À chaud

Avec qui faudra-t-il recommencer ?

Il faudra donc attendre jusqu’au début de juin pour voir clair dans ce qui se joue en creux dans le récit médiatique de la crise qui secoue le Bloc québécois. D’ici là, les commentaires vont se distribuer dans un espace politicien radicalement dépolitisé par une mise en récit de la résignation. Comment diable peut-on tenir des mois à palabrer sur une fausse opposition, sur une pseudo-polémique qui oppose la promotion de l’indépendance à la défense des intérêts du Québec ? Comment ? Sinon qu’en refusant d’affirmer et de reconnaitre un argument de base du combat national : il faut sortir du Canada parce que chaque jour qui passe nous aspire dans des choix et orientations contraires à nos intérêts nationaux.

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2017 18cahiers600

Un numéro du centenaire aux nouveaux abonnés

Printemps 2010 - La voie de la plus haute exigence

2010printemps250Il est mort en février. Il a quitté la vie pour ainsi dire en quittant sa table de travail. Quelques jours à peine avant de se retirer Pierre Vadeboncoeur avait livré à L’Action nationale un article éclatant, un article bilan, rédigé dans la pureté d’une écriture concise et remarquablement limpide. La langue chez Vadeboncoeur, incarne non seulement le style de l’homme, elle atteint chez lui une sorte de quintessence de ce que laisse entrevoir la culture québécoise quand elle atteint l’universel. Les mots de Vadebonceour sont ciselés, ses phrases chantournées dans une expérience de son peuple qu’une intime communion avec les espérances qui le portent propulsent dans une prodigieuse et intransigeante lumière.

La pensée de Vadeboncoeur conjugue avec une telle force la rigueur de l’analyse et l’élan vers l’idéal que la politique qui s’y révèle n’a plus rien à voir avec le théâtre blême où s’agite trop de nos politiciens. La politique chez Vadeboncoeur trouve son fondement et son centre de gravité dans la culture, dans la vie de l’esprit telle qu’elle se construit dans l’aspiration au dépassement et dans la recherche éperdue de communier à la beauté du monde. C’est une perspective audacieuse qui l’aura poussé à l’exploration simultanée des Deux Royaumes aussi bien que des registres les plus crus de la bêtise des Imbéciles. Il aura suivi la Ligne du risque parce qu’il n’en voyait pas d’autres pour assurer l’avenir de notre peuple et favoriser chez chacun la poursuite des plus hauts sommets.

Il laisse une œuvre majeure, un questionnement d’une rare intensité mais aussi une réponse, mieux, une interpellation prodigieuse : il nous faut bâtir dans la beauté du monde  ! L’esthétisation de la vie est indissociable chez lui du combat pour l’émancipation. Et c’est sans aucun doute ce qui aura laissé les politiciens très loin de la politique telle qu’il la concevait. Et c’est aussi pourquoi son œuvre reste devant nous comme un monument aussi énigmatique qu’inspirant. Comme faire pour s’arracher à la médiocrité à laquelle nous cantonne un assujettissement dont les pires effets consistent à déliter la vie intérieure ? Comment faire pour donner aux œuvres la puissance émancipatoire suffisante pour combler les lacunes du courage et souder les espérances dans un destin solidaire ? Comment faire dresser la question du sens dans le façonnement d’un quotidien sans cesse élargi par la fréquentation des œuvres pour contrer la marchandisation et la ruine de l’esprit ?

Pierre Vadeboncoeur a écrit de grands livres, ses essais, pour plusieurs, conservent un caractère inaugural qui est le propre des classiques. Car c’est bien là l’héritage qu’il nous laisse : la preuve vivante que la culture québécoise est forte puisqu’elle peut susciter de telles œuvres, nourrir une si intense individualité, une indéniable originalité, une trace reconnaissable entre mille autres. Pierre Vadeboncoeur est mort au terme d’une œuvre réussie. Il nous laisse le témoignage de la fécondité de l’intransigeance quand elle refuse de pactiser avec la complaisance et la médiocrité. Il nous laisse des livres qui en inspireront d’autres, espérons-le, qui sauront le suivre sur la voie de la plus haute exigence.

Robert Laplante
Directeur

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Accès libéré - Mai 2017

Éditorial - La nécrose et les pilleurs d’héritage

2017mai250Il n’y a pas de limites. Aplaventrisme et démission devant Ottawa en matière de financement de la santé, soumission et renoncement à faire valoir ses prérogatives dans le dossier de la légalisation de la marijuana, consentement à se laisser tourner en ridicule dans le dossier de l’aide à Bombardier, résignation devant les décisions fédérales pour la nomination des juges. La liste ne cesse de s’allonger.

