À chaud

Avec qui faudra-t-il recommencer ?

Il faudra donc attendre jusqu’au début de juin pour voir clair dans ce qui se joue en creux dans le récit médiatique de la crise qui secoue le Bloc québécois. D’ici là, les commentaires vont se distribuer dans un espace politicien radicalement dépolitisé par une mise en récit de la résignation. Comment diable peut-on tenir des mois à palabrer sur une fausse opposition, sur une pseudo-polémique qui oppose la promotion de l’indépendance à la défense des intérêts du Québec ? Comment ? Sinon qu’en refusant d’affirmer et de reconnaitre un argument de base du combat national : il faut sortir du Canada parce que chaque jour qui passe nous aspire dans des choix et orientations contraires à nos intérêts nationaux.

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2017 18cahiers600

Un numéro du centenaire aux nouveaux abonnés

Printemps 2015 - Avis de recherche

2015printemps250C’est à croire que le Québec a renoncé à ses compétences en culture tant le silence de la ministre Hélène David est assourdissant. Cela ne veut pas dire qu’elle ne parle pas. Bien au contraire, c’est une politicienne en apprentissage et elle applique plutôt bien les consignes élémentaires des manuels de communication politique : il n’est pas nécessaire d’avoir quelque chose à dire. En politique, jurer de sa bonne foi ne manque jamais de rapporter des dividendes. Il en est même pour qui cela tient lieu d’argument pour justifier l’immobilisme. Ça s’est vu. Elle est fille de bonne famille, elle peut – et ne s’en prive guère – plaider de son amour pour la culture en rappelant les hauts faits de son illustre aïeul. À l’évidence ce nom lui procure une ombre bienfaisante.

Il n’en demeure pas moins que l’actualité récente a fourni nombre d’occasions de tester les limites du capital symbolique. Il ne faut pas être grand analyste politique pour comprendre que des décisions aussi insensées que celles ambitionnant de fermer les conservatoires révèlent, bien plus que le sort qui leur a été fait, la force politique réelle de la ministre dans ce cabinet. Il faut bien voir que c’est avant que n’aboutissent sur la place publique de pareilles inepties que se mesure l’influence réelle d’un membre du conseil des ministres. Elle a reculé et c’est tant mieux. Mais que d’énergie gaspillée pour faire prévaloir le bon sens ! Il y a tant et tant à faire, il est absurde de se consumer dans de pareils faux combats.

Hélas ! la leçon n’a guère porté. Nous avons eu droit au même cafouillage dans le cas du financement du magazine Les Débrouillards où le ministre Daoust s’est surpassé. Et cela n’a pas manqué d’inspirer l’ineffable Bolduc qui s’en est pris au volet régional de Chapeau les filles !, un programme d’encouragement destiné à accroître l’intérêt pour les métiers et techniques traditionnellement masculins chez les jeunes étudiantes. Le savoir, la technique, l’éducation et la culture, cela ne sera pas une priorité comptable. Et ça va continuer. Les prochains mois porteront leur lot de surprises, il faudra bien lire les annexes au prochain budget. On ne peut que s’inquiéter du sort des bibliothèques. Il est si facile de réduire les budgets d’acquisition, de revoir les ressources pour l’animation et la promotion du livre, de farfouiller dans les crédits d’impôt…

Car il reste un milliard de compressions à venir si l’on en croit le mystique du marché qui officie au Conseil du trésor. C’est sans aucun doute ce qui explique l’inertie de la ministre et de ce gouvernement dans le dossier du livre, de la crise de la diffusion, du sort des librairies indépendantes et de quoi d’autre encore ! Il faudra se méfier de la méthode en vigueur depuis l’arrivée au pouvoir de ce gouvernement : faire sans dire, user de mesures dilatoires, fractionner les décisions, bref, brouiller les dcartes pour rendre difficile la recomposition du portrait d’ensemble.

Un milliard à sacrifier pour qu’enfin les finances soient purifiées, que survienne la rédemption. Et ce jour-là, si jamais il vient, nous serons à même de constater que l’opération aura été un pur succès bien que le patient ne s’en soit pas remis. C’est la bonne vieille politique du fait accompli qui servira de nouveau à justifier le fatalisme et… à blâmer les victimes.

