Comptes rendus

  • Kenza Bennis. Les monologues du voile

    Kenza Bennis
    Les monologues du voile, Éd. Robert Laffont, Paris, 2017, 181 pages

    Le port du voile… Ce monstre sacré ! Il demande beaucoup trop en échange de l’édification de sa mythologie personnelle. La médicastre ne lui refuse rien. Bourreau, voyeuse, complice ou mystificatrice ? Qui est Kenza Bennis et pourquoi se dévoile-t-elle ? À ces questions, je ne peux répondre que par sa profession : journaliste indépendante ! Femme musulmane, madame Bennis a lancé récemment – et ce à l’ombre des grands intellectuels – un essai qui me semble camouflé derrière une étude empirique. Il nous est livré sous forme de monologues qui sont « inspiré[s] » des confidences d’une ou de plusieurs femmes (p. 19). 

  • Couche-Tard ou l’audace de réussir et Jean-Guy Desjardins, le phénix de la finance

    Guy Gendron
    Couche-Tard ou l’audace de réussir : le parcours d’Alain Bouchard, l’entrepreneur qui a osé inventer sa vie, Montréal, Les Éditions de l’Homme, 2016, 322 pages

    Jacqueline Cardinal
    Jean-Guy Desjardins, le phénix de la finance : une biographie, Montréal, Chaire de leadership Pierre-Péladeau, HEC Montréal et Québec, Presses de l’Université du Québec, 2017, 203 pages

    Jean-Guy Desjardins et Alain Bouchard sont des bâtisseurs d’entreprises d’une envergure exceptionnelle. Peu connu du grand public, le premier s’est lancé à l’âge de 58 ans dans la construction, pierre par pierre, d’un géant québécois de la gestion de capitaux du nom de Fiera Capital. Le nom d’Alain Bouchard nous est plus familier à cause de sa forte présence médiatique et de la proximité de son entreprise, Alimentation Couche-Tard, multinationale et l’une des plus grandes chaînes de dépanneurs au monde.

    Les biographes de ces personnages auraient pu en faire des héros de carton-pâte. Ils ont évité ce piège en situant suffisamment bien les choix et les actions de leurs personnages à l’intérieur des cadres de la société qui les a produits. Voyons cela de plus près.

  • Charte canadienne et droits linguistiques : pour en finir avec les mythes

    Note critique
    L'auteur est avocat, doctorant en droit à l’Université de Sherbrooke et à l’Université de Bordeaux et boursier FRQSC

    Frédéric Bérard
    Charte canadienne et droits linguistiques : pour en finir avec les mythes, Montréal, Presses de l’Université de Montréal, 2017, 375 pages

    Me Frédéric Bérard tente ici un grand coup. Selon lui, tous les constitutionnalistes du Québec ou presque, appuyés par une certaine élite nationaliste, auraient, au moment du rapatriement, mal anticipé les conséquences de l’entrée en vigueur de la Charte canadienne. Et ce groupe, qui selon Bérard domine sans partage la vie intellectuelle québécoise, aurait ensuite élevé ses hypothèses au rang de « mythe », pour enfin s’enfoncer, année après année, depuis 35 ans, dans « un univers constitutionnel parallèle, fondé sur une trame narrative fictive ». Dans les circonstances, il va sans dire, quelqu’un devait se lever pour rétablir les faits.

  • Yvan Lamonde. Un coin dans la mémoire

    Yvan Lamonde
    Un coin dans la mémoire, Montréal, Leméac Éditeur, 2017, 118 pages

    Dans les premières pages de son essai Un coin dans la mémoire : l’hiver de notre mécontentement, l’historien Yvan Lamonde confesse son « attirance » pour la psychanalyse. Malgré ce penchant, il aura résisté longtemps aux sirènes de l’analyse des phénomènes historiques par la soi-disant « mentalité » d’un groupe donné. « Je suis le premier à détester la fausse explication d’une psychologie collective à cinq sous », nous confie-t-il. Ce n’est que maintenant, après quarante-cinq années passées à étudier l’histoire des idées au Québec, qu’il délaisse la neutralité et l’objectivité propres à sa profession pour convier le sujet québécois à s’allonger sur le divan. En 107 pages bien tassées, Lamonde s’« essaye », comme il le dit lui-même, à comprendre les multiples blocages qui affligent notre société. En chemin, il identifie leur origine : une profonde division au cœur même de la conscience politique du Québec.

