B. Lévesque et M. Rioux. Fondaction. Un fonds pleinement engagé dans la finance socialement responsable

Benoît Lévesque en collaboration avec Michel Rioux (dir.)
Fondaction. Un fonds pleinement engagé dans la finance socialement responsable, Montréal, Presses de l’Université du Québec. Coll. Innovation sociale. 2017, 409 pages

C’est une rareté. Benoit Lévesque et Michel Rioux et leurs collaboratrices ont pu bénéficier d’une ouverture d’esprit exceptionnelle de la part de dirigeants de Fondaction pour donner un tel ouvrage. Il n’est pas courant d’accéder ainsi à la vie interne d’une institution financière. Le monde de la finance n’a pas la réputation de la plus grande transparence. Mais c’est une valeur cardinale pour Fondaction et la lecture de ce travail en fait la démonstration exemplaire. 

Touffu, très solidement documenté et nourri des matériaux recueillis auprès de nombreux intervenants, l’ouvrage donne à comprendre toute l’originalité de cette initiative née d’abord dans les rangs de la CSN, mais rapidement conçue pour voguer en pleine autonomie, bénéficiant certes d’un partenariat d’affinité, mais sans lien juridique organique avec la centrale syndicale.

Né onze ans après le Fonds de solidarité, Fondaction témoigne, comme son aîné, d’une période et d’une tradition de pensée qui font l’originalité du monde syndical québécois et qui donnent à ces deux institutions une identité inédite, sans équivalent dans le monde. Chacun a trouvé sa voie, fort de sa tradition et de ses choix. L’ouvrage expose longuement et avec force détails le cheminement de la volonté de la CSN d’apporter sa contribution dans la condition ouvrière et dans la construction du bien commun. La naissance d’une institution ainsi documentée constitue un véritable apport à la connaissance. Toute la richesse de la délibération collective est ainsi rendue palpable par une analyse qui rend bien justice aux artisans et promoteurs tout autant qu’à la dynamique – à la dialectique, devrait-on dire – qu’ont nourrie les forces en présence.

Le récit est captivant, même lorsqu’il rend compte des tâtonnements de l’organisation, de la recherche qu’y mènent des militants soucieux du développement du Québec. L’exposé n’est jamais complaisant même si on peut sans doute lui reprocher de ne pas avoir approfondi la virulence des réactions avec lesquelles la CSN avait accueilli la création du Fonds de solidarité. On se souviendra que le gauchisme faisait alors des ravages à la CSN et que c’est peut-être aller un peu vite en besogne de reconnaître, comme le fait Gérald Larose, que cite Benoit Lévesque, que l’analyse avait alors été un peu courte. On leur concèdera que les périls ayant été évités, il ne valait peut-être pas la peine de revenir sur des épisodes assez peu stimulants de la vie de la centrale.

L’analyse des contextes d’émergence laisse ensuite place à celle des divers stades de croissance qui ont mené Fondaction à sa période actuelle, celle d’une certaine maturité. Les non-initiés trouveront sans doute ces chapitres trop arides, mais le choix des auteurs se justifie : c’est dans les décisions prises au fur et à mesure que se posaient les problèmes que s’est forgée la résilience de Fondaction, une qualité qui en a façonné le style de gouvernance et lui a donné son identité propre. Devant des performances décevantes, malgré des revers dans l’atteinte des objectifs de recrutement des adhérents ou des résultats financiers, jamais la direction de Fondaction n’a baissé les bras. Ses actionnaires ont également maintenu leur attachement à l’institution, faisant la preuve de leur adhésion aux valeurs qui l’animent et aux objectifs qu’elle poursuit.

La détermination, la réflexion stratégique, la mobilisation organisationnelle ont été largement récompensées. En vingt ans à peine, Fondaction est passé de néophyte à figure d’autorité en matière de finance responsable, un concept et un univers qu’il a non seulement contribué à définir, mais qu’il est parvenu à orienter. À cet égard, l’analyse reste un peu en retrait de sa propre démonstration : en mettant beaucoup d’efforts à démontrer comment et en quoi Fondaction répond aux plus hauts standards des divers analystes et institutions d’encadrement de la finance responsable, l’ouvrage pèche peut-être par excès de modestie. Dans cet univers en pleine expansion, Fondaction se démarque à l’échelle du monde. À bien des égards, il est une source d’inspiration, un modèle qui inspire fierté certes, mais qui devrait également nourrir encore davantage le travail théorique des chercheurs. On peut certainement affirmer que ce travail de co-construction reposant sur les échanges entre les artisans de Fondaction et la recherche universitaire représente à coup sûr l’une des clés du rayonnement et de l’actuelle phase de croissance de Fondaction.

