Octobre 2018

Vol. CVIII, no 8

Éditorial - La nouvelle donne provinciale

2018octobre250Les libéraux sont chassés et durement sanctionnés. C’est une excellente nouvelle. La déloyauté du PLQ a déjà fait trop de dégâts. Il faudra en garder mémoire puisqu’il a incarné tout ce que le Canada autorise que nous soyons. Il n’y aura plus d’autre voie pour ce parti incrusté dans ses enclaves ethniques. Il ne poursuivra qu’en cherchant de nouvelles figures de l’imposture. Il s’en remettra, c’est certain puisqu’il est essentiel au régime qui nous asservit. Pour l’instant, il faut seulement souhaiter lui rendre la tâche la plus difficile possible.

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Mémoire de la déportation acadienne et justice historique

Nous sommes actuellement engagés dans une grande et noble entreprise consistant à expulser les Français neutres hors de la province… Si nous y parvenons, il s’agira d’un des plus grands exploits jamais accomplis par les Anglais en Amérique1.

À l’instar d’autres injustices historiques ayant récemment fait l’objet de diverses formes de restitution, de réparation ou de repentance, la Déportation décidée par la Couronne britannique et subie par les populations acadiennes entre 1755 et 1763 appartient-elle à cette catégorie de fautes, de torts ou de préjudices commis dans le passé, mais exigeant aujourd’hui de faire amende honorable ?

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Le prix Richard-Arès 2017 à Serge Dupuis

Le prix Richard-Arès de L’Action nationale récompense l’auteur du meilleur essai publié au Québec durant l’année. Il a été créé en hommage au père Richard Arès qui, par ses multiples écrits sur notre question nationale, a contribué d’une manière exceptionnelle à stimuler et à enrichir la réflexion de nos compatriotes. Ce prix est attribué chaque année depuis 1991 par la Ligue d’action nationale à l’auteur d’un essai publié au Québec qui témoigne d’un engagement à éclairer nos concitoyens sur les grandes questions d’intérêt national. Il est doté d’une bourse de 1000 $. La création de ce prix a pour objectif essentiel de promouvoir la culture nationale en encourageant l’expression de la pensée.

Le jury du prix Richard Arès 2017 – formé de Robert Comeau, Lucille Beaudry et moi-même – a retenu un ouvrage très original, Le Canada français devant la francophonie mondiale (Septentrion, 2017) de Serge Dupuis.

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Estimation raisonnée des appuis à l’indépendance de la Catalogne

Référendum tenu le 1er octobre 2017 sous la gouverne de la Generalitat de Catalunya
Professeur honoraire de science politique à l’Université de Montréal et expert en analyse électorale

NOTE MÉTHODOLOGIQUE.     La lecture de ce texte ne requiert ni une connaissance approfondie de la politique catalane ni la maîtrise d’outils mathématiques autres que les simples opérations d’addition, de soustraction, de multiplication et de division.

INTENTION.     Je cherche à déterminer l’ampleur des appuis donnés à l’indépendance de la Catalogne lors du référendum tenu le 1er octobre 2017 par la Generalitat de Catalunya.

DONNÉES DE BASE.     Je pose tout d’abord, aux tableaux 1a, 1 b et 1c, les données de base, soit la répartition des votes lors de ce référendum du 1er octobre 2017. Ces données originent de la Generalitat de Catalunya, telles qu’elles ont été rapportées par les journaux d’époque. Les résultats de ce vote ont été arrondis à 10 000 personnes près.

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S’enraciner dans la nature et dans l’histoire

Méditer sur l’enracinement québécois avec Simone Weil

La vie humaine, pour s’ordonner, a besoin que certaines idées métaphysiques soient comprises par tous, même confusément. Autrefois, le péché, la grâce, l’honneur et Dieu remplissaient cet office. Ensuite, ce furent la liberté, le droit, la démocratie. Aujourd’hui, ce sont le vivre ensemble, la diversité et l’ouverture. Nous retrouvons ici les lignes de force de tout débat public dans les sociétés démocratiques du XXIe siècle. Les Québécois sont cependant un peu durs de comprenure. Ces concepts les mettent parfois mal à l’aise, et il faut régulièrement que les gardiens de la bien-pensance les rappellent à l’ordre. Dans le trésor conceptuel de la philosophie de notre époque, peut-être y aurait-il une idée un peu oubliée, laissée pour compte, qui permettrait aux Québécois de rêver tout haut, et de parler à l’aise ? Est-il est encore permis que soit soumis à la réflexion un concept étranger au libéralisme anglo-américain qui tient aujourd’hui le crachoir métaphysique ? Peut-être que la notion d’enracinement de Simone Weil pourrait aider quelques langues à se délier, et quelques idées à s’enligner.

