Numéros publiés en 2009

Les mots qui nous gouvernent. Le discours des premiers ministres québécois : 1960-2005

Dominique Labbé et Denis Monière
Les mots qui nous gouvernent. Le discours des premiers ministres québécois : 1960-2005, Monière-Wollank Éditeurs, 2008, 249 pages

« Le style, c’est l’homme », disait Flaubert. Dans son Dictionnaire critique de la globalisation, Jacques B. Gélinas parle des « mots du pouvoir et du pouvoir des mots ». L’ouvrage des politologues Dominique Labbé et Denis Monière présente une analyse scientifique du choix des « mots du pouvoir » dans le discours des premiers ministres québécois depuis la Révolution tranquille. De cette analyse rigoureuse ressortent des indications précises sur le style et sur le choix des stratégies de communication de chacun des locuteurs, et sur l’évolution des thématiques qui scandent l’histoire du Québec.

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Le cours ECR et le renouveau pédagogique

Rarement a-t-on vu une ambition collective être détournée à ce point. Les Québécois avaient élu, en 1994, un gouvernement qui devait recentrer l’école autour des matières de base, consacrer plus de temps au français, à l’histoire et aux sciences. - Éric Bédard1

Comment imaginer une démocratie où des citoyens responsables émergeraient des déserts de l’esprit ? - Fernand Dumont2

Dans Raisons communes, Fernand Dumont s’interrogeait : « Qu’avons-nous fait de la culture ? » Pour y répondre, il revenait sur un texte qu’il avait écrit en 1974 en réaction à la dégradation de la culture et de l’éducation qui se manifestait de manière éclatante à l’occasion de la publication d’un manifeste de la CEQ, L’école au service de la classe dominante, qui dénonce la culture comme un des éléments de l’aliénation des couches populaires. Dumont y voyait un détournement des aspirations de la Révolution tranquille. Dans ce texte, Dumont commence par évoquer une nouvelle pièce de théâtre : « “Pour faire changement à l’heure du lunch, écrit le critique du Devoir … un divertissement facile, agréable […] L’amour c’est le Q… et le Q c’est l’amour. Tel est le sujet de la pièce. […] La façon amusante dont le sujet est traité aide à distraire le public.” […] Elle aide aussi, je présume, à oublier Tristan et Iseult3 » note, caustique, Fernand Dumont. Voilà pour le climat général, qui n’a, au fond, guère changé. Ce climat n’est pas sans incidence sur l’école, surtout que celle-ci est en pleine transformation. Il faut la mettre au goût des idéologies d’avant-garde du jour. Dumont poursuivait :

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Éditorial - Le grand remue-méninges

2009mars250La Caisse de dépôt et placement du Québec a déménagé dans le village global, elle s’est lancée dans la parade néo-libérale avec une candeur qui n’avait d’égale que son immense capital de confiance dont elle a abusé en l’absence de vigilance collective. Nous venons de recevoir la facture de ses excursions. Un désastre. Un autre qui vient s’ajouter au cortège de nouvelles éprouvantes qui tombent semaine après semaine : mises à pied massives, crise forestière, état toujours lamentable du système de santé, statistiques accablantes sur le décrochage scolaire. La province ne va pas bien du tout. Et ceux-là qui s’aviseraient de tenter un portrait d’ensemble sont d’avance prévenus : ici la médiocrité médiatique fait la loi, façonne les perceptions et oriente le débat public, il n’est donc pas question d’essayer de surmonter l’éparpillement et de se penser dans la réalité de la nation. Les choses vont déjà assez mal, il faudrait qu’en plus, des sectaires y plaquent le primat du national sur le droit des grabataires ou sur les angoisses des cotisants aux régimes de retraite !

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Pour en finir avec une imposture: la « laïcité ouverte »

Au nom de quoi, sur certaines questions touchant l’avenir de la nation, les choix politiques ne devraient-ils par exprimer des préférences collectives ? Comme si, concernant ces questions, les « bons sentiments » pouvaient remplacer une pensée politique […] les nouveaux Tartuffe ne font guère qu’exercer et renforcer leur pouvoir symbolique. Sans considération pour l’avenir de leur nation.
- Pierre-André Taguieff

Qu’est-ce que la « laïcité ouverte » ? Dans un récent texte, visant à répondre à la question « l’école québécoise est-elle laïque ? », Rachida Azdouz évoque « la notion de laïcité ouverte telle que prônée par le Québec1 ». Comment, par le Québec ? Le Québec est-il au courant ? Le peuple québécois a-t-il opté pour la « laïcité ouverte » après avoir délibéré de cette question ? Je crois que l’écrasante majorité de nos concitoyens serait bien en peine d’expliquer cette nouveauté et ce néologisme. L’État québécois a-t-il adopté une grande politique officielle de « laïcité ouverte » ? Force est de répondre trois fois « non ». Il s’agit bien plutôt de la créature d’une certaine tribu d’intellectuels : ceux-là mêmes qui étaient en majorité dans les comités d’experts de la commission Bouchard-Taylor et dont le rapport reflète les opinions. Or ce concept est avant tout une supercherie intellectuelle. En effet, de quoi parle-t-on sinon d’une laïcité qui n’en est pas une ?

