2018juinseptembreANNONCEWEB

Comptes rendus

  • Alain Deneault. La médiocratie

    Alain Deneault
    La médiocratie, Montréal, Lux, 2015, 218 pages

    Alain Deneault a sorti l’artillerie lourde pour en finir avec les médiocres qui domineraient notre monde. Dans un petit essai consacré à ce qu’il nomme la « médiocratie », il s’intéresse à une structure de pensée qui pousserait notre monde à prescrire une certaine manière d’être proscrivant tout à la fois l’intelligence et l’originalité. La société contemporaine serait fondamentalement médiocre : elle ferait de la médiocrité son logiciel. D’ailleurs, les médiocres, qui se reconnaissent entre eux et qui savent s’appuyer les uns les autres, s’emparent de tout : ils imposent leur règne. En fait, ils imposent même un nouveau régime idéologique et politique qui ne dit pas son nom, mais qu’il faut dévoiler : n’est-ce pas au sens propre la signification de la médiocratie ?

  • Martin Lemay. À la défense de Maurice Duplessis

    Martin Lemay
    À la défense de Maurice Duplessis, préface de Mathieu Bock-Côté, Montréal, Québec-Amérique, 2016, 165 pages

    Voici un petit essai qui n’est à proprement parler ni une étude d’histoire ni un pamphlet, mais tient un peu des deux. Comme le titre l’indique, l’auteur s’y porte à la défense de Maurice Duplessis, premier ministre aimé et haï s’il en fut un.

  • Carl Bergeron. Voir le monde avec un chapeau

    Carl Bergeron
    Voir le monde avec un chapeau,Montréal, Boréal 2016, 357 pages

    >Voir le monde avec un chapeau est un ouvrage émouvant. Il est un de ces livres qu’on peine à déposer. L’auteur Carl Bergeron (Un cynique chez les lyriques, 2012), dans ce livre qui se présente sous la forme d’un journal chronologique, dresse le portrait d’un lieu et d’une époque. À travers ses lunettes se dessine le Québec des années 2010, pour le meilleur et souvent pour le pire. Car il faut le souligner, on ne sort pas spontanément enchanté de la lecture du livre de Bergeron. Certes, son style, tout comme sa prose, captivent. Il en est de même du propos, varié et intelligemment abordé. C’est sans doute le diagnostic qu’il pose, ou du moins le portrait de notre société qu’il dresse, qui sans nous surprendre, n’en est pas moins bouleversant.

  • Andrée Ferretti. Mon désir de révolution

    Andrée Ferretti
    Mon désir de révolution, Montréal, XYZ éditeur, 2015, 146 pages

    Comment en vient-on à désirer la révolution ? C’est ce parcours intellectuel et militant que relate une Andrée Ferretti dont le verbe garde son mordant. Si elle ne laissait pas indifférents René Lévesque et même Pierre Bourgault par son caractère obstiné, on retrouve, des décennies plus tard dans son œuvre écrite, « la pasionaria » décrite par Jacques Lanctôt.

  • Claude Corbo. Honoré Mercier – Discours 1873-1893

    Claude Corbo
    Honoré Mercier – Discours 1873-1893, Del Busso, 2016, 434 pages

    Je rêvais que l’anthologie des discours d’Honoré Mercier, publiée par J. O. Pelland en 1890, fasse l’objet d’une réédition ; je rêvais que les discours prononcés après 1890 y soient ajoutés ; je rêvais que Claude Corbo, passé maître dans l’art de l’anthologie, soit l’artisan de cet exercice monacal. Ces trois rêves se sont réalisés, d’un coup. En prenant l’ouvrage sur les tablettes, j’avais impression de gagner le gros lot.

  • Marc Cassivi. Mauvaise langue

    Marc Cassivi
    Mauvaise langue, Montréal, Éditions Somme toute, 2016, 101 pages

    Marc Cassivi s’invite dans le débat sur la langue. Il en a gros sur le cœur. Dans Mauvaise langue, le livre où tout se bouscule, Cassivi dénonce. Il dénonce quoi ? Il dénonce qui ? Le sait-il lui-même ? Puis il invite les Québécois à revoir leur rapport à la langue anglaise, qui est selon lui « malsain ».

  • Cécile Alduy et Stéphane Wahnich. Marine Le Pen prise aux mots

    Cécile Alduy et Stéphane Wahnich.
    Marine Le Pen prise aux mots : décryptage du nouveau discours frontiste, Paris, Seuil, 2015, 310 pages

    La visite de Marine Le Pen au Québec a suscité la controverse et de nombreuses déclarations intempestives cherchant à diaboliser ce parti. Ces attaques étaient bien souvent ad hominem et s’appuyaient sur des connaissances bien approximatives des positions du Front national. Les contempteurs québécois répétaient les dénonciations propagées par les médias français. En France, le Front national et ses dirigeants sont constamment la cible de la classe politique et médiatique. Ces dénonciations sont aussi véhiculées par des universitaires qui au nom d’un progressisme de bon aloi se servent d’approches scientifiques pour valider leurs partis pris idéologiques.