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La Francophonie au service de l’Anglosphère

Les dessous du débat sur la nouvelle secrétaire générale de l’OIF

Et si le débat au sujet de la prochaine secrétaire générale de l’Organisation internationale de la Francophonie (Michaëlle Jean VS Louise Mushikiwabo) n’avait rien à voir avec la langue française et tout à voir avec le contrôle de l’Afrique ? Tout porte à le croire. Pour y voir clair, il faut toutefois remonter à ses débuts.

C’est à Léopold Sédar Senghor que nous devons l’idée moderne et politique de la Francophonie. Le premier président du Sénégal a choisi de développer cette idée à Québec dans une allocution prononcée à l’Université Laval le 24 septembre 1966. Dans cette allocution, il envisageait une Francophonie qui « ne sera[it] pas, ne sera[it] plus enfermée dans les limites de l’Hexagone», mais qui reposerait sur l’usage du français.

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Que préfigure la dissolution de la nation canadienne ?

Dans le regard de George Grant

En décembre 2015, le premier ministre Justin Trudeau déclarait dans une entrevue au New York Times Magazine que son pays était le premier État « postnational ». Il s’en expliquait ainsi : « Il n’y a pas d’identité fondamentale, pas de courant dominant, au Canada. Il y a des valeurs partagées – ouverture, compassion, la volonté de travailler fort, d’être là l’un pour l’autre, de chercher l’égalité et la justice. Ces qualités sont ce qui fait de nous le premier État postnational. » Si l’affirmation a pu alors surprendre, elle aurait sans doute paru évidente aux yeux du philosophe canadien-anglais George Parkin Grant dont les réflexions peuvent servir d’avertissement en ce qui concerne le destin du Québec.

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Misères du bilinguisme au Nouveau-Brunswick

L’idéal politique des francophones du Nouveau-Brunswick fait l’objet d’un remarquable consensus : l’égalité des deux communautés linguistiques.

L’intellectuel acadien le plus important des vingt dernières années, le juriste Michel Doucet, a exprimé cet idéal avec conviction dans son dernier ouvrage, Les droits linguistiques au Nouveau-Brunswick. À la recherche de l’égalité réelle ! (Les Éditions de la francophonie, 2017). Dans ce monde souhaité, les États néo-brunswickois et canadiens seraient rigoureusement bilingues et sur toutes les questions politiques importantes, les francophones et les anglophones auraient une voix égale.

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Qu’est-ce que l’économie sociale au Québec ?

Note critique de l'ouvrage de Gabriel Arseneault, L’économie sociale au Québec. Une perspective politique, Montréal, Presses de l’Université du Québec, 2018, 256 pages

Il y a quelques décennies à peine, l’économie sociale n’était connue que de quelques rares spécialistes. Plusieurs de ses manifestations étaient familières à bien des collectivités, mais rarement la chose était-elle ainsi nommée. C’est à partir du milieu des années 1980 que l’expression a fini par se diffuser progressivement dans l’espace public et c’est le Sommet sur l’économie et l’emploi de 1996 qui lui a donné ses lettres de noblesse. Depuis, ses artisans, ses organisations et ses revendications trouvent leur place dans la délibération publique et dans les programmes des partis politiques.

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Jérôme Blanchet-Gravel. La face cachée du multiculturalisme

Jérôme Blanchet-Gravel
La face cachée du multiculturalisme, Les éditions du Cerf, collection Idées, 2018, 224 pages

La face cachée du multiculturalisme est le plus récent ouvrage de l’essayiste Jérôme Blanchet-Gravel. La lecture révèle chez lui un grand talent. Ce talent n’a rien à voir avec la sociologie, l’étude des religions, l’histoire des idées, la science politique ou l’écriture d’essais. Le talent de Blanchet-Gravel est de convaincre des éditeurs crédules ou opportunistes de publier ses manuscrits. On en voit des signes sans ouvrir le livre. Le quatrième de couverture déclare que l’essayiste serait « considéré comme l’une des nouvelles figures de la libre-pensée au Québec », une déclaration qui devrait surprendre les connaisseurs des débats d’idées du Québec. Autre signe inquiétant, la couverture annonce une préface signée par le sociologue Michel Maffesoli. Un auteur produisant surtout des textes anecdotiques qui masquent souvent leur peu de méthode et d’analyse par une érudition qui s’en tient au verbiage et aux références inutiles à des sources d’envergure.