  • Raphaël Émond. La politique vue du haut de mes 12 ans

    Raphaël Émond
    La politique vue du haut de mes 12 ans, Chicoutimi, Éditions JCL, 220 pages

    Il y a étrangement, dans certaines conceptions irrationnelles de la jouvence, une métaphore de la pureté. Il ne suffirait que d’ouvrir son cœur et ses oreilles à la candeur de l’enfant pour recevoir l’ablution complète décrottant le pire des impies de la boue tapissant son âme souillée. Une fois le baptême reçu on pourrait, dès lors, comprendre la profondeur proverbiale dérivée de la réflexion platonicienne : « La vérité sort de la bouche des enfants ». C’est la bonne nouvelle que la maison d’édition JCL, qui, Raphaël Émond, souhaite nous enfoncer dans le crâne, en cette rentrée littéraire de 2017 en publiant les réflexions du petit enfant-roi-philosophe.

     

  • Collectif Faut qu'on se parle. Ne renonçons à rien

    Jean-Martin Aussant, Claire Bolduc, Véronique Coté, Maïtée Labrecque-Saganash, Aurélie Lanctôt, Karel Mayrand, Gabriel Nadeau-Dubois, Will Prosper et Alain Vadeboncoeur
    Ne renonçons à rien, Lux, 2017, 219 pages

    Même si la tournée « Faut qu’on se parle » a eu beaucoup plus d’échos que le livre qui en est ressorti, Ne renonçons à rien, il vaut la peine de s’attarder à ce dernier en raison de l’attention accordée à cette tournée.

    Le concept est simple : des personnalités plus ou moins connues, essentiellement issues de la gauche montréalaise, ont fait le tour des régions du Québec pour ensuite nous présenter des idées qu’elles auraient entendues au cours de cette tournée et qui, étrangement, ressemblent souvent aux idées qu’elles avaient avant d’entreprendre cette démarche. Cela donne un concentré d’idées fort intéressantes actuellement en vogue au sein de cette gauche, mais cette fois appuyées par des témoignages de simples citoyens. Cela va de l’importance de l’économie sociale et de l’achat local à la réforme du mode de scrutin en passant par l’élargissement de la couverture de l’assurance maladie aux problèmes de santé mentale, la priorité à l’éducation, la critique de la montréalisation de l’information (à laquelle le livre contribue pourtant), la défense des CPE, la dénonciation des discriminations à l’encontre des immigrants, l’opposition aux oléoducs, la promotion des transports en commun, etc. 

  • Mathieu Bock-Côté. Le nouveau régime

    Mathieu Bock-Côté
    Le nouveau régime. Essais sur les enjeux démocratiques actuels, Boréal, 2017, 320 pages

    Le sociologue Mathieu Bock-Côté est un auteur prolifique. Quelques mois après la publication d’un ouvrage salué par la critique, Le multiculturalisme comme religion politique, il récidive en publiant Le nouveau régime. Essais sur les enjeux démocratiques actuels. Rassemblant différents essais parus ces derniers temps, il poursuit le combat de sa vie : la critique du multiculturalisme. Si, comme Bock-Côté l’avance, le multiculturalisme est la religion du XXIe siècle, il n’est pas exagéré de dire que le sociologue est à notre époque ce qu’Arthur Buies a été à la sienne. Les deux sont d’une ténacité et d’une énergie à toute épreuve. Mais le sociologue a réussi là où le « chroniqueur éternel » a échoué, soit à attirer l’attention du milieu intellectuel de la mère patrie.