  • Lève la tête, mon frère. Hommage à Pierre Falardeau

    Pierre-Luc Bégin et Manon Leriche (dir.)
    Lève la tête, mon frère. Hommage à Pierre Falardeau,Drummondville, Les éditions du Québécois, 2016, 204 pages

    Les funérailles de Pierre Falardeau ont fait d’éclatante façon la démonstration d’une réalité connue de plusieurs mais qui, en cette journée d’octobre 2009, s’est révélée au grand jour : le peuple québécois reconnaissait en lui un défenseur indéfectible, un homme qui avait été de son bord toute sa vie. On assistera à la même reconnaissance quelques mois plus tard lors du décès de Michel Chartrand. Le monde politique souverainiste était bien sûr présent avec Jacques Parizeau, Barnard Landry et Pierre-Karl Péladeau. Des intellectuels aussi étaient venus témoigner, comme Pierre Vadeboncoeur, Yvon Rivard et Bernard Émond, de même qu’un grand nombre de comédiennes et de comédiens qui faisaient leurs adieux au cinéaste. Mais il y avait surtout, dans cette foule de plus de deux mille personnes massées dans l’église Saint-Jean-Baptiste, du monde ordinaire, de petites gens qui savaient depuis toujours pour qui Falardeau menait le combat.

  • André Leclerc. Fernand Daoust. Bâtisseur de la FTQ

    André Leclerc
    Fernand Daoust. Bâtisseur de la FTQ (1964-1993), Montréal, M Éditeur, 2016, 389 pages

    Si Fernand Daoust fut le « bâtisseur de la FTQ », comme le titre André Leclerc dans le deuxième tome de la biographie qu’il consacre à ce grand Québécois, on peut dire qu’il se servit de celle-ci comme instrument pour promouvoir les nombreuses causes qui lui tenaient à cœur.

    Parmi celles-ci, la défense de la langue française, particulièrement sur les lieux du travail, fut sans doute la plus importante pour celui qui fut un des compagnons de lutte de Camille Laurin, le père de la loi 101.

  • Gilles Proulx. Nouvelle-France

    Gilles Proulx
    Nouvelle-France. Ce qu’on aurait du vous enseigner, Les éditions du Journal, 2015, 342 pages

    La passion de Gilles Proulx pour l’histoire n’est plus à démontrer. Grâce à ses émissions de radio et de télévision, à ses livres et interventions publiques, il a plus fait pour faire connaître et aimer notre histoire que tous les historiens professionnels réunis ! Le présent ouvrage, intitulé tout simplement Nouvelle-France, est la réédition d’un autre publié en 1992 : Ma petite histoire de la Nouvelle-France. Si le titre du livre annonce le sujet, le sous-titre, Ce qu’on aurait dû vous enseigner, explique les raisons pour lesquelles Proulx a senti le besoin de le rééditer. Dès la préface, l’historien Gilles Laporte avance que la dernière réforme de l’enseignement de l’histoire a eu comme résultat de former « des ignorants compétents, fort adroits pour critiquer et débattre, mais désormais dépourvus des connaissances historiques permettant seules de doter le jeune d’un jugement éclairé et d’une culture nationale commune à tous les habitants du Québec » (p. 5).

  • Mélanie Joly. Changer les règles du jeu

    Mélanie Joly
    Changer les règles du jeu, Montréal, Éditions Québec Amérique, 2014, 224 pages

    J’ai été l’adversaire de Mélanie Joly dans Ahuntsic-Cartierville lors des dernières élections fédérales et je dois dire que la nouvelle ministre du Patrimoine canadien fait preuve de beaucoup de déférence, voire de gentillesse, envers ses adversaires, allant jusqu’à vous dire après un débat tumultueux au collège Ahuntsic : « Alors Nicolas, nous, on se revoit bientôt ! » Comme si vous étiez les meilleurs amis du monde. Comme si elle vous invitait à prendre une bière avec elle. Vraiment autant de bonté au milieu de tant de dureté (les politiciens ne se font pas de cadeau) fait chaud au cœur et j’ai rapidement compris que l’arme secrète de Mélanie Joly, une arme qui désarçonne ses adversaires encore plus que sa beauté, résidait dans son apparente gentillesse.

