Septembre 2020

Éditorial - Rien ne va plus

Le numéro Septembre 2020 paraîtra le 24.

La légitimité du français au Québec ne va plus de soi. Tout au plus a-t-elle reçu quelques tièdes acquiescements quand une force politique avait entrepris d’en faire un enjeu d’État et pas seulement une affaire d’épanchements existentiels. La force aura été vacillante au point de devenir évanescente, plombée par la lutte acharnée menée contre notre peuple par l’État canadian et ceux qui le servaient et continuent de s’en réclamer, certes, mais surtout effarée de ce que l’expression de la volonté de puissance lui laissait entrevoir. Ottawa a bien saisi la menace. Les démissionnaires s’en sont fait un matériau.

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2020printempsMIGUASHA250Il fallait saluer l’ouvrage de Patrick Couture et l’accueillir dans l’originalité de son propos, comme le fait Pascal Chevrette dans l’entrevue de la présente livraison. La préhistoire du Québec en dit beaucoup plus sur le présent que sur la paléontologie dont se passionne l’auteur.

Un livre transporte toujours plus que son contenu. Le projet de son auteur porte toujours plus loin que ses intentions. Et ce n’est pas d’abord une affaire d’interprétation de son strict contenu. Il est toujours à la fois sédiment, trace et mystère, mais d’abord un artefact du futur. Et c’est là tout l’intérêt de l’audacieux projet qui sous-tend cette entreprise de vulgarisation scientifique. C’est un livre qui donne à penser bien au-delà des connaissances qu’il met en récit. En deçà, devrait-on plutôt dire pour rester dans le registre où il s’inscrit. Car en posant, comme il le fait, le récit des origines, Patrick Couture entraîne ses lecteurs dans un questionnement sur ce qui fait le socle de sa propre entreprise. 

L’histoire de la terre y devient notre histoire. Le récit paléontologique vient ici donner toute l’ampleur du domaine de la référence. Une culture est toujours un point de vue sur le monde. Tout le monde, ce qu’il a été comme ce qu’il peut devenir. Le récit de Couture met en jeu ce qu’il y a de plus fondamental dans la culture : se poser comme référence pour déchiffrer l’univers, se tenir au centre de son monde pour mieux le mettre à distance. La préhistoire livrée dans cet ouvrage n’a rien à voir avec le chauvinisme et tout à révéler de ce que penser veut dire pour une culture qui s’assume. Lire le monde, c’est se l’approprier.

La culture québécoise, à cet égard, reste encombrée des scories d’un passé d’humiliation qui la fait encore douter de l’intérêt qu’elle peut représenter pour elle-même et pour les autres. C’est pour en débarrasser le présent que la paléontologie peut devenir porteuse. Il s’est passé ici des phénomènes fabuleux, notre territoire est un des plus vieux morceaux de la terre, il a été le théâtre de mutations biologiques cruciales et Couture veut qu’on s’en émerveille. « Le Québec n’est pas un endroit médiocre », dit-il, pour lutter contre l’autodénigrement qu’il déplore. On lui sera reconnaissant d’attirer l’attention sur Miguasha, un trésor non seulement méconnu, mais encore et surtout un haut lieu physique et symbolique dont la culture québécoise ne tire pas toute la puissance ontologique, pourrait-on dire.

L’entreprise de Couture dépasse largement son propre projet. Elle témoigne et participe d’une ambition culturelle fondamentale, celle de proposer une interprétation du monde. La construction culturelle de laquelle participe ce livre relève, en effet, d’une entreprise essentielle car la culture sert d’abord à se situer dans le monde en s’en faisant sa propre grille de lecture.

Lier le territoire et l’identité dans une telle ambition est fondamental. C’est pourquoi ce livre est si pertinent dans le contexte actuel. Il pointe la nécessité d’un récit cosmologique, il représente un effort et une preuve que l’univers entier est le domaine de la culture vivante. Et que cette dernière a besoin de multiplier les registres de connaissances pour non seulement pour étendre le domaine de son interprétation, mais aussi pour lui donner une trame forte et singulière.

Aucune culture ne peut renoncer à repousser les limites de ce qu’elle peut faire de la mémoire et des connaissances sans s’infliger de graves mutilations. Il y a dans la parution de ce livre quelque chose comme un événement à bas bruit qui marque pourtant d’une pierre blanche le parcours collectif. Dans la culture québécoise, la puissance métaphorique du récit des origines vient ici rejoindre celle qu’avait soulignée avec force le très beau Patience dans l’azur de l’astrophysicien Hubert Reeves. En ce sens, Miguasha ne devrait pas être considéré seulement comme un parc thématique et un instrument de vulgarisation. C’est un lieu essentiel de mise en lecture de ce que le Québec peut signifier pour lui-même et dans l’univers.

Les Cahiers de lecture participe en quelque sorte d’un projet Miguasha, un projet d’interprétation du monde, de la pensée et des œuvres qui ambitionne de produire une référence partagée. Ce qui se sédimente entre les lignes d’un livre comme dans l’accumulation des numéros de magazine participe de la construction d’un paysage unique. Le paysage de beauté et de mystère que sert la connaissance et sa mise en partage, nous le construisons par ajouts et micro retouches toutes les fois qu’un livre surgit et qu’on en parle. La lecture donne à vivre.

Robert Laplante
Directeur des Cahiers de lecture

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