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Paul Cliche. Un militant qui n’a jamais lâché

Paul Cliche
Un militant qui n’a jamais lâché. Chronique de la gauche politique des années 1950 à aujourd’hui, Varia, Montréal, 2018, 428 pages

C’est par son blogue dont certains textes paraissent régulièrement dans la chronique « Libre opinion » du Devoir que j’ai pu entrer en contact une première fois avec l’auteur. Paul Cliche – qui au sein QS milite avec une admirable détermination en faveur d’une réforme du système électoral – m’a alors assuré de ses convictions indépendantistes. J’avais perdu sa trace depuis la grande aventure du FRAP, victime de l’infecte démagogie de l’occupant de l’Hôtel de Ville de Montréal lors de la Crise d’octobre. Et, comme la mémoire est une faculté qui oublie, je ne me souvenais plus qu’il avait été en grande partie responsable de la victoire du parti libéral dans Mercier en se portant candidat indépendantiste de gauche lors de l’élection partielle du 9 avril 2001.

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Anne-Marie Beaudoin-Bégin. La langue affranchie

Anne-Marie Beaudoin-Bégin
La langue affranchie. Se raccommoder avec l’évolution linguistique, Éditions Somme toute, 2017, 116 pages

Les différents malaises que vous causera cet ouvrage proviendront, d’abord et avant tout, du très pernicieux statut scientifique dont il se vernit pour enfoncer dans la gorge du lecteur une vérité épiphanique construite de toute pièce. La langue affranchie d’Anne-Marie Beaudouin-Bégin est une œuvre insidieuse qui révèle les obsessions traumatiques d’une auteure torturée par les chroniques du Journal de Montréal. Particulièrement celles de Mathieu Bock-Côté et de Denise Bombardier qui seraient à leurs façons des suprémacistes de la langue. À tout le moins, des aristocrates infréquentablesméprisant le petit monde qu’ils regarderaient de haut. Comme dans tout manifeste doctrinaire gauchiste qui se respecte, la petitesse progressiste est au rendez-vous avec les mesquineries de mauvaise foi habituelle où on fait comprendre à son interlocuteur qu’il n’appartient pas à la légitimité de ce monde, mais plutôt à une cellule de l’aile psychiatrique. Maladivement attaché à ses privilèges, le défenseur de la langue française sera en quelque sorte accusé de demeurer dans les ténèbres de l’histoire ou condamné à la fossilisation préhistorique ridicule.

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Geneviève Dorval-Douville et Jean-François Gingras. Rêver le territoire

Geneviève Dorval-Rouville et Jean-François Gingras
Rêver le territoire. Vers une vision partagée de son potentiel, Les éditions Somme toute, 2018, 156 pages

Ce livre s’inscrit dans une série d’essais réalisés par des auteurs associés aux Orphelins politiques, un mouvement citoyen visant à proposer des solutions pragmatiques et innovantes pour faire avancer le Québec. Cette série cherche quant à elle à redonner aux Québécois la fierté et le goût de bâtir collectivement le Québec.

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Le droit à l’indépendance du peuple kanak selon le droit international

Professeur titulaire la Faculté de droit de l’Université de Montréal

Comme pour les siècles précédents, le XXIe siècle aura donné lieu à la tenue de multiples référendums portant sur l’accession de peuples à l’indépendance. De la Catalogne à l’Écosse, en passant par le Kurdistan irakien et Porto-Rico, des consultations populaires se sont déroulées sur plusieurs continents. De telles consultations sont également prévues d’ici la fin de la décennie relativement à l’indépendance de Chuuk, l’un des quatre États fédérés de Micronésie (5 mars 2019) et à celle de la province et région autonome de Bougainville en Papaousie-Nouvelle-Guinée (15 juin 2019).

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Un nouveau pays surgira-t-il dans le Pacifique Sud?

À l’autre bout du monde, la question de l’indépendance sera posée le 4 novembre 2018 aux citoyens de la Kanaky–Nouvelle-Calédonie. Située à 2000 kilomètres à l’est des côtes australiennes, dans le sud de la Mélanésie, la Nouvelle-Calédonie est un ensemble d’îles, d’une superficie d’environ 18 500 km2 qui est équivalente au territoire de la Norvège. Ses 174 000 électeurs auront à trancher le destin de cette colonie française en répondant à la question suivante : « Voulez-vous que la Nouvelle-Calédonie accède à la pleine souveraineté et devienne indépendante ? » Le libellé de la question résulte d’un compromis adopté le 28 mars après quinze heures de débats à Matignon. Les indépendantistes voulaient qu’elle réfère à la pleine souveraineté et pas à l’indépendance alors que les loyalistes insistèrent pour inclure le mot indépendance avec l’intention de « faire peur aux gens1 ».

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Collections numériques (1917-2013)

action couv 1933Bibliothèque et Archives nationales du Québec a numérisé tous les numéros de L'Action française et de L'Action nationale depuis 1917.

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