Mai 2018 - L'Action nationale

  • Mai 2018
    • Éditorial - L'exil intérieur Robert Laplante

      Quel affligeant spectacle ! Plus rien ne tient de l’intelligence ni de la décence devant ce qu’on nous donne à voir et à entendre dès lors qu’il est question de la passoire Roxham. Violence sourde de l’État canadian qui ne peut résister à la tentation du mépris à l’égard du Québec qui regimbe à peine, pourtant. Violence doctrinaire de tous les inquisiteurs qui refusent jusqu’à la moindre...

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    • L’économie sociale au Québec : une perspective politique (extrait primeur) Gabriel Arsenault

      Chapitre 1. Introduction Au milieu des années 1990, la gauche québécoise pouvait être optimiste : le Québec allait bientôt être un pays et le pays en serait un progressiste. On publiait La Charte d’un Québec populaire : le Québec qu’on veut bâtir !(1994) et Une société de projets (1995), pendant que la Marche du pain et des roses semait, de Montréal à Rivière-du-Loup, l’espoir d’un pays sans...

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    • La démission des cégeps francophones Nicolas Bourdon

      Professeur de français, collège Bois-de-Boulogne Nous savons tous que, comparativement aux niveaux primaire et secondaire, le réseau collégial jouit d’une grande indépendance: les programmes, les cours et les exigences varient d’un cégep à l’autre. Si cette autonomie peut parfois être bénéfique, notamment pour qu’un cégep s’adapte à des réalités régionales, elle génère malheureusement une...

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    • La péréquation ? Un marché de dupes René Ricard

      Quelle est dans toute l’histoire de la « Confédération » canadienne la seule province à avoir fait défaut sur le paiement de sa dette, c’est-à-dire à s’être retrouvée dans l’impossibilité de faire face à ses obligations financières ? Je vous le donne en mille : l’Alberta. C’était en 1935 et la Grande Dépression frappait tout particulièrement les provinces des Prairies ; affectées de surcroît par de...

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    • Pour décoloniser notre coin du cyberespace Mathieu Gauthier-Pilote

      * Président de FACIL, pour l’appropriation collective de l’informatique libre Un petit groupe de multinationales, dont les principales sont américaines, s’approprie les moyens d’exploiter les ressources numériques des peuples de la Terre, qui tardent à affirmer leur souveraineté dans le cyberespace. Individuellement et collectivement, nous les Québécois sommes riches d’un très grand nombre...

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  • Loi 99. L'être et le droit
    • La cour supérieure rejette la vision de Stéphane Dion André Binette

      * Constitutionnaliste En 1997-98, la Cour suprême a chargé un amicus curiae (« ami de la Cour ») d’exprimer le point de vue indépendantiste dans le Renvoi sur la sécession du Québec en l’absence du Procureur général du Québec. Je faisais partie de l’équipe d’avocats réunie par l’amicus curiae, Me Joli-Cœur, pour cette affaire. En 1997, le gouvernement fédéral, sous la direction de Jean Chrétien,...

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    • Loi 99. L’être et le droit Maxime Laporte

      Avocat et président de la SSJB de Montréal C’est en l’an 2000 que le parlement du Québec, sous l’impulsion des ministres Joseph Facal et Lucien Bouchard, décréta la Loi sur l’exercice des droits fondamentaux et des prérogatives du peuple québécois et de l’État du Québec (RLRQ, c. E-20.1). Véritable « charte » des droits politiques de la nation québécoise, cette nouvelle pièce maîtresse de notre...

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  • Comptes rendus de Mai 2018
    • Éric Bédard. Survivance Guillaume Rousseau

      Éric Bédard.Survivance. Histoire et mémoire du XIXe siècle canadien-français, Boréal, 2017, 238 pages Huit ans après Les Réformistes, l’historien Éric Bédard nous sert un excellent livre intitulé Survivance, qui en constitue en quelque sorte la suite, sous forme de réflexions sur l’après 1837-1838, l’historiographie concernant cette période en général et certains de ses personnages en...

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    • Jean Lamarre. Le mouvement étudiant québécois des années 1960 et ses relations avec le mouvement international Camille Thériault-Marois

      Jean LamarreLe mouvement étudiant québécois des années 1960 et ses relations avec le mouvement international, Québec, Septentrion, 2017, 175 pages Jean Lamarre1, professeur titulaire au département d’histoire du Collège militaire royal du Canada, renouvelle sa collaboration avec la maison d’édition spécialisée en histoire, Septentrion, pour la parution d’un ouvrage s’intéressant aux relations bilatérales...