  • Collectif Faut qu'on se parle. Ne renonçons à rien

    Jean-Martin Aussant, Alain Vadeboncoeur, Gabriel Nadeau-Dubois, Maïtée Labrecque-Saganash, Claire Bolduc, Karel Mayrand, Véronique Côté, Will Prosper
    Ne renonçons à rien. Le livre de la tournée « Faut qu’on se parle », Montréal, Lux Éditeur, 2017, 224 pages

    À l’heure où le Quebec Liberal Party sape les bases de l’État québécois sous l’œil décontenancé d’un peuple plus cynique que jamais et que les forces nationalistes ne trouvent pas autre chose à faire que de s’écarteler, Gabriel Nadeau-Dubois, Jean-Martin Aussant, Alain Vadeboncoeur, Aurélie Lanctôt, Claire Bolduc, Maïtée Labrecque-Saganash, Véronique Côté, Karel Mayrand et Will Prosper ont lancé une tournée d’assemblées de cuisines et de rassemblements intitulée « Faut qu’on se parle ». Cette dernière vient d’être couronnée par la publication de l’ouvrage Ne renonçons à rien qui présente les constats et les idées des neuf réformateurs. 

  • André Pratte, Jonathan Kay et al. Bâtisseurs d’Amérique

    André Pratte, Jonathan Kay et al.
    Bâtisseurs d’Amérique : des Canadiens français qui ont fait l’histoire, Les éditions La Presse, 2016, 408 pages

    Que Les Éditions La Presse, en 2016, décident de publier un livre traitant des grands personnages canadiens-français ayant « fait l’Amérique » peut sembler franchement surprenant aux yeux de tout nationaliste. L’ennemi idéologique serait-il soudainement sensible à l’importance de réinscrire dans l’histoire de la nation québécoise des figures exceptionnelles et exemplaires nourrissant la fierté et l’appréciation du passé ? Le média fédéraliste et libéral par excellence se sent-il soudain l’âme patriote ? Réalise-t-il, à l’heure de la montée des populismes, que les peuples sentent encore le besoin d’exister et de se rallier à de salvateurs mythes nationaux ? Qu’est-ce donc que cet ouvrage historique qu’on nous offre alors que le libéralisme semble plus affairé que jamais à dissoudre les communautés nationales et leurs racines et que le fédéralisme canadien se pose internationalement comme à l’avant-garde absolue de ce mouvement de l’histoire ? C’est donc avec hâte et empressement que je me suis plongée dans la lecture des quelque 396 pages de ce collectif voulant offrir aux lecteurs des portraits de grands personnages francophones écrits par d’autres grands personnages, eux, vivants.

  • D. Peter Macleod. Backs to the wall : the Battle of Sainte-Foy and the conquest of Canada

    D. Peter Macleod.
    Backs to the wall : the Battle of Sainte-Foy and the conquest of Canada, Madeira Park (Colombie-Britannique), Douglas & McIntyre, 2016, 253 pages

    Les chapitres sont brefs, le rythme soutenu, la recherche documentaire méritoire. Ce récit de Peter MacLeod, historien rattaché au Musée canadien de la guerre, porte sur la bataille de Sainte-Foy du 28 avril 1760, de sa préparation à son dénouement et à ses conséquences immédiates. L’auteur tente de présenter l’événement selon les points de vue des acteurs de l’époque, ou du moins ce qu’il pourrait en rester à travers leurs journaux, correspondances et archives.

