Éditoriaux

chroniquecequicherche
Les éditoriaux de Robert Laplante ont été regroupés dans deux ouvrages en vente à la boutique

  • 2018octobre250Les libéraux sont chassés et durement sanctionnés. C’est une excellente nouvelle. La déloyauté du PLQ a déjà fait trop de dégâts. Il faudra en garder mémoire puisqu’il a incarné tout ce que le Canada autorise que nous soyons. Il n’y aura plus d’autre voie pour ce parti incrusté dans ses enclaves ethniques. Il ne poursuivra qu’en cherchant de nouvelles figures de l’imposture. Il s’en remettra, c’est certain puisqu’il est essentiel au régime qui nous asservit. Pour l’instant, il faut seulement souhaiter lui rendre la tâche la plus difficile possible.

  •  Nul n’est plus esclave que celui qui se croit libre sans l’être
    – Goethe

    2018juinseptembre250Il faut chasser les libéraux du pouvoir. Pour la corruption, certes. Pour avoir semé partout la médiocrité, encore plus. Mais surtout parce que c’est un parti antinational. Dirigés par une engeance doctrinaire et déterminée, les gouvernements Charest et Couillard auront conduit le Québec dans les marécages canadian comme jamais ne l’ont réalisé auparavant les démissionnaires qui, pourtant, n’ont jamais manqué dans notre élite mollassonne. Maniant habilement tous les ressorts de l’affairisme et déterminés à normaliser la province en engraissant une cohorte de goinfres qui vont jouer pour des générations les rôles de gérants de notre marginalisation politique en pillant le patrimoine, ce rassemblement hybride d’opportunistes, de malfaisants et de naïfs utiles a suffisamment sévi.

  • 2018mai250

    Quel affligeant spectacle ! Plus rien ne tient de l’intelligence ni de la décence devant ce qu’on nous donne à voir et à entendre dès lors qu’il est question de la passoire Roxham. Violence sourde de l’État canadian qui ne peut résister à la tentation du mépris à l’égard du Québec qui regimbe à peine, pourtant. Violence doctrinaire de tous les inquisiteurs qui refusent jusqu’à la moindre réticence critique et ne supportent rien d’autre que la résignation enthousiaste au nom d’une vertu qu’eux seuls peuvent brandir.

  • 2018avril250Les malheurs du Bloc québécois font le bonheur et les moqueries des adversaires de l’indépendance. Ils font aussi la misère d’une large fraction des indépendantistes qui peinent à reconnaître dans le spectacle de l’implosion du caucus les motifs qui pourraient justifier de fournir matière à la mise en scène du meurtre sacrificiel de l’idée d’indépendance. Pulsion d’autodestruction, manque de discipline, conflits de personnalités et déficit de culture politique, toutes ces explications s’appliquent à l’une ou l’autre des facettes de ce conflit qui s’éternise. Mais aucune n’en éclaire le sens profond.

  • 2018mars250Ainsi donc, s’il faut en croire une vérité de la paresse, les Québécois auraient tourné le dos à l’indépendance, en auraient fini avec une idée anachronique de la liberté. Ils seraient passés à autre chose. La formule aide les bonimenteurs à se donner bonne bouche. C’est bien connu, les esprits éclairés sont toujours ailleurs, à moins de n’être en avant… que pour se faire voir.

    Il y a quelque chose de suspect dans le succès de la formule. De quelle autre chose parle-t-on ? Où se trouve donc le nouveau boulevard de la modernité où devraient déambuler les badauds de l’au-delà du politique, les promeneurs du postnational, les costumés de la diversité ? Où mène donc l’avenue de bien-pensance ? Dans les limbes !

  • 2018fevrier250Il n’y a rien pour les en faire changer d’idée, la prochaine élection provinciale sera provinciale. Tous les partis politiques s’entendent là-dessus, les Québécois et Québécoises seront appelés à réfléchir dans l’espace de la résignation. Les programmes, quelles qu’en soient les rhétoriques, sont unanimes : nous n’aurons d’autres choix en octobre prochain que de réfléchir dans un cadre inadéquat. Le gouvernement du Québec n’a plus les moyens – même en supposant qu’il en ait la volonté – de se comporter comme notre gouvernement national. Et l’électorat sera appelé à ne pas trop y penser.

  • 2017janvier250La campagne électorale est lancée depuis un moment déjà. C’est sans vergogne que le gouvernement Couillard a commencé à faire pleuvoir les dollars pour faire croire à la manne. Avec leur complaisance habituelle, les bonimenteurs et faiseurs de bruit médiatique sont restés bien sagement campés dans leur rôle de relais béats. Ils ont gobé le vocabulaire : le mot surplus a été relayé même s’il n’est rien d’autre en l’occurrence qu’une imposture comptable. Les sommes retranchées par une brutale politique de réduction des services publics ne sont pas des surplus. Elles ne sont pas non plus des réinvestissements. Elles sont tout simplement devenues un trésor de guerre que le gouvernement entend utiliser pour sa campagne électorale. Les baisses d’impôts ne serviront qu’à rendre encore plus faible la capacité d’intervention de l’État. Les réinjections de fonds ne se font pas là où elles seraient nécessaires, mais bien là où elles paraîtront payantes sur le plan électoral.