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    • Notre maître, Lionel Groulx ! Martin Lemay

      Enfin, une biographie de Lionel Groulx ! L’historien Charles-Philippe Courtois lui a consacré cinq ans de sa vie. Il a donc eu tout le temps voulu pour méditer, pour confirmer ou infirmer telle ou telle hypothèse, pour choisir tel angle plutôt que tel autre, enfin, plus important encore, ces cinq années lui ont permis de polir son style. Ainsi, c’est beaucoup plus qu’une biographie. C’est une...

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    • Simon Jolin-Barette Jenny Langevin

      Simon Jolin-BaretteJ’ai confiance. Réflexions sans cynisme d’un jeune politicien, Montréal, Québec Amérique, 2018, 122 pages Nommé parlementaire de l’année par l’Assemblée nationale du Québec en 2016, le député caquiste et avocat Simon Jolin-Barrette se positionne, dans l’esprit de plusieurs, comme un politicien exemplaire. Il semble avoir tout pour lui. Jeune dans un univers obsédé par la...

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    • Un cas de psittacisme anglophile Guy Bouthillier

      Ce fut un très grand jour au Québec, l’un des plus grands de notre histoire, écrira François-Albert Angers dans les colonnes de L’Action nationale ! Inversement, il en fut tout autrement au Canada anglais. Dans ce pays, qui naquit au XVIIIe siècle de l’idée d’exclure la France des rois du continent nord-américain, puis qui grandit dans celle de tenir le plus loin possible de nos rives la France...

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    • Vouloir déboulonner les faits David Leroux

      On a tous eu, dans notre enfance, un ami éreintant qui prétendait en savoir plus que nous sur tous les sujets. Il avait tout vu, tout entendu malgré ses 6 ans. On ne pouvait rien lui apprendre. Pire encore : on avait, face à lui, toujours tort. On l’acceptait dans notre cercle, on le tolérait, grand de cœur que nous étions. On s’était habitué à ses remarques. On s’était même construit une...

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Yvan Lamonde. Un coin dans la mémoire

Yvan Lamonde
Un coin dans la mémoire, Montréal, Leméac Éditeur, 2017, 118 pages

Dans les premières pages de son essai Un coin dans la mémoire : l’hiver de notre mécontentement, l’historien Yvan Lamonde confesse son « attirance » pour la psychanalyse. Malgré ce penchant, il aura résisté longtemps aux sirènes de l’analyse des phénomènes historiques par la soi-disant « mentalité » d’un groupe donné. « Je suis le premier à détester la fausse explication d’une psychologie collective à cinq sous », nous confie-t-il. Ce n’est que maintenant, après quarante-cinq années passées à étudier l’histoire des idées au Québec, qu’il délaisse la neutralité et l’objectivité propres à sa profession pour convier le sujet québécois à s’allonger sur le divan. En 107 pages bien tassées, Lamonde s’« essaye », comme il le dit lui-même, à comprendre les multiples blocages qui affligent notre société. En chemin, il identifie leur origine : une profonde division au cœur même de la conscience politique du Québec.

Cette division, enfoncée dans l’identité et la mémoire comme un coin dans une bûche, puise ses origines dans la politique instaurée par le conquérant après 1760. Suivant les préceptes du Divide and Rule, le schème du colonisateur se déclina de diverses manières : ménager l’Église catholique en échange de son soutien ; promettre des réformes, même si elles sont systématiquement remises au lendemain ; amadouer les ambitieux, au moyen du patronage, c’est-à-dire la distribution de pensions, de privilèges, et autres nominations. Cette habile stratégie eut pour effet de provoquer à la fois confusion et anesthésie chez les colonisés, neutralisant leurs désirs de résistance. Elle eut aussi une seconde conséquence : le développement, dès les années 1840, de deux visions concurrentes pour l’avenir du Canada français. D’un côté, un nationalisme de nature politique, dit d’« émancipation », incarné par Papineau ; de l’autre, un nationalisme culturel, « de conservation », qui garde l’espoir de voir le régime se réformer, avec Étienne Parent comme principale figure. Le temps a passé, le contexte a évolué, mais les effets fractionnels de l’approche coloniale se font encore sentir aujourd’hui : le « coin » est encore profondément encastré dans le subconscient québécois, et le blocage perdure.

