Mai 2018 - L'Action nationale

  • Mai 2018
    • Éditorial - L'exil intérieur Robert Laplante

      Quel affligeant spectacle ! Plus rien ne tient de l’intelligence ni de la décence devant ce qu’on nous donne à voir et à entendre dès lors qu’il est question de la passoire Roxham. Violence sourde de l’État canadian qui ne peut résister à la tentation du mépris à l’égard du Québec qui regimbe à peine, pourtant. Violence doctrinaire de tous les inquisiteurs qui refusent jusqu’à la moindre...

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    • L’économie sociale au Québec : une perspective politique (extrait primeur) Gabriel Arsenault

      Chapitre 1. Introduction Au milieu des années 1990, la gauche québécoise pouvait être optimiste : le Québec allait bientôt être un pays et le pays en serait un progressiste. On publiait La Charte d’un Québec populaire : le Québec qu’on veut bâtir !(1994) et Une société de projets (1995), pendant que la Marche du pain et des roses semait, de Montréal à Rivière-du-Loup, l’espoir d’un pays sans...

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    • La démission des cégeps francophones Nicolas Bourdon

      Professeur de français, collège Bois-de-Boulogne Nous savons tous que, comparativement aux niveaux primaire et secondaire, le réseau collégial jouit d’une grande indépendance: les programmes, les cours et les exigences varient d’un cégep à l’autre. Si cette autonomie peut parfois être bénéfique, notamment pour qu’un cégep s’adapte à des réalités régionales, elle génère malheureusement une...

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    • La péréquation ? Un marché de dupes René Ricard

      Quelle est dans toute l’histoire de la « Confédération » canadienne la seule province à avoir fait défaut sur le paiement de sa dette, c’est-à-dire à s’être retrouvée dans l’impossibilité de faire face à ses obligations financières ? Je vous le donne en mille : l’Alberta. C’était en 1935 et la Grande Dépression frappait tout particulièrement les provinces des Prairies ; affectées de surcroît par de...

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    • Pour décoloniser notre coin du cyberespace Mathieu Gauthier-Pilote

      * Président de FACIL, pour l’appropriation collective de l’informatique libre Un petit groupe de multinationales, dont les principales sont américaines, s’approprie les moyens d’exploiter les ressources numériques des peuples de la Terre, qui tardent à affirmer leur souveraineté dans le cyberespace. Individuellement et collectivement, nous les Québécois sommes riches d’un très grand nombre...

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  • Loi 99. L'être et le droit
    • La cour supérieure rejette la vision de Stéphane Dion André Binette

      * Constitutionnaliste En 1997-98, la Cour suprême a chargé un amicus curiae (« ami de la Cour ») d’exprimer le point de vue indépendantiste dans le Renvoi sur la sécession du Québec en l’absence du Procureur général du Québec. Je faisais partie de l’équipe d’avocats réunie par l’amicus curiae, Me Joli-Cœur, pour cette affaire. En 1997, le gouvernement fédéral, sous la direction de Jean Chrétien,...

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    • Loi 99. L’être et le droit Maxime Laporte

      Avocat et président de la SSJB de Montréal C’est en l’an 2000 que le parlement du Québec, sous l’impulsion des ministres Joseph Facal et Lucien Bouchard, décréta la Loi sur l’exercice des droits fondamentaux et des prérogatives du peuple québécois et de l’État du Québec (RLRQ, c. E-20.1). Véritable « charte » des droits politiques de la nation québécoise, cette nouvelle pièce maîtresse de notre...

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  • Comptes rendus de Mai 2018
    • Éric Bédard. Survivance Guillaume Rousseau

      Éric Bédard.Survivance. Histoire et mémoire du XIXe siècle canadien-français, Boréal, 2017, 238 pages Huit ans après Les Réformistes, l’historien Éric Bédard nous sert un excellent livre intitulé Survivance, qui en constitue en quelque sorte la suite, sous forme de réflexions sur l’après 1837-1838, l’historiographie concernant cette période en général et certains de ses personnages en...

