Octobre 2008

Vol. XCVIII, no 8

Quelle crise des universités

Alors que le capitalisme a cédé la place au système du « management plus bureaucratie «, on monte de toutes pièces un simulacre de puissance pour les propriétaires. C'est de l'escroquerie. Ce mensonge s'accompagne de tout un cérémonial : un conseil d'administration choisi par les directeurs et qui leur est entièrement dévoué, mais que l'on considère comme le porte-parole des actionnaires. Les hommes qui le composent, avec la présence nécessaire d'une ou deux femmes, n'ont besoin que d'une connaissance superficielle de l'entreprise. À de rares exceptions près, on peut compter sur eux pour acquiescer. On donne à ces administrateurs un jeton de présence et un peu à manger, et les directeurs les informent régulièrement des décisions qu'ils ont prises ou de ce que chacun sait déjà. On postule que le conseil d'administration approuvera tout, y compris les rémunérations fixées par eux-mêmes.

J.K.Galbraith, Les mensonges de l'économie, Grasset, 2004, p.44..

Y a-t-il une autre façon de concevoir l’Université ? Les professeurs souhaitent une université savante. Les chercheurs souhaitent une université innovante. Les étudiants souhaitent une université curieuse. La communauté universitaire souhaite une université autonome. Les citoyens souhaitent une université engagée dans le milieu. Tous les éléments de la mission qui incombe aux universités et à leurs professeurs sont là. Si nous souhaitons collectivement une Université dont l’autonomie doit être repensée, en ce sens qu’elle n’est plus sous la toute puissante autorité de ses professeurs et dirigeants, faut-il en faire pour autant une Université affairiste soumise aux lois du marché ? Dans cette perspective, doit-on reconsidérer l’autonomie dont jouissent les universités, augmenter les contrôles publics ou confier à des administrateurs provenant du secteur privé le soin de les administrer ?

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Éditorial - La vérité du régime et les principes de notre lutte

Le Canada n’est pas notre pays. Nous n’y sommes ni par consentement ni par volonté. C’est une vérité que le Québec a toujours eu du mal à admettre tant le joug qui pèse sur lui est étrange et pervers. La logique de l’annexion, si cruellement et bellement décrite par Maurice Séguin, a ceci de particulier qu’elle produit non seulement l’occultation de notre situation objective et de nos intérêts nationaux, mais aussi et surtout qu’elle engendre et entretient une élite d’entremetteurs qui se la font belle à plastronner pour se montrer utiles à la politique des autres. Chaque élection fédérale nous en apporte la pitoyable illustration : ils se bousculent à la parade, les aspirants aux rôles de figurants qui tentent de faire croire qu’ils auront de la grandeur à se trouver du côté du pouvoir.

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L’avenir du Québec et la pétro-oligarchie canadienne

À l’origine du sujet de cette chronique, il y a l’enjeu de l’élection fédérale actuelle. D’autres que moi voudront aborder l’élection sous l’angle de la question nationale, examiner les solutions proposées aux turbulences économiques par les divers chefs de partis, se pencher sur le leadership de Stéphane Dion, évaluer le tournant vert libéral ou – pour les auteurs en panne d’idées – disserter sur la pertinence du Bloc québécois à Ottawa. Puisque ces sujets me semblent peu féconds, ce sera plutôt la lecture récente d’un livre remarquable sur la question du pétrole qui guidera la réflexion que je propose ici.

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Le projet immobilier de l’Université de Montréal

Titre complet:
Le projet immobilier de l’Université de Montréal. Quand la démesure est au rendez-vous !

Le projet d’implanter un second campus de l’Université de Montréal sur le site de l’ancienne gare de triage du CP à Outremont est mis de l’avant avec ferveur par l’actuel rectorat, soutenu par le Conseil de l’Université de Montréal et encouragé par des alliés solides à la Ville de Montréal. Cet ambitieux projet reflète une envie forte d’effectuer un grand bond en avant et participe de la dynamique des grandes réalisations. L’idée d’un nouveau campus concourrait à une revalorisation de l’université et rehausserait sa place dans les priorités sociales, donnant le goût d’y investir. Mais, il faut se demander si la croissance immobilière est la clé du développement universitaire alors que le risque est grand que le projet hypothèque lourdement l’avenir de l’Université de Montréal.