Les diverses formes du blocage

Dans le plus long chapitre de l’ouvrage, Lamonde examine les effets multiformes de cette division, ces « blocages » explorés depuis près d’un siècle par les essayistes « les plus perspicaces et les plus profonds de la littérature québécoise ». Le premier de ces traits de culture, c’est la pauvreté culturelle, d’abord nommée par le poète Hector de Saint-Denis Garneau. Viennent ensuite la fatigue culturelle d’après Hubert Aquin, le dédoublement de la personnalité selon Jean Bouthillette, puis l’ambivalence façon Jocelyn Létourneau, envers qui Lamonde se montre particulièrement critique. L’auteur souscrit davantage à la vision de la fatigue politique d’un Daniel Jacques, pour qui les Québécois demeurent toujours inaptes à penser la politique comme « première », avant la culture. Le tour d’horizon des suites néfastes de la division se poursuit par une courte référence au concept d’inachèvement, avancé par Jonathan Livernois (collaborateur régulier de Lamonde, notamment pour leur Papineau : erreur sur la personne, Boréal, 2012) avant de se conclure avec un dernier regard sur la fatigue et l’ambivalence vues par Jacques Beauchemin. 

Lamonde ne se contente pas d’exposer les conclusions de chacun de ces observateurs de la psyché québécoise ; il prend parti, alternant entre le reproche ou l’encensement, dans une prose hachurée et parfois exaltée, bien éloignée de celle qu’on lui connaît. Le propos principal se trouve toutefois ailleurs : en invoquant ces multiples interprétations, l’auteur cherche à démontrer qu’elles se fondent toutes, à des degrés divers, sur la fameuse division du cerveau politique québécois, cette « bipolarité », selon le mot de Beauchemin. 

L’analyse est convaincante, le diagnostic crédible : il y a bel et bien un « nœud » dans la conscience du Québec. Une fois cet état de fait reconnu, une question s’impose d’elle-même : que faire ? Lamonde propose à ce sujet quelques pistes de réflexion.

Rapailler ou retirer le coin

C’est un de ses mérites, Lamonde ne rechigne pas à se référer aux écrits de romanciers ou de poètes pour mieux saisir les profondeurs de l’âme québécoise. Bien souvent, ce sont les artistes du verbe qui savent le mieux dépeindre l’abstraction qu’est la conscience collective.

Lamonde se tourne ainsi vers Gaston Miron. L’homme avait conscience de la « pauvreté de pensée » de son milieu d’origine, mais a fait le choix de l’assumer et surtout, de « revendiquer à partir d’elle ». À force d’esprit critique et d’un travail de « décolonisation mentale », il a su sortir du cercle de la fatigue et de l’apitoiement. Miron a vu les effets de la division, il a compris que la solution passait par une suture entre le culturel et le politique : en affirmant sa culture, l’homme s’émancipe. Pour échapper à l’aliénation, le Canadien français doit se rapailler et devenir Québécois.

Après ce bref détour du côté de Miron, Lamonde expose de façon plus détaillée comment le Québec pourrait recoudre la déchirure, autre manière de retirer le coin enfoncé dans sa mémoire. Cela passe d’abord par une remise en question de notre rapport au passé, en nous éloignant de cette vision du « paradis perdu » évoquée par notre devise. Nous nous souvenons de quoi exactement ? Qu’il fut une époque où nous n’étions pas divisés ? Sacraliser cette mémoire, à la manière d’un Lionel Groulx, portait le risque de nous faire glisser en dehors de l’histoire, à l’abri de la modernité. L’autre extrême, celui d’un rejet complet de la tradition à la manière d’un refus global, n’est pas souhaitable non plus. Il faut plutôt choisir ce que l’on veut conserver du passé et faire le deuil de ce paradis. Pour Lamonde, nous aurions tout intérêt à consacrer nos énergies à nous émanciper plutôt qu’à nous obstiner dans une conservation tous azimuts du passé. 

Mais ce ne sera pas tâche facile, et l’auteur est conscient de la difficulté, pour le sujet québécois, d’accéder à l’émancipation en cette époque de pluralisme et de pluriethnicité, où les revendications de la majorité sont vues comme suspectes. Pour éviter cet écueil, pense Lamonde, il faudra se présenter avec des principes autant que des valeurs. Être Québécois, rappelle-t-il, c’est avant tout être citoyen ; c’est sur la base de cette référence universelle qu’on pourra faire comprendre la nécessité de la souveraineté aux Québécois comme aux nouveaux arrivants. Pour ce faire, il faudra certes intensifier l’éducation civique et développer l’embryon de culture républicaine qui existe ici. Il faudra aussi décrire dans un « document » les éléments de notre culture publique commune (aussi connus sous le vocable des « règles du vivre-ensemble ») : souveraineté populaire, démocratie, état de droit, égalité homme-femme, laïcité, français langue commune et Charte québécoise des droits et libertés. Lamonde reste volontairement flou sur la forme que prendrait ce « document ». Serait-ce une constitution, une charte, un livre blanc ?