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    • Jean Lamarre. Le mouvement étudiant québécois des années 1960 et ses relations avec le mouvement international Camille Thériault-Marois

      Jean LamarreLe mouvement étudiant québécois des années 1960 et ses relations avec le mouvement international, Québec, Septentrion, 2017, 175 pages Jean Lamarre1, professeur titulaire au département d’histoire du Collège militaire royal du Canada, renouvelle sa collaboration avec la maison d’édition spécialisée en histoire, Septentrion, pour la parution d’un ouvrage s’intéressant aux relations bilatérales...

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    • Notre maître, Lionel Groulx ! Martin Lemay

      Enfin, une biographie de Lionel Groulx ! L’historien Charles-Philippe Courtois lui a consacré cinq ans de sa vie. Il a donc eu tout le temps voulu pour méditer, pour confirmer ou infirmer telle ou telle hypothèse, pour choisir tel angle plutôt que tel autre, enfin, plus important encore, ces cinq années lui ont permis de polir son style. Ainsi, c’est beaucoup plus qu’une biographie. C’est une...

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    • Simon Jolin-Barette Jenny Langevin

      Simon Jolin-BaretteJ’ai confiance. Réflexions sans cynisme d’un jeune politicien, Montréal, Québec Amérique, 2018, 122 pages Nommé parlementaire de l’année par l’Assemblée nationale du Québec en 2016, le député caquiste et avocat Simon Jolin-Barrette se positionne, dans l’esprit de plusieurs, comme un politicien exemplaire. Il semble avoir tout pour lui. Jeune dans un univers obsédé par la...

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    • Un cas de psittacisme anglophile Guy Bouthillier

      Ce fut un très grand jour au Québec, l’un des plus grands de notre histoire, écrira François-Albert Angers dans les colonnes de L’Action nationale ! Inversement, il en fut tout autrement au Canada anglais. Dans ce pays, qui naquit au XVIIIe siècle de l’idée d’exclure la France des rois du continent nord-américain, puis qui grandit dans celle de tenir le plus loin possible de nos rives la France...

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    • Vouloir déboulonner les faits David Leroux

      On a tous eu, dans notre enfance, un ami éreintant qui prétendait en savoir plus que nous sur tous les sujets. Il avait tout vu, tout entendu malgré ses 6 ans. On ne pouvait rien lui apprendre. Pire encore : on avait, face à lui, toujours tort. On l’acceptait dans notre cercle, on le tolérait, grand de cœur que nous étions. On s’était habitué à ses remarques. On s’était même construit une...

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Raphaël Émond. La politique vue du haut de mes 12 ans

Raphaël Émond
La politique vue du haut de mes 12 ans, Chicoutimi, Éditions JCL, 220 pages

Il y a étrangement, dans certaines conceptions irrationnelles de la jouvence, une métaphore de la pureté. Il ne suffirait que d’ouvrir son cœur et ses oreilles à la candeur de l’enfant pour recevoir l’ablution complète décrottant le pire des impies de la boue tapissant son âme souillée. Une fois le baptême reçu on pourrait, dès lors, comprendre la profondeur proverbiale dérivée de la réflexion platonicienne : « La vérité sort de la bouche des enfants ». C’est la bonne nouvelle que la maison d’édition JCL, qui, Raphaël Émond, souhaite nous enfoncer dans le crâne, en cette rentrée littéraire de 2017 en publiant les réflexions du petit enfant-roi-philosophe.

