Comptes rendus

  • Éric Bédard. Survivance

    Éric Bédard.
    Survivance. Histoire et mémoire du XIXe siècle canadien-français, Boréal, 2017, 238 pages

    Huit ans après Les Réformistes, l’historien Éric Bédard nous sert un excellent livre intitulé Survivance, qui en constitue en quelque sorte la suite, sous forme de réflexions sur l’après 1837-1838, l’historiographie concernant cette période en général et certains de ses personnages en particulier. Sur la forme, le tout tient à la fois de l’essai et du recueil de textes. Sur le fond, il renoue avec l’objectif de réhabiliter les réformistes. Et surtout, il met mettre en lumière le récit alternatif de la survivance et critique donc celui du colonisé.

  • Simon Jolin-Barette

    Simon Jolin-Barette
    J’ai confiance. Réflexions sans cynisme d’un jeune politicien, Montréal, Québec Amérique, 2018, 122 pages

    Nommé parlementaire de l’année par l’Assemblée nationale du Québec en 2016, le député caquiste et avocat Simon Jolin-Barrette se positionne, dans l’esprit de plusieurs, comme un politicien exemplaire. Il semble avoir tout pour lui. Jeune dans un univers obsédé par la jeunesse. Caquiste sur une scène politique où le PQ semble condamné à perdre son titre de représentant officiel des bleus à Québec au profit du parti de François Legault. Fédéraliste à une époque où la mode est à rire de ceux qui croient encore que la question nationale doit être réglée dans le sens de l’indépendance. C’est fort de sa propre luminosité dans le firmament politique que Jolin-Barrette s’est attelé, récemment, à la rédaction d’un court essai intitulé J’ai confiance. Réflexions sans cynisme d’un jeune politicien. 

  • Jean Lamarre. Le mouvement étudiant québécois des années 1960 et ses relations avec le mouvement international

    Jean Lamarre
    Le mouvement étudiant québécois des années 1960 et ses relations avec le mouvement international, Québec, Septentrion, 2017, 175 pages

    Jean Lamarre1, professeur titulaire au département d’histoire du Collège militaire royal du Canada, renouvelle sa collaboration avec la maison d’édition spécialisée en histoire, Septentrion, pour la parution d’un ouvrage s’intéressant aux relations bilatérales que l’Union générale des étudiants du Québec (UGEQ) a pu établir avec d’autres formations étudiantes nationales pendant sa courte existence de 1964 à 1969. Plus précisément, l’auteur se questionne sur les liens que l’Union a pu établir avec les mouvements étudiants canadien, américain et français et quelle influence ces liens ont pu avoir sur les discours et les pratiques du mouvement étudiant québécois. Si de nombreuses autres études ont déjà tenté de découvrir les traits communs des différents mouvements étudiants nationaux des années 1960, l’originalité de M. Lamarre est d’analyser, au moyen d’archives, les appuis, soutiens et collaborations et les condamnations, rejets et tensions entre les diverses organisations. Il cherche à démontrer que l’UGEQ a agi à la fois comme émetteur et comme récepteur d’idées.

  • Notre maître, Lionel Groulx !

    Enfin, une biographie de Lionel Groulx ! L’historien Charles-Philippe Courtois lui a consacré cinq ans de sa vie. Il a donc eu tout le temps voulu pour méditer, pour confirmer ou infirmer telle ou telle hypothèse, pour choisir tel angle plutôt que tel autre, enfin, plus important encore, ces cinq années lui ont permis de polir son style. Ainsi, c’est beaucoup plus qu’une biographie. C’est une chevauchée passionnante dans le XXe siècle canadien-français, chevauchée dont Lionel Groulx est le héros. Doté d’une formidable vitalité, ce dernier nous a laissé une œuvre incomparable. Quel homme peut en effet se vanter d’avoir à son actif la publication d’une centaine d’ouvrages diffusés à des milliers d’exemplaires, la fondation d’un département universitaire, de revues scientifiques, d’organisations patriotiques et religieuses, sans oublier l’ébauche de nouvelles perspectives historiques ?

