Élections 2018. Les priorités du Parti québécois

 L’Action nationale a demandé aux quatre partis représentés à l’Assemblée nationale de soumettre leur position sur la question nationale en regard des élections du 1er octobre 2018. Ici, la position de la députée de Marie-Victorin (PQ)

Alors que la campagne électorale s’engage, il importe de s’attarder sérieusement aux enjeux qui sont sur la table. Au Parti québécois, nous espérons que les prochaines semaines nous permettront de mettre en lumière les débats d’idées qui doivent nous animer devant le choix si important qui se dresse devant nous pour le 1er octobre prochain. En effet, après 15 ans de gouvernance libérale à courte vue, où le rapetissement de notre État fut à l’agenda avec pour seule vision de faire du Québec « une province comme les autres », cette élection doit être un moment charnière pour notre avenir collectif. Nous devons par conséquent réfléchir au futur que l’on souhaite pour notre nation, pour nos enfants. Au PQ, nous prenons justement très au sérieux les grands défis à venir en offrant des solutions réfléchies, crédibles et rigoureuses.

Le grand objectif d’un premier mandat d’un gouvernement du Parti québécois mené par Jean-François Lisée sera d’offrir un État fort – mais efficace ! – au service des gens, un gouvernement dont nous pourrons enfin être fiers.

Des propositions concrètes en santé

D’abord, nous sommes en phase avec les Québécois en faisant de la santé l’une de nos principales priorités. Cela fait des années que nous parlons du désengorgement de notre système de santé, avec de piètres résultats. C’est pourquoi nous voulons offrir une nouvelle approche en mettant fin au « tout-aux-médecins ».

Il va sans dire que la réforme Barrette est un échec. La centralisation imposée dans des superstructures a désorganisé le réseau et a poussé au surmenage les professionnels des hôpitaux. Les principaux gestes des docteurs Couillard et Barrette n’ont été qu’une succession de hausses faramineuses de la rémunération des médecins, sans que le patient y trouve plus de services et plus d’accès.

À chaque élection, les partis politiques répètent les mêmes promesses irréalistes : mettre immédiatement fin au temps d’attente à l’urgence. En ٢٠٠٣, Jean Charest promettait d’éliminer l’attente une fois pour toutes. Il en faisait sa « première » priorité. ١٥ ans plus tard, rien n’a changé et c’est au tour de François Legault de promettre, sans plus de détails, l’impossible en santé, mais avec la même recette libérale : toujours plus aux médecins.

Au Parti québécois, on ne promet pas de régler tous les problèmes en santé du jour au lendemain, mais nous avons une approche complètement différente. Nous allons mettre le patient, plutôt que les médecins, au centre du système de santé. Pour cela, il faut retirer d’entre les mains des docteurs des actes cliniques qui peuvent très bien être réalisés par les 200 000 autres professionnels de la santé, comme les infirmières et les pharmaciens. Ils veulent et peuvent en faire plus.

Nous gèlerons le salaire des médecins pour réinvestir dans les soins, nous allègerons la charge de travail des infirmières et des préposés aux bénéficiaires et nous réinvestirons dans les organismes communautaires. Nous mettrons en place un réseau de cliniques d’infirmières spécialisées qui seront ouvertes le soir et les fins de semaine et nous ajouterons d’importantes ressources en soins à domicile pour que les ainés puissent rester le plus longtemps possible chez eux, dans le milieu où ils se sentent bien.

Les personnes âgées ne sont malheureusement pas suffisamment soutenues. Nos pères et nos mères, nos grands-pères et grands-mères méritent respect et considération. Peut-on vieillir dans la dignité au Québec ? Avec le Parti libéral, il semblerait que non. Les ressources en CHSLD sont insuffisantes, les proposées aux bénéficiaires et les infirmières qui s’occupent de nos ainés sont au bout du rouleau. L’austérité libérale a fait mal. À titre d’exemple, en 2016, un demi-million d’heures de soutien à domicile ont été coupées à nos ainés. Alors que chaque année, au Québec, 100 000 personnes atteignent l’âge de 65 ans, seulement 10 000 personnes âgées ont accès à des soins à domicile.

À partir du ١er octobre, un gouvernement du PQ saura ce que veut dire « prendre soin de son monde ». Notre gouvernement aura le réflexe « ainé » pour que plus jamais nous n’ayons des histoires d’horreur dans les CHSLD. Nous climatiserons les CHSLD, donnerons plus de ressources aux professionnels comme les préposés et les infirmières et nous offrirons des repas de qualité et plus de bains pour nos ainés.

Ces changements s’intègreront dans un calendrier de 12 mois pour qu’à la fin de notre première année de mandat, notre système de santé ait mis le cap vers notre priorité : le patient.

