Comptes rendus

  • Des explications peu convaincantes

    Thomas Déri et Francis Dupuis-Déri
    L’anarchie expliquée à mon père, Montréal, Lux Éditeur, Collection Instinct de liberté, 2014, 244 pages

    Démystifier et déconstruire : voilà deux termes chers à l’intelligentsia occidentale. Dans la foulée des adeptes américains de la French Theory et de ses dérivés que sont les Gender Studies et les Cultural Studies, nombre de penseurs de notre temps sentent une urgence de remettre en question l’ordre établi. Et si en effet, en tant que citoyens de notre époque, nous poser en continuité avec la tradition occidentale était une erreur ? Et si notre héritage était sombre et condamnable, et menait lentement notre civilisation et l’humanité tout entière à sa perte ?

  • John Saul. Le grand retour. Le réveil autochtone

    John Saul
    Le grand retour. Le réveil autochtone, Montréal, Les éditions du Boréal, 2015, 336 pages

    John Saul, dans Le grand retour, fait un appel politique aux populations non autochtones du Canada et leur demande de considérer avec sérieux la situation dans laquelle vivent les premières nations et nations métisses du pays et de le faire sans esprit de supériorité ni pitié. Il leur demande surtout de se poser en véritable interlocuteur politique avec elles et d’entreprendre un véritable processus de règlement de l’immense problème que vivent ces nations au Canada. Ce faisant, Saul demande aux individus qui forment la majorité non autochtone de littéralement contourner les élites politiques et économiques et les invite, dans le même temps, à se transformer eux-mêmes en véritables citoyens.

  • Edmond Dziembowski. La Guerre de Sept Ans/Les Pitt

    Edmond Dziembowski
    La Guerre de Sept Ans, 1756-1763, Éditions du Septentrion, 2015, 680 pages

    Edmond Dziembowski
    Les Pitt. L’Angleterre face à la France, 1708-1806, Éditions du Septentrion, 2015, 600 pages

    La guerre de Sept Ans, Frenchs and Indian Wars pour les Américains, Guerre de Conquête pour les Québécois, aura été qualifiée par Winston Churchill de première guerre mondiale de l’histoire. Amorcé par un incident de frontière aux confins de l’Ohio qui a vu la mort de l’officier Joseph Coulon de Villiers de Jumonville aux mains d’un détachement commandé par le Virginien Georges Washington, ce conflit purement colonial a fini par embraser l’Europe et s’est étendu sur quatre continents.

  • Jacques Grand’Maison. Ces valeurs dont on parle si peu

    Jacques Grand’Maison
    Ces valeurs dont on parle si peu. Essai sur l’état des mœurs au Québec, Montréal, Les Éditions Carte blanche, 2015, 136 pages

    La lecture du dernier et sans doute ultime ouvrage de Jacques Grand’Maison me rejoint à plusieurs titres.

    D’abord, j’ai suivi toute l’œuvre du cher chanoine, en particulier les recherches qu’il a consacrées aux générations et à leurs rapports : un travail colossal de sociologue, qui a eu et garde le mérite de nous éveiller à une forme nouvelle des rapports sociaux, aux questionnements qu’ils soulèvent et aux perspectives qu’ils nous font parfois redouter. Jacques Grand’Maison et ses collaborateurs ont su nous convaincre de la nécessité de prendre en compte la grave crise de la transmission d’une génération à l’autre, non seulement dans la réalité ecclésiale du Québec en fin de XXe siècle, mais dans la dynamique chaude et conflictuelle de la société québécoise confrontée aux bouleversements de son action sur elle-même. Les rapports entre générations sont si distendus que c’est « le tissu humain et spirituel » qui s’en trouve tout effiloché et menacé dans ses formes autant que dans sa durabilité. Jacques Grand’Maison a ainsi contribué efficacement à élargir le concept de rapports sociaux, bien au-delà des « rapports de classes » et j’ai pu croiser ses chemins de réflexion avec mes recherches et mes diverses interventions dans le champ naissant de la gérontologie sociale québécoise.

  • John Ibbitson. Stephen Harper. Un portrait

    John Ibbitson
    Stephen Harper. Un portrait, Les Éditions de l’Homme, 2015, 603 pages

    Maintenant que Stephen Harper a quitté le 24 Sussex, le temps est propice pour dresser un premier bilan des années où il y a séjourné et, considérant que l’homme demeure peu connu, des années qui y ont mené. À cette fin, encore plus que Stephan Harper and the Future of Canadade William Johnson paru en 2005, la version française de sa biographie Stephen Harper. Un portrait, du journaliste au Globe and Mail John Ibbitson constitue une source d’informations appréciable, au point où il vaut la peine d’en restituer les grandes lignes.