  • Simon-Pierre Savard-Tremblay. L’État succursale. La démission politique du Québec

    Simon-Pierre Savard-Tremblay
    L’État succursale. La démission politique du Québec, VLB éditeur, 2016, 234 pages

    À l’heure du renouveau du libre-échange, notamment avec le traité Canada-Union européenne et le traité transpacifique, et surtout à l’heure de sa remise en cause en Europe et aux États-Unis, une réflexion proprement québécoise sur cet enjeu et plus globalement sur celui de l’État-nation dans la mondialisation s’impose. Le dernier essai de Simon-Pierre Savard-Tremblay, L’État succursale. La démission politique du Québec, qui porte sur ces questions, arrive donc à point.

  • Josée Boileau. Lettres à une jeune journaliste

    Josée Boileau
    Lettres à une jeune journaliste, Montréal, VLB éditeur, 2016, 142 pages

    Depuis un an qu’elle a quitté Le Devoir, la plume alerte de Josée Boileau, son jugement sûr, ses engagements du côté de la justice, sa sensibilité généreuse, sa langue superbe nous manquent. Nous étions nombreux à avoir pris goût à la fréquenter. Depuis, on se plaît à espérer la lire encore pour avoir à nouveau l’occasion de se réjouir.

    À défaut de la lire au quotidien, elle nous est revenue avec un essai dans lequel on la retrouve tout entière. Dans ces huit Lettres à une jeune journaliste, Josée Boileau fait étalage de toutes ces qualités qui en ont fait une étoile unique du journalisme québécois. Et face à toutes les difficultés auxquelles est confrontée la presse, la lucidité dont elle fait preuve n’altère aucunement son enthousiasme.

  • Simon Harel. Foutue charte, journal de mauvaise humeur

    Simon Harel
    Foutue charte, journal de mauvaise humeur,Varia, coll. Proses de combat, Montréal, 2016, 231 pages

    Rarement dans ma vie de lecteur je fus aussi désarçonné et dubitatif suite à la lecture d’un livre que lorsque j’ai refermé le dernier né de la plume du professeur de « littératures et langues du monde » Simon Harel intitulé Foutue charte. Avant d’en ouvrir les premières pages, je m’étais fait tout un scénario. J’allais plonger dans les pages du bouquin tête baissée, comme un baigneur se jette dans une eau inconfortable et trop froide. J’allais lutter de tout mon être pour endurer jusqu’à la fin la lecture d’un énième texte condamnant la charte des valeurs et le courant conservateur du nationalisme québécois puis, dans un exercice cathartique, j’allais finalement en faire une recension critique relativement assassine traitant des nombreuses lacunes dans la pensée politique d’un auteur trop libéral-progressiste pour moi. Quelle naïveté !

  • Bernard Émond. Camarade, ferme ton poste

    Bernard Émond
    Camarade, ferme ton poste et autres textes, LUX, coll. « Lettres libres », Montréal, 2017, 156 pages

    Nous sommes libres, pour rien ; il nous faut réapprendre à être libres pour quelque chose au-dessus de notre liberté.

    – Bernard Émond

    Jamais le désespoir ne me parut plus allègre qu’à la lecture du dernier essai de Bernard Émond, Camarade, ferme ton poste paru aux éditions Lux. Ayez beaucoup de courage pour affronter l’inutile. Ne vous prenez pas au sérieux, mais ne méprisez pas ce que vous faites. Voilà, me semble-t-il, la tonalité du livre : une grande promenade dans un décor clair-obscur, certes désenchanté, mais où une lumière accompagne néanmoins l’homme-déambulatoire dans chaque zone sinistrée de l’âme humaine. Sa promenade surplombe fort malheureusement un paysage québécois en ruine et, qui plus est, dans un état de « déficit linguistique et esthétique » (p. 38). L’époque est à la laideur, question d’économie ! L’auteur nous offre ses réflexions avec une plume chargée à l’encre du « réalisme socialiste », pour emprunter l’expression de Roland Barthes, et dans une forme où l’auteur a le souci de saisir la structure profonde de la société. Discerner l’important et rejeter l’insignifiant : « Un peuple peut survivre à des siècles d’oppression, mais il ne peut pas survivre à sa propre indifférence » (p. 35). L’auteur, très loin des querelles de clocher, nous offre toujours des réflexions situées à très haute altitude philosophique et qui ne sont pas sans me rappeler la plume légère et dépourvue de toute animosité de Jean D’Ormesson. Amour, deuil, pudeur, gratitude, admiration, dignité humaine et petite bonté pour ne nommer que quelques-uns des thèmes abordés, et qui vont bien au-delà du plaisir de la lecture : ils tendent vers le bonheur véritable. La nostalgie est-elle le reflet d’un manque ? Peut-on la résumer avec la formule de l’auteur ? « C’était beaucoup mieux avant, mais c’est beaucoup mieux maintenant. » (p. 111) Entouré d’un monde aussi incertain que lui, c’est avec humilité et sagesse que le lecteur pourra rendre grâce et « payer sa dette » (p. 61) à cet auteur exceptionnel qui a su prendre conscience qu’il n’était pas au-dessus des choses, mais dedans. Émond est de ces écrivains qui provoque non pas un enthousiasme inutile et bruyant, mais une intime dévotion.

