cégeps

  • Les cégeps et la société québécoise

    Depuis quelque temps, plusieurs chroniqueurs semblent s’être donné le mot pour dénoncer, à partir d’enquêtes, le faible taux de diplomation universitaire au Québec. Le Sommet sur l’éducation étant derrière nous, c’est peut-être le temps de mettre en doute ce critère de la diplomation universitaire pour porter un jugement sur la performance de notre système d’éducation. Car si on mesure la scolarité postsecondaire à partir du seul diplôme universitaire, on gomme inévitablement les multiples formations et professions issues du réseau collégial, on perd de vue un palier tout entier de notre système d’éducation.

  • Bilinguisation: la brêche collégiale

    Le « libre-choix » et la « prédominance » :
    des bombes à fragmentation lancées au cœur des cégeps de langue française

    C’est donc officiel.

    Un court texte paru le 21 août sur le site web du Syndicat des professeur(e)s du Cégep de Sainte-Foy1 annonce que la direction a modifié en juin dernier la Politique sur l’emploi et la valorisation de la langue française. Spécifiquement, l’article 3.1 qui faisait du français la « langue d’enseignement » au collège a été abrogé et remplacé par un article qui fait du français la « langue prépondérante d’enseignement ».

    Il est difficile d’exagérer l’importance de ce changement mineur en apparence.

    Pour la première fois, un cégep public (le plus gros à Québec) abandonne – en partie pour le moment, mais le meilleur est sans doute à venir – le français comme langue d’enseignement à l’intérieur de ses murs. C’est un recul qu’il n’est pas exagéré de qualifier d’historique. On s’interroge à savoir si la direction actuelle du cégepmesure bien la gravité du geste qu’elle vient de poser.

  • 50 ans des cégeps. Le retour du bilinguisme colonial?

    Professeur de philosophie au cégep, ancien chargé de cours de sciences politiques (UQAM), auteur de Dans la classe, Liber, 2012.

    Depuis la rentrée 2016, les médias affirment que de plus en plus d’étudiants francophones choisissent de poursuivre leurs études dans un cégep anglophone 1. Plusieurs cégeps francophones du Québec ont l’intention d’introduire l’anglais dans l’enseignement, afin de contrecarrer la perte de « clientèle » qu’ils subiraient à la faveur des cégeps anglophones. Certains, comme Bois-de-Boulogne2, fonctionnent par alliance avec des cégeps anglophones, alors que d’autres, le Cégep de Sainte-Foy3 et possiblement le Collège de Maisonneuve (c’est en discussion au moment d’écrire ces lignes), pensent introduire l’anglais dans l’enseignement de l’institution elle-même, que ce soit en changeant le statut du français dans l’institution (Sainte-Foy) ou en introduisant, pour certains programmes, une préparation à l’examen ministériel d’anglais, avec une spécialisation en anglais pour les disciplines concernées. Sont visés particulièrement les programmes en sciences de la nature, mais pas seulement : le Cégep de Saint-Laurent offre maintenant, outre un DEC bilingue en sciences de la nature, un DEC en sciences humaines dont une partie se fait en anglais, en lien avec le collège Vanier4.

  • La démission des cégeps francophones

    Professeur de français, collège Bois-de-Boulogne

    Nous savons tous que, comparativement aux niveaux primaire et secondaire, le réseau collégial jouit d’une grande indépendance: les programmes, les cours et les exigences varient d’un cégep à l’autre. Si cette autonomie peut parfois être bénéfique, notamment pour qu’un cégep s’adapte à des réalités régionales, elle génère malheureusement une compétition nocive entre les cégeps qui n’ont d’autre considération que d’augmenter le nombre d’étudiants inscrits, nombre qui détermine en grande partie le financement qu’ils reçoivent du ministère de l’Éducation. Dans ce contexte, on ne s’étonnera pas de constater que les programmes apparaissent et disparaissent de façon chaotique, sans véritable plan d’ensemble et sans qu’aucune balise nationale ne soit établie.

Collections numériques (1917-2013)

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