  • Un cas de psittacisme anglophile

    Ce fut un très grand jour au Québec, l’un des plus grands de notre histoire, écrira François-Albert Angers dans les colonnes de L’Action nationale !

    Inversement, il en fut tout autrement au Canada anglais. Dans ce pays, qui naquit au XVIIIe siècle de l’idée d’exclure la France des rois du continent nord-américain, puis qui grandit dans celle de tenir le plus loin possible de nos rives la France républicaine, voir apparaître la Ve République, « réveillée après d’immenses épreuves » et déterminée à retrouver son rang parmi les Grands, et surtout entendre son Président, de surcroît « l’une des plus grandes figures du vingtième siècle » (Claude Ryan), manifester sa sollicitude à l’endroit de nos Lapalme, Lesage, Drapeau et autres figures politiques du Québec, suscita d’emblée la plus vive inquiétude parmi les dirigeants d’Ottawa. Au point où cette présence active de la France auprès du Québec devint vite le plus sérieux point de désaccord – « the greatest single source of contention » – entre Ottawa et le Québec, nous révèle le premier ministre Pearson dans ses Mémoires, un élément si nouveau dans le paysage politique nord-américain, qu’il provoqua, selon l’historien James Eayrs et le journaliste Peter Newman, une véritable hystérie francophobe au sein de l’État fédéral. Trudeau ne sera pas en reste sur Pearson. À peine fut-il installé dans son siège de premier ministre qu’il lança une première salve en exigeant le départ immédiat du territoire canadien de Philippe Roussillon, cet « agent secret de la France », qu’il accusa d’être venu ici pour « détruire l’unité du Canada » ; salve qu’il fera suivre l’année suivante, le 19 octobre 1969, dans son tonitruant discours du Queen Elizabeth, d’une menace à peine voilée à la France : « On ne laissera pas diviser ce pays, ni de l’intérieur, ni de l’extérieur, s’écria-t-il après avoir dénoncé « toutes ces guerres de tapis rouge et ces intrigues de consulat ».

  • Vouloir déboulonner les faits

    On a tous eu, dans notre enfance, un ami éreintant qui prétendait en savoir plus que nous sur tous les sujets. Il avait tout vu, tout entendu malgré ses 6 ans. On ne pouvait rien lui apprendre. Pire encore : on avait, face à lui, toujours tort. On l’acceptait dans notre cercle, on le tolérait, grand de cœur que nous étions. On s’était habitué à ses remarques. On s’était même construit une carapace face à lui, être vidé de son enfance, incapable qu’il était de tout émerveillement, de tout étonnement face au monde qui pourtant s’ouvrait chaque jour davantage à lui. Il s’appelait Dany, il s’appelait Jean-Nicolas, Éric ou Olivier. Incapable d’apprendre parce que certain de déjà être au fait de tout, cet ami a grandi dans ses certitudes. Imbu de son supposé savoir – mais surtout de sa personne – il a grandi. Il a même réussi assez bien, voire très bien dans le domaine dans lequel il s’est jeté. Son assurance et son narcissisme l’ont fait bien paraître partout. Le monde semblait taillé sur mesure pour lui. Il pontifiait toujours, d’ailleurs, malgré son âge qui avançait. On le payait pour cela. Pontifier : tel était son métier, telle était sa raison de vivre. Il avait parfois tort, parfois raison, mais son opinion faisait toujours office de fait. En cela, il était toujours aussi éreintant qu’au temps de la petite école.

  • Martin Lavallée. Denis-Benjamin Viger : un patriote face au Canada-Uni

    Martin Lavallée
    Denis-Benjamin Viger : un patriote face au Canada-Uni
    VLB éditeur, 2017, 195 pages

    L’historien Martin Lavallée a eu la bonne idée d’extraire Denis-Benjamin Viger des oubliettes. Grâce à lui, nul ne pourra dorénavant plaider l’ignorance. Le portrait qu’il en fait est à ce point captivant que je ne peux résister à l’envie d’en proposer un résumé.

