirier et François Parenteau qui ont rendu un hommage à Félix Leclerc et enfin de Robert Laplante qui a présenté une conférence magistrale.

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Le Salon du livre de Montréal qui a eu lieu du 15 au 20 novembre a voulu honorer le travail inlassable de L’Action nationale en nous accordant une visibilité exceptionnelle. Nous avons été intégrés aux outils promotionnels du Salon, nous avions un kiosque pour exposer les anciens numéros de la revue ainsi que nos publications récentes qui a attiré un public nombreux et intéressé à nous découvrir. Nous avons aussi dans le cadre du Salon organisé un lancement des Cahiers de lecture, du numéro de novembre et du livre Mémoires d’un enfant de la Révolution tranquille. De plus, nous avons tenu, le samedi 18 novembre, une table ronde réunissant Lucia Ferretti, Robert Laplante et Denis Monière qui ont débattu sur le thème « À quoi sert une revue dans le combat politique ? » Enfin, le 12 décembre, Robert Laplante a été invité par le Mouvement démocratie souveraineté à prononcer une conférence.

Mais le plus important est que durant cette année écoulée, en dépit de toutes ces activités de commémoration, la revue a continué à publier des analyses pertinentes et qu’elle s’est particulièrement distinguée en étant la seule revue du monde francophone à publier un dossier étoffé sur la situation en Catalogne, un mois après le référendum du premier octobre ce qui constitue un exploit éditorial. Je serais tenté de conclure en disant longue vie à L’Action nationale, mais en souhaitant que durant le prochain siècle notre activité éditoriale s’inscrive dans un projet national réalisé et institutionnalisé.

Accès libéré - Odeur de pétrole sur la capitale Avril 2017

Québec et ses rives coloniales

Durant la plus grande partie de son histoire, Québec a été une ville coloniale. Sur son littoral, elle le demeure aujourd’hui.

Lors de la fondation de Québec par Samuel de Champlain, les nouveaux arrivants prirent le contrôle du fleuve et déplacèrent les autochtones vers l’intérieur des terres. La Conquête britannique en fit autant avec les Français et les Canadiens, mettant fin à leur présence dominante sur le Saint-Laurent et ses affluents. Ce n’est pas sans raison que le journal Boston Globe qualifia la prise de Québec de « chute de la Carthage d’Amérique ». Tout comme celui de la grande cité punique, l’empire de la Nouvelle-France avait été un empire de l’eau. Le géographe Luc Bureau a résumé de façon lapidaire ce virage radical survenu lors de la Conquête : « La hache et la faucille chassent la rame et le fusil, la charrue se substitue au canot d’écorce ». Tout est dit. On touche ici à la cause fondamentale de l’éloignement général des Québécois par rapport au fleuve Saint-Laurent. 

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Un projet injustifié et à risques

Extrait du mémoire « Beauport 2020, un projet injustifié et à risques… pour le fleuve, les habitants et les résidents de Québec » présenté à la Commission de l’Agence canadienne d’évaluation environnementale, dans le cadre de l’évaluation du projet d’aménagement d’un quai multifonctionnel en eau profonde présenté par l’Administration portuaire de Québec.

Rédaction : Christian Simard, Gabriel Marquis et Marilyn Labrecque avec l’appui, notamment, des experts en écosystèmes aquatiques : Guy Trencia Pierre Dumont et Charles-Antoine Drolet et de l’historien spécialisé Pierre Ross.

Dans la mire de l’administration du Port de Québec (APQ) depuis plusieurs années, le projet Beauport 2020 prévoit un agrandissement de la zone portuaire de la Capitale-Nationale par une extension de la ligne de quai actuelle et l’aménagement d’un terrain d’arrière-quai d’une superficie de 17,9 hectares, gagné à même le Saint-Laurent, qui hébergera des terminaux de vrac solide et liquide. L’APQ avance également que son projet aura d’importantes retombées économiques et que le Port a besoin de nouveaux revenus pour moderniser ses activités. Or, le Port n’a pas déposé d’étude de marché pour appuyer ses dires ni aucune étude coûts/bénéfices. L’étude des retombées économiques préparée par KPMG est basée sur un scénario optimal d’investissements publics-privés de 590 millions $, alors qu’il n’y a aucun client confirmé pour le nouveau quai et que les impacts étudiés ne couvrent généralement que la partie de construction du quai […]

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Des activités à forts impacts sur les résidents

Extrait du mémoire « Beauport 2020, un projet injustifié et à risques… pour le fleuve, les habitants et les résidents de Québec » présenté à la Commission de l’Agence canadienne d’évaluation environnementale, dans le cadre de l’évaluation du projet d’aménagement d’un quai multifonctionnel en eau profonde présenté par l’Administration portuaire de Québec.

Rédaction : Christian Simard, Gabriel Marquis et Marilyn Labrecque avec l’appui, notamment, des experts en écosystèmes aquatiques : Guy Trencia Pierre Dumont et Charles-Antoine Drolet et de l’historien spécialisé Pierre Ross.

Si le manque d’information concernant le contenu du projet Beauport 2020 – dont une partie seulement est l’objet d’évaluation par l’Agence canadienne d’évaluation environnementale (ACEE) – rend difficile l’analyse de ses impacts économiques et environnementaux, c’est d’autant plus vrai en ce qui concerne ses impacts sur l’environnement humain. En effet, au-delà des dérangements que pourrait occasionner la phase d’aménagement du quai multifonctionnel sur le paysage, sur certaines activités balnéaires et sur la qualité de l’air, c’est surtout les activités qui s’y dérouleront lors de la phase d’exploitation qui doivent retenir l’attention.