  • Martin Gibert. Voir son steak comme un animal mort

    Martin Gibert
    Voir son steak comme un animal mort. Véganisme et psychologie morale, Montréal, Lux éditeur, 256 pages

    Voir son steak comme un animal mort est un essai engagé et militant portant sur le véganisme. Cette idéologie déclare les animaux moralement et juridiquement égaux aux humains et défend donc la non-utilisation totale de toute matière animale, autant dans les domaines de l’alimentation que dans ceux du vêtement et de la recherche. Cet essai affirme que l’idéologie végane est un mouvement politique et moral, ainsi que la voie la plus vertueuse pour assurer un meilleur traitement des animaux, des causes sociales ainsi que de l’environnement. Il faut tout de suite donner un avertissement au lecteur potentiel de cet essai. Il existe un malheureux et tenace préjugé. Celui qui dépeint le militant végane comme un individu hargneux qui observe avec dédain ceux qui ne partagent pas son idéologie. Cet essai ne dissipe pas ce préjugé. Gibert tente de défendre son propos en dénonçant les incohérences et vices de pensées chez ceux qui n’adhérent pas au véganisme ainsi qu’en associant son discours aux grandes causes de la justice sociale.

  • Sylvain Tesson. Berezina

    Sylvain Tesson
    Berezina, Guérin, 2015, 199 pages

    En 2012, Sylvain Tesson, écrivain casse-cou, spécialiste du genre « littérature de voyage extrême », entend souligner à sa façon le 200e anniversaire de la retraite de Russie. Accompagné de quatre de ses amis, deux Français et deux Russes, il enfourche un side-car qui le mènera de Moscou à Paris dans une aventure littéraire et historique de quatre mille kilomètres. Mais pourquoi s’investir dans une telle aventure ? Parle-t-il de lui quand il écrit que « L’homme n’est jamais content de son sort, il aspire à autre chose, cultive l’esprit de contradiction, se propulse hors de l’instant. L’insatisfaction est le moteur de ses actes » (p. 17). Et cette « insatisfaction », n’est-elle pas due à cette constatation : « Il y a deux siècles, des mecs rêvaient d’autre chose que du haut débit. Ils étaient prêts à mourir pour voir scintiller les bulbes de Moscou » (p. 19). Mais ce livre ne saurait se résumer à la mélancolie d’un hyperactif romantique. À sa manière, l’écrivain-bourlingueur (ou le bourlingueur-écrivain, c’est selon) veut répondre à sa propre question : « Quel était aujourd’hui le terrain d’expression de l’héroïsme ? » (p. 193)

  • Aurélie Lanctôt. Les libéraux n’aiment pas les femmes

     Aurélie Lanctôt
    Les libéraux n’aiment pas les femmes, Montréal, Lux éditeur, 128 pages

    Les libéraux n’aiment pas les femmes est le premier livre d’Aurélie Lanctôt, jeune vedette du militantisme féministe québécois. L’auteure est chroniqueuse dans plusieurs tribunes, dont le journal Voir, Urbania, la Gazette des femmeset le site Ricochet. Le livre est une attaque contre la politique économique du gouvernement Couillard, décrite comme étant particulièrement nuisible à la condition féminine québécoise. L’ouvrage parvient à déployer un argumentaire souvent habile et incisif qui présente bien les effets nocifs des politiques d’austérité du gouvernement libéral, mais le propos est toutefois diminué par plusieurs failles dans la forme et le fond du texte.

  • Steve Gagnon. Je serai un territoire fier et tu déposeras tes meubles

    Steve Gagnon
    Je serai un territoire fier et tu déposeras tes meubles, Atelier 10, collection Documents, 2015, 78 pages

    Steve Gagnon est né en 1985. Actif surtout dans le milieu du théâtre, il signe avec Je serai un territoire fier et tu déposeras tes meubles une courte et passionnée réflexion sur la condition masculine. Comme moi, le lecteur butera peut-être sur le titre d’emblée : comment un territoire, et non un être humain, peut-il être « fier », et pourquoi la proposition « tu déposeras tes meubles », dont l’articulation à « Je serai un territoire fier » n’est déjà pas évidente, ne contient-elle pas de pronom ou de complément circonstanciel de lieu ? Peut-être l’auteur voulait-il dire : « Je serai une maison aux fondations profondes et tu y déposeras tes meubles » ? À la lecture, on se rend rapidement compte, hélas, que ce français bancal n’est pas fortuit et qu’il est la marque de l’auteur.

  • Frédéric Bérard et Stéphane Beaulac. Droit à l’indépendance

    Frédéric Bérard et Stéphane Beaulac
    Droit à l’indépendance. Québec, Monténégro, Kosovo, Écosse, Catalogne, Les Éditions XYZ, 2015, 271 p.

    À l’heure où l’on entend dire que la question nationale intéresse moins qu’auparavant, la parution d’un livre sur le droit à l’indépendance nepouvait que nous intriguer. Surtout quand il s’agit d’un livre rédigé par deux juristes d’obédience fédéraliste, Frédéric Bérard et Stéphane Beaulac, alors qu’au cours des dernières années les livres portant la question nationale ont plus souvent été l’œuvre de souverainistes.

