L'Action nationale - Décembre 2017

France-Québec : la langue, un signe de souveraineté

Puisqu’on me propose de vous parler de la langue comme signe de souveraineté, je pense qu’il nous faut d’abord s’interroger sur cette idée de souveraineté appliquée à l’appartenance à une langue, à l’enracinement linguistique, donc culturel. La langue est une patrie, disait Camus. Elle est à la fois l’ultime patrie des pauvres, l’ultime patrie de ceux qui n’en ont plus aucune autre, le lien naturel de l’homme avec les autres hommes qu’elle constitue en peuple, en nation, en libre souveraineté juridique parfois ; sauf que la langue est aussi praticable comme instrument de domination par les puissants et les riches, puisqu’en fin de compte ils n’ont jamais de triomphe parfait que lorsqu’ils ont imposé leur langage, c’est-à-dire leur façon de penser, puis leur langue, aux hommes et aux peuples qu’ils ont su rendre tributaires. La langue devient alors, non plus un vecteur de liberté, mais un vecteur de formatage des esprits et des comportements au service d’une organisation exclusive du monde.

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