  • Yves Montenay et Damien Soupart. La langue française : une arme d’équilibre de la mondialisation

    Yves Montenay et Damien Soupart
    La langue française : une arme d’équilibre de la mondialisation, Paris, Les Belles Lettres, 352 pages

    Bien avant la parution de La langue française : une arme d’équilibre de la mondialisation, l’observation circulait déjà. Reprise ici par Yves Montenay et Damien Soupart, qui y posent cette fois un regard depuis la France, elle confirme toute sa pertinence. Tant qu’une certaine élite claironnera que l’ouverture sur le monde ne passe que par la fenêtre étroite de l’anglais, ou par son pendant bien ancré au Québec, soit le reniement de l’identité nationale, il faudra y revenir : « défendre la langue française et la francophonie n’est pas un combat d’arrière-garde. C’est une nécessité absolue et un vrai sujet de notre temps ». Dans cet essai, Montenay et Soupart brossent un portrait rapide de la situation du français dans le monde et suggèrent qu’une stratégie soit enfin développée afin que tout son potentiel puisse être exploité. Compte rendu d’une contribution honnête.

  • Des explications peu convaincantes

    Thomas Déri et Francis Dupuis-Déri
    L’anarchie expliquée à mon père, Montréal, Lux Éditeur, Collection Instinct de liberté, 2014, 244 pages

    Démystifier et déconstruire : voilà deux termes chers à l’intelligentsia occidentale. Dans la foulée des adeptes américains de la French Theory et de ses dérivés que sont les Gender Studies et les Cultural Studies, nombre de penseurs de notre temps sentent une urgence de remettre en question l’ordre établi. Et si en effet, en tant que citoyens de notre époque, nous poser en continuité avec la tradition occidentale était une erreur ? Et si notre héritage était sombre et condamnable, et menait lentement notre civilisation et l’humanité tout entière à sa perte ?

  • John Saul. Le grand retour. Le réveil autochtone

    John Saul
    Le grand retour. Le réveil autochtone, Montréal, Les éditions du Boréal, 2015, 336 pages

    John Saul, dans Le grand retour, fait un appel politique aux populations non autochtones du Canada et leur demande de considérer avec sérieux la situation dans laquelle vivent les premières nations et nations métisses du pays et de le faire sans esprit de supériorité ni pitié. Il leur demande surtout de se poser en véritable interlocuteur politique avec elles et d’entreprendre un véritable processus de règlement de l’immense problème que vivent ces nations au Canada. Ce faisant, Saul demande aux individus qui forment la majorité non autochtone de littéralement contourner les élites politiques et économiques et les invite, dans le même temps, à se transformer eux-mêmes en véritables citoyens.

  • Edmond Dziembowski. La Guerre de Sept Ans/Les Pitt

    Edmond Dziembowski
    La Guerre de Sept Ans, 1756-1763, Éditions du Septentrion, 2015, 680 pages

    Edmond Dziembowski
    Les Pitt. L’Angleterre face à la France, 1708-1806, Éditions du Septentrion, 2015, 600 pages

    La guerre de Sept Ans, Frenchs and Indian Wars pour les Américains, Guerre de Conquête pour les Québécois, aura été qualifiée par Winston Churchill de première guerre mondiale de l’histoire. Amorcé par un incident de frontière aux confins de l’Ohio qui a vu la mort de l’officier Joseph Coulon de Villiers de Jumonville aux mains d’un détachement commandé par le Virginien Georges Washington, ce conflit purement colonial a fini par embraser l’Europe et s’est étendu sur quatre continents.

  • Jacques Grand’Maison. Ces valeurs dont on parle si peu

    Jacques Grand’Maison
    Ces valeurs dont on parle si peu. Essai sur l’état des mœurs au Québec, Montréal, Les Éditions Carte blanche, 2015, 136 pages

    La lecture du dernier et sans doute ultime ouvrage de Jacques Grand’Maison me rejoint à plusieurs titres.

    D’abord, j’ai suivi toute l’œuvre du cher chanoine, en particulier les recherches qu’il a consacrées aux générations et à leurs rapports : un travail colossal de sociologue, qui a eu et garde le mérite de nous éveiller à une forme nouvelle des rapports sociaux, aux questionnements qu’ils soulèvent et aux perspectives qu’ils nous font parfois redouter. Jacques Grand’Maison et ses collaborateurs ont su nous convaincre de la nécessité de prendre en compte la grave crise de la transmission d’une génération à l’autre, non seulement dans la réalité ecclésiale du Québec en fin de XXe siècle, mais dans la dynamique chaude et conflictuelle de la société québécoise confrontée aux bouleversements de son action sur elle-même. Les rapports entre générations sont si distendus que c’est « le tissu humain et spirituel » qui s’en trouve tout effiloché et menacé dans ses formes autant que dans sa durabilité. Jacques Grand’Maison a ainsi contribué efficacement à élargir le concept de rapports sociaux, bien au-delà des « rapports de classes » et j’ai pu croiser ses chemins de réflexion avec mes recherches et mes diverses interventions dans le champ naissant de la gérontologie sociale québécoise.