    D’emblée, ce livre provoque toutefois une certaine déception. Alors que son titre, Droit à l’indépendance. Québec, Monténégro, Kosovo, Écosse, Catalogne, annonce une vaste étude puisant abondamment dans des cas étrangers, il s’agit plutôt d’un long commentaire sur le Renvoi relatif à la sécession de la Cour suprême du Canada de 1998 avec quelques références à des cas étrangers visant essentiellement à mettre en valeur ce renvoi.

  • Makek Chebel. L’inconscient de l’islam

     Makek Chebel
    L’inconscient de l’islam, CNRS Éditions, Paris, 2015, 128 pages

    Maleck Chebel est anthropologue des religions, philosophe, historien et il a exercé la psychanalyse. C’est un spécialiste du monde arabe et de l’islam. Il est d’origine algérienne et a enseigné dans diverses universités. En 2009, il a publié chez Fayard une traduction du Coran. C’est un des penseurs musulmans favorables à un islam libéral et moderne qui prône une séparation radicale entre le pouvoir religieux et le pouvoir politique.L’inconscient de l’islam, son court essai de 128 pages, emprunte à l’anthropologie, à la sociologie, à l’histoire, à la psychanalyse et à la science des religions. Il en résulte uneinévitable densité, doublée d’une certaine complexité, surtout dans les parties qui font référence à la psychanalyse. On ne saurait cependant le lui reprocher compte tenu de la grande pertinence et de l’actualité de la thématique.

  • Martine Tremblay. La rébellion tranquille

    Martine Tremblay
    La rébellion tranquille. Une histoire du Bloc québécois, Éditions Québec Amérique, 2015, 628 pages

    Plus de vingt-cinq ans après sa fondation comme parti politique sur la scène fédérale, le Bloc québécois s’est vu consacré, l’automne dernier, un ouvrage fouillé et documenté sur sa propre histoire. Ce livre d’une grande richesse, elle le fruit des recherches de l’auteure Martine Tremblay, ancienne directrice de cabinet de René Lévesque et historienne de formation. Portant bien son titre : La rébellion tranquille, une histoire du bloc québécois 1990-2011 relate avec moult de détails comment le Bloc québécois est né et s’est ancré sur la scène fédérale canadienne, sans faire de révolution.

  • Franck M. Guttman. Le diable de Saint-Hyacinthe

    Franck M. Guttman
    Le diable de Saint-Hyacinthe. Télesphore-Damien Bouchard, Hurtubise, 2013, 514 pages

    La biographie de Télesphore-Damien Bouchard par Franck M. Guttman, parue en version française traduite chez Hurtubise, tient davantage de l’hagiographie que de la contribution scientifique. Il faut dire que l’auteur cite abondamment les mémoires de son héros qui pense incarner un style littéraire constituant « une fusion des styles de Victor Hugo et de Léon Tolstoï » !

  • Claude Cardinal. Une histoire du RIN

    Claude Cardinal
    Une histoire du RIN, Montréal, VLB, 2015, 504 pages

    Claude Cardinal a réalisé une biographie institutionnelle captivante du Rassemblement pour l’indépendance nationale. Il y relate de façon rigoureuse les péripéties du premier parti indépendantiste moderne en s’appuyant sur des sources premières. Il a le mérite d’avoir fouillé les archives de ce parti de façon minutieuse et construit sa trame narrative en s’appuyant sur l’analyse des procès-verbaux, des rapports financiers et des lettres des militants. Il a adopté une démarche chronologique qui nous permet de suivre le développement de ce parti avec ses problèmes organisationnels, ses conflits internes et ses débats idéologiques. Ayant été lui-même militant de ce parti, il a connu de l’intérieur ses forces et ses faiblesses qu’il nous décrit sans complaisance. Cardinal se fait toutefois discret sur ses propres faits d’armes ne les évoquant que rarement comme à la page 344 lorsqu’il confronta publiquement Jean Marchand.

  • Mon désir de révolution (extrait primeur)

    Extrait de l’ouvrage à paraître chez XYZ en octobre 2015

    C’est une longue histoire que la mienne, c’est l’histoire d’un incessant désir de révolution, tissé à même les violentes émotions du refus de l’intolérable. Comme ils sont nombreux à le découvrir à leur tour, par d’autres voies et pour des raisons nouvelles qui s’ajoutent aux miennes, mon histoire séculaire est aussi celle des jeunes Québécoises et Québécois, quel que soit l’âge de leurs racines, quelle que soit leur illusion de vivre dans un monde tellement changé que la question nationale serait devenu désuète, que les libertés collectives ne seraient plus la source de leur liberté individuelle.

  • Hugo Fontaine. La grenade verte

    Hugo Fontaine
    La grenade verte. Valcartier 1974 : les oubliés de la compagnie D, Montréal, Éditions La Presse, 2011, 199 pages

    Le 30 juillet 1974, par un jour pluvieux, 136 adolescents, âgés de 14 à 19 ans, participant tous au camp d’été des cadets de l’armée à la base de Valcartier, près de Québec, s’engouffrèrent dans un des baraquements de la base. On devait leur dispenser un cours théorique sur la sécurité des explosifs.

     

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