Cahiers de lecture - Été 2014

Vol. VIII, no 3

Été 2014 - Oikophobie et déportation de soi

2014ete250C’est Antoine Robitaille qui a lancé le mot dans le paysage médiatique dans un éditorial paru le 15 mai dans Le Devoir. Il cite le concept utilisé par Alain Finkielkraut dans L’identité malheureuse – concept que lui-même emprunte au philosophe anglais Roger Scruton – pour s’interroger sur la décision de l’ineffable ministre Bolduc d’annuler l’appel d’offres pour la création de chaires de recherche en matière de langue et d’identité au nom des « vraies affaires ».

L’oikophobie, c’est la « haine de la maison natale » ou si l’on veut, le rejet de l’héritage, le mépris de tout ce qui peut rappeler que notre présent ne s’auto-engendre pas, qu’il n’est fait, somme toute, que des bilans des générations antérieures, bilans repris, bilans rejetés ou ignorés selon divers « procès de mémoire » qui font la trame de la vie culturelle et témoignent de la volonté ou de l’incapacité de transmettre, c’est-à-dire de se projeter. Robitaille se demande si le nouveau ministre ne se fait pas l’agent actif de cette espèce de consentement à s’effacer qui se manifeste dans ses décisions de rejeter le projet de cours d’histoire au cégep, de reporter la révision du cours d’histoire au secondaire et de lancer à bride abattue l’enseignement de l’anglais intensif en sixième année du primaire.

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Été 2014 - Sommaire

2014etesommaire250En couverture du numéro d'été des Cahiers de lecture, une illustration de Roland Giguère à qui un brillant essai est consacré comme c'est le cas pour l'éblouissement provoqué par l'oeuvre de Gilles Tremblay.

Dans ce numéro, on observera également la vie et les réalisations de personnages ambigus, lumineux, fragiles, déterminés révélant des pans de notre histoire et de notre culture.

Les Cahiers de lecture de L'Action nationale ont publié plus de 700 recensions d'essais québécois depuis leur première parution en 2007.

 

 

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Brutal comme le soleil dans les yeux

Robert Richard
Vers l’éblouissement. Gilles Tremblay et la musique contemporaine
Montréal, Nota Bene, Coll. Nouveaux essais Spirale, 2013, 193 pages

Compte rendu de Michel Gonneville
Compositeur et professeur de composition et d’analyse au Conservatoire de musique de Montréal

Après s’être interrogé sur le sens du mot sens en musique, sur la façon d’écrire sur la musique, et avoir opté pour une attitude d’accompagnement de celle-ci, qui vise à l’habiter, à en sentir la poussée intérieure, l’auteur, puisant aux sources de la phénoménologie (Merleau-Ponty et Husserl), formulera quelques très belles intuitions sur l’essence sacrée de l’esthétique de Tremblay, rejoignant ainsi la foi chrétienne du compositeur. Tournée vers Dieu, cette musique est joie, déchaînement (au sens étymologique), indomptable, furieuse, emportement violent, impatience, jamais assagie. Non plus tournée vers l’homme ou vers le soi (comme ce serait le cas depuis la Renaissance jusqu’au Romantisme), elle revient au dehors, à la nature, au Cosmos de l’Antiquité, mais ici en tant que manifestation du mystère de la Création. Le compositeur devient attentif au monde, et son œuvre est alors aussi une écoute du monde. Il s’agit de se jeter violemment hors de soi, pour se jeter en Dieu. Et en cela, pour Robert Richard, Gilles Tremblay rejoindrait Hubert Aquin1.

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Collections numériques (1917-2013)

action couv 1933Bibliothèque et Archives nationales du Québec a numérisé tous les numéros de L'Action française et de L'Action nationale depuis 1917.

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