Numéros publiés en 2012

Éditorial - Nous ne sommes pas des «francophones»

2012janvier250

Tous les assauts portés contre la loi 101, toute la guerre de propagande conduite contre la vocation intégratrice de la culture québécoise donnent aujourd’hui leurs fruits. Le combat linguistique est à reprendre. Il est à refaire non pas pour les raisons intrinsèques à notre situation démographique – nous sommes une poussière sur le continent et cela nous obligera toujours à la plus grande vitalité. Non, il est à refaire parce que notre régression politique est en passe de nous faire perdre des repères que nous pensions avoir pourtant bien plantés dans notre paysage idéologique et notre bagage culturel.

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E. Brouillet et L. Massicotte (dir.) Comment changer une Constitution?

Eugénie Brouillet et Louis Massicotte (dir.)
Comment changer une Constitution ? Les nouveaux processus constituants, PUL, 2011, 152 pages

Fille de la Liberté et de la Raison, fondement de tout État de droit, la Constitution est un sujet d'intérêt permanent, particulièrement pour les juristes et les politologues. Comment changer une Constitution ? Les nouveaux processus constituants, un ouvrage dirigé par une juriste et un politologue, Eugénie Brouillet et Louis Massicotte, mérite a priori une certaine attention.

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Qu'est-ce que le trudeauisme?

Le trudeauisme est une idéologie qui se définit bien par ce à quoi elle s’oppose avec virulence : le nationalisme québécois. Le trudeauisme est d’abord une idéologie antagoniste au nationalisme québécois et, pourrait-on arguer, à l’identité québécoise. En lieu et place de la défense de cette identité comme de l’affirmation de l’autodétermination des Québécois, le trudeauisme a proposé un nouvel idéal canadien assorti d’une nouvelle identité. Cette identité se veut bilingue et cosmopolite et s’appuie sur un nouvel État central fort, presque impérieux. L’État central canadien, dans la vision trudeauiste, doit prendre plus de place au détriment des États provinciaux dans la vie des Canadiens. Il doit s’affirmer avec intransigeance et développer une intense fierté dans le nouveau Canada, basée sur l’idée que le Canada est un phare pour l’humanité cosmopolite de demain, en fait de la mondialisation d’aujourd’hui. L’idéal politique trudeauiste triomphe avec le rapatriement de la constitution sans l’accord du Québec, négocié en 1981 et réalisé en 1982. Au total, Trudeau parvient à bloquer l’émancipation du Québec de la façon suivante :

a) Échec au biculturalisme

b) Échec au Québec français

c) Échec à la souveraineté-association

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Penser la politique spectrale II

Résumé – Nous étudierons, dans cette deuxième partie (Penser la politique spectrale I, Novembre-Décembre 2011), le retour des fantômes au service de l’identité canadienne, c’est-à-dire de cette nouvelle identité forgée par les conservateurs majoritaires au pouvoir dans la maison hantée. Nous demanderons par la suite s’il convient de prendre les « revenants » au sérieux. Par le rappel de quelques anecdotes politiques récentes, nous réaliserons que les fantômes sont sérieux. Dans le contexte du repliement identitaire, le Québec, qui ne doit plus rire de sa situation (celle de la décomposition de son mythe moderne), peut recourir à la spectropolitique pour repenser sa situation historico-politique, laquelle exige désormais la formation d’une jeune élite capable de rencontrer les fantômes, d’interpréter leur message afin de les exorciser dans le but ultime de persuader le peuple de l’importance de sa liberté.

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Pierre Bédard, les Canadiens et la guerre de 1812

Si les Québécois avaient une meilleure connaissance des luttes menées pour la défense de leur démocratie, le nom de Pierre-Stanislas Bédard (1762-1829) serait universellement connu et honoré. Né à Charlesbourg sous l'occupation militaire britannique, Pierre Bédard était jeune étudiant au Séminaire de Québec à l'époque de la guerre de l'indépendance américaine et du siège de Québec par les troupes « bostonnaises » en 1775-1776. Élève intelligent et doué, passionné de philosophie, de mathématiques et de sciences, il eut l'occasion pendant ses études de réfléchir aux grands enjeux politiques de son siècle. Au cours des années 1780, pendant sa formation en droit, il participe au débat réformiste et se joint à ses compatriotes qui pétitionnaient pour obtenir une Chambre d'assemblée élue. Lecteur de Locke et de Montesquieu, il s'initie aux principes d'une représentation parlementaire et d'un pouvoir législatif solide essentiel à l'administration d'un État.