  • John Ibbitson. Stephen Harper. Un portrait

    John Ibbitson
    Stephen Harper. Un portrait, Les Éditions de l’Homme, 2015, 603 pages

    Maintenant que Stephen Harper a quitté le 24 Sussex, le temps est propice pour dresser un premier bilan des années où il y a séjourné et, considérant que l’homme demeure peu connu, des années qui y ont mené. À cette fin, encore plus que Stephan Harper and the Future of Canadade William Johnson paru en 2005, la version française de sa biographie Stephen Harper. Un portrait, du journaliste au Globe and Mail John Ibbitson constitue une source d’informations appréciable, au point où il vaut la peine d’en restituer les grandes lignes.

  • Martin Gibert. Voir son steak comme un animal mort

    Martin Gibert
    Voir son steak comme un animal mort. Véganisme et psychologie morale, Montréal, Lux éditeur, 256 pages

    Voir son steak comme un animal mort est un essai engagé et militant portant sur le véganisme. Cette idéologie déclare les animaux moralement et juridiquement égaux aux humains et défend donc la non-utilisation totale de toute matière animale, autant dans les domaines de l’alimentation que dans ceux du vêtement et de la recherche. Cet essai affirme que l’idéologie végane est un mouvement politique et moral, ainsi que la voie la plus vertueuse pour assurer un meilleur traitement des animaux, des causes sociales ainsi que de l’environnement. Il faut tout de suite donner un avertissement au lecteur potentiel de cet essai. Il existe un malheureux et tenace préjugé. Celui qui dépeint le militant végane comme un individu hargneux qui observe avec dédain ceux qui ne partagent pas son idéologie. Cet essai ne dissipe pas ce préjugé. Gibert tente de défendre son propos en dénonçant les incohérences et vices de pensées chez ceux qui n’adhérent pas au véganisme ainsi qu’en associant son discours aux grandes causes de la justice sociale.

  • Sylvain Tesson. Berezina

    Sylvain Tesson
    Berezina, Guérin, 2015, 199 pages

    En 2012, Sylvain Tesson, écrivain casse-cou, spécialiste du genre « littérature de voyage extrême », entend souligner à sa façon le 200e anniversaire de la retraite de Russie. Accompagné de quatre de ses amis, deux Français et deux Russes, il enfourche un side-car qui le mènera de Moscou à Paris dans une aventure littéraire et historique de quatre mille kilomètres. Mais pourquoi s’investir dans une telle aventure ? Parle-t-il de lui quand il écrit que « L’homme n’est jamais content de son sort, il aspire à autre chose, cultive l’esprit de contradiction, se propulse hors de l’instant. L’insatisfaction est le moteur de ses actes » (p. 17). Et cette « insatisfaction », n’est-elle pas due à cette constatation : « Il y a deux siècles, des mecs rêvaient d’autre chose que du haut débit. Ils étaient prêts à mourir pour voir scintiller les bulbes de Moscou » (p. 19). Mais ce livre ne saurait se résumer à la mélancolie d’un hyperactif romantique. À sa manière, l’écrivain-bourlingueur (ou le bourlingueur-écrivain, c’est selon) veut répondre à sa propre question : « Quel était aujourd’hui le terrain d’expression de l’héroïsme ? » (p. 193)

  • Aurélie Lanctôt. Les libéraux n’aiment pas les femmes

     Aurélie Lanctôt
    Les libéraux n’aiment pas les femmes, Montréal, Lux éditeur, 128 pages

    Les libéraux n’aiment pas les femmes est le premier livre d’Aurélie Lanctôt, jeune vedette du militantisme féministe québécois. L’auteure est chroniqueuse dans plusieurs tribunes, dont le journal Voir, Urbania, la Gazette des femmeset le site Ricochet. Le livre est une attaque contre la politique économique du gouvernement Couillard, décrite comme étant particulièrement nuisible à la condition féminine québécoise. L’ouvrage parvient à déployer un argumentaire souvent habile et incisif qui présente bien les effets nocifs des politiques d’austérité du gouvernement libéral, mais le propos est toutefois diminué par plusieurs failles dans la forme et le fond du texte.

Collections numériques (1917-2013)

action couv 1933Bibliothèque et Archives nationales du Québec a numérisé tous les numéros de L'Action française et de L'Action nationale depuis 1917.

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