Mars 2014

Mars 2014

Vol. CIV, no 3

Alain Finkielkraut. L’identité malheureuse

Alain Finkielkraut
L’identité malheureuse, Stock, 2013, 240 pages
Les individus cosmopolites que nous étions spontanément s’étaient déshabitués à dire nous.
– Alain Finkielkraut

On s’attendait à un livre coup-de-poing. C’est que depuis des années, on a fabriqué à Alain Finkielkraut un personnage de polémiste et de colérique. La seule manière d’endurer son propos dans l’espace public, c’était de le caricaturer en grognon de service. On nous mettait aussi en garde : Alain Finkielkraut prenait position contre « l’immigration ». On s’apprêtait donc à crier au scandale et à ouvrir un grand procès. D’ailleurs, certains s’y sont amusés, comme s’il fallait, chaque fois que Finkielkraut parle, sonner l’alarme et faire un immense tintouin, pour recouvrir d’un bruit de pagaille son propos. Comme si on ne devait le lire qu’avec un avertissement. Attention, cet homme est dangereux.

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Élections Montréal 2013 (2) - La nouvelle donne montréalaise

Deuxième de trois parties
La première partie de cette analyse, « Une démocratie dysfonctionnelle », a été publiée dans le numéro de février 2014.
Le positionnement des partis municipaux

Dans le contexte québécois, on peut décoder les choix des Montréalais selon les deux lignes de clivage traditionnelles, soit le clivage dominant basé sur l’appartenance linguistique au groupe francophone et les attitudes face au nationalisme, soit le clivage des classes sociales, entre la gauche et la droite. En matière de clivage entre partisans d’un Québec des communautés (les « multiculturalistes ») et partisans d’un creuset intégrateur, la question de la Charte de la laïcité a ici servi de marqueur pour tous les partis au cours de la campagne électorale. Tous les partis montréalais se sont positionnés face à la Charte, chacun la rejetant et promettant de la combattre vigoureusement une fois élu.

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Le débat sur la laïcité au Québec : une question juridique ?

Le dépôt récent de quelques avis juridiques sur le projet de loi 60, la charte de la laïcité ou charte des valeurs, a fait couler beaucoup d’encre de la part d’éditorialistes et de chroniqueurs ces dernières semaines. Que ce soit le fameux avis du Barreau ou celui de la Commission des droits de la personne, la manière dont fut rapporté le contenu de ces documents pourrait bien donner l’impression aux lecteurs que le droit, cette maîtresse bienveillante qui distingue les civilisés des barbares, nous offre une unique réponse aux questions que les Québécois tentent (presque en vain) de se poser depuis ces derniers mois. Ce n’est pourtant pas le cas. Dans une société de droit, la laïcité que propose le Gouvernement du Québec n’est ni interdite, ni obligatoire. Le « droit », en tant que science, reste neutre sur le sujet. Il ne nous offre aucune échappatoire facile.

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Justin Trudeau ou la quintessence de l’image

Certes, tous les politiciens soignent leur image, mais Justin Trudeau a atteint un sommet inégalé. Le PLC a déjà tenté sa chance avec deux intellectuels – Ignatieff et Dion – avec les déboires que l’on connaît. Il essaiera maintenant de gagner les prochaines élections fédérales avec un être vide de substance ; il s’agit d’une brillante idée, car l’avantage avec le vide, c’est qu’il peut être rempli comme on le désire. Il fallait entendre le directeur national du PLC, le milliardaire Stephen Bronfman, répondre à des journalistes qui lui demandaient s’il était laborieux de faire du financement pour Parti libéral : « C’est pas si difficile parce qu’on a quelque chose que le monde veut acheter, Justin. Justin est très “vendable” ». Et les conseillers du PLC pourront maintenant modeler à l’envi le produit Trudeau pour qu’il réponde aux besoins des électeurs : la création récente d’une base de données intitulée Liberalist permet au parti de connaître les caractéristiques des électeurs : leur adresse, leur origine ethnique, leur adresse et bien sûr leurs opinions politiques…

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Le miroir aux alouettes

L’analyse des campagnes électorales montre que les discours électoraux remplissent différentes fonctions et qu’ils varient au cours d’une campagne électorale parce qu’ils s’adressent à différents segments de l’électorat. En début de campagne, ils activent les ressorts de la mobilisation des militants pour qu’ils donnent temps et argent au parti alors qu’en fin de campagne ils auront tendance à activer la fonction de rassemblement pour attirer les indécis. Le contenu des discours varie en conséquence. Le discours de mobilisation fait appel à l’idéologie du parti alors qu’en fin de campagne le discours se veut plus rassembleur en s’éloignant de l’idéologie partisane et en se positionnant en fonction d’enjeux plus consensuels.

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Collections numériques (1917-2013)

action couv 1933Bibliothèque et Archives nationales du Québec a numérisé tous les numéros de L'Action française et de L'Action nationale depuis 1917.

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