 

D’entrée de jeu, la préface du journaliste inconnu Bertrand Tremblay nous alertera immédiatement afin que nous portions la plus grande attention à la pensée politique « aussi originale [sic] qu’étonnante [sic] » du jeune Émond : « Retenez le nom du plus jeune écrivain de l’épopée JCL. Il ira loin… si les contraintes de la réalité quotidienne du pouvoir n’altèrent pas le bel idéal qui anime ses jeunes années. » Bien évidemment, on devinera que dans la préconception axiologique du monde où l’Homme nait bon, il n’y a point de crimes plus odieux que de corrompre la jeunesse, parlez-en à Socrate ! L’appétit décomplexé de ce jeune têtard du politique qui se croit destiné à passer directement de la suce au 24 Sussex serait rendu possible grâce à un pseudo don de virtuosité intellectuelle. C’est armé de l’autorité d’une citation de Corneille que l’Éditeur, dans son avant-propos, nous rassurera de la pertinence de l’exercice, car supposément « aux âmes bien nées, la valeur n’attend point le nombre d’années ». Se posant lui-même la question à savoir si un enfant de 12 ans peut avoir des connaissances politiques aussi approfondies qu’un adulte, l’éditeur Jean-Claude Larouche nous offre son témoignage en guise de preuve anecdotique. On nous assura que Raphaël est capable de s’intéresser à plusieurs sujets et faire des liens entre eux. Le débat se clôt immédiatement lorsque l’on apprend qu’à l’âge de 3 ou 4 ans Raphaël était capable de prendre des photos mentales de tous les logos d’automobiles « pour mieux les reconnaître quand il les voyait sur la route. Idem pour les vingt-six lettres de l’alphabet qu’il a emmagasinées rapidement pour mieux les repérer quand il ouvre un livre ». À partir de là, cette version de rat de bibliothèque du petit Jérémie n’avait que quelques pas à franchir pour devenir l’égal révolutionnaire d’Engels et Marx.

 

Le pari que tente l’éditeur dans ce petit livre de 220 pages est de conserver la forme originelle un peu mignonne et naïve du message, afin de donner une certaine personnalité au livre. Or, même si l’opinion politique d’un enfant de 12 ans intéressait quelqu’un, force est d’admettre que le refus de travailler la forme du texte pour en préserver l’authenticité est une excuse bidon de l’éditeur pour se décharger de sa tâche. En effet, le résultat est tout à fait inégal, grossissant de la sorte la difformité congénitale du livre. Certains chapitres s’étalent sur à peine deux pages et demie, comme celui sur l’indépendance du Québec, et d’autres sur une quarantaine de pages, comme celui abordant la Défense nationale. Il y a pire encore. Tout lecteur ayant le courage, pour une raison qui nous échapperait, d’ouvrir ce livre se heurtera à une confusion significative des thèmes, démontrant l’incapacité du prépubère en question à reproduire une pensée vivante, viable et minimalement structurée. On retrouvera quelques fausses transitions boiteuses telles que : « Revenons au sujet de la nationalisation des banques », ou encore « sur toutes ces spéculations je vais maintenant passer à un autre thème », témoignant d’une absence totale de fil conducteur, le cordon ombilical ayant été coupé prématurément, à plusieurs égards.

Et sur le fond on se lassera encore plus vite de La politique vue du haut de mes 12 ans puisque la répétition plus que rébarbative des idées ainsi que les changements de thèmes inopinés rendent la lecture exaspérante. Partant, par exemple, de la question autochtone, la réflexion bifurquespontanément, à peine deux paragraphes plus loin, sur la question de l’éducation universitaire, du tiers monde, de l’altermondialisme, et ce, dans une sous-section consacrée à l’histoire du Canada. Un peu plus loin, alors que l’auteur pleurniche au sujet de la Charte des valeurs, il enchaîne sur ses états d’âme concernant l’instabilité du ministère de l’Éducation dans le gouvernement Couillard. Ajoutons à cette liste de coq à l’âne le fait de parler de la lutte contre le tabagisme dans une sous-section sur le droit à l’avortement, ou encore une tentative ratée de coller ensemble l’idolâtrie de l’auteur pour Jack Layton dans une sous-section sur les égoportraits de Justin Trudeau. On retrouvera dans presque chacune des pages du livre, l’idée que Raphaël soutient la défense de l’environnement, le NPD ou le socialisme, sans manquer de nous rappeler sporadiquement, ici et là, que la Charte des valeurs était un projet politique raciste et que l’indépendance du Québec ne se réalisera jamais, car il serait bien connu qu’« on ne laisse pas sa patrie pour fonder un pays imaginaire ».

