À chaud

Avec qui faudra-t-il recommencer ?

Il faudra donc attendre jusqu’au début de juin pour voir clair dans ce qui se joue en creux dans le récit médiatique de la crise qui secoue le Bloc québécois. D’ici là, les commentaires vont se distribuer dans un espace politicien radicalement dépolitisé par une mise en récit de la résignation. Comment diable peut-on tenir des mois à palabrer sur une fausse opposition, sur une pseudo-polémique qui oppose la promotion de l’indépendance à la défense des intérêts du Québec ? Comment ? Sinon qu’en refusant d’affirmer et de reconnaitre un argument de base du combat national : il faut sortir du Canada parce que chaque jour qui passe nous aspire dans des choix et orientations contraires à nos intérêts nationaux.

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2017 18cahiers600

Un numéro du centenaire aux nouveaux abonnés

Automne 2010 - De la lecture et des équipements stratégiques

2010automne250Chaque année, un peu partout au Québec, se tient une Semaine des bibliothèques pour permettre à ces institutions essentielles de se mieux faire connaître. Le but de ces exercices, on le sait, est toujours un mélange de célébration et de promotion, une occasion de rappeler les idéaux, de se donner une vue d’ensemble et un peu de recul.

Cette année, la semaine était dédiée aux jeunes de 12 à 25 ans, vaste public, segmenté, on le devine bien, en fonction d’un découpage de plus en plus fin tout au long de ce continuum qui pousse les jeunes hors de l’enfance jusqu’aux premiers paliers de l’âge adulte. C’est le romancier Patrick Sénécal qui agissait comme porte-parole. Un choix justifié tout aussi bien par la popularité de ses ouvrages que par les aptitudes de l’auteur à communiquer sa passion pour la littérature, pour la culture en générale et pour la lecture en particulier. « S’abonner c’est un risque à prendre » disait le slogan de la promotion, comme pour traduire délicatement la volonté de vaincre les réticences.

Le succès de la Grande Bibliothèque a permis de créer un contexte plus favorable à la promotion de la lecture – et de défaire quelques stéréotypes – et c’est tant mieux. Les usagers ont vraiment contribué à élargir et enrichir sa pertinence comme institution. Ils l’ont fait ailleurs également dans de nombreuses villes où la bibliothèque est un véritable foyer d’attraction pour des publics variés. C’est un fait, l’offre de services de bibliothèque charpente la demande, pour le dire comme les économistes. Pour peu que l’occasion leur en soit donnée avec des moyens et dans des conditions convenables, les citoyens deviennent des usagers enthousiastes. C’est tant mieux et il faut s’en réjouir. Mais cela n’est pas suffisant.

On comprend que les efforts de la Semaine des bibliothèques publiques aient été placés dans le registre de la séduction, il n’y a aucun mal à insister sur les plaisirs de la lecture et sur la vocation de ces équipements comme centre de divertissement intelligent. Mais il faut aussi s’élever au-dessus de l’hédonisme qui traîne dans l’air du temps, insister sur les autres aspects de la lecture et sur les vocations plus complexes, plus « fondamentales » de ces institutions. Les bibliothèques ne sont pas que des équipements de loisir.

La lecture n’occupe pas la place qu’elle devrait avoir dans notre vie culturelle, dans le monde scolaire et dans l’actualité en général, telle qu’elle est façonnée et rapportée par le complexe médiatique. Il faut que les bibliothèques soient aussi des centres de rayonnement. Elles doivent contribuer à porter la lecture dans les lieux et les milieux où elle devrait être plus présente. C’est l’affaire du Plan lecture que devraient avoir toutes les institutions. Hélas, le conditionnel s’applique ici, puisqu’en ces matières les moyens restent indigents à peu près partout. Mais tout n’est pas qu’affaire de moyens. C’est beaucoup aussi une question d’attitude et de débrouillardise, de posture culturelle. Et une question de valeur.

Dans les écoles, encore trop nombreuses à n’avoir point de bibliothèques dignes de ce nom, rien n’empêcherait que des clubs de lecture soit formés. Rien n’empêcherait que l’objectif d’avoir un club par niveau académique mobilise les directions et tout le personnel enseignant – quitte à ce que les ouvrages soient empruntés à la bibliothèque municipale, par exemple. Pour que l’apprentissage soit autre chose qu’une préoccupation instrumentale, il faut que la lecture y tienne, pour elle-même, une place centrale. Elle est le relais indispensable pour la curiosité, la passion et le désir de perfectionnement.

