À chaud

Avec qui faudra-t-il recommencer ?

Il faudra donc attendre jusqu’au début de juin pour voir clair dans ce qui se joue en creux dans le récit médiatique de la crise qui secoue le Bloc québécois. D’ici là, les commentaires vont se distribuer dans un espace politicien radicalement dépolitisé par une mise en récit de la résignation. Comment diable peut-on tenir des mois à palabrer sur une fausse opposition, sur une pseudo-polémique qui oppose la promotion de l’indépendance à la défense des intérêts du Québec ? Comment ? Sinon qu’en refusant d’affirmer et de reconnaitre un argument de base du combat national : il faut sortir du Canada parce que chaque jour qui passe nous aspire dans des choix et orientations contraires à nos intérêts nationaux.

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2017 18cahiers600

Un numéro du centenaire aux nouveaux abonnés

Été 2010 - L’abondance, la richesse et la connaissance

2010ete250C’est Lord Durham qui doit se retourner dans sa tombe ! Le petit peuple du Saint-Laurent n’a pas seulement continué son chemin et fait son histoire, il la raconte et la questionne avec une fougue et une vitalité remarquables. La production des historiens québécois est d’une abondance et d’une richesse qui la démarque très nettement dans l’ensemble de la production des sciences humaines. Il fallait le souligner et c’est la raison pour laquelle Les Cahiers de lecture présentent ici une très solide sélection des ouvrages récents.

Nous suivons déjà assez fidèlement la production historienne, nos numéros antérieurs en témoignent, mais nous voulions, avec ce dossier, faire un effort particulier pour attirer le regard et contribuer à notre manière à l’enrichissement des nombreux débats qui structurent cette discipline et qui font l’essentiel de sa vitalité. S’il fallait la caractériser d’un seul trait d’ensemble, on pourrait dire que s’y renouvelle et s’y incube d’une manière fort stimulante la question nationale. La mémoire historienne, faut-il le préciser, n’est jamais étrangère aux mouvements profonds de la vie de la nation et une production si bouillonnante ne peut qu’être un indicateur fiable que quelque chose d’important est en train de se passer dans la représentation du Québec et, du coup, dans sa façon de se projeter.

La critique du nouveau programme d’histoire nationale y est à coup sûr pour quelque chose. Des ouvrages importants y ont été consacrés, reposant plus ou moins explicitement la question de la pertinence du cadre de référence national. Est-il toujours pertinent, fournit-il les paramètres heuristiques essentiels à la compréhension du destin commun ? Ceux-là qui le contestent ne se font pas toujours l’obligation d’expliciter les aboutissants théoriques de cette contestation qui, ultimement, témoigne d’un consentement non seulement au statut de minoritaire, mais aussi au processus de minorisation de notre peuple dans le Canada.

Il faut aussi noter que chez ceux qui continuent de penser notre histoire dans la référence québécoise, les débats sont vifs. Les découpages convenus, les notions fourre-tout, même des repères familiers font l’objet d’âpres débats. Il ne s’y joue pas seulement des affrontements de périodisation, mais aussi, et surtout, des jugements analytiques fondamentaux quant à la nature de notre société, ce qui lui donne son dynamisme et caractérise aussi bien son mode de changement que les voies concrètes qu’il a empruntées.

Comment parler de la diversité de la production sans faire remarquer l’extraordinaire imagination des chercheurs qui s’aventurent dans des domaines, ou qui découpent des objets de recherche, selon des perspectives inédites, mariant souvent la créativité à un sens de l’observation et du questionnement des évidences qui forcent l’admiration ? Plusieurs des ouvrages ici recensés appartiennent à cette catégorie et nous aurions tort de bouder le plaisir qu’ils procurent. Et ce serait faute grave de ne pas souligner l’excellence du travail d’édition qui sert fort judicieusement et met bien en valeur l’originalité et la richesse de la production. À cet égard, le travail des éditeurs d’ouvrages d’histoire est particulièrement remarquable dans notre paysage éditorial et il faut leur rendre hommage.

Ce numéro où l’histoire occupe une si grande place n’est pourtant pas un numéro bilan. C’est plutôt un numéro célébrant l’intelligence et la volonté de connaître qui se manifestent de façon si éloquente dans la production historienne. C’est aussi une manière de saluer bien bas tous les auteurs qui, en dépit d’un système de subvention et de certaines idéologies universitaires toxiques prônant le tout à l’anglais, n’en continuent pas moins d’inscrire leur travail dans notre culture en s’y exprimant dans notre langue qu’ils enrichissent et font rayonner de ce fait même. La culture québécoise est bien vivante et sa vitalité n’est pas atteinte par la morosité des jours que distillent aussi bien les idéologues de la régression nationale que les défaitistes qui ont la cote dans une trop grande partie des élites de divers milieux. On le lira ici avec bonheur, notre histoire est toujours en marche.

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Accès libéré - Mai 2017

Éditorial - La nécrose et les pilleurs d’héritage

2017mai250Il n’y a pas de limites. Aplaventrisme et démission devant Ottawa en matière de financement de la santé, soumission et renoncement à faire valoir ses prérogatives dans le dossier de la légalisation de la marijuana, consentement à se laisser tourner en ridicule dans le dossier de l’aide à Bombardier, résignation devant les décisions fédérales pour la nomination des juges. La liste ne cesse de s’allonger.