Et voilà que Philippe Couillard s’est transformé en marcheur protestataire à Dolbeau Mistassini pour supposément partager l’anxiété des populations que la crise forestière va frapper de plein fouet. Il a marché, certes, mais pour la protestation, il repassera. Il a déploré, le pauvre intendant. Il a déploré qu’aucun député libéral fédéral n’ait participé à la marche. Il a déploré et… il attend ! Il attend qu’Ottawa fasse un geste, qu’il annonce des mesures pour atténuer les effets de la déstabilisation planifiée de cette industrie mal en point.

Il attend !

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France : une élection de réalignement ?

Le premier tour des élections présidentielles françaises a révélé des changements majeurs dans les comportements électoraux. Plusieurs phénomènes inédits se sont produits : renoncement du président sortant à la candidature, surprises des primaires au Parti socialiste et au parti Les Républicains où les candidats attendus furent défaits, quatre candidats qui arrivent dans le peloton de tête avec des écarts inférieurs à la marge d’erreur dans les sondages, montée spectaculaire d’un candidat radical, Jean-Luc Mélenchon, de même que celle d’un candidat voué aux gémonies par les médias, Fillon, taux d’abstention plus élevé qu’en 2012 malgré l’intensité de la campagne. Ces phénomènes indiquent qu’on assiste à un déplacement des lignes de clivages politiques et à un réalignement des forces politiques. Il faut aussi remarquer que 45% de l’électorat a voté pour deux candidats sans parti : Mélenchon 19,5% et Macron 24% ce qui dénote une désaffection profonde envers les partis traditionnels.

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Libre-échange : retour sur une grande confusion langagière

Le verdict est impitoyable : une « révolte populiste » gronde en occident. Et ceux qui détiennent des positions hégémoniques dans l’espace public hésitent constamment entre s’en moquer, l’ignorer ou l’accuser d’accointances sataniques. Il est totalement impensable, pour les thuriféraires du système, de percevoir dans les « attentats électoraux » qui se succèdent des manifestations d’une colère qui soit, au fond, légitime. Dieu se rit des hommes qui déplorent les effets dont ils chérissent les causes, écrivait Bossuet. Il leur est impossible de seulement même envisager que le malaise populaire puisse être fondé. Il leur est impensable d’effleurer l’idée qu’il puisse y avoir des racines profondes dans cette expression, dans la non-violence, du désespoir. La classe politique et médiatique était entièrement fermée à réfléchir aux questions soulevées, comme si c’était justement incompatible avec le fait de démolir les mauvaises réponses des mouvements dits « populistes ». Et ils s’étonnent quand Donald Trump remporte la présidence…

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L’héritage musical du Québec dans L’Action nationale depuis 1966

En 2017, la revue indépendantiste L’Action nationale fête son centième anniversaire. On identifie rarement cette revue à la musique, et pourtant il est possible de retracer comment, selon elle, la musique contribue à l’identité québécoise. C’est ce que nous allons tenter pour les cinquante dernières années. Notre hypothèse est que les références à la musique dans L’Action nationale sont toujours mises en lien directement avec le patrimoine national du Québec. Nous vérifierons cette hypothèse pour trois périodes décisives de l’histoire récente : de 1966 au référendum de mai 1980, de juin 1980 à octobre 1995, moment de l’entre-deux référendums, et enfin depuis le second référendum. 

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Un grand compositeur québécois vient de nous quitter

 car maintenant/le vent n’est plus seul/à chanter sur le rivage du temps
– Alain Gagnon (poème non publié)

Le 26 mars dernier, à l’âge de 78 ans, le compositeur Alain Gagnon nous a quittés. Son décès n’a pas fait beaucoup de bruit. Cela n’est guère surprenant, car cet homme discret pratiquait un art qui ne suscite pas l’enthousiasme des foules. Il écrivait des œuvres musicales exigeantes et résolument contemporaines. Des œuvres s’inscrivant dans la grande tradition occidentale allant de Jean-Sébastien Bach à Arnold Schoenberg.

En plus de sa famille et de ses amis, sa mort laisse dans le deuil des gens qui, comme moi, le connaissaient d’abord par le contact avec ses œuvres. Contact, il faut ici le déplorer, qui aurait bien pu n’avoir jamais lieu tant ses conditions d’existence sont précaires et défavorisées par les environnements éducatif, socioculturel et médiatique dans lesquels nous baignons. Cette constatation mérite réflexion.

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Jean-Marc Léger (1927‑2011) Fin diplomate et indépendantiste radical

Très tôt, Jean-Marc Léger choisit son combat. Contre un État fédéral toujours plus centralisateur, il veut l’épanouissement de la nation canadienne-française puis québécoise. Il veut aussi limiter l’hégémonie mondiale de la culture anglo-américaine, qui tend, selon lui, à réduire au folklore les autres manières de concevoir et d’exprimer le monde. Le trésor à protéger et à promouvoir : la langue française. Et l’arme ? L’État. Léger veut un Québec indépendant ; il veut une organisation internationale d’États francophones forte.

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Collections numériques (1917-2013)

action couv 1933Bibliothèque et Archives nationales du Québec a numérisé tous les numéros de L'Action française et de L'Action nationale depuis 1917.

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