  • 2017decembre250Conférence prononcée à l’occasion du
    Gala du centenaire de L’Action nationale
    au cabaret Lion d’Or
    27 octobre 2017
    Version vidéo -

    Je suis heureux de partager avec vous cette soirée, ce moment de célébration. C’est un privilège rare qui m’est donné et je vous en suis très reconnaissant. Je voudrais profiter de l’occasion pour revenir un tant soit peu, sur le chemin parcouru. Et pour tenter d’ouvrir quelques pistes pour le proche avenir, en sachant qu’il faudra revenir plus d’une fois sur le sujet.

    Je vous invite à aborder les prochaines années avec confiance et détermination. Il faut penser notre combat dans le temps long. Et le faire en sachant que nous sommes redevables à tous ceux et celles qui, avant nous, ont mené les batailles qui ont permis à notre peuple de se rendre là où nous sommes. Encore et toujours au seuil de notre naissance, certes. Mais encore et toujours tenaces et opiniâtres, avec le même idéal chevillé au corps, le même goût de liberté, le dur désir de durer.

  • 2017novembre250Le Québec n’est pas la Catalogne, c’est une évidence qu’il faut rappeler. Par respect pour nos deux peuples et nos deux pays, certes. Mais par sagesse politique également. En effet, les adversaires et les détracteurs de notre quête ne manqueront pas de faire des amalgames – quel mot galvaudé ! – qui viseront à utiliser les travers et revers de l’un pour discréditer les forces de l’autre. Il y a donc lieu de pratiquer une vigilance critique essentielle. C’est ce qui motive ce premier dossier.

  • 2017octobre250

    Les voix ne cessent de se multiplier, au moment d’écrire ces lignes, pour demander au gouvernement d’annuler la Commission sur le racisme et la discrimination systémiques. Rien, apparemment, ne paraît ébranler la volonté de Philippe Couillard d’en découdre avec les spectres qu’il dit vouloir débusquer dans les manifestations d’une identité qu’il ne se représente que repliée sur elle-même. Dérapages à la Commission des droits de la personne, cafouillage sur les modalités de déroulement des audiences, inquiétudes sur la sous-traitance à l’industrie de la repentance, soupçons d’électoralisme aussi malsain que cynique, rien n’y fait. La supériorité morale qu’il s’octroie et qu’il ne se gêne jamais d’infliger au bon peuple reste sa posture et dicte sa position.

  • 2017juinseptembre250La politique va mal. Elle va mal partout et c’est parce que la démocratie va mal. Des mutations sociales et économiques profondes la travaillent. Des repères culturels basculent et rien de ce qui, hier, pouvait être tenu, sinon pour certain du moins pour une base commune, ne résiste plus au nihilisme marchand ou à la fureur sectaire. Partout les classes politiques vacillent, leur crédibilité fléchit au même rythme que leurs renoncements. Le décrochage civique mine la vie publique et pave la voie aux dérives sectaires. Le monde traverse une passe extrêmement dangereuse. Et notre statut de nation oblitérée fait l’effet d’un amplificateur de ces tendances de fond, accroissant cynisme et désabusement à l’endroit de la chose publique et de sa construction.

  • 2017mai250Il n’y a pas de limites. Aplaventrisme et démission devant Ottawa en matière de financement de la santé, soumission et renoncement à faire valoir ses prérogatives dans le dossier de la légalisation de la marijuana, consentement à se laisser tourner en ridicule dans le dossier de l’aide à Bombardier, résignation devant les décisions fédérales pour la nomination des juges. La liste ne cesse de s’allonger.

    Et voilà que Philippe Couillard s’est transformé en marcheur protestataire à Dolbeau Mistassini pour supposément partager l’anxiété des populations que la crise forestière va frapper de plein fouet. Il a marché, certes, mais pour la protestation, il repassera. Il a déploré, le pauvre intendant. Il a déploré qu’aucun député libéral fédéral n’ait participé à la marche. Il a déploré et… il attend ! Il attend qu’Ottawa fasse un geste, qu’il annonce des mesures pour atténuer les effets de la déstabilisation planifiée de cette industrie mal en point.

    Il attend !

  • 2017avril250Il est beau à voir notre ministre de la Santé. Un penaud magnifique !

    Tout sourire pour se soumettre au spin commandé pour faire semblant que le budget propulse le Québec dans une ère de prospérité, il a joué du simulacre. Floué par Ottawa, mais néanmoins incapable d’en tirer la conclusion, il passera le reste de son mandat à prétendre protéger la qualité et l’offre de services après avoir fait lui-même la démonstration que les transferts fédéraux sont largement insuffisants pour permettre au Québec de maintenir son système dans un état à peu près convenable pour faire face aux défis qui sont les siens.