Dans les journaux et revues de groupes syndicaux et professionnels, rien n’empêcherait que se généralise la pratique de tenir une chronique livres pour inciter à la lecture et outiller les lecteurs. La même chose pourrait se faire dans les bulletins de liaison. Ce pourrait aussi être le cas dans les journaux d’entreprises, là où ils existent. Ils sont encore trop nombreux les professionnels, techniciens et diplômés de toutes formations à ne plus ouvrir un livre dès la fin des études.

Cela n’est pas dit assez souvent et avec assez d’insistance, les livres sont indispensables à la qualité de la vie démocratique. La lecture et la fréquentation des ouvrages sont des gages de la rigueur et de la fécondité de la délibération publique. Il faudrait qu’ils soient plus présents dans le travail et les interventions des députés, dans les activités de formation des partis, là où il s’en fait. Des citoyens informés, rompus à la pratique de la critique des sources sont mieux à même de décoder les manœuvres de propagande et les subterfuges idéologiques. Les livres peuvent constituer non seulement des références pour le débat mais aussi fournir, dans l’espace discursif qui leur donne vie, un cadre utile à la réflexion, au partage de problématiques essentielles à la définition commune des situations.

Cela semble un lieu commun, mais il faut le répéter avec un entêtement d’autant plus tenace que le complexe médiatique – si omniprésent et source première d’information et de culture pour la grande majorité des gens – fait la part congrue au livre et à tout ce qui entoure la lecture. Qu’on ne s’y trompe guère, les débats sur le support matériel (tablettes électroniques, papier, etc.) ne font qu’effleurer la question de fond : la lecture n’est pas qu’une technique d’acquisition et de traitement de l’information, elle conditionne la démarche du savoir, contribue de façon déterminante au façonnement d’une « tête bien faite », comme l’a si brillamment illustré Montaigne.

À l’heure où les milieux d’affaires ne cessent de s’inquiéter de la productivité, il ne serait pas mauvais que se fassent les simples rappels sur le rôle clé de la culture générale dans la formation comme dans les styles de vie. Quitte à sacrifier aux dieux de l’utilitarisme, il ne serait pas superflu qu’en tous les milieux on finisse par redécouvrir cette vérité élémentaire des Lumières : la culture émancipe, elle donne à la cité comme aux individus des outils essentiels. Au lieu de se répandre en lamentations sur le décrochage scolaire à grand renfort de messages publicitaires, les gouvernements et décideurs de tous poils seraient mieux avisés de plaider pour une culture du livre et de la lecture, de considérer les bibliothèques comme des équipements stratégiques et d’y consacrer les ressources nécessaires. Les crédits dépensés en publicité seraient mieux utilisés pour soutenir des activités d’animation, pour acquérir et faire circuler les ouvrages, pour soutenir le développement des forums de toutes sortes qui aideraient à faire du plus grand nombre de citoyens possibles des liseurs boulimiques. Se trouvent là l’une des clés de la prospérité, le gage d’une vie bonne et d’une société meilleure.

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Accès libéré - Mai 2017

Éditorial - La nécrose et les pilleurs d’héritage

2017mai250Il n’y a pas de limites. Aplaventrisme et démission devant Ottawa en matière de financement de la santé, soumission et renoncement à faire valoir ses prérogatives dans le dossier de la légalisation de la marijuana, consentement à se laisser tourner en ridicule dans le dossier de l’aide à Bombardier, résignation devant les décisions fédérales pour la nomination des juges. La liste ne cesse de s’allonger.

Et voilà que Philippe Couillard s’est transformé en marcheur protestataire à Dolbeau Mistassini pour supposément partager l’anxiété des populations que la crise forestière va frapper de plein fouet. Il a marché, certes, mais pour la protestation, il repassera. Il a déploré, le pauvre intendant. Il a déploré qu’aucun député libéral fédéral n’ait participé à la marche. Il a déploré et… il attend ! Il attend qu’Ottawa fasse un geste, qu’il annonce des mesures pour atténuer les effets de la déstabilisation planifiée de cette industrie mal en point.

Il attend !

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France : une élection de réalignement ?