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L’éducation supérieure dans l’ombre d’un drôle d’État

Titre complet: L’UQAM, sauvée par une grève ? Ou l’éducation supérieure dans l’ombre d’un drôle d’État

Dans le courant du printemps, la crise financière qui avait secoué plusieurs universités québécoises et qui avait atteint son paroxysme dans les dérives immobilières de l’UQAM a connu un curieux dénouement. Après une grève des professeurs de l’institution de sept semaines en passe de mettre en péril la validation du semestre de dizaines de milliers d’étudiants une entente conclue in extremis entre le gouvernement québécois et le syndicat des professeurs (SPUQ) semble avoir sauvé l’institution du désastre ou de la stagnation programmée. Il y a sans doute beaucoup de choses à dire sur le fait que des professeurs d’université votent massivement une grève, en pleine crise économique, et se laissent embrigader par de petits soviets syndicaux pour décrocher des salaires majorés. Je réserverai mes commentaires sur cet aspect de la grève dans un autre texte, à une autre occasion. Tâchons d’y voir d’autres dimensions et d’en tirer les conséquences.

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Éditorial - Notre État contre nous-même

Le jugement de la Cour suprême du Canada invalidant la loi 104 – une loi votée à l’unanimité par notre Assemblée nationale pour mettre fin aux stratagèmes de contournement de la loi 101 – n’aura pas fait beaucoup de bruit. Quelques déclarations ici et là, une décevante prestation du Bloc québécois, pourtant aux premières loges pour lancer la charge, mais rien de substantiel, comme si la résignation avait déjà pavé la voie à ce tribunal étranger. Il aura fallu l’action de la Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal pour que les choses commencent à prendre forme.

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Jeter les bases d'un nouveau nationalisme

L'auteur est juriste, chercheur et analyste
Cet article a reçu une mention honorable lors de la remise du prix André-Laurendeau 2009

Le 20 janvier dernier, les États-unis procédait à l’assermentation de leur 44e président. Deux choses m’ont particulièrement frappé en cette journée mémorable. La première est cette capacité des grands hommes d’État comme Barrack Obama de s’élever au-dessus des contingences ordinaires et de se projeter, lui et la nation, dans l’avenir. La seconde, c’est cette formidable vue du National Mail, entre le Capitole, la Maison blanche et le monument commémoratif d’Abraham Lincoln, symboles forts d’unité et de foi en un pays où s’étalait toute cette foule venue des quatre coins des États-Unis. Plus frappant encore, c’était de voir ces hommes et ces femmes ainsi réunis, les institutions et les symboles incarnant la nation.

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Énergie éolienne et développement régional

Le marché est un grand serviteur, mais un très mauvais maître.
(Rafael Correa, président de l’Équateur)
Prix André-Laurendeau 2009

Quel type de développement régional doit-on poursuivre ? Comment l’assurer, et en faveur de qui ?

Ce sont là des questions complexes. Pour les traiter, je compte les aborder ici sous l’angle écologique, conjuguant économie, politique et éthique. Cette perspective influence à présent nombre de politiques publiques. L’approche écologique change radicalement la façon d’envisager notre mode de vie, qu’on parle modèles de développement ou habitudes de consommation.

Cette problématique porteuse ratisse par conséquent très large, un atout indispensable pour affronter les graves questions qui plombent actuellement l’horizon. L’on songe évidemment au réchauffement climatique qui mobilisera les énergies au cours des prochaines décennies, mais qui n’est pas propre aux régions.

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Louise Harel tente sa chance. Une nouvelle reine pour Montréal ?

La course à la mairie de Montréal s’annonce peu banale. Une indépendantiste et sociale-démocrate veut accéder à la mairie d’une ville comptant une forte minorité d’anglophones ! Compte tenu des difficultés de son adversaire, il semble même qu’elle aurait des chances réelles de l’emporter. Or ce dernier disposait, en 2005, de solides appuis même dans les districts francophones. Les élections du 1er novembre prochain seront vraisemblablement beaucoup plus serrées, laissant peu de place à l’erreur.

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Collections numériques (1917-2013)

action couv 1933Bibliothèque et Archives nationales du Québec a numérisé tous les numéros de L'Action française et de L'Action nationale depuis 1917.

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