Et voilà que Philippe Couillard s’est transformé en marcheur protestataire à Dolbeau Mistassini pour supposément partager l’anxiété des populations que la crise forestière va frapper de plein fouet. Il a marché, certes, mais pour la protestation, il repassera. Il a déploré, le pauvre intendant. Il a déploré qu’aucun député libéral fédéral n’ait participé à la marche. Il a déploré et… il attend ! Il attend qu’Ottawa fasse un geste, qu’il annonce des mesures pour atténuer les effets de la déstabilisation planifiée de cette industrie mal en point.

Il attend !

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France : une élection de réalignement ?

Le premier tour des élections présidentielles françaises a révélé des changements majeurs dans les comportements électoraux. Plusieurs phénomènes inédits se sont produits : renoncement du président sortant à la candidature, surprises des primaires au Parti socialiste et au parti Les Républicains où les candidats attendus furent défaits, quatre candidats qui arrivent dans le peloton de tête avec des écarts inférieurs à la marge d’erreur dans les sondages, montée spectaculaire d’un candidat radical, Jean-Luc Mélenchon, de même que celle d’un candidat voué aux gémonies par les médias, Fillon, taux d’abstention plus élevé qu’en 2012 malgré l’intensité de la campagne. Ces phénomènes indiquent qu’on assiste à un déplacement des lignes de clivages politiques et à un réalignement des forces politiques. Il faut aussi remarquer que 45% de l’électorat a voté pour deux candidats sans parti : Mélenchon 19,5% et Macron 24% ce qui dénote une désaffection profonde envers les partis traditionnels.

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Libre-échange : retour sur une grande confusion langagière

Le verdict est impitoyable : une « révolte populiste » gronde en occident. Et ceux qui détiennent des positions hégémoniques dans l’espace public hésitent constamment entre s’en moquer, l’ignorer ou l’accuser d’accointances sataniques. Il est totalement impensable, pour les thuriféraires du système, de percevoir dans les « attentats électoraux » qui se succèdent des manifestations d’une colère qui soit, au fond, légitime. Dieu se rit des hommes qui déplorent les effets dont ils chérissent les causes, écrivait Bossuet. Il leur est impossible de seulement même envisager que le malaise populaire puisse être fondé. Il leur est impensable d’effleurer l’idée qu’il puisse y avoir des racines profondes dans cette expression, dans la non-violence, du désespoir. La classe politique et médiatique était entièrement fermée à réfléchir aux questions soulevées, comme si c’était justement incompatible avec le fait de démolir les mauvaises réponses des mouvements dits « populistes ». Et ils s’étonnent quand Donald Trump remporte la présidence…

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L’héritage musical du Québec dans L’Action nationale depuis 1966

En 2017, la revue indépendantiste L’Action nationale fête son centième anniversaire. On identifie rarement cette revue à la musique, et pourtant il est possible de retracer comment, selon elle, la musique contribue à l’identité québécoise. C’est ce que nous allons tenter pour les cinquante dernières années. Notre hypothèse est que les références à la musique dans L’Action nationale sont toujours mises en lien directement avec le patrimoine national du Québec. Nous vérifierons cette hypothèse pour trois périodes décisives de l’histoire récente : de 1966 au référendum de mai 1980, de juin 1980 à octobre 1995, moment de l’entre-deux référendums, et enfin depuis le second référendum. 

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Un grand compositeur québécois vient de nous quitter

 car maintenant/le vent n’est plus seul/à chanter sur le rivage du temps
– Alain Gagnon (poème non publié)

Le 26 mars dernier, à l’âge de 78 ans, le compositeur Alain Gagnon nous a quittés. Son décès n’a pas fait beaucoup de bruit. Cela n’est guère surprenant, car cet homme discret pratiquait un art qui ne suscite pas l’enthousiasme des foules. Il écrivait des œuvres musicales exigeantes et résolument contemporaines. Des œuvres s’inscrivant dans la grande tradition occidentale allant de Jean-Sébastien Bach à Arnold Schoenberg.

En plus de sa famille et de ses amis, sa mort laisse dans le deuil des gens qui, comme moi, le connaissaient d’abord par le contact avec ses œuvres. Contact, il faut ici le déplorer, qui aurait bien pu n’avoir jamais lieu tant ses conditions d’existence sont précaires et défavorisées par les environnements éducatif, socioculturel et médiatique dans lesquels nous baignons. Cette constatation mérite réflexion.

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Jean-Marc Léger (1927‑2011) Fin diplomate et indépendantiste radical

Très tôt, Jean-Marc Léger choisit son combat. Contre un État fédéral toujours plus centralisateur, il veut l’épanouissement de la nation canadienne-française puis québécoise. Il veut aussi limiter l’hégémonie mondiale de la culture anglo-américaine, qui tend, selon lui, à réduire au folklore les autres manières de concevoir et d’exprimer le monde. Le trésor à protéger et à promouvoir : la langue française. Et l’arme ? L’État. Léger veut un Québec indépendant ; il veut une organisation internationale d’États francophones forte.

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Collections numériques (1917-2013)

action couv 1933Bibliothèque et Archives nationales du Québec a numérisé tous les numéros de L'Action française et de L'Action nationale depuis 1917.

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