Nationalismes en Europe

  • Nationalismes et euroscepticisme au Royaume-Uni. Un microcosme européen

    Ph.D., ÉNAP-Montréal

    Le 22 septembre dernier, la première ministre britannique Theresa May livrait un deuxième grand discours sur le Brexit, plus d’un an après le référendum de juin 2016 et plusieurs mois après sa première allocution majeure sur le sujet, en janvier 2017. Officiellement, cette allocution de septembre visait à atténuer les tensions croissantes liées au piétinement des négociations avec l’Union européenne (UE) sur les modalités de sortie du Royaume-Uni (R.-U.), alors suspendues. Or, cet exposé s’est surtout voulu et révélé hautement symbolique : le gouvernement britannique et Theresa May choisiront en effet pour l’occasion la ville italienne de Florence, siège des « Archives historiques de l’UE », ex-haut-lieu du commerce et de la finance européens puis berceau de la Renaissance, tant italienne qu’occidentale. Entre les XIVe et XVIe siècles, Florence constituera en quelque sorte un microcosme de l’Europe en voie de développement. Aujourd’hui, c’est peut-être au R.-U. qu’il faudrait attribuer cette caractéristique.

  • Bulgarie. Les Patriotes unis aux rênes du pouvoir

    Petia Gueorguieva est docteure en science politique de l’Université libre de Bruxelles et enseigne à la filière francophone du département de sciences politiques de la Nouvelle université bulgare en Bulgarie.

    Il faut rappeler que les partis de la droite radicale populiste, ultranationaliste et xénophobe ont été renforcés par les crises multiples de l’Union européenne depuis 2008, et particulièrement par la crise liée à l’afflux de réfugiés fuyant la guerre en Syrie. La mondialisation et l’affaiblissement de la souveraineté des États nationaux, qui transfèrent certaines de leurs compétences aux institutions européennes, sont aussi des facteurs de crainte de perte d’identité, de disparition de traditions et de cultures locales et renforcent les sentiments d’insécurité. Nous adoptons ici la définition de la droite radicale populiste de Cas Mudde (2007) dont les traits sont : le nativisme, selon lequel l’État se fonde sur sa nation et sur les membres de la communauté qui sont nés sur le territoire national, les autres étant perçus comme menace à la nation ; l’autoritarisme lié à un leader autoritaire, à l’intolérance envers le pluralisme et aux revendications d’une société de la « Loi » et de l’« Ordre » avec acceptation de la violence ; le populisme comme position idéologique qui propose une vision de la société divisée entre « le peuple pur » et « les élites corrompues1 ». 

Collections numériques (1917-2013)

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