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Printemps 2015 - Avis de recherche

2015printemps250C’est à croire que le Québec a renoncé à ses compétences en culture tant le silence de la ministre Hélène David est assourdissant. Cela ne veut pas dire qu’elle ne parle pas. Bien au contraire, c’est une politicienne en apprentissage et elle applique plutôt bien les consignes élémentaires des manuels de communication politique : il n’est pas nécessaire d’avoir quelque chose à dire. En politique, jurer de sa bonne foi ne manque jamais de rapporter des dividendes. Il en est même pour qui cela tient lieu d’argument pour justifier l’immobilisme. Ça s’est vu. Elle est fille de bonne famille, elle peut – et ne s’en prive guère – plaider de son amour pour la culture en rappelant les hauts faits de son illustre aïeul. À l’évidence ce nom lui procure une ombre bienfaisante.

Il n’en demeure pas moins que l’actualité récente a fourni nombre d’occasions de tester les limites du capital symbolique. Il ne faut pas être grand analyste politique pour comprendre que des décisions aussi insensées que celles ambitionnant de fermer les conservatoires révèlent, bien plus que le sort qui leur a été fait, la force politique réelle de la ministre dans ce cabinet. Il faut bien voir que c’est avant que n’aboutissent sur la place publique de pareilles inepties que se mesure l’influence réelle d’un membre du conseil des ministres. Elle a reculé et c’est tant mieux. Mais que d’énergie gaspillée pour faire prévaloir le bon sens ! Il y a tant et tant à faire, il est absurde de se consumer dans de pareils faux combats.

Hélas ! la leçon n’a guère porté. Nous avons eu droit au même cafouillage dans le cas du financement du magazine Les Débrouillards où le ministre Daoust s’est surpassé. Et cela n’a pas manqué d’inspirer l’ineffable Bolduc qui s’en est pris au volet régional de Chapeau les filles !, un programme d’encouragement destiné à accroître l’intérêt pour les métiers et techniques traditionnellement masculins chez les jeunes étudiantes. Le savoir, la technique, l’éducation et la culture, cela ne sera pas une priorité comptable. Et ça va continuer. Les prochains mois porteront leur lot de surprises, il faudra bien lire les annexes au prochain budget. On ne peut que s’inquiéter du sort des bibliothèques. Il est si facile de réduire les budgets d’acquisition, de revoir les ressources pour l’animation et la promotion du livre, de farfouiller dans les crédits d’impôt…

Car il reste un milliard de compressions à venir si l’on en croit le mystique du marché qui officie au Conseil du trésor. C’est sans aucun doute ce qui explique l’inertie de la ministre et de ce gouvernement dans le dossier du livre, de la crise de la diffusion, du sort des librairies indépendantes et de quoi d’autre encore ! Il faudra se méfier de la méthode en vigueur depuis l’arrivée au pouvoir de ce gouvernement : faire sans dire, user de mesures dilatoires, fractionner les décisions, bref, brouiller les dcartes pour rendre difficile la recomposition du portrait d’ensemble.

Un milliard à sacrifier pour qu’enfin les finances soient purifiées, que survienne la rédemption. Et ce jour-là, si jamais il vient, nous serons à même de constater que l’opération aura été un pur succès bien que le patient ne s’en soit pas remis. C’est la bonne vieille politique du fait accompli qui servira de nouveau à justifier le fatalisme et… à blâmer les victimes.

Il faut s’attendre à se faire servir les arguments de la concurrence ou du déficit d’entrepreneurship pour entendre les thuriféraires du régime couvrir les cendres d’une bonne couche de rhétorique.

On ne peut que partager l’exaspération de l’éditorialiste Dominique Lemieux de la revue Les libraires (février-mars 2015) qui rappelle que pendant que le gouvernement procrastine six autres librairies ont fermé leurs portes. Le plan de soutien aux librairies agréées se fait toujours attendre. Les annonces incohérentes continuent de se produire. Où est la ministre ? Que fait-elle ? Du sentiment, personne n’en doute.

Mais pendant que Mme Hélène David se perd en déclarations empathiques, c’est encore à un consultant – on le dit un ami notoire du PLQ , faut-il le croire ? – que le gouvernement s’en remet pour lui souffler les meilleurs moyens de revoir les programmes. De la plomberie comptable, à coup sûr, du pragmatisme pour les « vraies affaires ». On le sait, il faudra gérer le ministère comme une « business » et laisser les bonnes âmes s’épancher sur les vertus de la philanthropie et du mécénat. Tout en cherchant sans gêne à faire plus grande place à Ottawa.

On attend pourtant quelque chose d’autre de la part de la ministre. De la hauteur de vue, une ambition, des projets mobilisateurs. En somme, des gestes forts pour convier les Québécois et les Québécoises à s’accorder plus intensément encore aux plus hautes réalisations de notre culture, à ses meilleurs contacts avec le monde, au rayonnement des œuvres à l’école, dans la vie publique, dans l’intimité des projets personnels. On aimerait la voir offrir des solutions concrètes tournées et conçues pour élargir l’horizon, pas pour le comprimer dans la raison utilitariste. Il n’y a rien de rassurant à savoir que c’est de la gestion que viendront les réponses qui devraient venir de l’inspiration de la ministre, de son gouvernement. La rationalité marchande, le monde culturel ne la connaît que trop bien. Les recommandations sont connues d’avance. Elles suintent de tous ces rapports qui traînent dans l’air du temps. Le monde qu’elles nous dessineront n’a rien d’enthousiasmant.

Dans cet univers, on comprend que les meilleurs moyens seront ceux du primat du marché sur la culture. C’est à prévoir et à craindre. Mais on le sait, personne n’en mourra. On ne meurt que de médiocrité. Mais de mort lente.

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