Juin-Septembre 2017

Vol. CVII, nos 6-7

Forum Gaspésie 2017. Sortir des approches défensives

Conférence d’ouverture du Forum Gaspésie 2017 prononcée à Bonaventure le 18 mai 2017.

Je vous remercie de l’occasion que vous me donnez de partager avec vous quelques-unes des perspectives qui s’imposent à tous ceux et celles qui ont à cœur le sort de la Gaspésie. Et, croyez-moi, ce ne sont pas seulement des Gaspésiens et des Gaspésiennes, loin de là : je ne conçois pas l’avenir du Québec sans une Gaspésie prospère.

À cet égard, disons-le d’entrée de jeu : s’il reste beaucoup à faire, la région peut compter sur un très fort potentiel. Et je pèse mes mots. Les travaux que nous avons menés dans la région avec mes collaborateurs de l’Institut de recherche en économie contemporaine, les échanges que nous avons eus avec des passionnés, des entrepreneurs en tous genres, justifient cette conviction. Les difficultés ne doivent pas faire écran aux nombreux possibles qui restent ouverts. Des possibles qui peuvent se réaliser si l’on est en mesure de réunir les conditions de succès qui en feront non seulement des réalisations, mais aussi des sources d’inspiration. Il faut le redire, rien n’est plus utile à la construction du pays qu’une culture du succès.

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Hochelaga fantasmé ou historique ?

Le 150e anniversaire de la Confédération canadienne et le 375e anniversaire de la fondation de Ville-Marie sont une occasion de se remémorer des faits, lieux et personnes qui ont façonné notre histoire. Les plaques et monuments sont une façon de le marquer de façon officielle dans l’espace public : ils suscitent l’intérêt des passants et des touristes. Mais ces plaques commémoratives disent-elles toujours la vérité ? On peut en douter quand on connaît l’existence de deux plaques commémoratives du voyage de Jacques Cartier à Hochelaga en 1535 : l’une se trouve au centre-ville sur le terrain de l’université McGill et l’autre sur la façade de l’église de la Visitation dans l’arrondissement Ahuntsic-Cartierville. 

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De la grandeur française en Amérique

Il nous avait compris, le vieux général.

Mieux que nous-mêmes, lui savait, voyait, entendait qu’il y avait ici de la grandeur à fabriquer. Refoulée par deux siècles d’anglitude, cette grandeur toute française qui, ayant épousé ce vaste continent, habite au creux de notre âme, cette grandeur était enfin appelée à éclore.

Il fallait tirer ce peuple des limbes de l’Histoire, en invitant par la même occasion ses habitants à déguédiner. Il fallait régler notre sort et rendre à la Francophonie ce qui lui appartient.

C’est bien ce que de Gaulle voulut faire, un certain mois de juillet 1967, lui qui sans détour, nous reconnut une faculté de liberté et d’envergure et plus encore ; une stature digne d’un authentique statut de Nation et d’État.

La plupart adorèrent.

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Le démantèlement de la nation (chronique 15)

La période couverte s’étend du 21 février au 22 mai 2017.

Cela a fait 35 ans le 17 avril que le Québec vit sous l’empire d’une Constitution canadienne qui lui a été imposée. Aucun gouvernement québécois, y compris celui de Jean Charest, n’a accepté le coup de force perpétré en 1982. Or, le gouvernement de Philippe Couillard a refusé d’accepter un projet de motion réaffirmant que la loi constitutionnelle de 1982 « a eu pour effet de diminuer les pouvoirs et les droits du Québec sans son consentement » (14 avril). Il a même refusé que l’Assemblée nationale en débatte. Mais les faits parlent.