Très malheureusement, bien qu’on nous vante les mérites prodigieux d’un esprit aiguisé, ce soi-disant Mozart québécois peine à convaincre qui que ce soit. Effectivement, le jeune Émond est le Ronald McDonald de la philosophie politique, c’est-à-dire la mascotte du prêt-à-penser et de la réflexion prémâchée qu’il nous régurgitera textuellement : « les Canadiens aiment les vagues politiques, tous les partis fédéraux ayant eu leur vague politique, ce serait inévitablement au tour d’Élisabeth May du Parti Vert de connaître du succès, elle qui pourrait changer le cours de l’histoire canadienne ». Ou encore il faudrait, selon lui, une réduction draconienne du budget militaire pour investir en santé parce qu’il vaut mieux sauver des vies que d’en tuer. Bien sûr, il suffirait de quelques vaccins contre la varicelle pour éradiquer l’État islamique. On sera aussi heureux d’apprendre qu’il est un écosocialiste. Et que l’intégrité des partis est cruciale en politique : « Nous sommes en 2016, et le gouvernement aussi, à ce que je sache. Si, un jour, je suis élu député les choses vont changer » nous assure-t-il, parce que les gens sont fatigués de se faire voler. Admirons la profondeur de la réflexion. On lira entre les lignes que c’est l’écosocialisme et le multiculturalisme radical qui le feront élire, car « les politiciens néo-démocrates sont entièrement intègres et ne sont pas du tout corrompus ». Au moment où celui-ci écrivait ces lignes, une enquête sur les adjoints parlementaires du NPD qui effectuaient des tâches partisanes était toujours en cours…

Pour Raphaël Émond la finalité de l’Odyssée humaine sur cette terre est de rompre avec l’histoire pour s’abandonner au gouvernement mondial. Il faudra, entretemps, « lutter activement contre le racisme de la part des Québécois d’ascendance européenne », notamment selon lui envers les autochtones. Pourtant, si notre mini-Einstein avait une connaissance un peu plus étoffée de l’histoire du Québec, il pourrait, à tout le moins, être en paix avec l’historique de nos relations avec ces peuples. L’épopée québécoise en Amérique est celle de la Grande Paix, celle des villages métissés comme Sainte-Marie-des-Hurons et celle que décrivait Tocqueville dans son voyage en Amérique où les mots français et amérindiens rimaient jusqu’à amener à la vie les paroles d’une pionnière de l’Amérique française, Marie de l’Incarnation, qui disait « il est beaucoup plus facile de faire d’un Français un Autochtone qu’un Autochtone un Français ». Sans parler des révoltes de Pontiac réclamant le retour du roi de France ou des métis de Louis Riel. Il serait complètement fallacieux de prêter au peuple français d’Amérique les crimes des empires coloniaux britanniques, espagnols ou portugais. Décidément, avec son expression « Québécois d’ascendance européenne » il ne s’attarde pas à ces distinctions qui gomment les différences fondamentales de la sociologie du Nouveau-Monde.

