Février 2020

Vol. CX, no 2

Éditorial - Les grenouilles dans la marmite

2020fevrier250Acheter ce numéro

Il faut se rendre à l’évidence, les Québécois ont une aptitude inouïe à composer avec l’échec. Cela a toujours été vrai, mais les choses ont pris une tournure inédite depuis le référendum volé de 1995. Volé ? Les notables souverainistes ont mis des années avant de laisser prononcer le constat dans leur entourage. Le bougonnage de Lucien Bouchard, hostile à tout combat national et plus enclin à s’en prendre à son peuple qu’à le guider sur les voies du dépassement, suffisait alors à faire comme si se résigner pouvait nous accorder le certificat de sainteté requis pour oser, un jour, se dresser contre Ottawa. Le gouvernement canadian a eu le champ libre et il ne s’est pas privé d’en profiter.

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L’article 72 de la Charte de la langue française saboté par les autorisations particulières

Ex-directrice de la planification, ministère de l’Immigration, de la Diversité et de l’Inclusion.

Il y a une perception tenace qui règne au Québec voulant que l’obligation de l’enseignement primaire et secondaire en français, pour tous sauf les « anglophones de souche », assurera la pérennité du français au Québec1. On met tous nos œufs dans le panier que constitue le principe énoncé par l’article 72 de la Charte de la langue française : « L’enseignement se donne en français dans les classes maternelles, dans les écoles primaires et secondaires sous réserve des exceptions prévues au présent chapitre2 ».

S’il est vrai que de plus en plus d’enfants allophones se trouvent dans les écoles françaises et que le secteur anglais au Québec a vu sa part de l’ensemble des élèves au Québec baisser depuis le sommet de 15,7 % en 1971, cette part en 2015 est exactement la même qu’en 1991, c’est-à-dire 9,6 %. Comment cela se peut-il ? La réponse se trouve dans le même article 72 : « sous réserve des exceptions prévues au présent chapitre ».

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Les cégeps français à Montréal : le début de la fin ?

Quand la situation était encore gérable, elle fut négligée, et maintenant qu’elle est catastrophique, nous appliquons trop tard les remèdes qui, utilisés à temps, auraient conduit à la guérison (Winston Churchill).

Au Québec, l’offre de places d’étude et de programmes dans la langue de la minorité anglophone est abondante à tous les niveaux scolaires. Qui plus est, la part relative du réseau anglophone s’accroit au fur et à mesure que l’on gravit les échelons du système d’éducation québécois. Ainsi, on retrouve dans le réseau anglophone 9,3 % des places d’études aux niveaux préscolaire, primaire et secondaire1, 19 % au niveau collégial2 et 25,4 % au niveau universitaire3. Ceci alors que les anglophones constituaient 8,1 % de la population du Québec en 20164. On remarque que, malgré les contraintes d’accès au réseau primaire et secondaire de langue anglaise mises en place par la Charte de la langue française, la proportion de places au primaire et secondaire (9,3 %) y est légèrement supérieure à celle de la population anglophone d’âge scolaire de 0 à 14 ans (9,2 %)5.

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La mort en direct pour l’article 23 de la Charte canadienne

Titre complet:
Écoles francophones hors Québec
La mort en direct pour l’article 23 de la Charte canadienne

Les francophones de l’Ouest canadien ont déjà essuyé un dur camouflet lorsqu’en 2015 la Cour suprême du Canada les a déboutés dans la cause Caron-Boutet qui cherchait à faire reconnaître le bilinguisme législatif et juridique en Alberta et en Saskatchewan en vertu des promesses faites par Londres avant la création de ces provinces1. Mais c’est une véritable gifle que toutes les communautés francophones minoritaires risquent d’essuyer si la cause portée par les francophones de Colombie-Britannique contre leur gouvernement provincial encaisse pareille rebuffade. Actuellement en délibéré et attendue dans les semaines à venir, la décision du plus haut tribunal du pays pourrait bien équivaloir à la mise à mort de l’article 23 de la Charte canadienne des droits et libertés qu’on nous louange depuis 1982 comme constituant un véritable rempart garantissant les droits scolaires des francophones du Canada anglais. Rappelons les faits.

Restaurer le français langue officielle

Extrait de l’ouvrage de François Côté et Guillaume Rousseau, Restaurer le français langue officielle. Fondements théoriques, politiques et juridiques pour une primauté du français langue du droit, Institut de recherche sur le Québec, 2020

En septembre 2011, était déposé à l’Assemblée nationale du Québec l’avant-projet de loi instituant le nouveau Code de procédure civile. Peu après, des avocats de Montréal ont entrepris d’analyser cet avant-projet de loi afin d’y trouver des erreurs dans la version traduite en anglais, le cas échéant. Suite à une analyse ayant couvert près de la moitié des 800 articles de cet avant-projet de loi, ils ont conclu qu’environ 20 % de ces articles présentaient des problèmes de forme (terminologie, divergence avec la version française, ambigüité, etc.)1.