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De Gaulle, Pearson : l’impossible dialogue

Lorsque Charles de Gaulle fait son arrivée à l’Hôtel de Ville de Montréal, en début de soirée, le 24 juillet 1967, le premier ministre canadien Lester B. Pearson regarde l’événement en direct, à la télévision, de sa résidence officielle du 24 Sussex à Ottawa. Dans le troisième tome de ses Mémoires, Pearson raconte sa réaction immédiate1. En criant « Vive le Québec libre ! », de Gaulle reprenait selon lui le slogan des « séparatistes ». Il y voit une « insulte au gouvernement fédéral ». Bien que la formule ait peut-être échappé à De Gaulle, pense Pearson, vu l’enthousiasme de la foule, il n’était pas le genre d’homme à improviser. Ce qui l’irrite le plus dans ce discours, ce qui le rend carrément « furieux », c’est l’évocation de l’atmosphère de libération qui rappelle à De Gaulle le Paris d’août 1944. Pour ce vétéran de la Grande Guerre, grand diplomate de carrière, hostile à tous les totalitarismes, cette comparaison est non seulement blessante, elle est carrément « inacceptable » – le mot sera repris dans le communiqué du lendemain.

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De Gaulle se souvient de la dette de Louis XV

Pour percevoir ce que Charles de Gaulle a voulu faire en juillet 1967 au Québec, et jusqu’au discours demeuré fameux « Vive le Québec libre ! », sans doute convient-il de commencer par le commencement, c’est-à-dire s’interroger sur le « pourquoi ». Or, poser la question du « pourquoi », c’est d’abord s’interroger sur les raisons qui poussent le chef de l’État français à se rendre à l’invitation qui lui est faite de visiter l’Exposition universelle de Montréal de 1967.

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Le voyage du général de Gaulle et l’accélération de la coopération

Docteur en histoire

Cinquante ans après la disparition de Hector Fabre, qui avait occupé le poste d’agent général de la Province de Québec en France, de sa nomination en 1882 à sa mort en 1910, l’ouverture de la Délégation générale du Québec à Paris, à l’initiative de Georges-Émile Lapalme, a permis de renouer les liens politiques entre les deux gouvernements1. Lors de son séjour à Paris pour présider à l’inauguration de la représentation québécoise en octobre 1961, le premier ministre Lesage est reçu à l’Élysée, où de Gaulle lui fait part de son désir de renforcer les relations dans tous les domaines avec le Québec2.

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France-Québec : la langue, un signe de souveraineté

Puisqu’on me propose de vous parler de la langue comme signe de souveraineté, je pense qu’il nous faut d’abord s’interroger sur cette idée de souveraineté appliquée à l’appartenance à une langue, à l’enracinement linguistique, donc culturel. La langue est une patrie, disait Camus. Elle est à la fois l’ultime patrie des pauvres, l’ultime patrie de ceux qui n’en ont plus aucune autre, le lien naturel de l’homme avec les autres hommes qu’elle constitue en peuple, en nation, en libre souveraineté juridique parfois ; sauf que la langue est aussi praticable comme instrument de domination par les puissants et les riches, puisqu’en fin de compte ils n’ont jamais de triomphe parfait que lorsqu’ils ont imposé leur langage, c’est-à-dire leur façon de penser, puis leur langue, aux hommes et aux peuples qu’ils ont su rendre tributaires. La langue devient alors, non plus un vecteur de liberté, mais un vecteur de formatage des esprits et des comportements au service d’une organisation exclusive du monde.

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Un tribunal qui légifère et qui se mêle de politique

L’origine et la nature des compétences judiciaires de la Cour suprême – notre tribunal de dernière instance depuis 1949 – ont toujours été au Québec un sujet de questionnement, une source d’inquiétude, une cause d’irritation et de mécontentement.

Les révélations, faites par l’historien Frédéric Bastien, d’ingérence politique en haut lieu par deux de ses membres, lors du coup de force de 1982, nous ont forcés à nous pencher une fois encore sur la « légalité », la « légitimité », la « loyauté », et la « bonne foi » de cette institution dont la fonction officielle est pourtant de « sauvegarder » l’ordre constitutionnel, et non de le « renverser » par des manœuvres clandestines et illégales.

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Collections numériques (1917-2013)

action couv 1933Bibliothèque et Archives nationales du Québec a numérisé tous les numéros de L'Action française et de L'Action nationale depuis 1917.

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