Après l’hiver, le printemps

Il émane de ce petit livre un parfum d’espérance. La saison de notre mécontentement aura été longue, mais le printemps ne succède-t-il pas toujours à l’hiver ? Lamonde connaît bien le sujet québécois et a longuement étudié l’évolution de sa condition ; qu’il puisse entrevoir de manière somme toute optimiste l’avenir de son patient, malgré sa profonde blessure psychique, a de quoi rassurer. 

Cela dit, on ne saurait nier que si la thèse centrale de cet essai reste convaincante, son application à la spécificité des individus et des partis s’avère un exercice plus ardu qu’il n’y paraît. Les deux familles de nationalistes sont-elles si distinctes l’une de l’autre ? Les « culturels » ont-ils si peu en commun avec les « émancipateurs » ? Et peut-on appartenir à la fois à l’un et l’autre groupe ? Dans sa conclusion, Lamonde nous sert quelques exemples qui laissent plutôt perplexe : ainsi, un indépendantiste notoire comme Mathieu Bock-Côté se retrouve associé aux nationalistes culturels. Il n’y a pas à dire, l’ennui avec les explications dichotomiques, c’est qu’elles s’accordent parfois mal avec les nuances de la réalité...

Une seconde critique peut être formulée à propos du constat de l’auteur. Il faudrait « choisir » ce que nous voulons préserver du vieux fond canadien-français, et oublier le reste. Fort bien, mais que choisir, et comment ? Lamonde se contente d’effleurer le sujet, comme s’il n’avait pas osé pousser sa réflexion jusqu’au bout, provoquant du coup un certain sentiment de frustration chez le lecteur.

À tout prendre, l’auteur aura fait œuvre utile en faisant le procès d’un nationalisme culturel qui s’imagine pouvoir se dispenser de la nécessité de se fonder sur une indépendance politique. En ce sens, ce ne sont pas que les Étienne Parent, Louis-Hippolyte Lafontaine et autres Charles Taylor qui nous mènent dans l’impasse ; ce sont aussi ces souverainistes qui s’évertuent à espérer qu’un projet de changement aussi radical que l’indépendance puisse aboutir en utilisant les moyens du réformisme traditionnel. On citera en exemple l’approche du « bon gouvernement » qui aggrave notre confusion collective en faisant comme si nous pouvions nous accommoder de n’être toujours qu’une province.

Abandonner ces réflexes, c’est aussi une manière de nous délester de certains éléments de notre passé. C’est ce travail de deuil, conclut Lamonde, qui peut mener à un acte souverain, « capable de créer un événement qui ouvre sur une nouvelle histoire ».

Mathieu Thomas

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Un numéro du centenaire aux nouveaux abonnés

Accès libéré - Juin-Septembre 2017

Éditorial - Sans l’audace il n’arrivera jamais rien

2017juinseptembre250La politique va mal. Elle va mal partout et c’est parce que la démocratie va mal. Des mutations sociales et économiques profondes la travaillent. Des repères culturels basculent et rien de ce qui, hier, pouvait être tenu, sinon pour certain du moins pour une base commune, ne résiste plus au nihilisme marchand ou à la fureur sectaire. Partout les classes politiques vacillent, leur crédibilité fléchit au même rythme que leurs renoncements. Le décrochage civique mine la vie publique et pave la voie aux dérives sectaires. Le monde traverse une passe extrêmement dangereuse. Et notre statut de nation oblitérée fait l’effet d’un amplificateur de ces tendances de fond, accroissant cynisme et désabusement à l’endroit de la chose publique et de sa construction.

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Charte des valeurs : ne touchez pas à l’islam !

Au Québec, la charte des valeurs marque un point tournant dans l’histoire de la laïcité dont on n’a jamais véritablement pris la mesure, empêtrés que nous sommes dans la honte et la culpabilité. Encore aujourd’hui, bien que l’on ignore toujours tout des motivations réelles d’Alexandre Bissonnette concernant l’attentat à la mosquée de Québec, cet évènement tragique a ramené la charte dans l’actualité, alors qu’on continue bêtement de répéter que ce projet de loi stigmatisait les musulmans, particulièrement les femmes voilées, qu’il était raciste, xénophobe et islamophobe. 

Mais au-delà de ce bouquet d’insultes habituelles que l’on rencontre partout en Occident à chaque fois qu’un pays veut légiférer en matière de laïcité face à un islam militant, pro-voile et farouchement anti-laïque, le temps est venu de délaisser les invectives pour la réflexion et de préférer l’analyse à l’auto-flagellation.