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L'idée de république à travers la résistance à l'enrôlement obligatoire

Ce sont là ces droits inestimables qui forment une partie considérable du système modéré de notre gouvernement, laquelle en répandant sa force équitable sur tous les différents rangs et classes de citoyens, défend le pauvre du riche, le faible du puissant, l’industrieux de l’avide, le paisible du violent, les vassaux des seigneurs, et tous de leurs supérieurs.
Lettre du Congrès continental aux habitants de la province de Québec
26 octobre 1774

Depuis quelques années, des recherches importantes ont été menées afin de démontrer la persistance de l’idée de république dans l’histoire du Québec. Les tirs croisés d’historiens et de sociologues de divers horizons convergent en gros pour soutenir que :

Le républicanisme est un idéal politique dont l’existence au Québec a, de manière étonnante, été largement ignorée par notre historiographie, qui semblait réfléchir en fonction des catégories politiques des partis officiels du XXe siècle: libéraux et conservateurs[1] ».

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Ô liberté!

A peine un mot, et nous voilà en flammes.
Pourquoi ton seul nom nous émeut jusqu’à l’âme.
Liberté ! Liberté chérie !
– Antoni Slonimski, poète polonais

Le langage exprime essentiellement ce que nous pensons, ce que nous projetons, ce que nous éprouvons, qui nous sommes finalement. Les mots renvoient directement à des éléments de la réalité que nous nous faisons des choses, de l’actualité et de l’avenir que nous anticipons. Aussitôt prononcés, ils ne sont toutefois plus sans incidence, ils ne nous appartiennent plus. Ils deviennent « des intentions agissantes », par le sens qu’ils revêtent dans la tête de ceux et celles qui les reçoivent. Pouvant transporter les sentiments des collectivités tout autant que les éteindre, ils détiennent un puissant pouvoir de mobilisation.

Comment alors expliquer que ce fabuleux mot « Liberté » (incarné dans le bleu du tricolore de la Révolution française) jadis investi de la glorieuse auréole du combat pour la libération des peuples contre la domination des forts, occupe une place aussi effacée dans notre vocabulaire politique ?

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Fin de la mascarade trudeauiste

Les commémorations élaborées de la guerre de 1812 que le gouvernement conservateur de Stephen Harper a décidé de déployer s’attirent nombre de critiques au Québec. Cette commémoration se déploie en conjonction avec le jubilé de la reine Elizabeth II que le gouvernement fédéral a choisi de souligner en grande pompe et, il faut le noter, avec un vaste revival des symboles monarchiques dans l’appareil gouvernemental et les activités symboliques qu’il finance (comme la Fête du Canada). On est pourtant en droit de se demander si le Québec, paradoxalement, n’aurait pas à y gagner une vision plus claire de lui-même. C’est ce qu’il nous faudra tenter d’exposer.

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La république de nulle part

À entendre les cris d’orfraie poussés par les médias québécois depuis que le gouvernement Harper a remis à l’honneur les symboles royaux qui ont toujours servi de fondements à l’État canadien depuis la Conquête, on pourrait croire que le Québec serait naturellement, spontanément, de toute évidence, une terre hospitalière à la république. Or, justement, ce n’est pas le cas.

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Les excommuniés de Saint-Michel

Au début de 1775, la Côte-du-Sud qui, 16 ans plus tôt, avait subi les affres de la conquête (incendies gratuits de près de 1500 bâtiments de Lotbinière à Kamouraska) est courtisée par les insurgés américains qui assiègent Québec, capitale fortifiée. Ils seront très nombreux, parmi les habitants, à vouloir adhérer au message des républicains du sud et, le cas échéant, à possiblement appuyer leurs troupes. On est certes divisé dans les paroisses sur la question, mais on compterait, semble-t-il, plus d’habitants disposés à soutenir les Bostonnais que de volontaires pour défendre les Britanniques. Face à la menace d’un soulèvement citoyen, Mgr Briand, homme autoritaire, lié d’amitié avec le gouverneur Carleton depuis plus de dix ans, apôtre de la collaboration et de la soumission en remerciements pour l’Acte de Québec, est chargé de calmer les esprits. En mai, il exhorte les paroissiens de Saint-Thomas à rester soumis aux maîtres britanniques. Par l’entremise de ses porte-parole, curés ou missionnaires de paroisses, il exige obéissance en publiant le fameux mandement le 22 mai 1775 :

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action couv 1933Bibliothèque et Archives nationales du Québec a numérisé tous les numéros de L'Action française et de L'Action nationale depuis 1917.

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