    Viger est né le 19 août 1774. Il a pour cousins Jacques Viger, premier maire de Montréal, Louis-Michel Viger, fondateur de la Banque du peuple, Bonaventure Viger, Louis-Joseph Papineau, Côme-Séraphin Cherrier, patriotes de leur état, de même que Mgr Jean-Jacques Lartigue, premier évêque de Montréal. Mais notre homme ne s’est pas contenté d’être bien né. Après des études chez les Sulpiciens, il entreprend des études de droit. Il fera sa cléricature chez Joseph Bédard, frère de Pierre-Stanislas, député et juge, de même que chez Joseph-Antoine Panet, premier orateur de l’Assemblée. L’écriture l’intéressait. Il a rédigé de nombreux textes d’analyses politiques. Ce serait d’ailleurs bien qu’un historien en publie une édition critique. Viger pensait que la presse avait un rôle important à jouer dans la société. Il a donc soutenu financièrement nombre de journaux. Ce n’est pas tout. « En 1803, écrit Lavallée, il est nommé lieutenant des milices de Montréal et il est capitaine au troisième bataillon pendant la guerre de 1812 contre les Américains » (p. 14).

  • Michel Brunet. La France impériale et la Nouvelle-France

    Michel Brunet
    La France impériale et la Nouvelle-France. Un regard neuf sur 1759
    Rosemère, Éditions Pierre Tisseyre, 2017, 320 pages

    Regard neuf ? Oui, et il se situe dans la mouvance des travaux français de Laurent Veyssière et de Bertrand Fonck, et aussi des travaux québécois de Raymonde Litalien, Jean François Palomino, Sophie Imbeault et Denis Vaugeois. Ce regard neuf est celui non de l’historien bien connu, mais d’un ex-diplomate québécois sensible à la géopolitique et au comparatisme, qui déconstruit la politique coloniale de l’empire français du XVIIIe siècle pour montrer la démesure et la fragilité de ses prétentions continentales. Regard neuf d’un auteur qui, à partir d’une explication nouvelle et claire, devrait façonner une vision nouvelle chez le lecteur et lui faire regarder affectivement la France et la Conquête autrement. L’analyse et l’écriture sont d’une exceptionnelle efficacité : à partir de l’affirmation « La Nouvelle-France était une colonie française », l’auteur décompose chacun des mots pour en faire éclater la banalité.

  • Charles-Philippe Courtois. Lionel Groulx, le penseur le plus influent de l’histoire du Québec

    Charles-Philippe Courtois
    Lionel Groulx, le penseur le plus influent de l’histoire du Québec
    Montréal. Les éditions de l’Homme, 2017, 575 pages

    La biographie de Lionel Groulx offerte par Charles-Philippe Courtois est une contribution majeure puisqu’elle résume la vie et l’œuvre de notre historien le plus influent et assurément l’intellectuel le plus prolifique de l’histoire du Québec (Bouchard, 2003). D’autres se sont intéressés à la pensée de Groulx, pensons à Michel Bock (Quand la nation dépassait les frontières, 2004), ou encore à Gérard Bouchard (Les deux chanoines, 2003) et bien sûr Yvan Lamonde (L’Histoire sociale des idées au Québec, 2004). Aucun historien n’avait toutefois consenti jusqu’ici à investir les années de travail suffisantes pour mener à bien cette mission gigantesque de résumer la vie et l’œuvre de ce très grand Québécois que fut Lionel Groulx et à qui nous devons tant collectivement.