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Pour une nouvelle dynamique Québec-Acadie

Même si on a souvent l’impression que les peuples québécois et acadien sont des peuples ennemis, l’analyse permet de conclure que l’on est plus amis. Mais il est vrai que le peuple québécois souffre d’ignorance et d’indifférence face au peuple acadien. En contrepartie, le peuple acadien souffre de ressentiment allant jusqu’au « Québec bashing ». Les deux peuples doivent s’amender en conséquence en corrigeant leur tir. Tout en récapitulant certains faits qui nous ont caractérisés, ce texte vise surtout à visualiser de futurs rapports plus conviviaux et plus solidaires.

Faut-il abolir ÉCR ?

Professeure de sociologie, Cégep de Saint-Jérôme. Conférence prononcée au colloque de l’Institut de recherche sur le Québec (IRQ) le 2 novembre 2019 (mise à jour janvier 2020)

En octobre dernier, dans le cadre d’un cours sur les problèmes sociaux que je donnais au Cégep de Saint-Jérôme, j’ai présenté en classe le débat de l’émission Zone franche sur l’encadrement du port de signes religieux1. Pendant le visionnement, les étudiants devaient répondre à une série de questions qui se rapportaient aux interventions de chacun des huit participants au débat.

J’ai observé mes étudiants pendant la diffusion. Leur perplexité était palpable. On aurait dit que c’était la première fois qu’on leur présentait cet enjeu comme un débat dans lequel plusieurs points de vue étaient légitimes. Leurs yeux s’écarquillaient chaque fois qu’un défenseur de la loi 21 présentait son point de vue.

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La souveraineté : enjeu principal du XXIe siècle numérique

Président de FACiL. Texte produit dans le cadre de la soirée-débat des Intellectuels pour la souveraineté (IPSO) du 28 novembre 2019 sur le thème « Les technologies numériques et l’indépendance ».

Aujourd’hui, il n’est pas un domaine de l’activité humaine qui échappe à la déferlante numérique, qui est passée en quatrième vitesse dans les années 1990 avec le branchement à Internet de pratiquement toutes les organisations et de tous les ménages des nations dites développées, dont la nôtre. Les bienfaits de l’ordinateur branché à Internet étant aussi facilement perceptibles et quasi irréversibles que ceux de l’électricité, personne ne songe déjà plus à proposer de revenir en arrière, malgré les désordres et les reculs tout aussi perceptibles que la transition numérique nous impose.

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Serge Cantin. La distance et la mémoire

Serge Cantin
La distance et la mémoire. Essai d’interprétation de l’œuvre de Fernand Dumont
Québec, Presses de l’Université Laval, 2019, 426 pages

Qui lit encore Fernand Dumont ? Quelle est donc cette prose, pas tout à fait philosophique et pas tout à fait sociologique non plus, qui s’énonce souvent au « je » et entremêle réflexion théorique, analyses de la société québécoise et expériences vécues par l’auteur ? D’un abord difficile, la prose dumontienne, en outre, ne sent-elle pas le soufre : « culture », « nation », « mémoire », etc., n’a-t-on pas affaire là à un auteur que l’air du temps enjoint de considérer avec suspicion voire de tenir à distance ?

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Pierre Mouterde. Les impasses de la rectitude politique

Pierre Mouterde
Les impasses de la rectitude politique
Montréal, Les Éditions Varia, 2019, 167 pages

Longtemps l’auteur a éprouvé des sentiments contradictoires devant la rectitude morale et politique. D’une part, l’obligation venue des campus étatsuniens, qui conduit les interlocuteurs à dire les choses par métaphore et à adopter une posture morale, l’importunait. D’autre part, dans la tendance à dénoncer le mal-fondé du phénomène, il voyait la marque distinctive des droites, qui en faisaient le vecteur de leur défense de la liberté d’expression. Il a décidé de s’engager dans l’analyse de la bien-pensance actuelle quand il a constaté qu’elle dominait une partie de la gauche et minait de l’intérieur ses projets de transformation sociale. En effet, à l’examen des mots et des discours, il est légitime de demander « si la gauche – tout au moins ses courants hégémoniques – n’est pas en train de perdre quelque chose de son sens critique premier, voire de son élan subversif et révolutionnaire des origines » (p. 14).

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action couv 1933Bibliothèque et Archives nationales du Québec a numérisé tous les numéros de L'Action française et de L'Action nationale depuis 1917.

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