La Grande Illusion, principal obstacle à l’Indépendance

Transcription de l’allocution de clôture du Colloque Maurice-Séguin.

Merci aux organisateurs, Josiane Lavallée, Denis Monière et Robert Comeau, pour l’organisation de ce colloque. Je dois vous avouer d’emblée que je ne suis pas historienne de formation. Il y a deux ans, je ne connaissais pas Maurice Séguin. J’ai entendu Josiane en glisser un mot lors d’une conférence et c’est avec bonheur que je me suis immergée dans ses écrits. Je voudrais rappeler, pour ceux qui ne le savent pas, que j’ai une formation scientifique. Je suis ingénieur mécanique de formation et toute mon expérience professionnelle a été dans le développement énergétique et industriel. Donc, quand je me suis mise à lire Maurice Séguin, qui a développé une analyse basée sur des faits et non sur des opinions et des croyances, son approche a tout de suite rejoint ma formation scientifique et mon expérience de développement économique.

De « l’idée séparatiste au Canada français » à l’idée d’indépendance au Québec

Membre associé, Centre de recherche interuniversitaire sur la littérature et la culture québécoises (CRILCQ), UdeM

Les archives des conférences « Genèse et historique de l’idée séparatiste au Canada français », diffusées à Radio-Canada en 1962 et conservées au Centre d’archives Gaston-Miron1 (CAGM) de l’Université de Montréal, permettent de jeter une lumière nouvelle sur un des seuls livres publiés du vivant de Maurice Séguin. Nous verrons dans ce texte que l’analyse de leur dimension médiatique permet notamment de revenir sur le contexte de la production de ces conférences, mais également sur leur réception et l’histoire de leur publication.

Les historiens de la génération X face à Maurice Séguin

Dans le cadre de cette communication, je traiterai des historiens nationalistes de ma génération, c’est-à-dire la génération X, par rapport à l’œuvre de Maurice Séguin. Dans un premier temps, je dois dire que j’aurais bien aimé que les historiens de ma génération s’intéressent davantage à Maurice Séguin et à son œuvre. À mon grand désarroi, je suis encore, à ce jour, la seule à avoir fait un mémoire de maîtrise en histoire sur Maurice Séguin toutes générations confondues. Il y a, bien entendu, le sociologue Jean Lamarre qui a fait une excellente thèse de doctorat sur l’école de Montréal dont le tiers était consacré à Maurice Séguin. Toutefois, en histoire, il n’y a eu aucune thèse de doctorat consacré à son œuvre.

Qu’est-ce que la Grande Histoire selon Maurice Séguin ?

Ce problème de rupture entre Maurice Séguin et Lionel Groulx me laisse dans l’embarras. Je n’ai pas le sentiment que monsieur Séguin désirait se mettre en « rupture » ni avec l’Abbé Groulx ni avec quelqu’un d’autres. Toutefois, je vois ici deux individus qui cherchent à s’expliquer leur passé pour mieux choisir leur avenir collectif. Sur ce plan, ces deux Canadiens français auraient suivi le même cheminement hérité du passé.

Du passé, que faut-il en faire ?

Qu’est-ce qu’une nation normale ?

J’ai le plaisir d’être avec vous aujourd’hui pour célébrer le centième anniversaire de naissance de Maurice Séguin. Pour le faire dignement, j’ai intitulé cette conférence d’un titre qui, de prime abord, apparaît ambitieux : « Qu’est-ce qu’une nation normale ? ». En fait, cette interrogation provient d’un conseil que m’a prodigué Fernand Dumont à l’époque où il était mon directeur de thèse de doctorat. Je venais de terminer l’analyse de l’œuvre de Guy Frégault et de Michel Brunet pour aborder Maurice Séguin. Il m’a tout simplement dit : « Portez attention à ce qu’il veut dire par nation normale ».

Éditorial – Un mandat pédagogique

2019marsavril250Version PDF

Voilà vingt-cinq ans que les inconditionnels du Canada mènent le bal. Cela n’aura pas été sans conséquence. C’est de ce constat qu’il faut partir pour comprendre quelque chose à ce qui est en train de se passer.