Selon Émond, la société idéale est celle où toutes les cultures se mélangent, contrairement à ce qu’en penseraient les xénophobes. De surcroît, il nous apprendra que « réduire le nombre maximal d’immigrants par année équivaut à réduire la capacité de développement de notre nation » ce qui l’amènera à dire que « la grandeur d’une nation se mesure par son nombre d’immigrants ». Ce serait aussi le rôle des Québécois de s’adapter aux immigrants laissant ceux-ci s’agglomérer afin qu’ils puissent reproduire leur culture. Il faudrait acclimater la communautarisation. Ultimement, selon lui, les immigrants en viendront à surpasser les citoyens d’anciennes souches en nombre et les frontières tomberont de même que l’attachement des individus pour leur pays. Ainsi, en fonction de cette logique débilitante, le Canada serait comme il aime le citer dans son livre « le plus meilleur pays du monde » alors que les pays non occidentaux, voyant leurs citoyens s’exiler, seraient, par extension, des pays pauvres et minables. Il s’agit somme toute d’une vision profondément méprisante pour les pays d’émigrations, mais la pétition de principe n’est pas étrangère à Émond. Au contraire, elle est probablement ce qu’il sait le mieux faire. Particulièrement lorsqu’il est question d’argumenter contre l’indépendance du Québec. Derrière les aspirations indépendantistes du Parti québécois et le sentiment de fierté nationale se cacherait un racisme latent. Celui des votes ethniques et de la Charte de Marois. Conséquemment, l’idée d’indépendance devrait être sabordée. De toute façon, selon Raphaël, les immigrants deviendront tellement nombreux que la simple idée de faire un troisième référendum se discréditera d’elle-même, ces derniers, massivement contre, tueront le projet dans l’œuf. Une logique, nous le dénotons, qui s’apparente à celle du discours de Parizeau, mais appliqué à contrario. Celle que Émond aura lui-même si virulemment pourfendue dans son livre. De toute évidence, le très petit Raphaël n’a pas encore terminé sa phase du non.

Nous pourrions continuer de multiplier les exemples fourmillants dans ce livre rempli de sophismes, de faux-arguments et de démonstrations avortées avant même d’être enfantées. Mais, il convient de terminer sur des notes plus sérieuses, en se posant d’abord la question comment le monde de l’édition peut produire un tel gâchis littéraire construit d’A à Z sur des réflexions puériles et embryonnaires ? Cette fausse couche de la maïeutique témoigne de l’infantilisation égocentrique de la pensée milléniale. Comment épargner de cette réflexion les parents qui, avant tous les autres, ont échappé de leurs mains un tel cas, acceptant sous leurs yeux la réalisation d’un projet si exécrable et gênant qu’il freinera sans aucun doute, le gamin plus tard dans ses aspirations professionnelles à la vie publique ? L’importance d’une éducation décente n’est jamais à négliger. Pourtant, nul besoin d’être un génie pour comprendre qu’on ne jette pas un enfant excité sur la place publique. Ce dernier chausse des pointures trop grandes pour lui, mais s’expose aussi, au même titre que n’importe quel auteur, à la déconstruction et la critique qui fracasse parfois à coup de désillusion la porcelaine frêle de rêves candidement gonflés. La lucidité et la sagesse normalement attendue d’un adulte responsable devraient suffire pour prendre conscience du danger de s’embarquer prématurément dans ce monde et de façon aussi démunie que l’a fait notre ami Raphaël.

Le bambin a été ainsi vilement instrumentalisé par un éditeur aux motivations douteuses. Celui-ci aura fièrement présenté dans son chapiteau du cirque fédéraliste un numéro bourgeois-bohème de son nouveau petit singe de poche. Raphaël Émond n’est rien d’autre qu’une silhouette éphémère destinée au lèche-vitrine d’une caste politique qui bave devant cette parade intellectuelle nuptiale et juvénile. L’intelligentsia « canadian » trudeauiste, plus largement, post soixante-huitarde, s’émoustillera et s’excitera devant les ronronnements séduisants d’une génération montante d’enfants endoctrinés au multiculturalisme apatride. On assurera, de la sorte, pour maintes et maintes années à venir, le règne de la gouvernance idéologique libérale affranchie de sa dissidence historique québécoise.