Le premier tour des élections présidentielles françaises a révélé des changements majeurs dans les comportements électoraux. Plusieurs phénomènes inédits se sont produits : renoncement du président sortant à la candidature, surprises des primaires au Parti socialiste et au parti Les Républicains où les candidats attendus furent défaits, quatre candidats qui arrivent dans le peloton de tête avec des écarts inférieurs à la marge d’erreur dans les sondages, montée spectaculaire d’un candidat radical, Jean-Luc Mélenchon, de même que celle d’un candidat voué aux gémonies par les médias, Fillon, taux d’abstention plus élevé qu’en 2012 malgré l’intensité de la campagne. Ces phénomènes indiquent qu’on assiste à un déplacement des lignes de clivages politiques et à un réalignement des forces politiques. Il faut aussi remarquer que 45% de l’électorat a voté pour deux candidats sans parti : Mélenchon 19,5% et Macron 24% ce qui dénote une désaffection profonde envers les partis traditionnels.

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Libre-échange : retour sur une grande confusion langagière

Le verdict est impitoyable : une « révolte populiste » gronde en occident. Et ceux qui détiennent des positions hégémoniques dans l’espace public hésitent constamment entre s’en moquer, l’ignorer ou l’accuser d’accointances sataniques. Il est totalement impensable, pour les thuriféraires du système, de percevoir dans les « attentats électoraux » qui se succèdent des manifestations d’une colère qui soit, au fond, légitime. Dieu se rit des hommes qui déplorent les effets dont ils chérissent les causes, écrivait Bossuet. Il leur est impossible de seulement même envisager que le malaise populaire puisse être fondé. Il leur est impensable d’effleurer l’idée qu’il puisse y avoir des racines profondes dans cette expression, dans la non-violence, du désespoir. La classe politique et médiatique était entièrement fermée à réfléchir aux questions soulevées, comme si c’était justement incompatible avec le fait de démolir les mauvaises réponses des mouvements dits « populistes ». Et ils s’étonnent quand Donald Trump remporte la présidence…

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L’héritage musical du Québec dans L’Action nationale depuis 1966

En 2017, la revue indépendantiste L’Action nationale fête son centième anniversaire. On identifie rarement cette revue à la musique, et pourtant il est possible de retracer comment, selon elle, la musique contribue à l’identité québécoise. C’est ce que nous allons tenter pour les cinquante dernières années. Notre hypothèse est que les références à la musique dans L’Action nationale sont toujours mises en lien directement avec le patrimoine national du Québec. Nous vérifierons cette hypothèse pour trois périodes décisives de l’histoire récente : de 1966 au référendum de mai 1980, de juin 1980 à octobre 1995, moment de l’entre-deux référendums, et enfin depuis le second référendum. 

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Un grand compositeur québécois vient de nous quitter

 car maintenant/le vent n’est plus seul/à chanter sur le rivage du temps
– Alain Gagnon (poème non publié)

Le 26 mars dernier, à l’âge de 78 ans, le compositeur Alain Gagnon nous a quittés. Son décès n’a pas fait beaucoup de bruit. Cela n’est guère surprenant, car cet homme discret pratiquait un art qui ne suscite pas l’enthousiasme des foules. Il écrivait des œuvres musicales exigeantes et résolument contemporaines. Des œuvres s’inscrivant dans la grande tradition occidentale allant de Jean-Sébastien Bach à Arnold Schoenberg.

En plus de sa famille et de ses amis, sa mort laisse dans le deuil des gens qui, comme moi, le connaissaient d’abord par le contact avec ses œuvres. Contact, il faut ici le déplorer, qui aurait bien pu n’avoir jamais lieu tant ses conditions d’existence sont précaires et défavorisées par les environnements éducatif, socioculturel et médiatique dans lesquels nous baignons. Cette constatation mérite réflexion.

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Jean-Marc Léger (1927‑2011) Fin diplomate et indépendantiste radical

Très tôt, Jean-Marc Léger choisit son combat. Contre un État fédéral toujours plus centralisateur, il veut l’épanouissement de la nation canadienne-française puis québécoise. Il veut aussi limiter l’hégémonie mondiale de la culture anglo-américaine, qui tend, selon lui, à réduire au folklore les autres manières de concevoir et d’exprimer le monde. Le trésor à protéger et à promouvoir : la langue française. Et l’arme ? L’État. Léger veut un Québec indépendant ; il veut une organisation internationale d’États francophones forte.

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Collections numériques (1917-2013)

action couv 1933Bibliothèque et Archives nationales du Québec a numérisé tous les numéros de L'Action française et de L'Action nationale depuis 1917.

Vous pouvez utilisez cet outil de recherche qui vous permettra — si vous cliquez sur « préciser la rechercher » — de ne chercher que dans L'Action nationale ou dans L'Action française.