Numéros publiés en 2009

La métamorphose d’un livre

La facture de ce livre, dans le détail comme pour l’ensemble, est déconcertante. Les pages, les différentes parties de cet étrange et insaisissable récit, restent ouvertes, ne se referment pas, sauf, quant aux phrases, par la forme, qui est, dans le détail, celle d’un écrit remarquable par le style. L’auteur évoque les Îles-de-la-Madeleine.

Ce récit est impossible à saisir comme un tout. Il ne se boucle pas comme une histoire que l’on raconterait, et il en va de même pour chacun des épisodes, à tout moment tronqués. Tout s’évase, se dissipe, se perd à chaque moment. L’ensemble aussi s’ouvre on ne sait sur quelle béance. Cet inachèvement, constant, peut être considéré comme un procédé d’art et c’en est un, sans doute.

Singulier parti pris. L’auteur imprime délibérément à son récit, à son discours narratif, intermittent, à chaque pas, une altération, une brisure, grâce auxquelles une poésie peut fleurir, fleurit effectivement.

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La fabrique du multiculturalisme : le cours Éthique et culture religieuse en contexte

Texte d’une conférence prononcée lors de la table-ronde de l’Institut de recherche sur le Québec sur le thème: l’école au service du multiculturalisme le 4 juin 2009 à Montréal.

Un simple mot d’abord pour vous remercier de votre présence nombreuse. Cette table ronde représente un événement important dans l’entreprise menant à la renaissance d’un mouvement nationaliste décomplexé capable de formuler des propositions fortes sur les questions touchant à l’avenir du Québec. Ce travail est indispensable pour que renaisse intellectuellement et politiquement le mouvement nationaliste qui manque au Québec et qui seul peut sérieusement critiquer les idéologies qui travaillent aujourd’hui à la déconstruction de la société québécoise. J’ajoute qu’il ne s’agit pas d’abord de faire renaître un mouvement de masse, mais surtout un mouvement intellectuel porteur de propositions fortes pour la réaffirmation de l’identité québécoise. Le nationalisme à réaffirmer sera vidé des scories idéologiques qui ont paralysé le souverainisme officiel depuis plusieurs décennies au point d’en faire un vecteur de l’impuissance politique québécoise.

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Josianne Paul. Exilés au nom du roi : les fils de famille et les faux-sauniers en Nouvelle-France

Josianne Paul

Exilés au nom du roi : les fils de famille et les faux-sauniers en Nouvelle-France, 1723-1749. Sillery, Septentrion, 2008. 211 pages (Coll. « Les cahiers du Septentrion », no. 32).

Josianne Paul est doctorante à l’Université d’Ottawa. Dans Exilés au nom du roi, elle analyse un mode particulier de peuplement de la Nouvelle-France, employé durant la première moitié du 18e siècle : le recours à la justice retenue et à l’une de ses manifestations, les lettres de cachet, pour exiler de France des « indésirables » et les transplanter, si possible, dans sa colonie laurentienne. La notion de justice retenue recouvre les interventions judiciaires royales effectuées en dehors du système de justice ordinaire. Parmi ces interventions figurent les lettres de cachet, ordres royaux portant condamnation, sans tenue de procès. Trois catégories spécifiques d’individus prirent le chemin de l’exil en Nouvelle-France de cette manière : des prisonniers de droit commun, des « fils de famille » (personnages mettant en péril l’honneur de leurs familles) et des faux-sauniers, ces contrebandiers de la gabelle (taxe sur le sel). La période étudiée couvre les années 1723-1749, soit la durée de l’administration de Maurepas à titre de ministre de la Marine.

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Mathieu d’Avignon. Champlain et les fondateurs oubliés

Mathieu d’Avignon

Champlain et les fondateurs oubliés ; les figures du père et le mythe de la fondation, Québec, PUL, 2008, 540 pages

Issu d’une thèse de doctorat, l’ouvrage de Mathieu d’Avignon « s’inscrit dans le contexte d’un courant historiographique récent de déconstruction des mythes fondateurs » (p. 3) et veut expliquer « pourquoi l’histoire et la mémoire [ont] retenu le nom de Champlain comme étant celui du fondateur de Québec », oubliant les prétendants anciens et nouveaux à ce titre : Pierre Dugua de Mons, qui a investi dans le commerce des fourrures, le capitaine Dupont-Gravé, qui a négocié l’alliance franco-indienne de 1603 à Tadoussac, le chef montagnais Anadabijou, qui était partie à cette alliance, et le roi Henri IV, son homologue lointain… L’hypothèse de l’auteur est que Champlain a sciemment contribué à nourrir le mythe en orientant ses récits vers sa propre personne dans le but de construire une image de « fondateur unique ».

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Éditorial - Lettre ouverte au docteur Gaétan Barrette

Monsieur,

Je ne vous le cacherai pas, je vous écris en désespoir de cause. De tous les responsables de corps constitués qui ont eu à se prononcer sur le dossier du CHUM, vous êtes un des rares chez qui je vois encore luire une parcelle de courage et d’intégrité intellectuelle. Je m’adresse à vous parce que je pense que vos interventions ont jusqu’ici témoigné des qualités indispensables aux devoirs afférents à la fonction que vous occupez. Je pense cependant que vous n’allez pas au bout de vos raisonnements et je vous invite ici à vous tenir droit dans la logique et la responsabilité qui s’en dégagent avec clarté.