Cette bouffonnerie n’est pas sans rappeler, dans cette société du spectacle, les concours plus débilitants de talents de « mini-miss » où les enfants servent de bêtes de foires au plus grand plaisir d’un public instantanément galvanisé à la vue de chérubins en prestation d’un soi-disant don. Même si Raphaël est probablement un bon petit garçon, il n’est aujourd’hui, en en juger par son livre, ni un génie, ni à lui seul l’avenir politique ou intellectuel du pays, tel qu’on nous le présente. Il serait plus judicieux pour lui de terminer sa première année du secondaire, ainsi que toutes les autres à venir, plus quelques années universitaires, s’il s’y rend (on lui souhaite), avant de sauter dans l’arène. D’ici là, il aura suffisamment le temps de cheminer personnellement pour réaliser l’insignifiance viscérale de son navet littéraire. Malgré tout, au travers de cette pénible lecture, s’il y a bien une chose que ce livre nous permettra d’apprendre c’est que, même un siècle après la mort de Lénine, le gauchisme est toujours la maladie infantile du socialisme.

Nicolas Proulx
Candidat à la maîtrise en droit, Université de Sherbrooke

 

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2017 18cahiers600

Un numéro du centenaire aux nouveaux abonnés

Accès libéré - Juin-Septembre 2017

Éditorial - Sans l’audace il n’arrivera jamais rien

2017juinseptembre250La politique va mal. Elle va mal partout et c’est parce que la démocratie va mal. Des mutations sociales et économiques profondes la travaillent. Des repères culturels basculent et rien de ce qui, hier, pouvait être tenu, sinon pour certain du moins pour une base commune, ne résiste plus au nihilisme marchand ou à la fureur sectaire. Partout les classes politiques vacillent, leur crédibilité fléchit au même rythme que leurs renoncements. Le décrochage civique mine la vie publique et pave la voie aux dérives sectaires. Le monde traverse une passe extrêmement dangereuse. Et notre statut de nation oblitérée fait l’effet d’un amplificateur de ces tendances de fond, accroissant cynisme et désabusement à l’endroit de la chose publique et de sa construction.

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Charte des valeurs : ne touchez pas à l’islam !

Au Québec, la charte des valeurs marque un point tournant dans l’histoire de la laïcité dont on n’a jamais véritablement pris la mesure, empêtrés que nous sommes dans la honte et la culpabilité. Encore aujourd’hui, bien que l’on ignore toujours tout des motivations réelles d’Alexandre Bissonnette concernant l’attentat à la mosquée de Québec, cet évènement tragique a ramené la charte dans l’actualité, alors qu’on continue bêtement de répéter que ce projet de loi stigmatisait les musulmans, particulièrement les femmes voilées, qu’il était raciste, xénophobe et islamophobe. 

Mais au-delà de ce bouquet d’insultes habituelles que l’on rencontre partout en Occident à chaque fois qu’un pays veut légiférer en matière de laïcité face à un islam militant, pro-voile et farouchement anti-laïque, le temps est venu de délaisser les invectives pour la réflexion et de préférer l’analyse à l’auto-flagellation.

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Québec solidaire et l’indépendance du Québec

De nombreux indépendantistes s’interrogent sur la position constitutionnelle de Québec solidaire. Ce questionnement est d’autant plus pertinent que ce parti après avoir entretenu une certaine ambiguïté a pris récemment une position favorable à l’indépendance, qu’il attire de plus en plus d’électeurs et qu’il envisage de former une alliance avec le Parti québécois et Option nationale. Il est donc nécessaire de faire un examen attentif de son programme pour évaluer les particularités de son positionnement. Pour faire cette évaluation, il faut principalement se référer aux documents adoptés par les membres de ce parti et ne pas se fier aux déclarations de ses porte-parole qui peuvent être dictées par la conjoncture. Dans cette analyse, j’examinerai trois aspects de la question : le rapport de QS au Canada, le processus d’accession à l’indépendance et enfin les raisons de faire l’indépendance.

