Logo

Prix André-Laurendeau 2016 à Louis Gill

Le prix du meilleur article publié dans L’Action nationale en 2016 va à Louis Gill pour son texte intitulé : « Endettement et austérité au Québec fin 2015 » paru dans notre livraison de janvier.

À partir de 2010, l’épouvantail de la dette, décrite comme monstrueuse, a été brandi sans cesse pour faire accepter des mesures d’austérité de grande ampleur. Le gouvernement de Philippe Couillard a appliqué sans âme ces politiques d’austérité qui ont mis en péril la croissance économique du Québec, déjà anémiée par le contexte canadien et international. Mais ce qui est étonnant et qui constitue le point de départ de l’article de Louis Gill, c’est que Pierre Fortin a reconnu, à l’occasion du 10e anniversaire de la publication du manifeste des lucides qui avait attiré l’attention sur la dette, que celle-ci pesait à l’époque beaucoup moins sur le PIB du Québec qu’il ne l’avait calculée. 

Alors, comment calcule-t-on la dette publique de nos gouvernements ? De quelle ampleur est-elle au juste ? Et est-elle pire que les moyens qu’on prend pour la réduire ? C’est l’objet de l’étude de Louis Gill.

Une étude, disons-le, pas mal quantitative. Dont je vous épargne les détails, pour vous en transmettre plutôt les principaux résultats.

1. La dette du Québec est en grande partie de la « bonne dette ». De plus, la part de cette bonne dette dans le total s’accroît constamment depuis 1997. Ce n’est pas vrai qu’elle sert à payer les dépenses d’épicerie. Elle sert à financer des investissements durables. Une idée qui m’a plu, en marge de cette première conclusion, est celle-ci : Le Québec n’ayant aucune responsabilité dans les décisions du gouvernement fédéral qui mènent à l’accumulation de sa dette de celui-ci, il n’a donc aucune responsabilité de la payer. Il faudra nous en souvenir si un jour nous faisons l’indépendance !

2. Ne pas faire de versement au Fonds des générations pendant les 5 prochaines années et suspendre les versements au Fonds d’amortissement des régimes de retraite ne nuirait pas pour la peine à ces deux fonds. Mais cela permettrait au gouvernement du Québec de garder tous ses revenus budgétaires, d’alléger le stress auquel les finances publiques sont soumises, et d’atteindre l’équilibre budgétaire sans être obligé de couper autant dans les services publics.

3. Pour Louis Gill, le véritable objectif des politiques d’austérité et de réduction de la dette des gouvernements libéraux successifs, particulièrement de celui de Philippe Couillard est, je le cite, de mettre la hache dans les acquis du secteur public et de pousser aux privatisations. En effet, les sommes consacrées à la réduction de la dette sont nettement plus élevées que les économies sur les intérêts qui en découlent, surtout que les taux d’intérêt sont historiquement bas depuis 10 ans. Bref, il en coûte très cher en coupes de services, en souffrances individuelles et en fracture sociale de payer la dette.

4. D’ailleurs, plusieurs organismes internationaux, dont le Fonds monétaire international, ont fait leur mea culpa à propos des politiques d’austérité. Celles-ci ont aggravé la situation des pays qui les ont mises en œuvre.

5. Cela ne veut pas nécessairement dire qu’il faut que le gouvernement du Québec, à son tour, se lance dans de coûteuses dépenses d’infrastructures, d’allocations sociales ou de services publics. Mais cela veut dire qu’il est urgent de réfléchir au type de société à inventer pour que celle-ci soit véritablement plus juste.

Lucia Ferretti pour le jury du prix André-Laurendeau 2016

Template Design © Joomla Templates | GavickPro. All rights reserved.