  • Sébastien Proulx. Un Québec libre est un Québec qui sait lire et écrire

    Sébastien Proulx
    Un Québec libre est un Québec qui sait lire et écrire
    Septentrion, Montréal, 2018, 136 pages

    Fréquenter les plateformes web des grands partis politiques québécois est souvent d’un mortel ennui. On n’y apprend jamais plus qu’on en savait déjà. Le seul constat à en tirer consiste à prendre acte des ravages sur la pensée politique qu’exercent les « communicants », ces évêques qui règnent en maîtres sur la cité. La soumission du Parti libéral du Québec à ces dogmes de la communication correcte n’est plus à prouver. L’économie ? Notre priorité. La santé ? Notre priorité. L’égalité hommes/femmes ? Notre priorité. L’éducation ? Notre priorité. C’est le triomphe de l’égalitaire ! Lorsque tous les enjeux sont prioritaires, on atteint le moment zéro de la gouvernance. L’État devient autiste et regarde devant lui, immobile, souriant, attendant que d’autres formes décisionnelles plus fortes et volontaires prennent le pas sur lui. Le politique s’abandonne au marché et à la tyrannie des experts. On connaît la ritournelle.

  • Nicolas Lévesque. Le Québec vers l’âge adulte

    Nicolas Lévesque
    Le Québec vers l’âge adulte
    Montréal, éditions Alias, 2012, 172 pages

    Le franglais se répand dans les banlieues aisées comme une gastro-entérite dans une urgence bondée. Bonjour/hi est en voie de devenir une tendance mode qui colle à la métropole comme une omelette adhère à une casserole antiadhésive bas de gamme surutilisée par un cégépien en résidence depuis deux ans. Emmanuel Macron, main dans la main avec Philippe Couillard, déclare que le fait de parler anglais est un atout pour la francophonie mondiale. Quelques faits, un seul constat : le Québec agonise, et la francophonie aussi.

  • Nicolas Zorn. Le 1% le plus riche : l’exception québécoise

    Nicolas Zorn
    Le 1 % le plus riche : l’exception québécoise, Les Presses de l’Université de Montréal, 2017, 202 pages

    En 2017, Nicolas Zorn, doctorant en science politique, publiait Le 1 % le plus riche : L’exception québécoise, ouvrage dans lequel il entreprend de présenter les statistiques de la croissance de l’inégalité de revenu entre le premier centile et le reste de la population au Québec, d’analyser l’évolution des inégalités au plan international et d’en interpréter les causes. Pour juger de la pertinence de ce livre, situons-le d’abord dans la littérature traitant des inégalités au Québec. Nous serons ensuite plus à même de saisir sa contribution au champ d’étude en question.

  • Éric Martin. Un pays en commun. Socialisme et indépendance au Québec

    Éric Martin
    Un pays en commun. Socialisme et indépendance au Québec, Écosociété, 2017, 265 pages

    Chaque peuple fortifie sa singularité dans une tradition de débat. Au Québec, cette tradition aura été façonnée en bonne partie par la question nationale, raison pour laquelle les intellectuels qui décident de s’y intéresser sont d’ordinaire les plus éloquents et les plus pertinents. L’ouvrage d’Éric Martin, Un pays en commun, ne fait pas exception à cette règle. Écrit avec l’adresse et la clairvoyance qu’on savait déjà au professeur de philosophie du cégep Edouard-Montpetit (Université inc., 2011 ; La tyrannie de la valeur, 2014) cet essai fera date, autant pour la qualité de son propos que pour ce qu’il nous dit de l’évolution du débat sur la situation de la gauche au Québec.

  • Gilbert Paquette. Un pays en tête

    Gilbert Paquette
    Un pays en tête, Montréal, Les éditions du Renouveau québécois, 2017, 208 pages

    Ceux et celles qui connaissent un tant soit peu Gibert Paquette savent que c’est un fidèle à la cause de l’indépendance du Québec. Depuis plus de quarante années, il a été quasiment de tous les combats, et à tous les niveaux, même celui de la candidature à la direction du Parti québécois. Son dernier ouvrage, Un pays en tête, illustre cette opiniâtreté militante. C’est un vibrant plaidoyer pour l’indépendance du Québec doublé d’un document argumentaire pour les militants.