L’ouvrage déploie un effort considérable à faire la démonstration, à convaincre de la justesse des choix et des réponses de Fondaction pour qui les choix de gouvernance n’ont pas consisté à donner une image ou une ornementation à sa gestion, mais bien à peaufiner ses méthodes et affermir ses interventions. Les orientations en matière de soutien à la gestion participative et de valorisation du renouvellement du travail ont trouvé un ancrage solide dans le projet de faire du développement durable le cœur de la mission de l’institution. Pas de verdissement cosmétique ici. L’analyse des processus et critères de décision est convaincante : Fondaction ne se soumet pas à la logique du rendement à tout prix, du rendement d’abord. Et cela lui profite. Les résultats financiers tout comme ceux de son bilan environnement et social en font foi.

L’ouvrage aurait eu intérêt à explorer davantage la deuxième conclusion forte à laquelle il conduit, celle qui, aux dires de ses auteurs, place Fondaction au cœur du renouvellement du modèle québécois. Sa conception et ses choix placent en effet Fondaction dans le peloton de tête des acteurs qui cherchent à faire de la transition écologique de l’économie l’avenue de prédilection pour la construction d’une prospérité authentique. La démonstration théorique reste à peaufiner, mais à n’en pas douter Fondaction y contribuera par une pratique qui n’a pas fini d’être inspirante.

Robert Laplante

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Un numéro du centenaire aux nouveaux abonnés

Accès libéré - Juin-Septembre 2017

Éditorial - Sans l’audace il n’arrivera jamais rien

2017juinseptembre250La politique va mal. Elle va mal partout et c’est parce que la démocratie va mal. Des mutations sociales et économiques profondes la travaillent. Des repères culturels basculent et rien de ce qui, hier, pouvait être tenu, sinon pour certain du moins pour une base commune, ne résiste plus au nihilisme marchand ou à la fureur sectaire. Partout les classes politiques vacillent, leur crédibilité fléchit au même rythme que leurs renoncements. Le décrochage civique mine la vie publique et pave la voie aux dérives sectaires. Le monde traverse une passe extrêmement dangereuse. Et notre statut de nation oblitérée fait l’effet d’un amplificateur de ces tendances de fond, accroissant cynisme et désabusement à l’endroit de la chose publique et de sa construction.

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Charte des valeurs : ne touchez pas à l’islam !

Au Québec, la charte des valeurs marque un point tournant dans l’histoire de la laïcité dont on n’a jamais véritablement pris la mesure, empêtrés que nous sommes dans la honte et la culpabilité. Encore aujourd’hui, bien que l’on ignore toujours tout des motivations réelles d’Alexandre Bissonnette concernant l’attentat à la mosquée de Québec, cet évènement tragique a ramené la charte dans l’actualité, alors qu’on continue bêtement de répéter que ce projet de loi stigmatisait les musulmans, particulièrement les femmes voilées, qu’il était raciste, xénophobe et islamophobe. 

Mais au-delà de ce bouquet d’insultes habituelles que l’on rencontre partout en Occident à chaque fois qu’un pays veut légiférer en matière de laïcité face à un islam militant, pro-voile et farouchement anti-laïque, le temps est venu de délaisser les invectives pour la réflexion et de préférer l’analyse à l’auto-flagellation.