Agir rapidement en éducation

Ensuite, nous agirons également très rapidement sur le front de l’éducation, qui devrait être la priorité permanente de la nation. La situation dans laquelle se retrouvent nos écoles est une véritable honte. Plus de la moitié de nos établissements scolaires sont dans un mauvais ou un très mauvais état. C’est le résultat de la négligence des 15 dernières années du Parti libéral. Malheureusement, plutôt que de réinvestir dans nos écoles, la CAQ propose de couper 1,4 G$ dans notre système scolaire en baissant les taxes des propriétaires de maison. Cela représente une baisse de 10 % de l’ensemble des budgets des écoles primaires et secondaires ! On a pourtant besoin de chacun de nos sous pour offrir à nos élèves des écoles propices à l’apprentissage, sans moisissure et sans toit qui coule. Pour nous, au Parti québécois, la priorité ce n’est pas des baisses de taxes scolaires, c’est la réussite des élèves.

Pour y arriver, on ne peut pas non plus passer sous silence la surcharge de travail, la précarité et le manque de ressources des enseignants et du personnel éducatif. C’est pourquoi nous adopterons à notre arrivée au gouvernement une loi bouclier anti-austérité pour protéger contre les coupes budgétaires tous les budgets en éducation et en service à l’enfance. Il est temps de réinvestir après les années d’austérité libérale.

Nous aurons ainsi les moyens d’engager plus de professionnels comme des orthopédagogues et des travailleurs sociaux pour alléger le travail en classe des enseignants et aider nos élèves avec des problèmes d’apprentissage. L’accompagnement de nos enseignants ne peut se faire sans la valorisation de leur profession. Le Parti québécois en fait un engagement phare.

Revoir le financement des écoles privées

Contrairement au PLQ et à la CAQ, nous aurons également le courage de revoir le financement des écoles privées. En effet, notre système d’éducation public manque de financement et de ressources depuis plusieurs années, et l’augmentation du nombre d’élèves en difficulté d’apprentissage fait en sorte que les coûts sont toujours de plus en plus élevés. Cette situation rend plus attrayant un parcours scolaire au privé pour les enfants de familles qui en ont les moyens, créant deux catégories d’étudiants. Les écoles privées ne sélectionnent que les élèves ayant les meilleures notes, laissant au système public un fardeau supplémentaire. À cet égard, les écoles privées doivent faire plus et se réformer. L’épaisseur du portefeuille et la région habitée ne devraient pas être des obstacles pour avoir accès à une éducation de qualité. Nous diminuerons progressivement le financement des collèges privés, tout en conditionnant l’aide de l’État québécois à une plus grande prise en charge des élèves en difficulté.

Mais au-delà de ces priorités, auxquelles on doit également ajouter la décongestion, la lutte aux paradis fiscaux et aux cartels, ainsi que la protection de l’environnement, qu’est-ce qui distingue fondamentalement le Parti québécois des autres partis politiques en lice à la présente élection ? Bien sûr, nous croyons dans les services publics. Nous croyons dans les artisans du service public. Nous disons NON à la privatisation, partielle ou totale, en santé comme dans les autres domaines relevant présentement du secteur public. Pas question non plus de mettre fin au monopole de la SAQ, ni d’Hydro-Québec. Ce sont des forces du Québec que nous devons chérir, tout comme nous devons respecter les personnes qui y œuvrent. Cela ne veut pas dire que nous ne pouvons pas éviter le gaspillage, bien au contraire. Un État fort signifie également un État plus efficace. C’est notre intention.

Cap sur l’indépendance nationale

Finalement, il est évident que dans la course à « qui est le plus fédéraliste » que se mènent présentement le PLQ et la CAQ, le Parti québécois se distingue nettement, en mettant clairement le cap sur notre indépendance nationale.

Pour la première fois depuis longtemps, le Parti québécois a adopté un calendrier clair vers la réalisation de notre projet de pays. Dans un premier temps, au cours de notre premier mandat, en plus de redonner de la vigueur à notre État, nous remettrons à jour les études sur la souveraineté produites pour le référendum 1995 et les adapterons à l’époque d’aujourd’hui. C’est Jean-Martin Aussant qui sera responsable de ce dossier et qui pilotera le Secrétariat sur l’avenir du Québec au sein du gouvernement du Parti québécois.

De plus, dans un deuxième temps, tout au long de ce premier mandat, nous ferons la promotion de notre projet de pays au sein de toutes les générations, et particulièrement chez les plus jeunes, car ils n’ont pas connu les grands débats constitutionnels et n’ont jamais eu l’occasion de se prononcer dans ce débat, ce qui explique que leur idée ne soit pas encore faite. Ils ne sont pas souverainistes, mais pas non plus fédéralistes. Ils sont à convaincre. C’est ce que nous ferons sans relâche, afin de nous assurer que le prochain référendum sera victorieux et de réaliser l’indépendance une fois pour toutes.

Voilà ce qui nous anime.

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