  • Jean-Charles Panneton, Le gouvernement Lévesque, tome 1

    Jean-Charles Panneton
    Le gouvernement Lévesque, tome 1. De la genèse du PQ au 15 novembre 1976, Québec, Septentrion, 2016, 359 pages

    Il est frappant, à lire le premier des trois tomes de l’ambitieux projet de Jean-Charles Panneton sur le gouvernement Lévesque, de réaliser combien l’histoire se répète et se rejoue avec d’infimes nuances qui n’ont de cesse de nous plonger dans les plus vives comparaisons avec l’actualité politique contemporaine. C’est déjà là un des grands bienfaits de cette lecture.

    D’abord, les tiraillements du début des années 1970 au sein de la mouvance indépendantiste afin de fusionner les courants souverainistes – le Mouvement souveraineté-association de René Lévesque, le Rassemblement pour l’indépendance nationale de Pierre Bourgault et le Ralliement national de Gilles Grégoire – nous font immanquablement songer à ce que l’on appelle aujourd’hui le désir de « convergence » qui s’incarne dans OUI-Québec. Ensuite, la fondation du Parti québécois le 14 octobre 1968 n’est pas sans nous rappeler la refondation à laquelle on assiste actuellement autour du nouveau chef du PQ, Jean-François Lisée.

  • Claude Corbo. Tocqueville chez les perdants

    Claude Corbo
    Tocqueville chez les perdants, Del Busso Éditeur, 2016, 210 pages

    Claude Corbo ne cache pas son admiration pour Alexis de Tocqueville. Dès la fin de ses études collégiales, il lit des extraits de De la démocratie en Amérique et depuis, son intérêt pour l’auteur et son œuvre ne s’est jamais tari.

    L’essai qu’il propose aujourd’hui reprend en l’étoffant un texte déjà publié sur Tocqueville et le Canada français ; il y ajoute deux textes relatant le point de vue tocquevillien d’abord sur les Autochtones de l’Amérique et ensuite sur l’Algérie coloniale ; le tout précédé d’une courte biographie de Tocqueville. Claude Corbo s’appuie non seulement sur les principales œuvres de l’auteur, mais également sur ses notes de voyage et sa volumineuse correspondance.

  • En canot sur les chemins du Roi - Note critique

    Jean Raspail
    En canot sur les chemins du Roi, Albin Michel, 2005, 337 pages

    J’ai toujours pensé qu’il fallait être un peu fou pour s’exiler en Nouvelle-France. D’abord, les futurs colons devaient subir la pénible traversée de l’océan Atlantique. Une fois arrivés, le climat rude et la nature sauvage ne tardaient pas à se liguer contre eux. Ne savaient-ils pas que plusieurs des compagnons de Cartier et de Champlain étaient morts de froid ? Les plus avisés se contentaient d’un lopin de terre qu’ils aménageaient à même une forêt aussi dense que la jungle. Comme si ces fatalités n’étaient pas suffisantes en elles-mêmes, les colons devaient aussi se défendre des attaques des Iroquois, alliés des Anglais.