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Forum Gaspésie 2017. Sortir des approches défensives

Conférence d’ouverture du Forum Gaspésie 2017 prononcée à Bonaventure le 18 mai 2017.

Je vous remercie de l’occasion que vous me donnez de partager avec vous quelques-unes des perspectives qui s’imposent à tous ceux et celles qui ont à cœur le sort de la Gaspésie. Et, croyez-moi, ce ne sont pas seulement des Gaspésiens et des Gaspésiennes, loin de là : je ne conçois pas l’avenir du Québec sans une Gaspésie prospère.

À cet égard, disons-le d’entrée de jeu : s’il reste beaucoup à faire, la région peut compter sur un très fort potentiel. Et je pèse mes mots. Les travaux que nous avons menés dans la région avec mes collaborateurs de l’Institut de recherche en économie contemporaine, les échanges que nous avons eus avec des passionnés, des entrepreneurs en tous genres, justifient cette conviction. Les difficultés ne doivent pas faire écran aux nombreux possibles qui restent ouverts. Des possibles qui peuvent se réaliser si l’on est en mesure de réunir les conditions de succès qui en feront non seulement des réalisations, mais aussi des sources d’inspiration. Il faut le redire, rien n’est plus utile à la construction du pays qu’une culture du succès.

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Hochelaga fantasmé ou historique ?

Le 150e anniversaire de la Confédération canadienne et le 375e anniversaire de la fondation de Ville-Marie sont une occasion de se remémorer des faits, lieux et personnes qui ont façonné notre histoire. Les plaques et monuments sont une façon de le marquer de façon officielle dans l’espace public : ils suscitent l’intérêt des passants et des touristes. Mais ces plaques commémoratives disent-elles toujours la vérité ? On peut en douter quand on connaît l’existence de deux plaques commémoratives du voyage de Jacques Cartier à Hochelaga en 1535 : l’une se trouve au centre-ville sur le terrain de l’université McGill et l’autre sur la façade de l’église de la Visitation dans l’arrondissement Ahuntsic-Cartierville. 

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Le démantèlement de la nation (chronique 15)

La période couverte s’étend du 21 février au 22 mai 2017.

Cela a fait 35 ans le 17 avril que le Québec vit sous l’empire d’une Constitution canadienne qui lui a été imposée. Aucun gouvernement québécois, y compris celui de Jean Charest, n’a accepté le coup de force perpétré en 1982. Or, le gouvernement de Philippe Couillard a refusé d’accepter un projet de motion réaffirmant que la loi constitutionnelle de 1982 « a eu pour effet de diminuer les pouvoirs et les droits du Québec sans son consentement » (14 avril). Il a même refusé que l’Assemblée nationale en débatte. Mais les faits parlent.

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Un tribunal qui légifère et qui se mêle de politique

L’origine et la nature des compétences judiciaires de la Cour suprême – notre tribunal de dernière instance depuis 1949 – ont toujours été au Québec un sujet de questionnement, une source d’inquiétude, une cause d’irritation et de mécontentement.

Les révélations, faites par l’historien Frédéric Bastien, d’ingérence politique en haut lieu par deux de ses membres, lors du coup de force de 1982, nous ont forcés à nous pencher une fois encore sur la « légalité », la « légitimité », la « loyauté », et la « bonne foi » de cette institution dont la fonction officielle est pourtant de « sauvegarder » l’ordre constitutionnel, et non de le « renverser » par des manœuvres clandestines et illégales.

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Collections numériques (1917-2013)

action couv 1933Bibliothèque et Archives nationales du Québec a numérisé tous les numéros de L'Action française et de L'Action nationale depuis 1917.

Vous pouvez utilisez cet outil de recherche qui vous permettra — si vous cliquez sur « préciser la rechercher » — de ne chercher que dans L'Action nationale ou dans L'Action française.