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Coalition avenir Québec - Agir maintenant pour la nation

L’Action nationale a demandé aux quatre partis représentés à l’Assemblée nationale de soumettre leur position sur la question nationale en regard des élections du 1er octobre 2018. Ici, la position du député de Deux-Montagnes (CAQ)

Les élections du 1er octobre 2018 seront déterminantes. Pour la première fois depuis 50 ans, elles ne seront pas marquées par le débat sur le statut politique du Québec. Les électeurs se prononceront sur le bilan du gouvernement libéral depuis quinze ans.

Personne ne peut évidemment prédire le résultat. Des indices nous montrent toutefois que nous sommes entrés dans une nouvelle ère où la souveraineté ne sera plus à l’avant-plan.

Dans ce paysage qui change à toute vitesse, il est nécessaire de rétablir le dialogue et de rassembler les nationalistes de toutes tendances. Ce que la majorité de la population veut, c’est un rassemblement de toutes les forces pour renverser les libéraux. Mais aussi pour recommencer à construire un Québec qui lui ressemble : en économie, en éducation, en santé ou dans le dossier de l’identité. C’est ce que propose la CAQ.

Au Québec, le débat névralgique n’est plus entre souverainistes et fédéralistes, mais entre nationalistes et multiculturalistes. Si le débat sur la souveraineté passionne toujours ses militants, il ne fait plus partie des préoccupations de la majorité.

Les défaites du OUI en 1980 et en 1995 ont ébranlé la crédibilité de l’option. Qu’elle lui soit favorable ou non, la majorité ne croit tout simplement pas que ce projet puisse se réaliser à court ou moyen terme. Il suffit d’interroger les souverainistes, même parmi les plus convaincus, pour se rendre compte que ce sentiment ne leur est pas étranger à eux non plus.

Un peuple ne peut pas toujours vivre mobilisé autour d’une idée à laquelle il subordonne tout le reste, surtout lorsqu’elle a deux échecs dans le corps. Toute idéologie qui ne peut plus prétendre « réussir » est condamnée à une forme ou une autre de marginalité. Les partis qui l’ont portée du temps où elle était dominante voient leur poids politique s’affaisser à mesure que le peuple comprend qu’elle n’est plus en résonance avec la réalité. Le déclin du Bloc québécois et du Parti québécois ces dernières années l’illustre bien.

Depuis une quinzaine d’années, l’option souverainiste ne rallie plus la population et sert principalement d’épouvantail pour la réélection à répétition des libéraux. Or, qu’y a-t-il de pire pour la nation québécoise que la réélection à répétition d’un parti libéral vidé depuis longtemps de toute substance nationaliste ? Le Québec se retrouve ainsi enfermé dans une impasse, où le principal parti d’opposition à l’Assemblée nationale s’est peu à peu condamné à l’impuissance électorale en vertu de son article 1. Ce petit jeu toxique pour la démocratie québécoise aurait pu continuer indéfiniment sans l’émergence d’une troisième voie.

Le bilan des années libérales

Le Québec sort amoché des « années libérales » et du surplace nationaliste. Converti au multiculturalisme, le PLQ a rompu avec la vision d’un Robert Bourassa, voire d’un Jean Charest.

Le recul est visible dans tous les dossiers-clés : langue française, immigration, signes religieux, enseignement de l’histoire et même relations internationales. La plus récente visite du président Macron confirme de façon inquiétante la perte d’influence du Québec. Un signe des temps ?

Chose certaine, le temps passe et l’échec des forces nationalistes fait son œuvre. Les étudiants nés en 1999, qui entrent cet automne à l’université, n’ont pratiquement connu que des gouvernements libéraux. Ils ont à peine eu conscience des derniers succès du Bloc québécois sur la scène fédérale. Leur vision du Québec n’entretient que des rapports lointains avec la vision de la génération née dans les années 1970 et 1980. Le recul de la nation, les réseaux sociaux, le triomphe du multiculturalisme, la montée en force de l’anglais qui accompagne la mondialisation ont façonné leur vision du monde. La transmission de la mémoire commune et de la langue française pose dans ce contexte de nouveaux défis.

Si l’immigration est une source de richesse, le multiculturalisme est en revanche une source de problèmes. Il détourne l’esprit de tolérance de la démocratie et crée un climat de méfiance entre les différents groupes de la société. Il culpabilise les uns et braque les autres, au milieu d’une rectitude propice à la censure et aux procès d’intention. Cette idéologie qui n’est pas à l’abri des dérapages est soutenue par le Parti libéral du Québec et le Parti libéral du Canada, actuellement au pouvoir à Québec et à Ottawa.

Le nationaliste québécois est par conséquent aujourd’hui en position de faiblesse. Il faut mettre un terme à son silence et à son impuissance. Les élections du 1er octobre seront les premières depuis longtemps où il lui sera possible de reprendre l’initiative.