  • 2017mars250Le gouvernement libéral ne va nulle part. Et c’est là où il veut aller. Dix démissions, des scandales nauséabonds, des reculs, des reports et… toujours la même arrogance. Jouant de tous les trucs et astuces que la politique politicienne lui octroie d’office grâce au soutien blindé d’une minorité de blocage et de l’impuissance caricaturale des partis d’opposition, il survit à sa propre maladresse. Il est à l’aise dans la médiocrité prétentieuse. Et cela le laisse bien en phase avec celle que distille chaque jour un complexe médiatique qui n’en finit plus de décrocher du réel pour traiter le Québec comme une grossière farce.

  • Ça ne pourra pas toujours ne pas arriver
    – Gaston Miron

    2017janvierfevrier250C’est une longue, une très longue cordée qui aura conduit L’Action nationaleau seuil de ce numéro du centenaire. Pour quiconque a eu le bonheur de se trouver devant la collection complète de la revue, de s’y laisser guider par l’attrait des maquettes ou la couleur des vieux papiers où s’amoncellent des millions de signes, la figure de ce long défilé des auteurs tous tendus vers une même ascension, un même idéal de dépassement s’impose d’elle-même. Édouard Montpetit qui signe le premier éditorial du numéro de janvier 1917 n’avait pas manqué de placer l’aventure naissante du côté de l’effort et de l’accomplissement. Vers la supériorité, écrit-il alors pour en appeler – et peut-être aussi pour se convaincre lui-même – à se faire confiance et à miser sur un potentiel que le petit peuple humilié a du mal à s’accorder.


  • 2016decembre250Nul besoin d’être anthropologue ou travailleur social, quiconque a déjà arpenté la troisième avenue à Val-d’Or a déjà vu le visage de la mort sociale et de la déréliction. Les femmes algonquines ne pleurent pas qu’à la télévision. La condition amérindienne ne s’étale pas qu’en comités de repentance et cérémonies de réconciliation.

  • 2016novembre250Changement de garde oblige, la politique provinciale retrouve du piquant. Le confort ne sera plus le même pour Philippe Couillard et sa cohorte de commis d’inventaire. Il faut le reconnaître, le nouveau chef du PQ a l’éloquence suffisante pour pimenter les échanges, pour faire mal paraître les balourds. La rhétorique est d’ores et déjà plus fleurie, les réparties donnent de meilleurs clips. Encore quelque temps et les souverainistes non-pratiquants pourront même espérer mettre les rieurs de leur côté. Quand la dérision s’installe…

  • 2016septembre250Pendant que la province de Québec tourne chaque jour davantage à la bourgade asphyxiante, le plus meilleur pays du monde avance ses pions. Occupés à débattre des vertus des patates en poudre pour la gastronomie dans les centres d’accueil et à méditer les propos du savant docteur sur la conformité du lavage à la débarbouillette aux plus hauts standards de la médecine version libérale, les Québécois continuent de se faire enfirouaper dans l’indigence intellectuelle de la régression provinciale. Le projet de pipeline devient de moins en moins une hypothèse. Le Canada s’organise.

  • 2016maijuin250C’est à peine commencé et, déjà, la course prend des tournures surréalistes. Enfermés dans le délire référendiste et piégés dans les multiples traquenards de la conduite d’échec, les premiers échanges sont restés dans les paramètres qu’en a dressé le cartel médiatique : la date du référendum, si référendum il y aura, et le rejet de la Charte des valeurs pour continuer de se prosterner devant le multiculturalisme. L’insistance des bonimenteurs et scribes à gages a fait son œuvre et voilà des têtes d’affiche qui réfléchissent dans les catégories de l’ordre établi. Tous les candidats sont englués dans les logiques défensives devant les mises en demeure que leur servent gardiens de la rectitude, promoteurs du statu quo et apatrides en tous genres. L’heure ne serait plus à l’indépendance, parait-il, et il s’en trouve parmi les aspirants leaders pour prétendre que leur rôle est de suivre l’opinion des adversaires et des sans opinion. Une idée avance quand ses porteurs la portent comme un possible, pas quand ils l’évoquent comme un souhaitable discrétionnaire. On fera l’indépendance en forçant le jeu, pas en farfinant sur les mille et une nuances du placement de produit et avec la bénédiction des spin doctors et autres gourous du marketing politique.

  • 2016avril250Préposé à la bien-pensance dans les émissions d’infodivertissement, auteur célébré d’essais sentencieux et grand semeur de lieux communs, Paul St-Pierre Plamondon a l’intention de foncer dans l’avenir qu’il voit dans un rétroviseur. C’est du moins ce dont nous menace un article paru dans Le Devoir du 25 mars dernier (Marco Fortier, « Bouillonnement politique à Québec »). Le jeune avocat n’en peut plus d’affronter notre dilemme national. Entre l’impuissance consentie et la liberté à conquérir, le phare de la jeunesse éclairée propose de retourner dans les limbes du ni-ni.