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Québec solidaire et l’indépendance du Québec

De nombreux indépendantistes s’interrogent sur la position constitutionnelle de Québec solidaire. Ce questionnement est d’autant plus pertinent que ce parti après avoir entretenu une certaine ambiguïté a pris récemment une position favorable à l’indépendance, qu’il attire de plus en plus d’électeurs et qu’il envisage de former une alliance avec le Parti québécois et Option nationale. Il est donc nécessaire de faire un examen attentif de son programme pour évaluer les particularités de son positionnement. Pour faire cette évaluation, il faut principalement se référer aux documents adoptés par les membres de ce parti et ne pas se fier aux déclarations de ses porte-parole qui peuvent être dictées par la conjoncture. Dans cette analyse, j’examinerai trois aspects de la question : le rapport de QS au Canada, le processus d’accession à l’indépendance et enfin les raisons de faire l’indépendance.

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Forum Gaspésie 2017. Sortir des approches défensives

Conférence d’ouverture du Forum Gaspésie 2017 prononcée à Bonaventure le 18 mai 2017.

Je vous remercie de l’occasion que vous me donnez de partager avec vous quelques-unes des perspectives qui s’imposent à tous ceux et celles qui ont à cœur le sort de la Gaspésie. Et, croyez-moi, ce ne sont pas seulement des Gaspésiens et des Gaspésiennes, loin de là : je ne conçois pas l’avenir du Québec sans une Gaspésie prospère.

À cet égard, disons-le d’entrée de jeu : s’il reste beaucoup à faire, la région peut compter sur un très fort potentiel. Et je pèse mes mots. Les travaux que nous avons menés dans la région avec mes collaborateurs de l’Institut de recherche en économie contemporaine, les échanges que nous avons eus avec des passionnés, des entrepreneurs en tous genres, justifient cette conviction. Les difficultés ne doivent pas faire écran aux nombreux possibles qui restent ouverts. Des possibles qui peuvent se réaliser si l’on est en mesure de réunir les conditions de succès qui en feront non seulement des réalisations, mais aussi des sources d’inspiration. Il faut le redire, rien n’est plus utile à la construction du pays qu’une culture du succès.

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Hochelaga fantasmé ou historique ?

Le 150e anniversaire de la Confédération canadienne et le 375e anniversaire de la fondation de Ville-Marie sont une occasion de se remémorer des faits, lieux et personnes qui ont façonné notre histoire. Les plaques et monuments sont une façon de le marquer de façon officielle dans l’espace public : ils suscitent l’intérêt des passants et des touristes. Mais ces plaques commémoratives disent-elles toujours la vérité ? On peut en douter quand on connaît l’existence de deux plaques commémoratives du voyage de Jacques Cartier à Hochelaga en 1535 : l’une se trouve au centre-ville sur le terrain de l’université McGill et l’autre sur la façade de l’église de la Visitation dans l’arrondissement Ahuntsic-Cartierville. 

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Le démantèlement de la nation (chronique 15)

La période couverte s’étend du 21 février au 22 mai 2017.

Cela a fait 35 ans le 17 avril que le Québec vit sous l’empire d’une Constitution canadienne qui lui a été imposée. Aucun gouvernement québécois, y compris celui de Jean Charest, n’a accepté le coup de force perpétré en 1982. Or, le gouvernement de Philippe Couillard a refusé d’accepter un projet de motion réaffirmant que la loi constitutionnelle de 1982 « a eu pour effet de diminuer les pouvoirs et les droits du Québec sans son consentement » (14 avril). Il a même refusé que l’Assemblée nationale en débatte. Mais les faits parlent.

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Un tribunal qui légifère et qui se mêle de politique

L’origine et la nature des compétences judiciaires de la Cour suprême – notre tribunal de dernière instance depuis 1949 – ont toujours été au Québec un sujet de questionnement, une source d’inquiétude, une cause d’irritation et de mécontentement.

Les révélations, faites par l’historien Frédéric Bastien, d’ingérence politique en haut lieu par deux de ses membres, lors du coup de force de 1982, nous ont forcés à nous pencher une fois encore sur la « légalité », la « légitimité », la « loyauté », et la « bonne foi » de cette institution dont la fonction officielle est pourtant de « sauvegarder » l’ordre constitutionnel, et non de le « renverser » par des manœuvres clandestines et illégales.

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Collections numériques (1917-2013)

action couv 1933Bibliothèque et Archives nationales du Québec a numérisé tous les numéros de L'Action française et de L'Action nationale depuis 1917.

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