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La FTQ, le français, le Québec…

Allocution de Fernand Daoust à l'occasion du souper-conférence 2009 de L'Action nationale au Lion d'Or le 30 octobre

daoustquestion2En vous livrant ainsi ma vision du rôle historique de ce mouvement dans la société québécoise, j’espère contribuer à réhabiliter quelque peu une image que les soubresauts de l’actualité et leur traitement médiatique tapageur déforment souvent injustement. Avec son demi-million de membres, ses dizaines de milliers de militants et militantes bénévoles, ses quelque 1500 conseillers et dirigeants permanents, la FTQ et ses syndicats affiliés constituent un microcosme de notre société. C’est une ruche où s’activent simultanément une multitude de personnes mues par des motivations généreuses, des aspirations nobles ; mais, inévitablement, c’est aussi un milieu où gravitent également des personnes dont les objectifs et les intérêts sont plus limités, voire même égoïstes. La force démocratique de cette organisation, c’est de les démasquer tôt ou tard et de les écarter.

Il serait injuste que des crises épisodiques, aussi scandaleuses soient-elles, déforment à nos yeux la nature réelle de cette grande organisation. Au-delà de ces accidents de parcours, reste en effet la mission fondamentale de ce mouvement qui lutte pour une répartition plus équitable des richesses et le respect accru et généralisé des droits sociaux fondamentaux. Et, au cœur de ces droits, celui de vivre, s’éduquer, travailler et prospérer dans sa langue et sa culture, le français.

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Il faut rendre l'Europe aux peuples

Résident permanent au Québec ; a milité pour le Oui au référendum français sur le traité constitutionnel européen de 2005. Diplômé de science politique de Lille-2, étudiant de 2e cycle à l’ENAP, il est membre du conseil d’administration des Intellectuels pour la souveraineté (IPSO) et a été conseiller national au programme des Jeunes Radicaux de Gauche et directeur de cabinet adjoint au Conseil général d’Ille-et-Vilaine. 

Sans grande surprise, à peine plus de deux citoyens européens sur cinq se sont finalement rendus aux urnes en juin dernier pour désigner leurs députés au Parlement de Strasbourg. Cette élection, en plus d’avoir suscité l’indifférence générale doublée d’un certain fatalisme, a par ailleurs permis de conforter une assemblée européenne à dominante conservatrice : 36 % des sièges iront au seul Parti populaire européen (PPE), sans compter les 146 autres sièges que se répartiront d’autres tendances de la droite populaire et conservatrice . Ces résultats, somme toute assez peu reluisants pour les quelques partisans d’une Europe résolument tournée vers le progrès social, vient mettre un terme à un cycle d’occasions manquées de relance de l’UE. La réelle surprise de ce scrutin revient certainement aux mouvements écologistes qui ont désormais 53 représentants, la réussite de ces listes ayant d’ailleurs permis aux listes d’Europe Écologie de jouer des coudes avec le Parti socialiste français (16,2 % contre 16,4 %). 

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Le douloureux bilan des élections du 8 décembre 2008

Électeurs désabusés et partis en mal de légitimité

Les élections du 8 décembre ont évidemment fait des heureux, notamment les partis qui se sont partagé les restes de l’Action démocratique du Québec (ADQ), et Québec solidaire (QS), qui s’est frayé un chemin dans notre sanctuaire démocratique. Malgré toute l’attention médiatique accordée à ce rebrassage des cartes, le système de partis québécois se trouve dans une profonde crise de légitimité. Les gagnants n’ont jamais été aussi faibles, et le gouvernement, jamais aussi mal en point. L’énormité de l’abstentionnisme n’est ni bonne ni mauvaise, mais elle témoigne de la faible adéquation entre les aspirations populaires et l’offre de l’ensemble des partis. À la décharge de ceux-ci et des abstentionnistes, il faut ajouter que cette offre est présentée par des médias qui appuient ouvertement certaines options politiques et socio-économiques et qui étouffent aussi discrètement que sûrement l’acheminement du message des formations politiques les plus dynamiques en direction des électeurs.

Comme en 2007, les élections de 2008 ont vu les non-francophones exercer une influence considérable dans l’élection du Parti libéral du Québec (PLQ), dans la constitution du gouvernement et dans l’obtention des ministères les plus importants. Sur l’île de Montréal et à Laval, l’impact est saisissant : très peu de changements d’allégeance partisane, et une dynamique électorale entièrement tournée vers les régions où s’exerce une véritable compétition entre les partis. Montréal et ses problèmes complexes reliés à l’immigration et au développement économique, l’Outaouais et l’emprise économique ontarienne de plus en plus prononcée sur son territoire – et l’anglicisation qui vient avec – sont structurellement délaissés par les partis.

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Sarkozy et la banalité du mépris

Chronique internationale (Chercheur postdoctoral, Chaire Mondialisation, Citoyenneté et Démocratie (UQAM))

Après le prince Desmarais, il était entendu que le croupion Jean Charest soit décoré de la Légion d’honneur. L’ordre des célébrations et des distinctions fut en tout cas assez révélateur : le pouvoir économique y a eu doublement préséance sur le politique ! Malgré l’insulte et l’injure, les souverainistes devraient remercier secrètement le turbulent petit Français pour ses propos intempestifs : ils annoncent peut-être le début de la fin de la mauvaise conscience souverainiste.

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Collections numériques (1917-2013)

action couv 1933Bibliothèque et Archives nationales du Québec a numérisé tous les numéros de L'Action française et de L'Action nationale depuis 1917.

Vous pouvez utilisez cet outil de recherche qui vous permettra — si vous cliquez sur « préciser la rechercher » — de ne chercher que dans L'Action nationale ou dans L'Action française.

Mémoires présentés récemment