  • B. Lévesque et M. Rioux. Fondaction. Un fonds pleinement engagé dans la finance socialement responsable

    Benoît Lévesque en collaboration avec Michel Rioux (dir.)
    Fondaction. Un fonds pleinement engagé dans la finance socialement responsable, Montréal, Presses de l’Université du Québec. Coll. Innovation sociale. 2017, 409 pages

    C’est une rareté. Benoit Lévesque et Michel Rioux et leurs collaboratrices ont pu bénéficier d’une ouverture d’esprit exceptionnelle de la part de dirigeants de Fondaction pour donner un tel ouvrage. Il n’est pas courant d’accéder ainsi à la vie interne d’une institution financière. Le monde de la finance n’a pas la réputation de la plus grande transparence. Mais c’est une valeur cardinale pour Fondaction et la lecture de ce travail en fait la démonstration exemplaire. 

  • John Parisella. La politique dans la peau

    John Parisella
    La politique dans la peau, Les éditions La Presse, 2015, 389 pages

    L’avant-propos de la biographie de John Parisella, l’homme qui ailleurs se fait passer pour un fédéraliste modéré ami des souverainistes, en donne le ton. En moins de cinq pages, l’auteur y mentionne à six reprises ses origines immigrantes. Il y confie même qu’au départ l’idée du livre était de raconter son histoire en tant que fils d’immigrant. Mais il a dû constater qu’il y avait d’autres caractéristiques à son parcours, comme, accessoirement, d’avoir travaillé de près avec trois premiers ministres et un chef de l’opposition. 

  • Lettre à Jean‑Martin Aussant

    findesexilsJean-Martin Aussant
    La fin des exils : résister à l’imposture des peurs, Atelier 10, coll. Documents, Montréal, 102 pages

    Jean-Martin Aussant… Il y a maintenant longtemps que je ne t’attendais plus nulle part. Je t’avais pourtant espéré, et même plus qu’espéré avec plusieurs de mes semblables. Tu étais passé devant nos yeux comme une comète : brillant, fascinant, nouveau. Ta présence dans un ciel monotone faisait rêver. Il faut dire, cher objet céleste JMA2012, que tu avais tout pour réussir. D’abord la jeunesse, qualité non nécessaire, mais fort utile quand vient le temps de plaire aux foules au XXIe siècle. Tu avais les idées claires et nettes, limpides et fraîches comme cette eau qui coule des eskers abitibiens. Aucun de ces politiciens mollassons et intrigants qui tentaient de te piéger n’y arrivait. Tu les mettais en pièce sans aucun complexe, sans même te prendre pour un superhéros. Tu leur lançais ces phrases-choc en 140 caractères dont seul toi détiens le secret, puis ils se taisaient et leur aura misérable disparaissait, les laissant nus devant nous, habillés de leur néant. Tu as rassemblé derrière toi des milliers de jeunes qui ont découvert qu’ils étaient indépendantistes, que ce projet n’avait rien de ringard et de dépassé. Mieux encore, tu as fait cela sans mettre de l’avant cette obsession malsaine pour le gauchisme qui gangrène aujourd’hui ce qui reste du souverainisme. Pour toi, l’indépendance de notre nation était la première clé nécessaire pour déverrouiller notre avenir et protéger notre existence.

  • Luc-Normand Tellier. L’émergence de Montréal dans le système nord-américain : 1642-1976

    Luc-Normand Tellier
    L’émergence de Montréal dans le système nord-américain : 1642-1976, Septentrion, Québec, 2017, 528 pages