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La fragilité des panoramas

Nous jetâmes l’ancre devant Québec. Quelle scène ! Le monde peut-il en produire une autre pareille ? Déjà pour moi, Édimbourg avait incarné le beau idéal, la synthèse de toutes les grandeurs de la Nature – une vision des Highlands du nord avait hanté mes rêves en traversant l’Atlantique. Mais tous mes rêves s’évanouirent devant ce panorama de Québec. La Nature a prodigué ses éléments les plus grandioses pour former ce don du ciel étonnant. De sombres montagnes aux sommets ennuagés se dressent au loin, la cataracte écume et rugit ; les bois, le roc et le fleuve s’allient pour rendre ce tableau parfait, digne de son Divin créateur.

L’escarpement auquel la ville s’agrippe se reflète dans les eaux calmes et profondes qui l’entourent à ses pieds et rehausse grandement la beauté romantique du site.

(Trad. Sept. 1832. Susanna Strickland Moodie)

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Odeur de pétrole sur la capitale

Le Port de Québec est l’un des plus anciens d’Amérique. Il bénéficie d’une position privilégiée, car il est le dernier, en provenance de l’Atlantique, à bénéficier d’une eau assez profonde pour accueillir les gros navires. Depuis le début du XIXe siècle, il a pu développer sans trop d’entraves sa vocation de port de transbordement : le bois en partance pour l’Angleterre au début du XIXe siècle, le blé de l’ouest au XXe siècle, les hydrocarbures par la suite. Une telle vocation ne nécessite pas de très vastes espaces terrestres, ce dont d’ailleurs il ne dispose pas. C’est effectivement son principal handicap. 

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Un processus d’évaluation fédéral inadéquat, un processus d’examen québécois inexistant

Extrait du mémoire « Beauport 2020, un projet injustifié et à risques… pour le fleuve, les habitants et les résidents de Québec » Rédaction : Christian Simard, Gabriel Marquis et Marilyn Labrecque avec l’appui, notamment, des experts en écosystèmes aquatiques : Guy Trencia Pierre Dumont et Charles-Antoine Drolet et de l’historien spécialisé Pierre Ross.

L’ampleur du projet d’agrandissement Beauport 2020 du Port de Québec est indiscutable. Il s’agit d’un chantier de grande envergure qui, pendant sa réalisation et à terme, aura des impacts non négligeables sur les milieux naturels du Saint-Laurent, sur les espèces qui les fréquentent, ainsi que la qualité de vie des résidents à proximité du projet. En fait, rarement dans les dernières années, la ville de Québec ne s’est vue proposer de projets d’une telle envergure et il est d’autant plus important que celui-ci fasse l’objet d’une étude et de consultations approfondies.

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Les 20 raisons de la colère

Jean Lacoursière est physicien spécialiste en conception de systèmes optiques et citoyen de Québec.

Quand remblayer le fleuve en ruinant le panorama de Québec et de la plage publique de la baie de Beauport devient prétendument la seule manière de survivre pour un port qui n’est l’hôte que d’une activité industrielle à faible valeur ajoutée, qui persiste à contaminer par ses poussières toxiques l’air et les surfaces des quartiers voisins et qui entrepose et transporte (train et bateau) des matières liquides hautement dangereuses à proximité des gens, n’est-il pas temps de stopper la procrastination des 35 dernières années et d’enfin réfléchir à la croissance du transbordement maritime des matières solides et liquides en vrac loin des zones densément peuplées ? Vingt raisons pour lesquelles Beauport 2020 est un projet choquant.

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Le Port de Québec, un modèle d’entreprise citoyenne ?

Le nouveau processus environnemental de participation citoyenne témoigne de notre volonté d’écouter et de tenir compte des points de vue des citoyens et des organismes de la communauté. Ce mécanisme positionne le Port de Québec comme un leader en participation citoyenne et nous en sommes très fiers.

– Port de Québec. Communiqué, mai 2015

Avec le temps, les entreprises ont été amenées à porter une attention toute particulière à l’image citoyenne qu’elles doivent aujourd’hui projeter face aux attentes de plus en plus élevées des communautés au sein desquelles elles évoluent. Un PDG qui ambitionne de gouverner et rester en selle sans trop de secousses sait qu’il a tout à gagner à recouvrir sa gestion des affaires d’un certain vernis vert-éthique. Il en va même souvent de sa propre survie. On attend de lui qu’il soigne l’image de l’entreprise, qu’il lui donne une crédibilité sociale et lui définisse un visage sur mesure de bon citoyen. À cette fin, il fera abondamment appel aux meilleurs consultants en marketing d’image corporative, en fabrication de label impressionniste d’entreprise citoyenne. On commandera des discours souvent racoleurs sur l’environnement et des énoncés de principe qu’on affichera de façon ostensible sur le site corporatif. S’il le faut, pour circonscrire le tout, on se dotera d’un mécanisme de « participation citoyenne ». Ça ne coûte pas cher et ça projette admirablement bien l’image d’une « entreprise XIXe siècle ».

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Collections numériques (1917-2013)

action couv 1933Bibliothèque et Archives nationales du Québec a numérisé tous les numéros de L'Action française et de L'Action nationale depuis 1917.

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