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La petite politique d’un naufrage annoncé

Titre complet: Le Québec et ses universités. La petite politique d’un naufrage annoncé

Les derniers mois écoulés au Québec ont donné de ses universités un spectacle affligeant. La plus jeune d’entre toutes, créée en 1969 spécialement par l’État du Québec au cœur même de Montréal, semblait naufrager sans qu’aucun secours vînt à sa rescousse. Accablée d’une dette colossale amassée par une administration rectorale aventureuse, l’Université du Québec à Montréal (UQAM)1 avoisinait la faillite, dans un climat de grève étudiante qui laissait sourdre une révolte désespérée sans exutoire. Stoïque devant cet enlisement, le gouvernement du Québec a laissé la situation se dégrader, retenant une subvention considérable, comme s’il s’agissait de punir la communauté uqamienne tout entière pour les méfaits de son ancienne administration, après un procès sommaire dont les ministres libéraux de l’Éducation, Jean-Marc Fournier et Michelle Courchesne, furent à la fois les procureurs et les juges. Comme si les frais d’intérêt de la dette immobilière de l’UQAM n’étaient pas suffisants s’y rajoutèrent ceux résultant du manque à gagner ministériel. Les deux rapports préparés par le Vérificateur général du Québec ont heureusement permis de jeter une lumière crue sur le désastre uqamien et d’attester certes la part de responsabilité du recteur Roch Denis et de sa garde rapprochée dans ce cafouillage, mais aussi de révéler l’incompréhensible nonchalance du ministère de Jean-Marc Fournier. De toute évidence, deux institutions ont défailli : le rectorat et l’État.

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Pourquoi en savons-nous encore si peu?

Chercheur postdoctoral, UQAM

Le débat autour du rapport Bouchard-Taylor a très largement porté sur la pertinence du modèle d’interculturalisme défendu par les commissaires et sur leur interprétation générale de la crise des accommodements raisonnables. Assez peu d’attention a été portée à leur interprétation de l’état de l’intégration des immigrants et au rôle de celle-ci dans la construction de leur diagnostic. Mon objectif dans cet article est de montrer à partir de quelques exemples comment les auteurs ont construit leurs conclusions sur une utilisation impressionniste des sciences sociales, et laissé passer de nombreuses contradictions afin d’aboutir à un récit qui leur plaisait. Je soutiendrai qu’ils ont inventé une explication approximative sans chercher à obtenir de données empiriques permettant de la valider, de sorte que les Québécois ne peuvent pas se considérer davantage informés aujourd’hui qu’ils ne l’étaient au début des audiences de la Commission.

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Une critique du double diagnostic de Bouchard et Taylor

Doctorante en sociologie à l'UQAM

Au moment de sa création en février 2007, la Commission de consultation sur les pratiques d’accommodement reliées aux différences culturelles (commission Bouchard-Taylor) se voyait confier la tâche de formuler des recommandations au gouvernement du Québec en matière d’accommodements raisonnables, ces recommandations devant s’appuyer sur une série d’études et de consultations. Après plus d’un an de travail, les coprésidents ont présenté un rapport qui inclut, certes, les recommandations attendues, mais dont une grande part est consacrée à leur lecture de la crise des accommodements raisonnables qui a donné lieu à la création de la commission. Selon les coprésidents, les responsables de la crise seraient d’une part, le groupe majoritaire, et d’autre part, les médias, la crispation identitaire des premiers étant alimentée par le sensationnalisme des seconds. Dans cet article, nous critiquerons ce double diagnostic des coprésidents. Une première partie portera sur le jugement posé par Bouchard et Taylor sur le groupe majoritaire et sur les postulats qui sous-tendent le reproche de « crispation identitaire » qui leur est adressé. Nous nous pencherons ensuite, dans la seconde partie, sur le rôle que Bouchard et Taylor attribuent aux médias dans cette controverse, qu’ils qualifient de « crise des perceptions ».

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action couv 1933Bibliothèque et Archives nationales du Québec a numérisé tous les numéros de L'Action française et de L'Action nationale depuis 1917.

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