    Le titre de ce monumental nouvel ouvrage de mon collègue retraité de l’UQAM n’est pas fortuit. D’abord, en privilégiant le nom de Montréal, aux dépens de celui de la Nouvelle-France, on peut se demander si l’éditeur ne s’est pas montré quelque peu opportuniste en voulant profiter des fêtes coderrennes du 375e anniversaire de la métropole québécoise. Ces fêtes ayant été placées sous la gouverne d’un gestionnaire de l’humour, Septentrion a-t-il voulu, comme d’autres éditeurs l’ont fait, y faire entrer la place revenant à l’histoire ? Chose certaine, ce fort intéressant ouvrage, s’il traite, bien sûr, de la ville située à l’un des bouts de l’autoroute Jean-Lesage, les faits racontés se rapportent à la Nouvelle-France dans son ensemble, en se situant pour une bonne part sous les ors de Versailles. En effet, Luc-Normand Tellier (LNT ci-devant) ne cache pas que l’angle adopté pourra surprendre certains en situant la naissance de Montréal (j’ajoute celle de la Nouvelle-France, comme de sa perte) à partir de Versailles et des cours européennes, tout en se positionnant dans le contexte du système urbain nord-américain (p. 376).

  • Catherine Dorion. Les luttes fécondes

    Catherine Dorion
    Les luttes fécondes. Libérer le désir en amour et en politique, Montréal, Atelier 10, Collection Document, 2017, 116 pages

    Les luttes fécondes est le plus récent essai de Catherine Dorion, une artiste-militante qui s’est fait connaître à travers Option nationale et la crise étudiante de 2012. L’ouvrage s’ouvre avec des descriptions brèves et crues de conflits conjugaux, vite suivies d’une montée de lait à l’endroit de Benoît Dutrizac, dénoncé parce qu’il critiquait les étudiants grévistes de 2012. Ce coq-à-l’âne est à l’image du reste de l’œuvre. Bien qu’elle livre une mince plaquette d’à peine 100 pages, l’auteure sautille entre la sociopolitique, l’intimité et l’anecdote autobiographique. Le propos prend plusieurs avenues, mais elles indiquent toutes que le lecteur est surtout le témoin d’une plume qui se célèbre.

  • Christian Saint-Germain. Naître colonisé en Amérique (2)

    Christian Saint-Germain
    Naître colonisé en Amérique, Montréal, Liber, 2017, 204 pages

    Comment décrire le dernier livre de Christian Saint-Germain en quelques mots ? Destructeur et redondant. Effectivement, depuis le temps que nous l’apprivoisons, la doctrine Saint-Germaniste est devenue fort prévisible, mais jamais édulcorée. Naître colonisé en Amérique reprend en ce sens tous les ingrédients de la recette mitigée des précédents ouvrages de l’auteur. C’est d’ailleurs peut-être pourquoi ce nouvel opus de la même idée peine à trouver son identité. Il apparaitra, à tout lecteur averti, comme quelques chapitres à rajouter au Mal du Québec dont l’ancre des pages n’a même pas encore eu le temps de sécher. On le sait maintenant, le nihilisme méthodologique anti-péquiste de Saint-Germain consiste essentiellement à faire couler le sang et rouler les têtes, par ailleurs toujours les mêmes, celles de l’univers du Parti québécois. La chimère souverainiste, mi-felquiste, mi-vampire, des confins nébuleux de l’UQAM récidive donc de nouveau. Seulement cette fois l’effet de surprise n’est plus au rendez-vous. On retrouvera encore la créature tirer son même plaisir sadique, alors qu’elle s’adonne à ses frappes chirurgicales habituelles à la carotide péquiste. Dans la suite logique de la trilogie, le Parti québécois qui représenterait d’abord un bluff de farceur, puis un mal existentiel, est maintenant une forme de démon à exorciser tel que l’annonce la page couverture.

Octobre 2018

Éditorial - La nouvelle donne provinciale

Les libéraux sont chassés et durement sanctionnés. C’est une excellente nouvelle. La déloyauté du PLQ a déjà fait trop de dégâts. Il faudra en garder mémoire puisqu’il a incarné tout ce que le Canada autorise que nous soyons. Il n’y aura plus d’autre voie pour ce parti incrusté dans ses enclaves ethniques. Il ne poursuivra qu’en cherchant de nouvelles figures de l’imposture. Il s’en remettra, c’est certain puisqu’il est essentiel au régime qui nous asservit. Pour l’instant, il faut seulement souhaiter lui rendre la tâche la plus difficile possible.

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Collections numériques (1917-2013)

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