Il faut s’attendre à se faire servir les arguments de la concurrence ou du déficit d’entrepreneurship pour entendre les thuriféraires du régime couvrir les cendres d’une bonne couche de rhétorique.

On ne peut que partager l’exaspération de l’éditorialiste Dominique Lemieux de la revue Les libraires (février-mars 2015) qui rappelle que pendant que le gouvernement procrastine six autres librairies ont fermé leurs portes. Le plan de soutien aux librairies agréées se fait toujours attendre. Les annonces incohérentes continuent de se produire. Où est la ministre ? Que fait-elle ? Du sentiment, personne n’en doute.

Mais pendant que Mme Hélène David se perd en déclarations empathiques, c’est encore à un consultant – on le dit un ami notoire du PLQ , faut-il le croire ? – que le gouvernement s’en remet pour lui souffler les meilleurs moyens de revoir les programmes. De la plomberie comptable, à coup sûr, du pragmatisme pour les « vraies affaires ». On le sait, il faudra gérer le ministère comme une « business » et laisser les bonnes âmes s’épancher sur les vertus de la philanthropie et du mécénat. Tout en cherchant sans gêne à faire plus grande place à Ottawa.

On attend pourtant quelque chose d’autre de la part de la ministre. De la hauteur de vue, une ambition, des projets mobilisateurs. En somme, des gestes forts pour convier les Québécois et les Québécoises à s’accorder plus intensément encore aux plus hautes réalisations de notre culture, à ses meilleurs contacts avec le monde, au rayonnement des œuvres à l’école, dans la vie publique, dans l’intimité des projets personnels. On aimerait la voir offrir des solutions concrètes tournées et conçues pour élargir l’horizon, pas pour le comprimer dans la raison utilitariste. Il n’y a rien de rassurant à savoir que c’est de la gestion que viendront les réponses qui devraient venir de l’inspiration de la ministre, de son gouvernement. La rationalité marchande, le monde culturel ne la connaît que trop bien. Les recommandations sont connues d’avance. Elles suintent de tous ces rapports qui traînent dans l’air du temps. Le monde qu’elles nous dessineront n’a rien d’enthousiasmant.

Dans cet univers, on comprend que les meilleurs moyens seront ceux du primat du marché sur la culture. C’est à prévoir et à craindre. Mais on le sait, personne n’en mourra. On ne meurt que de médiocrité. Mais de mort lente.

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Accès libéré - Mai 2017

Éditorial - La nécrose et les pilleurs d’héritage

2017mai250Il n’y a pas de limites. Aplaventrisme et démission devant Ottawa en matière de financement de la santé, soumission et renoncement à faire valoir ses prérogatives dans le dossier de la légalisation de la marijuana, consentement à se laisser tourner en ridicule dans le dossier de l’aide à Bombardier, résignation devant les décisions fédérales pour la nomination des juges. La liste ne cesse de s’allonger.

Et voilà que Philippe Couillard s’est transformé en marcheur protestataire à Dolbeau Mistassini pour supposément partager l’anxiété des populations que la crise forestière va frapper de plein fouet. Il a marché, certes, mais pour la protestation, il repassera. Il a déploré, le pauvre intendant. Il a déploré qu’aucun député libéral fédéral n’ait participé à la marche. Il a déploré et… il attend ! Il attend qu’Ottawa fasse un geste, qu’il annonce des mesures pour atténuer les effets de la déstabilisation planifiée de cette industrie mal en point.

Il attend !

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France : une élection de réalignement ?

Le premier tour des élections présidentielles françaises a révélé des changements majeurs dans les comportements électoraux. Plusieurs phénomènes inédits se sont produits : renoncement du président sortant à la candidature, surprises des primaires au Parti socialiste et au parti Les Républicains où les candidats attendus furent défaits, quatre candidats qui arrivent dans le peloton de tête avec des écarts inférieurs à la marge d’erreur dans les sondages, montée spectaculaire d’un candidat radical, Jean-Luc Mélenchon, de même que celle d’un candidat voué aux gémonies par les médias, Fillon, taux d’abstention plus élevé qu’en 2012 malgré l’intensité de la campagne. Ces phénomènes indiquent qu’on assiste à un déplacement des lignes de clivages politiques et à un réalignement des forces politiques. Il faut aussi remarquer que 45% de l’électorat a voté pour deux candidats sans parti : Mélenchon 19,5% et Macron 24% ce qui dénote une désaffection profonde envers les partis traditionnels.