Aux sources du nationalisme québécois

Le projet souverainiste répondait à une grande aspiration qui trouve sa source loin dans l’histoire : mener une vie collective en français en Amérique du Nord. Le peuple québécois ne doit pas se sentir étranger chez lui et doit reprendre le contrôle de sa destinée pour s’épanouir. Dès le départ, bien avant le séparatisme, c’est cette motivation qui a rassemblé tous les nationalistes, de Louis-Joseph Papineau à Honoré Mercier et de Jean Lesage et jusqu’à René Lévesque et même Robert Bourassa.

Le sentiment de dépossession a longtemps hanté l’histoire du Québec. Il suffit de lire les premiers numéros de L’Action française – l’ancêtre de L’Action nationale – pour le comprendre. C’est une société encore informe et dominée par la bourgeoisie anglaise qui s’y dévoile. On peine à imaginer de nos jours combien les Canadiens français se trouvaient en position d’infériorité économique et culturelle, surtout à Montréal.

L’Action nationale fut à ses débuts un lieu de réflexion en même temps qu’un instrument de mobilisation. Ses campagnes pour un plus grand respect du français dans l’espace public et ses enquêtes sur l’état de notre économie et de notre système d’éducation préfigurent un demi-siècle à l’avance le combat pour la loi 101, le Québec français et les grandes réformes des années 1960.

Le Canada français avait tendance à se réfugier dans le mythe. Le Québec moderne, lui, vivra dans la réalité et voudra se doter des instruments et des connaissances pour se développer.

Dans le premier numéro de la revue, en 1917, Édouard Montpetit relie nationalisme et « conquête économique ». L’homme qui donna la première leçon de l’École des hautes études commerciales en 1910 considérait l’éducation comme un instrument de développement et d’affirmation nationale. 50 ans plus tard, la Révolution tranquille viendra favoriser l’éducation pour tous, ainsi que l’émergence d’une classe moyenne et d’une bourgeoisie francophone.

Le nationalisme québécois est l’histoire d’une longue reconquête et d’une longue patience. Sur papier, rien ne prédisposait les quelques dizaines de milliers d’habitants de 1760 à survivre et encore moins à s’épanouir comme nation sur les rives du Saint-Laurent. Et pourtant le miracle a eu lieu. La survivance a réussi et le passage à la modernité économique et culturelle aussi.

Le Québec forme aujourd’hui une société dynamique de 8,4 millions d’habitants, qui peut s’appuyer sur des institutions, des entrepreneurs créatifs, une culture originale et une économie développée. Elle n’a plus rien à voir avec la petite société fragile du début du XXe siècle. Le rêve des souverainistes ne s’est pas réalisé, mais le rêve des nationalistes qui les ont précédés, oui. N’est-ce pas assez pour ressentir de la fierté ?

Renouer avec l’action

Il faut sortir de l’imaginaire de l’échec. Il ne rend pas justice aux gains formidables qui ont été faits dans les dernières décennies à l’intérieur du Canada. Cet imaginaire de l’échec entretient en outre un climat d’impuissance inutile dans le paysage actuel. Qu’on le veuille ou non, la fixation sur le débat constitutionnel et la tenue d’un troisième référendum nourrit une « conscience malheureuse » contreproductive.

Nombreux sont les Québécois qui ne demanderaient pas mieux que d’aller de l’avant et de se lancer dans de nouveaux projets, que ce soit pour améliorer les soins aux ainés, pour reconstruire nos écoles, pour stimuler l’entrepreneuriat, pour mieux intégrer nos immigrants, pour embellir nos villes et nos villages. Bref, pour renforcer le Québec. Agir. Pas en 2022 ou en 2026 ou en 2030, sous une série de conditions improbables. Agir maintenant. Pour le Québec.

Mettre en suspens ou écarter une idée pour privilégier les gains concrets pour le Québec n’a rien à voir avec le reniement. « Québec d’abord » ! C’est sur ce principe que la CAQ entend construire un nouveau nationalisme. Pourquoi ne pas ajouter aussi : « Les jeunes d’abord » ?

C’est par l’éducation que la petite société de jadis a pu se sortir de la précarité et se développer. C’est encore par l’éducation qu’elle pourra se refaire des forces et surmonter les problèmes auxquels elle est aujourd’hui confrontée. Il faut remettre l’éducation au cœur de nos priorités collectives, la transformer en un instrument d’émancipation pour les jeunes et un véritable levier pour la société.

Les Québécois ont toutes les raisons d’être fiers du chemin parcouru et de regarder de façon positive leur histoire. Si le nationalisme leur a rendu de précieux services dans le passé, il doit cependant se renouveler à la lumière d’aujourd’hui. Il est urgent d’en refaire un moteur de développement et de progrès pour le Québec.

En 2018, seul un parti qui ne fait pas de l’indépendance son cheval de bataille peut accomplir cette œuvre nécessaire et urgente. Seule la CAQ peut agir comme force de rassemblement capable de renverser durablement le régime libéral.

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