Jacques Grand'Maison

  • Fidélité et espérance

    Au fil de sa vie, Jacques Grand’Maison a multiplié les livres. Et de lui comme du philosophe Gabriel Marcel, on peut soutenir qu’il n’a pas seulement édifié une œuvre, il l’a aussi creusée. Il a cheminé en reprenant sans cesse, pour l’approfondir, sa réflexion sur la société, l’Église, la foi.

    Une réflexion enracinée dans le peuple canadien-français devenu québécois, et dans celui des ouvriers, des petits salariés dont le Québec de sa génération et de la suivante est issu. C’est pour cela qu’il n’a jamais pu accepter cette grossière caricature de notre histoire brossée il y a plus d’un demi-siècle et que certains persistent à ranimer sans cesse : image fausse et volontairement dévalorisante qui fait de nous avant 1960 un peuple ignorant replié sur lui-même et une société obscurantiste sous l’emprise du clergé. Jacques Grand’Maison n’a pas regretté que nous nous soyons libérés de ce qui était étouffant dans notre héritage historique et religieux. Mais il a rappelé aussi la longue durée de notre peuple, et il a situé l’Église et la spiritualité catholique parmi les outils que nos ancêtres ont su se donner pour affronter les épreuves personnelles, collectives et nationales, nourrir leur résistance, leur résilience, leur espérance. Sans une vue informée et juste de notre histoire, nous sommes mal outillés pour nous bâtir un présent en commun et encore moins un avenir. Il nous en avertissait déjà en 1970 dans Nationalisme et religion, un grand livre qui clôt à sa façon une grande décennie sise au couchant d’une époque plus qu’au début d’une autre, on s’en aperçoit mieux de nos jours. 

  • Jacques Grand’Maison. Ces valeurs dont on parle si peu

    Jacques Grand’Maison
    Ces valeurs dont on parle si peu. Essai sur l’état des mœurs au Québec, Montréal, Les Éditions Carte blanche, 2015, 136 pages

    La lecture du dernier et sans doute ultime ouvrage de Jacques Grand’Maison me rejoint à plusieurs titres.

    D’abord, j’ai suivi toute l’œuvre du cher chanoine, en particulier les recherches qu’il a consacrées aux générations et à leurs rapports : un travail colossal de sociologue, qui a eu et garde le mérite de nous éveiller à une forme nouvelle des rapports sociaux, aux questionnements qu’ils soulèvent et aux perspectives qu’ils nous font parfois redouter. Jacques Grand’Maison et ses collaborateurs ont su nous convaincre de la nécessité de prendre en compte la grave crise de la transmission d’une génération à l’autre, non seulement dans la réalité ecclésiale du Québec en fin de XXe siècle, mais dans la dynamique chaude et conflictuelle de la société québécoise confrontée aux bouleversements de son action sur elle-même. Les rapports entre générations sont si distendus que c’est « le tissu humain et spirituel » qui s’en trouve tout effiloché et menacé dans ses formes autant que dans sa durabilité. Jacques Grand’Maison a ainsi contribué efficacement à élargir le concept de rapports sociaux, bien au-delà des « rapports de classes » et j’ai pu croiser ses chemins de réflexion avec mes recherches et mes diverses interventions dans le champ naissant de la gérontologie sociale québécoise.

  • Le dernier des chanoines

    chanoine grand maison

    Le dernier des grands chanoines du Québec vient de s’éteindre. Successeur, actualisateur et critique des rêves de l’abbé Groulx, le chanoine Grand’Maison a, toute sa vie, cherché à conjuguer le meilleur de la modernité et de la tradition chrétienne au service de la justice sociale. Avec Fernand Dumont et Pierre Vadeboncœur, il a été un des intellectuels les plus passionnés de sa génération et, assurément, l’une des figures les plus marquantes de l’Église québécoise depuis la Révolution tranquille. Avec les départs de Fernand ;Dumont et de Pierre Vadeboncœur, son décès témoigne peut-être en ce sens de la fin d’un monde…

  • Le testament spirituel de Jacques Grand'Maison - entrevue

    LF- Le propos de votre livre (Société laïque et christianisme, Novalis, 2010) est fondé sur une lecture de l’histoire que vous tenez à partager avec les Québécois. Vous dites que depuis 2000 ans, au milieu des contextes historiques particuliers les plus divers, c’est en étant confrontées au défi de leur constante interaction que les sociétés occidentales et la foi chrétienne se sont mutuellement remises en question et qu’elles ont évolué. C’est même par leur dialogue, en tension, qu’elles ont mis au point, ensemble et l’une grâce à l’autre, le meilleur des valeurs à portée universelle qui sont les nôtres de nos jours au Québec comme ailleurs en Occident. Ces valeurs, pour nous en tenir aux plus fondamentales, sont l’absolue dignité de la personne, la fraternité, la charité ou sa variante sociale qui est la solidarité, mais aussi la liberté et l’égalité notamment, sans oublier la responsabilité personnelle et l’espérance. De telles valeurs, en Occident, ont inextricablement un fondement religieux et un fondement séculier.

Collections numériques (1917-2013)

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