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Libre-échange : retour sur une grande confusion langagière

Le verdict est impitoyable : une « révolte populiste » gronde en occident. Et ceux qui détiennent des positions hégémoniques dans l’espace public hésitent constamment entre s’en moquer, l’ignorer ou l’accuser d’accointances sataniques. Il est totalement impensable, pour les thuriféraires du système, de percevoir dans les « attentats électoraux » qui se succèdent des manifestations d’une colère qui soit, au fond, légitime. Dieu se rit des hommes qui déplorent les effets dont ils chérissent les causes, écrivait Bossuet. Il leur est impossible de seulement même envisager que le malaise populaire puisse être fondé. Il leur est impensable d’effleurer l’idée qu’il puisse y avoir des racines profondes dans cette expression, dans la non-violence, du désespoir. La classe politique et médiatique était entièrement fermée à réfléchir aux questions soulevées, comme si c’était justement incompatible avec le fait de démolir les mauvaises réponses des mouvements dits « populistes ». Et ils s’étonnent quand Donald Trump remporte la présidence…

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L’héritage musical du Québec dans L’Action nationale depuis 1966

En 2017, la revue indépendantiste L’Action nationale fête son centième anniversaire. On identifie rarement cette revue à la musique, et pourtant il est possible de retracer comment, selon elle, la musique contribue à l’identité québécoise. C’est ce que nous allons tenter pour les cinquante dernières années. Notre hypothèse est que les références à la musique dans L’Action nationale sont toujours mises en lien directement avec le patrimoine national du Québec. Nous vérifierons cette hypothèse pour trois périodes décisives de l’histoire récente : de 1966 au référendum de mai 1980, de juin 1980 à octobre 1995, moment de l’entre-deux référendums, et enfin depuis le second référendum. 

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Un grand compositeur québécois vient de nous quitter

 car maintenant/le vent n’est plus seul/à chanter sur le rivage du temps
– Alain Gagnon (poème non publié)

Le 26 mars dernier, à l’âge de 78 ans, le compositeur Alain Gagnon nous a quittés. Son décès n’a pas fait beaucoup de bruit. Cela n’est guère surprenant, car cet homme discret pratiquait un art qui ne suscite pas l’enthousiasme des foules. Il écrivait des œuvres musicales exigeantes et résolument contemporaines. Des œuvres s’inscrivant dans la grande tradition occidentale allant de Jean-Sébastien Bach à Arnold Schoenberg.

En plus de sa famille et de ses amis, sa mort laisse dans le deuil des gens qui, comme moi, le connaissaient d’abord par le contact avec ses œuvres. Contact, il faut ici le déplorer, qui aurait bien pu n’avoir jamais lieu tant ses conditions d’existence sont précaires et défavorisées par les environnements éducatif, socioculturel et médiatique dans lesquels nous baignons. Cette constatation mérite réflexion.

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Jean-Marc Léger (1927‑2011) Fin diplomate et indépendantiste radical

Très tôt, Jean-Marc Léger choisit son combat. Contre un État fédéral toujours plus centralisateur, il veut l’épanouissement de la nation canadienne-française puis québécoise. Il veut aussi limiter l’hégémonie mondiale de la culture anglo-américaine, qui tend, selon lui, à réduire au folklore les autres manières de concevoir et d’exprimer le monde. Le trésor à protéger et à promouvoir : la langue française. Et l’arme ? L’État. Léger veut un Québec indépendant ; il veut une organisation internationale d’États francophones forte.

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Collections numériques (1917-2013)

action couv 1933Bibliothèque et Archives nationales du Québec a numérisé tous les numéros de L'Action française et de L'Action nationale depuis 1917.

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