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Québec solidaire et l’indépendance du Québec

De nombreux indépendantistes s’interrogent sur la position constitutionnelle de Québec solidaire. Ce questionnement est d’autant plus pertinent que ce parti après avoir entretenu une certaine ambiguïté a pris récemment une position favorable à l’indépendance, qu’il attire de plus en plus d’électeurs et qu’il envisage de former une alliance avec le Parti québécois et Option nationale. Il est donc nécessaire de faire un examen attentif de son programme pour évaluer les particularités de son positionnement. Pour faire cette évaluation, il faut principalement se référer aux documents adoptés par les membres de ce parti et ne pas se fier aux déclarations de ses porte-parole qui peuvent être dictées par la conjoncture. Dans cette analyse, j’examinerai trois aspects de la question : le rapport de QS au Canada, le processus d’accession à l’indépendance et enfin les raisons de faire l’indépendance.

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Forum Gaspésie 2017. Sortir des approches défensives

Conférence d’ouverture du Forum Gaspésie 2017 prononcée à Bonaventure le 18 mai 2017.

Je vous remercie de l’occasion que vous me donnez de partager avec vous quelques-unes des perspectives qui s’imposent à tous ceux et celles qui ont à cœur le sort de la Gaspésie. Et, croyez-moi, ce ne sont pas seulement des Gaspésiens et des Gaspésiennes, loin de là : je ne conçois pas l’avenir du Québec sans une Gaspésie prospère.

À cet égard, disons-le d’entrée de jeu : s’il reste beaucoup à faire, la région peut compter sur un très fort potentiel. Et je pèse mes mots. Les travaux que nous avons menés dans la région avec mes collaborateurs de l’Institut de recherche en économie contemporaine, les échanges que nous avons eus avec des passionnés, des entrepreneurs en tous genres, justifient cette conviction. Les difficultés ne doivent pas faire écran aux nombreux possibles qui restent ouverts. Des possibles qui peuvent se réaliser si l’on est en mesure de réunir les conditions de succès qui en feront non seulement des réalisations, mais aussi des sources d’inspiration. Il faut le redire, rien n’est plus utile à la construction du pays qu’une culture du succès.

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Hochelaga fantasmé ou historique ?

Le 150e anniversaire de la Confédération canadienne et le 375e anniversaire de la fondation de Ville-Marie sont une occasion de se remémorer des faits, lieux et personnes qui ont façonné notre histoire. Les plaques et monuments sont une façon de le marquer de façon officielle dans l’espace public : ils suscitent l’intérêt des passants et des touristes. Mais ces plaques commémoratives disent-elles toujours la vérité ? On peut en douter quand on connaît l’existence de deux plaques commémoratives du voyage de Jacques Cartier à Hochelaga en 1535 : l’une se trouve au centre-ville sur le terrain de l’université McGill et l’autre sur la façade de l’église de la Visitation dans l’arrondissement Ahuntsic-Cartierville. 

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Le démantèlement de la nation (chronique 15)

La période couverte s’étend du 21 février au 22 mai 2017.

Cela a fait 35 ans le 17 avril que le Québec vit sous l’empire d’une Constitution canadienne qui lui a été imposée. Aucun gouvernement québécois, y compris celui de Jean Charest, n’a accepté le coup de force perpétré en 1982. Or, le gouvernement de Philippe Couillard a refusé d’accepter un projet de motion réaffirmant que la loi constitutionnelle de 1982 « a eu pour effet de diminuer les pouvoirs et les droits du Québec sans son consentement » (14 avril). Il a même refusé que l’Assemblée nationale en débatte. Mais les faits parlent.

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Un tribunal qui légifère et qui se mêle de politique

L’origine et la nature des compétences judiciaires de la Cour suprême – notre tribunal de dernière instance depuis 1949 – ont toujours été au Québec un sujet de questionnement, une source d’inquiétude, une cause d’irritation et de mécontentement.

Les révélations, faites par l’historien Frédéric Bastien, d’ingérence politique en haut lieu par deux de ses membres, lors du coup de force de 1982, nous ont forcés à nous pencher une fois encore sur la « légalité », la « légitimité », la « loyauté », et la « bonne foi » de cette institution dont la fonction officielle est pourtant de « sauvegarder » l’ordre constitutionnel, et non de le « renverser » par des manœuvres clandestines et illégales.

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Collections numériques (1917-2013)

action couv 1933Bibliothèque et Archives nationales du Québec a numérisé tous les numéros de L'Action française et de L'Action nationale depuis 1917.

Vous pouvez utilisez cet outil de recherche qui vous permettra — si vous cliquez sur « préciser la rechercher » — de ne chercher que dans L'Action nationale ou dans L'Action française.