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Printemps 2008 - Trois fois passera

2008printemps250Les Cahiers de lecture nous emportent ! À compter du présent numéro, nous publierons désormais trois fois l’an au lieu de deux. Nos prévisions initiales les plus optimistes nous fixaient ce rendez-vous au terme de la troisième année. Mais la matière est si abondante, les collaborateurs tellement enthousiastes et le lectorat si accueillant, que nous fonçons dans l’aventure. Bien sûr, toute notre entreprise reste fragile, nous avons lancée le projet avec quelques sous et beaucoup de ferveur, il a été reçu avec chaleur et curiosité. Grâce à la complicité de quelques donateurs généreux et grâce surtout, à la confiance qu’ils ont réitéré dans le potentiel des Cahiers, dans leur pertinence culturelle et leur utilité sociale, nous sommes en mesure d’affronter les dures lois de la viabilité économique. 

Si, de par leur qualité de forme et de contenu, les Cahiers ont conquis les lecteurs, ceux-ci n’ont pas été longs non plus à comprendre que, de par sa nature, ce périodique répond à un besoin évident et constitue un outil singulièrement efficace. Les Cahiers permettent d’entrer pour ainsi dire en un clin d’œil dans la vie québécoise des essais, dont ils sont comme un portail critique. À nos yeux, ils constituent un puissant levier de construction de la référence nationale, selon la formule de notre premier éditorial. 

L’accroissement du nombre d’abonnés reste le défi le plus pressant. C’est l’abonnement qui donne la mesure réelle du soutien et de l’intérêt du lectorat. À l’heure d’Internet et des contenus gratuits, l’habitude de soutenir financièrement un magazine comme le nôtre ne va plus nécessairement de soi. Les pratiques culturelles changent et la relation du lecteur à sa nourriture intellectuelle n’y échappe pas. Il reste néanmoins que le format papier a toujours son utilité et sa fonction, même s’il doit désormais disputer sa place aux autres plates-formes. Tel est du moins notre pari, tel est notre défi. Nous espérons que les lecteurs seront nombreux à le relever avec nouset nous invitons ceux d’entre eux qui ne l’ont pas encore fait à prendre un abonnement d’un an, deux aux ou trois ans aux Cahiers de lecture.

Ce soutien tangible constitue l’assise des Cahiers, laquelle n’obéit pas qu’aux lois de la circulation de la marchandise, mais aussi à celles de la circulation des idées, peut-on dire. En effet, la formation d’une chaîne d’abonnés réguliers  renvoie et tient aussi au travail de la pensée. C’est l’effort conjoint de fréquentation des œuvres, le questionnement partagé et la foi en la fécondité du débat qui fournissent  sans doute  les meilleures bases du développement des Cahiers. Nous leur devons la formation de notre premier public à qui nous demandons désormais de donner un second effort afin d’élargir le cercle. La chaîne de l’amitié, les fréquentations académiques, les rencontres professionnelles, les lieux de militantisme et d’engagement découpent cet espace primordial de la circulation des idées que les Cahiers peuvent habiter en construisant la référence commune.

Nous avons besoin de lecteurs qui interviendront auprès des bibliothèques (de cégep, universitaires, municipales et scolaires) pour les inciter à souscrire les abonnements qui nous donneront la stabilité du soutien institutionnel en plus de nous fournir une plus grande visibilité et une meilleure pénétration des publics. Nous savons d’expérience que  la requête des usagers est le moyen le plus efficace pour obtenir l’abonnement des institutions. Si toutes les bibliothèques publiques s’abonnaient aux Cahiers, ce n’est pas seulement la pérennité qui serait assurée, ce serait la garantie de réalisation d’un programme de développement qui n’attend que ses moyens.

À ceux-là que la sinistrose ambiante affecte et exaspère, nous disons que le travail de la pensée est à la fois un antidote et une promesse. Les essais  qui se publient ici constituent autant de témoignages et de matériaux d’une culture qui s’affirme et se renforce. C’est la capacité collective de les projeter dans un questionnement public et une référence partagée qui conditionne leur efficacité à faire naître d’autres horizons. Les Cahiers s’intéressent à ce qui naît sous le silence, là où les voix de la critique sont les plus fécondes.

Richard Gervais, secrétaire de rédaction
Robert Laplante, directeur

 

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