  • L’État-nation face aux régions - Note critique

    Chercheur au Centre de recherche en développement territorial

    Guillaume Rousseau
    L’État-nation face aux régions : une histoire comparée du Québec et de la France, Québec, Septentrion, 2016, 525 pages

    Cet ouvrage se destine à tous ceux qu’intéresse l’histoire passée et contemporaine du Québec et de la France. Je pense en particulier à ceux qui suivent l’actualité à travers les essais d’ici et de l’autre bord,comme on disait autrefois, et qui achètent à l’occasion un hebdomadaire français, et qui quittent Patrice Roy à 18h30 pour David Pujadas sur TV5. Ils seront en terra cognita avec cet imposant ouvrage de Guillaume Rousseau, professeur de droit à l’Université de Sherbrooke et familier aux lecteurs de L’Action nationale. D’un couvert à l’autre, il est question de décentralisation, un sujet qui fait depuis longtemps couler beaucoup d’encre de part et d’autre de l’Atlantique. Pas facile de rapprocher les centres de décision des centres d’exécution. Les pays de l’Est d’avant la chute du mur de Berlin, autoproclamés pratiquants du socialisme démocratique, en ont tenté maintes fois l’expérience à partir des années 1950, sans succès mis à part, dans une certaine mesure, la Hongrie et l’ex-Yougoslavie1.

  • Éric Poirier. La Charte de la langue française

    Éric Poirier
    La Charte de la langue française. Ce qu’il reste de la loi 101 quarante ans après son adoption
    Québec, Éditions du Septentrion, Collection Cahiers des Amériques, 2016, 254 pages

    Disons-le d’entrée de jeu. Le livre d’Éric Poirier, La Charte de la langue française. Ce qu’il reste de la Loi 101 quarante ans après son adoption, est une œuvre magistrale qui fera époque par son érudition, mais surtout par la perspicacité de son analyse et les perspectives qu’elle dégage.

    Originaire de Hawkesbury, en Ontario, Éric Poirier nous confie qu’il s’est un jour rendu compte qu’il était « fatigué de demander des services en français et que cela ne servait à rien s’il y avait cent autres personnes qui ne le faisaient pas. C’est là que j’ai compris qu’il fallait que l’État intervienne, si je ne voulais plus être en position de quémandeur ».

  • Guillaume Morissette. Nouvel onglet

    nouvelonglet250Guillaume Morissette 
    Nouvel onglet, roman (trad. de l’anglais par Daniel Grenier), Boréal, 2016, 248 pages

    Dans un fascinant article paru, l’an dernier, dans Nouveau projet[1] – magazine dont le titre, par une amusante coïncidence, n’est pas sans évoquer celui du livre ici recensé –, l’auteur Daniel Grenier révélait au public québécois l’existence d’un singulier phénomène dans la littérature montréalaise anglophone. Un jeune homme né à Jonquière, Guillaume Morissette, Québécois de souche on ne peut plus banal, unilingue qui avait appris l’anglais en écoutant The Simpsons à la télé, puis en parachevant plus tard sa conversion à Concordia dans un programme de creative writing, faisait désormais sa marque comme écrivain dans le Montréal anglophone branché. Son roman autobiographique, New Tab (Vehicule Press, 2014), était porté par une vague locale qui transcendait les frontières. On l’invitait à Seattle et à Los Angeles et, sur Amazon aussi bien que sur Tumblr, les commentaires se succédaient pour saluer en son livre un formidable miroir de la génération hipster.

Collections numériques (1917-2013)

action couv 1933Bibliothèque et Archives nationales du Québec a numérisé tous les numéros de L'Action française et de L'Action nationale depuis 1917.

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